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Publié le 04/06/2019

Le comité régional d’orientation de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) s’est réuni pour définir son plan d’action pour l’année à venir. Elle se retire progressivement - mais pas complètement - du financement de la méthanisation, pour s’orienter, par exemple, vers les projets de récupération de chaleur fatale.

L’Ademe participe, en tant qu’opérateur de l’État, à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable. En 2018, l’Ademe Grand Est a engagé plus de 300 contrats pour un montant de 54 millions d’euros (M€) d’aides à la réalisation de projets de transition énergétique. Soit 10 % du budget national d’intervention de l’Ademe. Pour 2019, l’Ademe Grand Est a décidé d’accompagner les acteurs locaux dans une transformation de leurs activités afin de répondre aux enjeux de la transition écologique et énergétique. Elle oriente ainsi ses subventions vers des investissements vertueux, grâce aux différents fonds d’intervention qui lui sont confiés par l’État (fonds chaleur, fonds déchets, fonds air mobilité et fonds pour les projets investissement d’avenir). Porter la transition écologique Dans le cadre du contrat d’objectif 2016-2019 fixé avec l’État, l’Ademe renforce son action en faveur de la transition écologique. Cela se traduit notamment par l’augmentation du fonds chaleur de 215 M€ à 307 M€, et le déploiement du label Cit’ergie, une labellisation européenne qui récompense les villes pour leurs politiques climat-air-énergie ambitieuse. À ce jour, 30 collectivités de la région Grand Est sont engagées dans la démarche. Et l’Ademe continue d’initier des partenariats. Après l’accord signé avec la CCI Grand Est en 2018, un autre devrait être signé en 2019 avec la chambre régionale de métiers.     Pour atteindre les objectifs nationaux, la direction régionale Grand Est de l’Ademe a défini quatre axes prioritaires pour 2019.  Territoires durables (mobilité, qualité de l’air, reconversion des friches industrielles) ; transition énergétique (développement des énergies renouvelables, création des réseaux de chaleur, production d’hydrogène renouvelable) ; économie circulaire (éco-conception, économie de la fonctionnalité/coopération, écologie industrielle) ; bâtiment (rénovation énergétique et développement du réseau conseil énergie partagé). Pas de trace de la méthanisation. La méthanisation vole de ses propres ailes L’Ademe soutient le développement de la méthanisation depuis 2004. Avec des aides financières à la réalisation des projets. Soutien qui, pour l’ensemble du Grand Est, a concerné 219 réalisations ou projets en cours pour un montant de subventions cumulé de 77 M€ et 218 emplois créés. Désormais, la filière arrive à maturité. Les projets « standards » trouvent leur rentabilité avec les mécanismes d’obligation d’achat de l’énergie. « Avec le prix de rachat du gaz, on atteint un équilibre économique », précise Jérôme Betton, directeur régional de l’Ademe Grand Est. Le développement de projets nouveaux est essentiellement soumis à un besoin d’apport financier, notamment en fonds propres dans la phase de démarrage. « Cela ne relève plus de la responsabilité de l’Ademe », constate Jérôme Betton. La filière est structurée, les bureaux d’études et les fournisseurs de matériels se sont professionnalisés et organisés… Dès lors l'agence étudie les modalités pour faire évoluer progressivement les soutiens financiers vers l’accompagnement de l’innovation et le soutien aux projets plus risqués. « L’Ademe privilégie le soutien aux projets où il existe un risque » « Il s’agit d’équilibrer les subventions allouées aux différentes formes d’énergie renouvelables. Certains projets sont plus risqués que d’autres, comme la récupération de la chaleur fatale produite par une usine pour chauffer une collectivité. Or l’Ademe privilégie le soutien aux projets où il existe un risque technique susceptible de compromettre sa durabilité », explique encore Jérôme Betton. En matière de récupération de chaleur fatale, le Grand Est a un gros potentiel. « Ces projets sont risqués, mais ils ont du sens », appuie Jérôme Betton. Il s’agit de valoriser une chaleur qui serait perdue sinon. Tout en soutenant l’activité économique locale. Pour autant le sujet de la méthanisation n’est pas définitivement clos pour l’Ademe : « Il s’agit notamment de déterminer jusqu’où on peut aller en préservant l’alimentation humaine et animale ».

Publié le 01/06/2019

Le cépage est une signature emblématique des vins d’Alsace. La plupart des opérateurs le perçoivent comme une chance. Pourtant, certains peuvent s’en détourner par souci marketing ou par… obligation réglementaire.

La plupart des domaines alsaciens ont sur leur carte des cuvées spéciales identifiées par un prénom, une lettre ou une dénomination originale. Alors, le cépage a-t-il fait son temps sur l’étiquette des vins d’Alsace ? Le lancement en avril par Bestheim de la gamme Hopla qui ne mentionne ni millésime, ni cépage, ni terroir, s’aventure sur un terrain rarement exploré. « Hopla est guidé par un souci de rendre le vin lisible à de nouveaux consommateurs de moins de quarante ans que des notions de cépages effraient, qui ne savent pas quoi acheter, qui n’ont jamais bu de vins d’Alsace. Le message du packaging se limite au profil du vin et à son goût. C’est un parti pris très marqué », reconnaît Vanessa Kleiber, responsable marketing de la coopérative. Présenté ainsi, Hopla prend des allures de cheval de Troie envoyé dans la masse des consommateurs lambda. « La gamme se met à la portée du consommateur » À l’analyse, le risque n’est pas si démesuré. « Les cinq profils de vins de la gamme (effervescent, vin sec, blanc moelleux, rouge) correspondent à ce que vend la cave. Leur achat doit devenir un premier pas avant que le consommateur n’évolue vers le cépage et monte en gamme », poursuit Vanessa Kleiber. Tous ces vins sont vendus à un tarif compris entre 8,49 et 8,90 € en grande surface, plus élevé que beaucoup de vins de cépage. « C’est un choix de lisibilité », plaide Vanessa Kleiber pour qui il faut « se décomplexer en matière de prix ». À Pfaffenheim, le domaine Rieflé & Landmann a lancé sa gamme Ad quadratum (comprenez « au carré ») en 2016. Elle se compose d’un rouge et de trois blancs. L’Aplomb est un assemblage pour moitié de pinot blanc et d’auxerrois et pour l’autre de pinot gris, élevé dix mois en barrique bourguignonne. L’Éclat associe une base de riesling à du muscat et à une vieille vigne de sylvaner. L’Arabesque mêle une forte proportion de gewurztraminer à du muscat. « Cette gamme veut répondre à la complexité des vins d’Alsace. Elle est facile à comprendre. Elle se met à la portée du consommateur. Elle propose d’entrer de manière très intuitive dans la diversité des vins d’Alsace », commente Jean-Claude Rieflé dans une vidéo visible sur Youtube. Selon lui, ce type d’approche « est une voie à explorer pour les Alsace ». Il n’a qu’un regret : « l’état actuel de la réglementation interdit de mentionner la composition de l’assemblage (donc de dire les cépages) sur la contre-étiquette. »     Jouer sur les deux tableaux Frédéric Raynaud, directeur général de la cave des vignerons de Pfaffenheim, argumente dans le même sens. « Sur les linéaires en France comme à l’export, vous n’êtes performant que si les cépages de vos assemblages figurent sur l’étiquette. Ne pas mentionner le cépage n’a aucun intérêt. Même le monocépage a parfois du mal à percer. Actuellement au Québec, le seul vin d’Alsace qui connaît une progression à deux chiffres, c’est le Black Tie, un mariage riesling/pinot gris. Les autres vignobles du monde qui font des vins bi ou tricépages ne se privent pas de le marquer sur l’étiquette. » Un vin sans cépage a donc moins de chance de réussir commercialement ? « C’est certain. Car un consommateur n’ayant que peu de connaissance du vin assimile un profil produit, à sa couleur, à un goût et à un cépage. Pour lui, par exemple, un sauvignon c’est floral, un riesling, c’est sec. Un client anglais lambda va choisir un vin en fonction du cépage sans même regarder le nom de l’opérateur qui l’élabore. Je reste persuadé que vouloir exporter sans dire le cépage est compliqué. » Des premiers résultats encourageants Comment ces démarches sont-elles perçues par le marché ? Plutôt bien semble-t-il. « La cave réalise 16 % de son chiffre d’affaires avec des vins bicépages », annonce Frédéric Raynaud dont l’une entreprise exporte 60 % de ses volumes. « Le rouge, l’Aplomb et l’Éclat produits en 2017 sont épuisés. L’Arabesque n’en est pas loin », constate Jean-Claude Rieflé. Bestheim n’a pas encore assez de recul pour dresser un premier bilan chiffré. Mais « les cavistes ont réservé un bon accueil à Hopla », note Vanessa Kleiber. Surtout, « on parle de nous partout. Sur les réseaux sociaux. Dans les blogs. Bestheim gagne en visibilité. » Didier Pettermann, président du Civa, clôt le débat à sa manière. « On peut jouer sur les deux tableaux. Il ne faut se couper d’aucun marché. Le cépage reste certainement une bonne stratégie à l’export mais il est accessoire. L’opérateur est libre de le faire figurer ou pas sur l’étiquette. Au départ, le consommateur cherche d’abord du rouge, du blanc ou du rosé, puis un vin qui lui parle. » À Dambach-la-Ville, la maison Pettermann fait depuis deux ans abstraction du cépage sur trois de ses quarante références. Il s’agit d’un rouge, d’un blanc sec et d’un autre plus moelleux vendus sous la gamme « 1928 ». « Les trois fonctionnent », se félicite Didier Pettermann.

Lycée professionnel agricole privé Schattenmann de Bouxwiller

L’attrait de la soixantaine

Publié le 31/05/2019

La création du Lycée Schattenmann de Bouxwiller remonte à 1959. 60 ans plus tard, la flamme de l’équipe enseignante reste intacte, en dépit des changements de cap et de dénomination. L’anniversaire a été fêté lors de la journée portes ouvertes du samedi 11 mai.

L’aventure commence en 1954, avec la création d’un centre d’enseignement ménager pour jeunes filles. L’idée est de scolariser les jeunes filles dès 13 ans, une ou deux journées par semaine, explique Marie-Jeanne Nussbaum, directrice du Lycée Schattenmann. « À Bouxwiller, le centre était situé à côté d’une école de couture. La décision a été prise de fusionner les deux structures. Mais le fonctionnement était chaotique, car très souvent, les filles étaient retenues par les travaux des champs. » La Mutualité sociale agricole du Bas-Rhin s’investit de plus en plus dans le financement du centre et en 1959 devient le partenaire numéro un. L’école de couture et d’enseignement familial rural s’installe en 1962 au premier étage du tribunal cantonal. Dans les années 1970, l’établissement est reconnu par le ministère de l’Agriculture. En 1975, il change de nom : il devient l’école privée d’enseignement ménager agricole. Deux ans plus tard, la MSA achète l’ensemble du bâtiment de l’ancien tribunal et aménage une cuisine pédagogique et un laboratoire, ainsi qu’une salle de TP en sous-sol. Une réorganisation de l’enseignement agricole intervient en 1984. En 1986, plusieurs nouveautés : création du Bepa Dicopa, introduction de la mixité et introduction des premiers ordinateurs pour les élèves. Par la suite, de nouveaux espaces sont aménagés au grenier : deux salles de classe - elles deviendront plus tard la comptabilité et la salle informatique -, le CDI et une réserve. L’Unrep Est prend le relais En 1992, l’école change une nouvelle fois de dénomination et devient le lycée professionnel agricole privé Schattenmann, du nom de Charles Henri Schattenmann, enfant de Bouxwiller. C’est aussi l’année du lancement du partenariat avec la Hongrie, qui dure 25 ans. Lorsque la MSA décide de se retirer, un partenariat est conclu entre l’Unrep Est (Union nationale rurale d’éducation et de promotion) et le ministère de l’Agriculture. Il prend effet le 1er septembre 1995. Grand tournant dans les années 2000. Le service à la personne a le vent en poupe mais il devient de plus en plus difficile de loger les élèves chez les habitants de Bouxwiller. La décision est prise de construire un internat à quelques mètres de l’établissement. Une extension est construite dix ans plus tard : elle accueille l’internat des garçons. Dernière nouveauté en date, la création d’une classe de 4e Initiative pour mieux accompagner les élèves « dys » (dyslexie, dyspraxie…) ou ayant des troubles de l’apprentissage. « Et depuis la rentrée, nous sommes un lycée 4.0 », souligne Monique Nussbaum. Mais le Lycée Schattenmann ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Nous comptons sur vous pour nos projets futurs, comme l’ouverture d’un BTSA Services en milieu rural, le développement de la formation continue dans le cadre du CFP Nord Alsace récemment créé et la mise en place d’une section européenne en bac pro », annonce Myriam Schott, présidente de l’association gestionnaire du lycée. Et pour conserver les souvenirs de ses soixante ans d'existence, l'équipe va rédiger les « mémoires » du lycée.

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