A la une

Publié le 11/06/2019

Mercredi 5 juin, le préfet du Haut-Rhin Laurent Touvet, le président de la Fédération Départementale des Chasseurs Gilles Kaszuk et le colonel Guillaume Leblond commandant le groupe départemental de gendarmerie ont signé un protocole qui acte la création des « Chasseurs Vigilants ».

Le protocole vise à former un réseau de volontaires parmi les chasseurs afin qu’ils puissent identifier des situations à risques et faciliter l’intervention de la gendarmerie dans les territoires les plus difficiles d’accès. À la suite de nombreuses dégradations constatées sur des installations de chasse, notamment dans le Sundgau, la Fédération des Chasseurs a été amenée à échanger régulièrement avec la gendarmerie. L’évidence d’un partenariat entre gendarmes et chasseurs sur le modèle « voisins vigilants » s’est imposée.     Concrètement, il s’agit de la mise en place d’une chaîne de vigilance structurée autour des chasseurs des trois secteurs, Sundgau, Plaine et Montagne. Identifié sous le label « Chasseurs Vigilants », ce maillage est fondé sur le principe de solidarité et du développement de l’esprit civique. Il vise à rassurer la population, améliorer la réactivité de la gendarmerie contre tout type de délinquance, et accroître l’efficacité de la prévention de proximité. En aucun cas les chasseurs ne devront intervenir Le Haut-Rhin est un des premiers départements français et le premier de la région Grand Est, à instituer ce statut bénévole de chasseur vigilant. Une trentaine de référents reconnus par les autorités, aura pour mission de recueillir les témoignages des chasseurs vigilants, dans le but de signaler à la gendarmerie tout fait anormal via un canal de communication privilégié. En aucun cas il ne sera demandé aux chasseurs d’intervenir, sauf si c’est pour porter secours à une personne. La gendarmerie pourra également faire appel aux chasseurs en cas de recherches ciblées, notamment de disparition inquiétante. En outre, les référents chasseurs font l’objet d’une sélection. Un casier judiciaire vierge est impératif pour intégrer ce dispositif.   Jean-Robert Haefélé

Qualité de l’eau en Alsace

Un partenariat ambitieux et une volonté commune

Publié le 06/06/2019

Le 17 juin, une ambitieuse convention de partenariat sur la qualité de l’eau en Alsace sera signée à Luemschwiller par l’ensemble des acteurs impliqués. À la clé, la volonté commune d’améliorer la potabilité de la ressource aquifère en réduisant de manière notable l’utilisation des herbicides en agriculture, en premier lieu dans les 19 zones où les captages ont été répertoriés comme « dégradés » par l’Aprona en 2017.

Après les constats, place aux actions concrètes, collégiales et ambitieuses. C’est avec cet état d’esprit que sera signée le 17 juin à Luemschwiller une convention de partenariat pour la mise en place de contrats de solutions territoriaux en faveur de la qualité de l’eau en Alsace. Plus d’une dizaine d’acteurs ont accepté de collaborer afin d’inverser la tendance à la hausse des teneurs en phytosanitaires dans les eaux de la nappe d’Alsace et des aquifères du Sundgau. 19 captages dégradés Tout est parti de la publication par l’Aprona et la Région Grand Est du rapport ERMES Alsace à la fin de l’année 2017. Si celui-ci soulignait les actions positives entreprises par le monde agricole pour stabiliser, voire diminuer dans certains secteurs, les taux de nitrates dans les eaux souterraines, il alertait aussi sur les teneurs « élevées » et « globalement en augmentation » en produits phytosanitaires, notamment dans le Haut-Rhin, sur le piémont au niveau de Molsheim et dans la nappe du pliocène de Haguenau.   >>> Visualisez la qualité globale de la nappe sur le site de l'Aprona   Si l’augmentation observée entre 2009 et 2016 est à relativiser dans la mesure où simplement plus de molécules étaient recherchées, le caractère rémanent des substances actives dans les eaux souterraines a alerté les autorités. Sur les 21 molécules dépassant la limite de potabilité de 0,1 μg/l en nappe d’Alsace, 8 faisaient partie des molécules autorisées à cet instant. Dans le Sundgau, le rapport était plus critique avec 4 molécules autorisées sur les 10 dépassant ce seuil de 0,1 μg/l. Au total, ce sont 19 captages qui sont dégradés par les phytosanitaires autorisés et leurs métabolites, dont majoritairement des herbicides.   De l’accompagnement, pas de contrainte Pour répondre aux différents enjeux, la convention associe l’ensemble des « acteurs de l’eau » autour d’une même table. D’un côté, il y a les engagements pris par chacun, de l’autre, il y a un cadre global qui va se décliner en contrats de solutions territoriaux, impliquant les coopératives agricoles, les distributeurs de phytosanitaires, les gestionnaires d’eau potable, les services et organismes de l’État et les collectivités. Ces dernières auront la responsabilité d’initier les démarches autour de leurs captages d’eau. Elles auront donc un rôle central. « L’idée est de mettre en place une multitude de petites solutions, chacune adaptée à son territoire », explique le vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Denis Nass. En bout de chaîne, on retrouve les agriculteurs qui sont amenés à faire évoluer leurs pratiques. Non pas sous la « contrainte », comme ce qui a pu être vécu par le passé quand il s’agissait d’actions en faveur de l’environnement, mais bel et bien dans une logique d’accompagnement de la part des services de l’État et de la Région, et propre à chaque situation.

Publié le 05/06/2019

La septième édition du slowUp a rassemblé 44 000 cyclistes sur les routes du vignoble, dimanche 2 juin. De Bergheim à Dambach-la-Ville, les vignerons tiennent buvettes et stands de dégustation. Mais la journée ne rapporte presque pas d’argent, elle offre une visibilité incomparable pour les vins d’Alsace.

Midi approche. Le slowUp bat son plein sur la place de Scherwiller. Calés contre les barrières du canal ou à même le sol, des dizaines de vélos attendent leurs propriétaires. Les sportifs du dimanche se pressent autour des stands de grillades, sandwichs et buvettes. Chapeau avec ruban « Conseil interprofessionnel des vins d’alsace » (Civa) vissé sur la tête, Damien Sohler débouche bouteille sur bouteille. Le business semble tourner à fond. « En réalité on ne gagne presque rien », corrige d’emblée le président du syndicat viticole local.     Cette année, le stand collectif propose 430 bouteilles, issues de neuf maisons du village. Avec 48 bouteilles par viticulteur, on est loin de la vente du siècle. Les bénéfices dégagés reviennent au syndicat. « Mais ça ne représente pas grand-chose, 1 000 € maximum », tâtonne Damien Sohler. Maigre. À l’autre extrémité de la boucle réservée à la circulation des vélos, Pierre Gassmann perd carrément de l’argent. Le vigneron régale des dégustations gratuites. « Ici on ne vend rien, rigole-t-il. De toute façon les gens sont à vélo, ils ne vont pas repartir avec une caisse de vins. » Bilan de la journée : 60 bouteilles écoulées. La valeur ? De 9 à… 100 € le col. Sans compter le personnel mobilisé sur le stand et le caveau fermé à la vente. « On n’attend pas de retour sur investissement immédiat » D’avis général, le slowUp génère peu de bénéfice. Mais l’objectif réside ailleurs. « On n’attend pas de retour sur investissement immédiat, le slowUp permet de changer l’image des vins d’Alsace », théorise Philippe Bouvet, directeur marketing du Civa. Une image plus jeune, dynamique, à la mode… En droite ligne dans la stratégie de communication de l’interprofession. À Bergheim, le Civa a d’ailleurs installé son propre stand. Ambiance musique et espace lounge. « Les jeunes nous disaient : « On arrive chez vous et on a envie de s’asseoir » », raconte le communicant. En plein dans le mille. La journée constitue aussi une opportunité de tisser un lien avec des milliers de nouveaux clients potentiels. Pour cela, chacun sa technique. Les dégustations gratuites de Pierre Gassmann font l’effet d’un appât juteux. La preuve, lundi 3 juin il a déjà vendu des bouteilles à quatre clients rencontrés la veille sur son stand. Et le vigneron de poursuivre sur un couple rencontré lors de l’édition 2018 : « Le jeune est revenu quelques semaines plus tard pour offrir un bon vin à sa copine. Finalement je les revois tous les deux-trois mois. » Gagner son poids en riesling Plus au nord, Dambach-la-Ville fête sa première participation. Maximilien Zaepffel n’aurait manqué ça pour rien au monde. « C’est une chance incomparable en termes d’empreinte visuelle (auprès des consommateurs) », explique le jeune président du syndicat local. Sa technique pour attirer les clients ? Occuper le terrain. Son association tient deux stands, un à Dambach et un à Dieffenthal, la commune voisine. Trente vignerons sont mobilisés sur la journée. Impossible de les louper. Les viticulteurs de Scherwiller, eux, se sont calmés depuis deux ans. Auparavant, ils offraient son poids en riesling à une personne tirée au sort. « On pesait les gens mais ça créait de gros bouchons sur la place, se souvient Damien Sohler. On a dû arrêter. » La rançon du succès. Cette animation n’avait pourtant rien d’anodin. Elle offrait un gros coup de pub aux producteurs locaux. Mieux. Chaque participant remplissait une fiche de contact. « On récupérait les adresses et on les intégrait à notre fichier client qu’on utilise pour promouvoir nos activités », raconte le président du syndicat viticole. Au fil du temps le répertoire s’agrandit. Environ 1 000 noms supplémentaires par édition. Résultat : le sentier gourmand (balade avec arrêts dans plusieurs caves) affiche vite complet. Plus sages les Scherwillerois ? Pas sûr. Ils ont déjà l’esprit tourné vers un autre événement cycliste. Plus prestigieux celui-là. Sourire malicieux de Damien Sohler : « On se creuse la tête pour savoir ce qu’on va bien pouvoir préparer pour le Tour de France. » Réponse le 10 juillet.

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