Sortie Conseil départemental - Chambre d’agriculture d’Alsace
L’emploi : une priorité sous contrat
Sortie Conseil départemental - Chambre d’agriculture d’Alsace
Publié le 10/07/2019
Élus du Département et de la Chambre d'agriculture ont visité trois exploitations autour de Sélestat, mardi 9 juillet. Cette excursion a permis d’acter le contrat d’objectifs qui lie les deux assemblées. L’emploi apparaît au centre du dispositif.
Cinq pages et autant d’axes de travail. Le Conseil départemental et la Chambre d’agriculture ont officialisé leur contrat d’objectifs, mardi 9 juillet. Le document qui les lie jusqu’aux élections départementales de 2021 vise notamment à améliorer la gestion du foncier agricole, booster les circuits courts, épauler les nouveaux installés… et favoriser l’emploi. Un souci commun aux deux assemblées. « L’agriculture a besoin de main-d’œuvre et nous, nous voulons sortir par le haut nos concitoyens les plus fragiles », observe Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, très actif sur la thématique de l’emploi. Ce constat posé, le Département et la Chambre d'agriculture ont intérêt à chercher des solutions ensemble. Cumul RSA-salaire pour toutes les filières Première annonce : les services départementaux étendent le dispositif de cumul du RSA et d’un salaire à toutes les activités saisonnières agricoles. Ce programme vise à remettre les bénéficiaires du RSA sur la voie de l’emploi. Et pallier le manque de bras dans les champs lors des coups de bourre. Lancé lors des vendanges 2018, puis étendu aux asperges en avril, le concept fait recette. « Depuis le 1er janvier nous avons reçu 73 demandes d’agriculteurs dont vingt ont été pourvues et se sont traduites par des contrats d’au moins une semaine », souligne Sébastien Libbrecht, responsable du service formation-emploi à la Chambre d'agriculture. Mieux. Déjà 76 viticulteurs se sont rapprochés de lui en prévision des vendanges. Désormais, les allocataires du RSA pourront postuler à toute filière sous tension. Fraises, houblon, tabac… L’objectif annoncé : constituer un vivier de 150 à 200 candidats potentiels. Mais ce dispositif souffre d’un sérieux handicap. Près de 75 % des bénéficiaires sélectionnés n’ont pas de véhicule. « Difficile d’être à 7 h dans les champs si on doit faire 15 km à pied pour y aller », résume Sébastien Libbrecht. Résultat : certains allocataires renoncent à répondre à des annonces trop éloignées de leur domicile. Autre souci, la plupart des candidats ne sont pas rodés aux tâches agricoles. Ils découvrent le métier une fois sur place. D’où un taux d’abandon de 30 %. Le dispositif ne résoudra pas à lui seul le manque de main-d’œuvre dans les fermes. Boîte d’intérim agricole Le monde agricole ne se résigne pas pour autant. Il dégaine une nouvelle idée. Six organismes professionnels (Chambre d'agriculture, MSA, Service de remplacement, syndicats, Germa) vont créer un groupement d’employeurs d’ici la fin de l’année. Le concept ? « Une sorte de boîte d’intérim agricole », illustre Sylviane Fargeon, directrice adjointe de la MSA. Cette entité sera chargée de recruter et former des travailleurs agricoles. Elle proposera ensuite leurs services aux agriculteurs de toutes les filières en Alsace. « L’idée c’est de proposer des salariés qualifiés », enchaîne la responsable de la mutualité. Le projet suit un calendrier précis. Statuts déposés fin 2019. Premiers recrutements et formations début 2020. Tout doit être prêt pour avril. « Nous voulons inaugurer ce service pour la saison des asperges », explique David Herrscher, président de la MSA. Les cofondateurs se donnent trois ans pour atteindre la stabilité économique. Et le Département là-dedans ? Il devrait voter une subvention de démarrage de 40 000 € à l’automne. Frédéric Bierry l’assure : « Sur ces sujets, il n’y a pas de problème, on y va. » Reste à trouver les candidats.












