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Publié le 19/07/2019

Surfant sur la vague de l’œnotourisme, de nombreuses entreprises viticoles misent sur l’accueil au caveau pour attirer la clientèle et proposer de nouvelles expériences gustatives ou culturelles. Cette tendance va de pair avec la modernisation des caveaux.

Avec un quart des ventes sur le marché intérieur réalisé en direct, l’Alsace est le premier vignoble français pour l’achat au caveau. Pas étonnant que celui-ci fasse l’objet d’une attention particulière de la part des vignerons. Un vent de renouveau souffle même sur le vignoble tant les projets de rénovation ou d’ouverture de nouveaux caveaux se succèdent. Les plus gros projets se chiffrent en million (s) d’euros. C’est le cas du bar à vins ouvert fin 2017 par la maison Joseph Cattin à Vœgtlinshoffen. Projet d’envergure également pour le domaine Rolly-Gassmann à Rorschwihr : un caveau de 800 m2 aménagé au sommet d’un bâtiment à six niveaux, avec ossature bois et baie vitrée à 200°. Les travaux devraient s’achever au courant de l’année. Quand au caveau des domaines Schlumberger, inauguré mi-mai à Guebwiller, il a nécessité un an de travaux et fait déjà le plein de visiteurs.     Changement de déco Mais les chantiers ne sont pas seulement l’affaire des grandes maisons. Des projets plus modestes voient le jour. Souvent, la construction d’un caveau s’inscrit dans le cadre d’un réaménagement de l’outil de travail. Cela peut être l’occasion de sortir du village et de ses contraintes (ruelles étroites, locaux exigus, accessibilité) comme au domaine Ehrahrt-Saint-Rémy à Wettolsheim ou le domaine Wantz à Mittelbergheim. « Bien sûr, il y a des entreprises qui, lorsqu’elles rénovent leur chai, en profitent pour se lancer dans des gros travaux au caveau, explique Anne Freder, chargée de l’œnotourisme au Civa. Mais on n’a pas forcément besoin de tout révolutionner. » On peut aussi faire évoluer les lieux par petites touches. Sur la déco par exemple : ajouter quelques meubles contemporains pour casser le côté folklorique du local, accrocher des photos de famille ou des accessoires personnels pour créer une ambiance plus intimiste. Une fois à l’intérieur, on peut sortir le grand jeu… ou pas. La tendence est à la personalisation de la cave. Au domaine Achillée à Scherwiller, Yves Dietrich et ses fils ont fait de leur caveau un lieu convivial : un comptoir immense, un espace salon avec tables basses, fauteuils et canapé vintage d’où l’on aperçoit les vignes. Des bonbonnes de verre emplies de végétaux et des bouquets de fleurs des champs sont placés sur les tables. On est ici dans un bâtiment bioclimatique et cela se voit : le bois brut et la paille, les deux matériaux utilisés pour la construction, font partie intégrante du décor. Ils racontent l’histoire de la maison, qui s’est convertie à l’agriculture biologique en 1999 puis à la biodynamie quelques années plus tard. Des boulimiques d’activités Mais attention : à trop regarder ce qui se fait ailleurs ou à laisser carte blanche à des architectes, on risque de perdre son âme. Or, ce que recherchent les œnotouristes, c’est l’esprit de la région. Il ne réside pas seulement dans le décor, mais aussi dans l’accueil, la générosité des vignerons et la variété de leur offre de découverte. Une étude menée par l’Observatoire régional du tourisme d’Alsace entre juillet 2016 et août 2017 montre ainsi que les œnotouristes sont des boulimiques d’activité, qui visitent plus de sites que la moyenne des touristes accueillis dans la région. Offrir à ces visiteurs les meilleures conditions d’accueil, c’est ce que souhaitaient Valérie et Vincent Goesel, qui ont construit un caveau tout neuf en 2016, juste en face de leur domaine à Dorlisheim. Mais cela ne suffisait pas. « Nous sommes excentrés par rapport à la route principale du village, donc peu visibles, explique Valérie Goesel. Aujourd’hui, on ne peut plus se contenter d’attendre les clients au caveau, il faut trouver un moyen de les faire venir jusqu’à soi. » Ce moyen, ils l’ont trouvé : ils ont acquis cinq vélos électriques et proposent différentes formules à la journée ou à la demi-journée. Chacune inclut la location du vélo et la dégustation de quatre vins du domaine assortie d’amuse-bouches, voire d’un pique-nique complet. Évindez-vous - c’est le nom de cette offre - rencontre déjà un vif succès grâce au site internet créé pour en assurer la promotion. Elle est également commercialisée par Smartbox (coffret cadeau incluant la prestation), ce qui attire de nouveaux clients. Même esprit d’ouverture à l’Achillée : le caveau sert de point relais. Les habitants de Scherwiller viennent déposer ou retirer leur colis. Et au passage achètent quelques bouteilles. Une idée assez futée à l’heure où le commerce en ligne s’envole.

Publié le 18/07/2019

Les députés en charge des questions agricoles au Parlement européen ont élu leur bureau mercredi 10 juillet. Entre barrage à l’extrême droite et nouveaux dirigeants, la commission Agriculture version 2019-2024 change de visage.

Trente-six voix pour, onze contre. Le conservateur allemand Norbert Lins a été largement élu à la présidence de la commission Agriculture, mercredi 10 juillet. Face à lui, la Française Maxette Pirbakas n’a eu aucune chance. Presque tous les partis s’étaient mis d’accord pour lui barrer la route. La raison ? Elle appartient au Rassemblement national (RN) et au groupe eurosceptique Identité et démocratie (ID). L’affaire était entendue depuis plusieurs jours. Les eurodéputés allaient respecter le « cordon sanitaire ». Une stratégie mise en place par l’ensemble des groupes politiques pour empêcher les partis nationalistes d’accéder aux responsabilités. À l’image du front républicain évoqué en France lorsque le RN arrive au second tour d’un scrutin. « Un déni de démocratie » pour Gilles Lebreton, autre député RN de la commission Agriculture. Car le groupe ID dispose de 73 représentants dans l’assemblée strasbourgeoise. La cinquième force politique. Il pouvait donc prétendre à des postes à responsabilité. En comparaison, les Verts, qui disposent d’un élu de plus, ont obtenu la direction de deux commissions.   Le déni de démocratie continue au Parlement européen ! https://t.co/vHpSVMxIx4 — Gilles Lebreton (@Gilles_Lebreton) 10 juillet 2019   Le symbole de la Pac La machine démocratique se serait grippée ? « Je ne vois pas comment on peut confier des responsabilités dans la construction européenne à des gens dont le seul but est justement de défaire l’Union européenne », rétorque Anne Sander, eurodéputée alsacienne du PPE (droite). Et quelles responsabilités. La commission Agriculture se charge de questions de haute importance. La Pac notamment. Premier budget de l’UE et politique communautaire la plus aboutie. C’est justement pour cela que le RN s’intéresse particulièrement à cette commission, avance Anne Sander. « C’est un symbole », confirme-t-elle. Autre problème posé par une présidence RN : la perte de crédibilité. « Il nous faut un président fort et soutenu par les membres de la commission », appuie Anne Sander. Elle pointe notamment la nécessité d’avoir une personnalité à même de négocier face à la commission Environnement, très puissante et marquée à gauche. La perspective d’une présidente issue d’un parti ostracisé compliquerait encore plus la tâche de la commission Agriculture pour faire valoir ses arguments. Une eurosceptique peut en cacher une autre Maxette Pirbakas enchaîne donc les déconvenues lors de la session constitutive du bureau. Elle se présente au poste de 1re vice-présidente. Échec. Son adversaire, l’écologiste Francisco Guerreiro, remporte 38 voix. Elle retente sa chance comme 2e vice-présidente. Las. Daniel Buda (PPE) la bat avec 30 voix d’écart. Mais la séance est ajournée juste avant les votes pour les 3e et 4e vice-présidents. En cause : un nouveau débat éthique. Car les conservateurs eurosceptiques du groupe ECR veulent présenter l’Espagnole Mazaly Aguilar. Aucun problème au premier abord. Malgré leurs positions très critiques envers l’UE, les partis issus de ECR ne sont pas blacklistés. Ils pilotent même des commissions parlementaires. Le problème : Aguilar est une élue de Vox, le seul parti d’extrême droite d’Espagne. Alors, cordon sanitaire ou pas ? « Moi je suis favorable à ce qu’il y ait un candidat ECR, j’ai beaucoup travaillé avec eux par le passé, commence Anne Sander. Mais s’ils pouvaient proposer quelqu’un de plus acceptable… » L’eurodéputée réserve pour l’instant sa décision. Car les groupes discutent des alternatives possibles. Le nom d’un socialiste italien circule. Réponse le 23 juillet, pour la suite du scrutin.    

AgriProCenter à Morschwiller

Un magasin de vente en plus des ateliers mobiles

Publié le 15/07/2019

Grâce à ses camionnettes-ateliers, David Tony et son équipe dépannent les agriculteurs à domicile. Le mécanicien alsacien a transféré son activité à Morschwiller, près de Brumath, le 1er avril dernier.

Ancien chef d’atelier chez un concessionnaire bas-rhinois, David Tony a démarré son activité de dépannage à domicile voici quatre ans, depuis son village de Haut-Clocher, en Moselle. Seul, avec une camionnette contenant tout l’outillage nécessaire, il intervient chez les agriculteurs pour réparer les tracteurs et les machines agricoles et réaliser les principales opérations d’entretien. AgriProCenter séduit tellement que le jeune entrepreneur a embauché deux mécaniciens et a acheté deux camionnettes-ateliers supplémentaires. Les mécaniciens rayonnent à présent sur quatre départements : Bas-Rhin et Haut-Rhin, Moselle et Meurthe-et-Moselle. « On se déplace de Mulhouse à Bitche, mais 90 % de notre clientèle est alsacienne, précise David Tony. Ce sont aussi bien des céréaliers que des éleveurs qui font appel à nos services. » Avec le développement de son activité, David Tony s’est retrouvé rapidement confronté à un problème de place. « J’ai créé ma société chez moi et je stockais les pièces dans un hangar pour limiter les frais. Mais au bout de trois ans, je commençais à en avoir partout et il devenait difficile de gérer la logistique. Il fallait trouver une solution. » En l’occurrence, un lieu bien situé par rapport à la zone d’intervention des trois mécaniciens. Une opportunité se présente sous la forme d’un local de 525 m2, situé à la sortie de Morschwiller.     Du matériel de motoculture David Tony y transfère son activité le 1er avril dernier. Une grande partie du bâtiment, environ 300 m2, est dédiée aux pièces détachées agricoles. Le jeune entrepreneur profite de l’emplacement - 5 à 6 000 véhicules passent devant AgriProCenter chaque jour - pour élargir le magasin au matériel de motoculture à destination des professionnels et des particuliers. Il expose aussi des fournitures de jardin (terreau, semences potagères, gazon). L’ouverture de ce point de vente constitue une prise de risque pour David Tony, qui a investi 300 000 € dans cette affaire. Mais un risque calculé : l’emplacement au bord d’une route bien fréquentée, la présence d’un parking et d’un local libre à côté de celui qu’il occupe lui permettent déjà d’envisager une extension de son activité motoculture, voire un développement vers l’horticulture et le matériel d’élevage. De plus, le local actuel abrite un atelier espace vert, ce qui permet d’assurer le service après-vente pour la partie motoculture, tandis que les mécaniciens agricoles continuent de se déplacer directement chez les clients. David Tony espère embaucher un quatrième salarié à la fin de l’année pour faire face à l’accroissement de son activité. Surtout en ce moment. En saison haute, AgriProCenter assure les dépannages 7 jours/7, avec des horaires très larges, pour s’adapter à la demande de ses clients. Un site d’e-commerce pour les pièces détachées Le PDG d’AgriProCenter a d’autres projets dans son sac : il a créé un site d’e-commerce de pièces détachées, DMC Agriculture, qui lui permet de revendre des pièces partout en France. Le client qui commande sur le site peut aussi faire appel à AgriProCenter pour monter les pièces commandées. L’idée est d’étendre ce service dans toute la France en créant une franchise. « On a quatre ans de recul, un service qui marche bien grâce à une prestation de main d’oeuvre à tarif correct. Nous allons mettre en place ce projet d'ici 2020-1921 car nous nous sommes rendu compte, en interrogeant les clients qui nous commandaient des pièces, qu’ils pouvaient faire appel à des concessionnaires pour les monter, mais qu’ils n’avaient pas accès à la prestation de service à domicile. »

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