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Marché professionnel

Un apéro pour séduire les restos

Publié le 19/06/2019

Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace a convié restaurateurs et distributeurs à un afterwork aux haras de Strasbourg, lundi 17 juin. Le but de l’opération : convaincre les professionnels de proposer des vins locaux cet été.

Parasols, transats et musique lounge. Il est 17h30 et la cour des haras de Strasbourg prend des allures de bar de plage. Une trentaine de personnes déambule verre à la main entre les tables hautes où des vignerons font goûter leurs vins. Des serveurs apportent des plateaux d’amuse-bouches. Mais l’ambiance détendue ne dissimule pas totalement le sérieux de l’événement. Les visiteurs sont tous de potentiels clients professionnels. Restaurateurs, distributeurs, épiciers… Ils ont été invités par le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) dans le cadre de sa mini-tournée « Les vins d’Alsace s’invitent en terrasse », initiée fin mai à Paris. La soirée doit convaincre les participants de proposer des vins de la région sur leur carte. « L’idée c’est de montrer que les vins d’Alsace ont toute leur légitimité pour figurer sur les terrasses des restaurants cet été », explicite Philippe Bouvet, directeur marketing du Civa. D’où la musique et les transats ? « On veut ancrer les vins d’Alsace dans leur temps, rebondit le responsable. Renvoyer une image d’un produit frais et de qualité. » En droite ligne de la stratégie de communication de l’interprofession. La restauration, cette valeur sûre Ce soir, onze vignerons ont répondu à l’appel. Matthieu Wassler affiche un grand sourire derrière ses bouteilles. « Je viens à peine de reprendre l’affaire familiale, commence le viticulteur de 26 ans. Je présente mon premier riesling, c’est un peu mon bébé. » Lui a participé aux trois rencontres de la tournée (Paris, Lille et Strasbourg). Pourtant la clientèle professionnelle ne représente que 15 % des ventes du domaines de Blienschwiller. « Mais il faut la développer car il y a moins de variations que sur le vrac. » Les restos sont une valeur sûre. Une dame s’approche du stand flanquée de son compagnon et de son fils. Matthieu remplit leurs verres. « Vous livrez facilement sur Strasbourg ? Vous avez un tarif pro ? » Les questions s’enchaînent, courtes et précises. La cible du jour est une clientèle business. Plus exigeante que les particuliers. « On demande la même rigueur sur toutes les gammes d’un vigneron, témoigne Corail Pierron, du bistrot Le cul-terreux à Strasbourg. On ne veut pas une bonne bouteille et le reste moyen. » Normal quand on commande plusieurs caisses à la fois. « Quand je pars en vacances, je m’arrête dire bonjour » Les professionnels ont aussi des contraintes bien à eux. Un homme, chemise blanche et lunettes de soleil, navigue entre les tables. Il discute un peu, goûte parfois, ne s’attarde jamais. « Je cherche un vin bio et sec », indique ce responsable d’une centrale d’achat. Le reste ne l’intéresse pas. Cette rencontre est une aubaine pour l’homme d’affaires pressé. En trente minutes il se fait une idée de plusieurs vins de différentes maisons. Un sérieux gain de temps. Idem pour Marie Bellot. Elle gère une épicerie dans le centre de Strasbourg. « On sélectionne nos vins en se déplaçant dans les caves, mais ça prend la journée, explique la commerçante. Les avoir tous regroupés ce soir nous arrange beaucoup. » Mais les ventes du jour restent anecdotiques. « Si on vend c’est un plus », confirme Matthieu Wassler. La dégustation sert avant tout à mettre en relation producteurs et acheteurs. « On essaye de multiplier les points de contact pour augmenter le flux commercial », détaille Philippe Bouvet, du Civa. Les restaurateurs ont besoin de connaître leurs fournisseurs. « Quand on rencontre le vigneron, il nous explique son travail, relève l'épicière Marie Bellot. C’est très important pour vendre après en magasin. » Et puis, en cas de pépin, mieux vaut traiter avec un partenaire de confiance plutôt qu’avec une plateforme anonyme. Cela, Matthieu Wassler l’a bien compris. Il met un point d’honneur à livrer lui-même ses clients de la région. « Certains font livrer par un transporteur à 10 km de chez eux, c’est pas logique », s’agace le jeune homme. Lui profite de ces moments pour renforcer ses liens avec le client. « Certains deviennent des amis. » Comme ces restaurateurs de l’ouest de la France. « Quand je pars en vacances, je m’arrête dire bonjour. » Et toujours avec une bonne bouteille sous le bras.   Fabien Nouvène

Publié le 19/06/2019

Les communes d’Eschau, Plobsheim et Fegersheim accueillent le Tour des fermes, dimanche 23 juin. À pied ou à vélo, les visiteurs découvriront quatre exploitations le long du parcours balisé. L’occasion de renouer le contact avec les Strasbourgeois.

Trois villes, trois circuits. Dimanche, la sixième édition du Tour des fermes s’invite au sud de Strasbourg. Le concept ? « Que les citadins découvrent l’agriculture », selon Robert Herrmann, président de l’Eurométropole, qui a présenté l’événement lundi 17 juin. Dans les faits, trois boucles balisées de 5 à 12 km relient les communes de Fegersheim, Eschau et Plobsheim. Principalement via des pistes cyclables. L’itinéraire passe par quatre exploitations ouvertes aux visiteurs. Au programme : visites, mini-expos, marchés paysans et même… un bar smoothie.     Car tous les moyens sont bons pour attirer le Strasbourgeois. « Entre agriculteurs et citadins, les clichés persistent », relève Françoise Buffet, conseillère eurométropolitaine en charge de l’agriculture. La journée de dimanche doit aider à rabibocher habitants des villes et habitants des champs. Les fermiers se disent tous ouverts au dialogue. Sans tabou. « On va expliquer pourquoi et comment on écorne les veaux », assure Sébastien Rohmer, de la ferme du Loeb, à Eschau. À un jet de pierre, l’EARL Am Wegel a prévu une animation sur le maïs. Culture décriée pour ses besoins en eau. « Générer des retombées économiques » Mais le dialogue doit aller dans les deux sens. « On veut transmettre nos inquiétudes aussi », glisse Sébastien Rohmer. Sur les prix par exemple. « Les clients disent souvent que nos asperges sont un peu chères, emboîte Denis Rieffel, de Fegersheim. Les portes ouvertes leur permettent de comprendre tout le travail qu’il y a derrière. » Et donc le prix final. Le Tour des fermes apparaît comme l’événement tout indiqué pour reconquérir le cœur des consommateurs. Les centaines de visiteurs attendus vivent pour la plupart dans l’agglomération strasbourgeoise. Autant de clients potentiels pour les magasins des fermes participantes. « On espère convaincre de nouveaux clients », témoigne Sébastien Rohmer. Rebond de Françoise Buffet, de l’Eurométropole : « L’objet de la manifestation, c’est de générer des retombées économiques. »     Pour appuyer son propos, la conseillère a dévoilé un logo destiné à booster les circuits courts dans l’agglomération. Sur une feuille A4, une pomme dessinée en rouge. À l’intérieur, la silhouette blanche de la cathédrale de Strasbourg. À côté, le slogan « Mangeons local ». « On cherche à créer un réflexe chez le consommateur », explique l’élue. Le visuel va être proposé aux agriculteurs pour renforcer leur communication sur les marchés ou dans leurs magasins. Seul critère : produire et vendre dans le périmètre de l’Eurométropole. Près de 200 agriculteurs sont concernés.

Assemblée générale

Alsace Qualité change de tête

Publié le 18/06/2019

Nouveau président, nouveau directeur, nouveaux signes de qualité… L’association Alsace Qualité est dans une belle dynamique. Ça tombe bien, les prochains défis à relever ne manquent pas de piquant.

Ce n’est plus un vent de renouveau. C’est un ouragan de changements qui a été acté au cours de l’assemblée générale d’Alsace Qualité, vendredi 14 juin. À la présidence d’abord. Jean-François Vierling, qui a assuré cette mission pendant 18 ans, a été remplacé par Jean-Michel Schaeffer. À la direction, ensuite. Après le départ de l’ancienne directrice, Bénédicte Dubois, il a été décidé de mettre à disposition un salarié de la Chambre d'agriculture pour assurer cette fonction. Une manière de conforter le lien déjà très étroit qui uni les deux structures. Et c’est à Régis Huss que cette mission a été confiée. Toujours dans les ressources humaines, Marie Denizot a été embauchée en tant que chargée de mission dédiée à la marque Savourez l’Alsace - Produit du terroir. Côté résultats, Alsace Qualité n’a pas à rougir. 2018 a été marquée par l’obtention de l’IGP choucroute Alsace. Un dossier de longue haleine, qui a occupé les équipes d’Alsace Qualité durant deux décennies. Deux nouveaux cahiers des charges label rouge ont été homologués. Un pour le poulet jaune fermier élevé en plein air et l’autre pour le poulet noir fermier élevé en plein air. Enfin, Alsace Qualité a accompagné 17 viticulteurs de l’association Terra Vitis Alsace dans leur dossier de certification collective HVE de niveau 3. Il s’agit d’une des premières certifications collectives, qui plus est avec un niveau d’exigence très élevé. Un motif de grande fierté pour les salariés d’Alsace Qualité. Année record pour les formations Autre source de satisfaction, le nombre d’adhérents à Alsace Qualité s’est stabilisé. À 164 entreprises. Mais surtout, Elles adhèrent plus aux services proposés par l’association. Illustration : le taux de participation aux journées de formations a bondi de 135 % ! Une « preuve de la confiance que les entreprises membres accordent à Alsace Qualité », se félicite Jean-Michel Schaeffer. Et qui « reflète la qualité du service proposé », appui Régis Huss. Par ailleurs, de vastes chantiers se profilent. « Nous allons devoir accompagner les entreprises dans la mise en œuvre des dispositifs issus de la loi Egalim », indique Jean-Michel Schaeffer. En effet, au 1er janvier 2022, les repas servis en restauration collective dans les établissements chargés d’une mission de service public devront compter 50 % de produits de qualité et durables, dont au moins 20 % de produits biologiques. Il va donc falloir travailler l’achat des produits sous signes de qualité en restauration collective. Un sujet complexe puisque ces marchés sont aussi soumis au droit de la concurrence européen.

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