A la une

Publié le 30/12/2022

L’année culturale 2022 est marquée par une forte hausse des charges, attendue notamment sur les intrants, le fioul et l’alimentation animale. Le revenu courant 2022 des exploitations qui servent de référence aux données comptables pour le CFG, devrait tout de même être en hausse, pour la plupart des filières.

En maïs, le seuil de commercialisation préconisé est de 245 €/t en irrigué et de 232 €/t en sec. Le produit brut/ha est de 3 875 €/ha, en irrigué, soit 700 € de plus qu’en 2021, et de 2 889 €/ha, à peine plus qu’en 2021, en sec. Les frais de séchage en augmentation de plus de 130 €/ha, soit de plus de 30 %, gonflent les charges opérationnelles. La moyenne de marge nette atteindrait 877 €/ha en irrigué, contre 1 287 €/ha en 2021, et 583 €/ha en sec, contre 1 101 €/ha en 2021. En blé, le seuil de commercialisation conseillé est de 197 €/t. Le produit brut/ha est de 2 241 €/ha contre 1 827 €/ha en 2021. Et la marge nette atteindrait 729 €/ha contre 558 €/ha en 2021. En betteraves, le seuil de commercialisation calculé est de 31,2 €/t. Le produit brut/ha serait de 3 480 €/ha contre 2 731 €/ha en 2021. La marge nette (avec DPB) était de 624 €/ha en 2021. Elle passerait à 823 €/ha en 2022. Rappelons que le prix seuil de commercialisation est le prix de vente qui permet de couvrir l’ensemble des dépenses liées à la production et au remboursement des prêts. Il intègre aussi une rémunération du travail de l’exploitant. Côté élevage, en bovin viande, les résultats moyens de référence indiquent un produit brut de 172 € pour 100 kg, pour un revenu net d’activité négatif de -20 €, en 2021. Le seuil de commercialisation de 2022 est estimé à 510 € pour 100 kg de viande produite, contre 439 €, en 2021. En lait, les données recueillies pour un cheptel de 93 vaches et une productivité moyenne de 8 881 litres par vache, indiquent que le produit brut par exploitation atteindrait 531 € pour 1 000 litres en 2022 contre 462 € en 2021. Le seuil de commercialisation de 408 € en 2021, serait de 467 € en 2022 et de 511 € en 2023, compte tenu de l’augmentation des charges. Des niveaux de revenu proches de 2020 ? La hausse du prix des engrais, de l’alimentation animale, des autres produits d’élevage, de l’énergie et des lubrifiants, du matériel agricole et des bâtiments pèse lourdement sur les résultats d’exploitation. En maïs grain sec, par exemple, le total des charges passerait de 1 720 €/ha environ en 2021 à 2 300 €/ha en 2022. Cette augmentation des charges pourrait engendrer des niveaux de revenu proches de ceux de 2020. En viticulture, les vendeurs de bouteilles (clôturant majoritairement au 31/07/2022, donc récolte 2021) voient leur revenu courant de 2021 augmenter : 4 000 €/ha contre 2 940 €/ha en 2020, mais chuter par rapport à la moyenne de 2016 à 2020 qui s’élevait à 4 472 €/ha. Quant aux vendeurs de raisins, le revenu courant en 2021 est de 1 800 €/ha contre 3 892 €/ha sur la moyenne de 2016 à 2020. La conjoncture actuelle impacte fortement les prix de revient des vendeurs de bouteilles, augmentation de 15 % en moyenne des emballages (bouteilles, cartons…) sans oublier les différentes augmentations du Smic, soit 5,6 % de septembre 2021 à juillet 2022, de 10,48 € à 11,07 €. Il y aura donc répercussion sur les prix de vente.

CFG Alsace

Passage de relais

Publié le 29/12/2022

Le CFG Alsace est l’association de gestion et de comptabilité des agriculteurs par excellence. En témoignent les trois quarts des comptabilités agricoles suivies. Sa transition informatique se poursuit, cette année, sous la direction de Philippe Gervais, qui succède à Rémy Uffler. L’assemblée générale 2022 a été l’occasion d’officialiser ce changement de direction.

Plus de 3 500 comptabilités et quelque 120 collaborateurs relèvent du CFG Alsace. L’assemblée générale, qui s’est tenue le 5 décembre dernier, a permis d’accueillir son nouveau directeur, Philippe Gervais, qui prend la relève de Rémy Uffler, chaudement remercié. Si ce dernier reste au CFG Alsace, après quarante ans de service, son successeur vient de rejoindre l’association. Expert-comptable, Philippe Gervais était en charge des finances et des ressources humaines d’un groupe familial alsacien. Il devra accompagner la suite de la transition informatique, un coût pour l’association, car nécessitant de forts investissements en matière de licences, de logiciels et de matériel informatique. La chaîne de production comptable Isacompta (le nouveau logiciel) est aujourd’hui fonctionnelle, 1 150 dossiers ont été migrés à ce jour. Près de 55 % des adhérents qui saisissent avec le logiciel du CFG devront utiliser le nouveau logiciel en mode « collaboratif », permettant ainsi les échanges avec leur comptable. La formation des adhérents est en cours et devra se terminer d’ici fin 2023. Joseph Behr, directeur adjoint du CFG Alsace, invite d’ailleurs les concernés à réserver leur créneau de formation auprès de leur comptable dès à présent. La pratique se fera sur leur propre dossier. La formation permettra donc de s’avancer. Le but est d’arriver à une dématérialisation progressive, et à terme de « supprimer le papier ». Concernant la facturation, « MEG Facturation » est un logiciel 100 % en ligne, conseillé par le CFG Alsace, qui le mettra à disposition des adhérents à un tarif concurrentiel. En vue de l’avènement de la facture électronique, bien sûr ! Toutes les entreprises assujetties à la TVA sont concernées. Les exploitations et entreprises devront pouvoir recevoir des factures électroniques à partir du 1er juillet 2024 et par ailleurs en émettre au plus tard le 1er janvier 2026. Ce sera la fin de la facture papier à cette date. Outre la dématérialisation et la simplification, à terme, le but recherché est aussi l’extraction des données pour la DGFIP, ce qui n’a pas manqué de faire sourire l’assistance, consciente des enjeux pour l’administration fiscale. Outre le logiciel pour émettre des factures, le CFG Alsace proposera une Plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) pour recevoir les e-factures, dans un premier temps. Pour le CFG, l’enjeu est que les factures soient intégrées directement dans le logiciel comptable. Des aides multiples en 2022 L’année 2022 a aussi été marquée par les dispositifs d’aides multiples, pour lesquelles les comptables du CFG Alsace se sont démenés. Ainsi, les aides d’urgence à la filière porcine ont été attribuées, pour le volet 1, c’est-à-dire l’aide forfaitaire à la trésorerie de 15 000 € par exploitation en cas de difficulté, à 24 exploitations dans le Bas-Rhin, soit 360 000 €. Pour le volet 2, c’est-à-dire l’aide forfaitaire, selon le taux de spécialisation et le nombre d’animaux, à 19 exploitations. L’aide à l’alimentation animale FranceAgriMer, toutes productions confondues, pour compenser la hausse de son coût, en fonction du taux de dépendance, a été distribuée à plus de 500 exploitations : 60 % ont reçu un forfait de 1 000 €, et 40 % une aide proportionnelle aux achats d’un plafond de 35 000 €. Estimation de l’opération : 2,70 M€, versés dans le département. Enfin près de 1 500 dossiers de demande ont été déposés à l’échelle du CFG Alsace dans le cadre du dispositif PEC Ukraine hausse de charges, doté d’une enveloppe nationale de 150 M€. Ce dispositif vise à compenser 30 % des surcoûts observés entre 2021 et 2022 sur divers postes (engrais, GNR, énergie, emballage, alimentation animale dans la mesure où il n’y a pas eu d’aide FranceAgriMer). La forme de l’aide est une prise en charge de cotisations sociales MSA, dont le montant moyen devrait atteindre 1 500 € et au maximum 5 000 €. Tous ces dossiers ont été déposés en un temps record, avant le 12 octobre 2022. Le travail des comptables, réalisé en quinze jours, a été applaudi. Face à la spirale inflationniste Franck Sander, le président du CFG Alsace, est revenu sur le contexte économique global déstabilisé par la guerre en Ukraine et l’explosion du coût de l’énergie. Si le secteur agricole bénéficie depuis quelques mois maintenant de prix rémunérateurs, il doit aussi faire face aux conséquences de la sécheresse de cet été et surtout de l’explosion de certaines charges. Le contexte est devenu tellement incertain que se pose même la question de la disponibilité de certains engrais sans parler des éventuelles coupures de gaz ou d’électricité. Dans cet environnement très fluctuant, il est d’autant plus important de bien connaître ses coûts de production et savoir actionner les bons leviers. « Optimiser la fiscalité, investir pour préparer l’avenir et rendre nos exploitations plus résilientes, épargner pour se constituer un volant de sécurité, autant de pistes que les conseillers du CFG se proposent d’analyser avec vous », a insisté Franck Sander. Jean-Louis Chandellier, directeur général adjoint de la FNSEA, directeur du département entreprise et territoires, a conclu l’assemblée générale 2022 du CFG Alsace sur les défis économiques, climatiques, sociétaux et le renouvellement des générations, qui challengent d’ores et déjà les agriculteurs. « Notre ADN, c’est accompagner les femmes et les hommes qui ont le goût d’entreprendre sur des territoires vivants et dynamiques », a-t-il dégainé. Le CFG Alsace est fier de procurer les outils pour gérer leurs projets.

Publié le 28/12/2022

Par Yannis Baltzer, président, ainsi que l’ensemble des membres du conseil d’administration des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin.

Chers tous, L’année 2022 touchant à sa fin et celle de 2023 se profilant déjà, en quelques mots, voici le bilan de ces douze derniers mois. En décembre dernier, lors de ses vœux, notre ami et ancien président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, Julien Koegler, nous souhaitait une année de réussite et de rencontres après une longue période inaccoutumée et restrictive. Chose promise, chose due ! Journée de l’installation et de la transmission, concours de pointage lors du Festival de l’élevage de Brumath, tournées cantonales, Tour de France des femmes, dix Fermes ouvertes et autres événements conviviaux ont, en effet, rythmé l’année 2022 des JA du Bas-Rhin. Enfin, le franc succès qu’a connu la 68e Finale départementale de labour le 28 août à Mussig, ayant rassemblé près de 12 000 visiteurs, n’a pu que confirmer le dynamisme de nos membres. Par ailleurs, et en gage de leur envie de renouveau, les Jeunes Agriculteurs ont su gagner en visibilité au travers de la websérie vulgarisant la production agricole, « Oh Mon Grain », lancée en avril. Cependant, cette année, également ternie par la sécheresse et les canicules historiques, a été violemment marquée par la hausse du coût de l’énergie à la suite des événements dramatiques se tenant sur le sol ukrainien. Concernés par ces problématiques conséquentes, les Jeunes Agriculteurs se sont ainsi mobilisés pour revendiquer leurs intérêts lors de l’assemblée générale de mars, par exemple. Aussi, et en réponse à la dévalorisation de leurs productions par les grandes surfaces, une centaine d’agriculteurs issus des JA et de la FDSEA, ont réalisé une action coup de poing et bâché plusieurs rayons du Leclerc Rivetoile de Strasbourg, le 9 février. Forces vives de l’agriculture, en témoigne l’augmentation croissante des installés depuis 2019, nous devons continuer à militer pour le renouvellement des générations afin d’atteindre notre objectif « un départ, une installation ». La pérennisation de notre métier est primordiale et notre professionnalisation est essentielle. Nous sommes conscients que 2023 nous réserve encore bien des défis à relever pour que notre agriculture reste performante, économiquement viable et socialement vivable. Pour que notre voix soit entendue et notre métier défendu, nous avons plus que jamais besoin de personnes passionnées qui ne craignent pas de s’engager. Au nom de Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, nous vous souhaitons de belles fêtes de fin d’année à vous et à vos proches, et surtout, que 2023 soit une année agricole à la hauteur de vos espérances. Soyez fiers de votre métier : vous nourrissez les Hommes !

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