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Semis direct

Un défilé de semoirs

Publié le 02/08/2019

L’agriculture de conservation, avec à son apogée le semis direct, fait de plus en plus d’émules. Les constructeurs accompagnent l’évolution des pratiques en concevant des outils dédiés. Une démonstration organisée par la Chambre d'agriculture d’Alsace et le réseau des Cuma a permis d’en rassembler six exemplaires.

Jeudi 26 juillet, le deuxième épisode caniculaire de l’été atteint son paroxysme. Pas de quoi décourager les agriculteurs intéressés par les nouvelles techniques culturales prônées par les mouvances agroécologiques et d’agriculture de conservation : ils étaient quasiment une centaine à braver les envolées du mercure.     Réduire l’érosion et l’impact du changement climatique Un des atouts de ces techniques : un travail du sol plus parcimonieux, voire inexistant. Un sol peu travaillé est un sol qui s’érode moins. Donc moins sujet aux coulées d’eau boueuse. Pour Rémy Michael, responsable de ce dossier à la Chambre d'agriculture d’Alsace, la démocratisation de ces techniques constitue un réel enjeu. « L’agriculture de conservation repose sur trois piliers - le non-travail du sol, leur couverture permanente et la diversification des cultures - qui permettent de réduire l’érosion et d’améliorer le fonctionnement des sols », introduit-il. Cette journée de démonstration constituait d’ailleurs les prémices d’un essai portant sur la couverture du sol (lire en encadré). « Couvrir le sol permet de diminuer sa température en cas de fortes chaleurs, de favoriser la vie microbienne, de fournir de l’azote, du fourrage, de retenir les particules de terre et d’augmenter la teneur en matière organique », liste Rémy Michael. Bref, que des atouts. Mais cela requiert d’acquérir certaines techniques. « Ça ne s’invente pas, il y a des règles à respecter », constate Rémy Mickaël. Il faut donc se former et parfois prendre le risque de commettre des erreurs. Mais il le faut. Non seulement parce que la société pousse à faire évoluer les pratiques agricoles. Mais aussi parce que le changement climatique l’impose. En effet, l’exacerbation des aléas climatiques va inévitablement impacter la rentabilité des exploitations. Pour pérenniser les structures, il va donc falloir « faire évoluer les pratiques, voire les cultures et les filières », estime Matthieu Goehry, président de la fédération régionale des Cuma du Grand Est. Des Cuma pour du bon matos Arrivé à un certain point de la révision des pratiques, s’équiper avec du matériel adapté devient indispensable. Mais on ne change pas de semoir comme on change de binette. Les semoirs de semis direct sont des concentrés de technologie. Et ils ont un coût. D’où l’implication des Cuma dans cette journée de démonstration. « Les petites structures alsaciennes sont rarement à même d’investir seules dans de tels outils », constate Matthieu Goehry. Leur déploiement sur le terrain passera donc soit par des Entreprises de travaux agricoles (ETA), soit par les Cuma. Sans dénigrer le rôle des premières, Matthieu Goehry prêche pour sa chapelle : « Acheter du matériel en Cuma permet de diluer les charges de mécanisation qui constituent le poste de charges le plus important dans nos exploitations. En outre, chacun peut faire des expériences et en faire profiter les autres, ce qui fait progresser tout le groupe. » Pour sa part, Mathieu Goehry ne possède plus aucun matériel en propre, et ses charges de mécanisation s’élèvent à 400 €/ha. Qui dit mieux ?

Publié le 31/07/2019

Les Jeunes agriculteurs des cantons de Brumath et Hochfelden ont organisé leurs concours de labour dimanche 28 juillet. Voici les résultats.

Canton de Brumath Les Jeunes Agriculteurs du canton de Brumath font part des résultats de leur concours de labour qui s’est déroulé dimanche 28 juillet à Gambsheim. Labour en planches 1er Loïc Fischer, Wagen, 87 points ; 2e Tanguy Wiedling, Kurtzenhouse, 84,5 pts ; 3e Fabrice Hardy, Gries, 72,5 pts ; 4e Nicolas Hoyndorf, Schnersheim, 68 pts ; 5e Célia Henches, Geudertheim, 66,5 pts ; 6e Franck Penner, Kleinfranckenheim, 60 pts ; 7e Mathieu Ficker, Wilwisheim, 56,5 pts ; 8e Thomas Reinhart, Altenheim, 54,5 pts ; 9e Mickaël Gangloff, Bietlenheim, 54 pts. Tanguy Wiedling et Fabrice Hardy sont qualifiés pour la finale départementale. Les Jeunes Agriculteurs remercient la famille Schneider pour son accueil, les propriétaires des parcelles, les membres du jury ainsi que les concurrents pour leur participation. Canton de Hochfelden Les Jeunes Agriculteurs du canton de Hochfelden font part des résultats de leur concours de labour qui s’est déroulé dimanche 28 juillet à Zoebersdorf. Labour en planches 1er Thibaut Miller, Bischholtz, 73 pts ; 2e Georges Staath, Wickersheim, 71 pts ; 3e Anne-Elaine Beitler, Wickersheim, 67 pts ; Pierre Muller, Niederbronn, 51 pts. Georges Staath est qualifié pour la finale départementale. Labour en planches à l'ancienne 1er Martin Klein, Mietesheim, 59,5 pts ; 2e, Daniel Laugel, Ettendorf, 45 pts. Les Jeunes Agriculteurs remercient la famille Staath pour son accueil, les propriétaires des parcelles, les membres du jury ainsi que les concurrents pour leur participation.

Publié le 25/07/2019

Le déficit de pluie et les canicules de juin et juillet ont craquelé le sol alsacien. Les premiers effets de la sécheresse se font ressentir sur l’ensemble de la région. Panorama de la situation au 24 juillet.

Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA 67, lâche le morceau. « La sécheresse 2019 s’annonce pire que l’an dernier. » Le thermomètre continue de battre des records. L’Alsace cumule 22 % de déficit pluviométrique par rapport à la normale. Plus grave. Les réserves d’eau n’ont pas encore récupéré de la sécheresse de 2018. En cause : un automne trop sec. L’été s’annonce brûlant pour les agriculteurs alsaciens. « L’hiver tombe le 1er août » En première ligne : les montagnes des Vosges, l’Alsace bossue et le Sundgau. Sans accès à la nappe phréatique, les paysans subissent la sécheresse de plein fouet. Surtout les éleveurs. Les animaux ont soif. « Certains commencent à amener de l’eau aux pâturages avec des camions-citernes, témoigne Michel Busch, directeur de la FDSEA 68. Ça représente 3-4 h de route par jour. » Et encore, ceux-là peuvent s’estimer heureux d’avoir des prairies encore en état. « Chez moi, les vaches ne sortent plus », tranche Véronique Klein, de la Petite Pierre. Normal, il n’y a plus rien à manger dans les prés. « Les pâtures commencent à cramer », confirme Michel Busch. Les éleveurs disposeraient d’une dizaine de jours devant eux. « L’hiver tombe le 1er août désormais », se désole Denis Ramspacher, président de la Chambre d'agriculture. Après, il faudra puiser dans les stocks. Problème, les réserves sont maigres. Les agriculteurs ont affronté le même scénario l’an dernier. Ils ne peuvent donc pas compter sur d’éventuels surplus de nourriture. Et cette année, « la première coupe de foin a été correcte, selon Gérard Lorber. Mais là c’est fini, il n’y a plus rien. » L’herbe ne pousse plus depuis plusieurs semaines à cause des fortes chaleurs. Le pompon : les vaches souffrent de la chaleur et produisent moins de lait. La coopérative Alsace Lait enregistre ainsi 6 à 8 % de baisse de volumes. La qualité du maïs dans la balance Autres victimes du climat : les producteurs de maïs. Là encore, les secteurs non-irrigués pâtissent de l’absence de pluie. Nord et Sud Alsace en premier. Et « la canicule tombe au plus mauvais moment », d’après Gérard Lorber. En effet, la fraîcheur du mois de mai a retardé la floraison. Elle doit intervenir dans les prochains jours. Mais les fortes températures mettent en péril la fécondation de la plante. « Dans le Sundgau on n’aura pas de maïs fourrage digne de ce nom, constate, dépité, Michel Busch. Et je ne parle même pas du maïs grain. » Dans la plaine irriguée, la situation est forcément meilleure. Mais les restrictions d’eau (voir encadré) pourraient compliquer le travail des paysans. Les vergers d’Alsace, gourmands en eau, frisent aussi l’insolation. « Les quetsches et les mirabelles sont en train de tomber des arbres. Sèches », constate Denis Ramspacher. Et Michel Busch d’enchaîner sur les maraîchers : « Dans le Sundgau ils n’ont plus une goutte d’eau, c’est la cata. » Pas mieux du côté des vignes. Les ceps sont en situation de stress hydrique. Surtout dans les sols sablonneux de la région colmarienne. Une lueur d’espoir ? Oui. On peut sauver certaines cultures. « La betterave et l’herbe pourront être rattrapées », se rassure Gérard Lorber. À condition que le mois d’août soit plus humide. « Une pluie ce week-end sauverait bien des situations tendues », espère Michel Busch. Mais, pour l’instant, le mercure continue de grimper. Et toujours pas un nuage à l’horizon.

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