A la une

Publié le 02/09/2019

Lundi 2 septembre, lors de son assemblée générale, l’Association des Viticulteurs d’Alsace a défini la date d’ouverture des vendanges pour ce mercredi 4 septembre pour le Crémant d’Alsace. Les vignerons pourront démarrer la récolte des raisons pour les vins tranquilles à compter du jeudi 12 septembre. Sur la question des rendements, les vignerons ont décidé de maintenir les rendements à 80 hl/ha à la quasi-unanimité. Ces propositions doivent être validées par le Comité Régional de l’INAO.

Évolution de la maturité du millésime 2019

Dans la lignée de 2013 et 2010... pour l'instant

Publié le 30/08/2019

Pas de précipitation ! Le millésime s’annonce moins précoce que 2018 ou 2017. Les données d’accumulation de sucres et de combustion d’acidité se situent dans la lignée de 2013 et 2010. Mais en 2019, les cinétiques de maturité sont plus importantes…

L’évaluation des maturités, effectuée par les services techniques du vignoble (Inra, Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, Association des viticulteurs d'Alsace, Chambre d’agriculture d’Alsace, Institut français de la vigne et du vin) et publiée par le Civa sur vinsalsace.pro, livre une première indication du millésime 2019. Si la phénologie (état d’avancée de la véraison) laisse entrevoir une année « normale » en précocité de maturité, comme l’indique le Bulletin de santé du végétal n° 14, à partir d’une cinquantaine de parcelles observées, les premières données techniques de sucres accumulés et d’acidité font apparaître des teneurs indiquant un millésime plus tardif que 2018, 2017 et 2015, et similaire à 2013 et 2010. Ceci, sans tenir compte du réchauffement climatique… Les prélèvements se sont déroulés le 22 août. Ils tablent sur 70 parcelles de référence du nord au sud du vignoble et se cantonnent pour l’heure aux cépages les plus précoces : les pinots noirs, gris, chardonnay et l’auxerrois (pour le réseau des partenaires). Et sur les parcelles du réseau « maturité Civa ». Les données sont en ligne sur vinsalsace.pro, avec comme chaque année un tableur permettant de visualiser des courbes de maturité comparatives entre millésimes (voir le graphique ci dessus). Par extrapolation linéaire, on constate que les données de teneur en sucres déjà accumulés et en acidité totale se situent dans la lignée de 2013. C’est donc un millésime qui ne devrait pas surprendre par une maturité précipitée, notamment pour les crémants. Reste que le vignoble a connu, du nord au sud, des précipitations bien différentes cette année, avec une région de Colmar copieusement arrosée (100 à 200 mm) et un bilan hydrique favorable à la fin juillet. Le Piémont bas-rhinois, lui, accuse jusqu’à 90 % de déficit hydrique sur 60 jours à cette même date. Quelques dizaines de millimètres de pluies salvatrices sont venus ensuite combler cette sécheresse. Certaines zones ont cependant connu d’importantes brûlures de baies, désormais partiellement ou totalement momifiées. Un bon potentiel de maturation Les données du réseau de maturité des partenaires, également en ligne sur vinsalsace.pro, apportent des éléments plus détaillés et par commune viticole de l’état d’avancée de la maturité. Pour 8° d’alcool potentiel acquis, tous les pH (ou presque) sont inférieurs à 3, ce qui signifie globalement que le millésime ne devrait pas manquer d’acidité. À ce stade, les cépages précités affichent entre 7,5 et 9 g/l d’acide tartrique et entre 6 et 15 g/l d’acide malique. Néanmoins, quelques parcelles ont déjà « décroché » en malique avec moins de 5 ou 6 g/l, signifiant un stress hydrique et probablement peu de capacité désormais à accumuler des sucres. Mais celles-ci sont plutôt rares sur les 70 parcelles évaluées. Toujours à ce stade des 8° d’alcool potentiel, la belle teneur en malique permet d’entrevoir un bon potentiel de maturation. Le malique constituant une réserve énergétique pour accumuler les sucres. Sur la situation sanitaire, le BSV n° 14 rédigé par la CAA et la Fredon, constitue une précieuse source d’informations. Les zones copieusement arrosées du Centre Alsace peuvent présenter des foyers de botrytis initiés par un éclatement de baies. Pour l’heure, aucune ponte de drosophile n’est signalée. On retient donc que le millésime se présente plutôt bien à la faveur de volumes de récolte plutôt faibles.

Assises du houblon

La filière brasse large

Publié le 28/08/2019

Les premières assises du houblon français se sont tenues les 22 et 23 août en Alsace. Un acte fondateur pour une filière structurée. Houblonniers, brasseurs et négociants marchent désormais dans la même direction.

Un vent d’euphorie parcourt la salle. « Nous vivons une révolution du houblon », s’enflamme Hervé Marziou, premier biérologue français et fin connaisseur du monde brassicole. Face à lui, des dizaines de brasseurs, planteurs, chercheurs et négociants réunis pendant deux jours en Alsace pour les premières assises du houblon. Le sommet a accouché d’une marque : France Houblon. Futur étendard de l’ensemble de la filière, du champ à la chope. Portés par le renouveau de la bière française, les professionnels ne veulent plus avancer en ordre dispersé. France Houblon n’est pas juste une marque grand public. La preuve, de nombreuses entités naissent dans son sillage. À commencer par Inter Houblon. L’interprofession devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. Cette entité associe brasseurs, houblonniers et chercheurs. Elle donnera les grands axes de travail pour la profession. En mai déjà, les distributeurs ont créé l’association française de négoce de houblon. Elle regroupe les négociants de houblon sur le marché intérieur et à l’international. Son rôle ? Définir des cahiers de charges de production, promouvoir le houblon français et trouver des débouchés aux planteurs qui ne peuvent vendre leur récolte dans leur région. « Se mettre au diapason des microbrasseries » La filière se donne une priorité : satisfaire la demande des brasseurs. Car aujourd’hui, les brasseries françaises achètent 80 % de leur houblon à l’étranger. En cause, une production locale trop faible (à peine 1 % des volumes mondiaux) et historiquement tournée vers l’international. Ainsi, 70 % des cônes produits dans l’hexagone quittent le pays au moment du maltage. « Ce serait bien d’inverser la tendance, avance Francis Heitz, responsable export chez Hop France, marque du Comptoir agricole. Mais pour cela il faut se mettre au diapason des microbrasseries. » C’est là le grand défi du houblon tricolore. Le boom des brasseries artisanales entraîne de nouvelles demandes. Les microbrasseurs veulent du houblon aromatique, de différentes variétés, en petits volumes. Un casse-tête pour les producteurs. « La filière nous donnera une vision claire des besoins des brasseurs », espère Bernard Ingwiller, président de l’Association générale des planteurs de houblon de France (AGPH). Un élément vital. Car trois ans peuvent s’écouler entre la demande d’une nouvelle variété et la première récolte. Chaque minute compte. Jackpot pour la recherche « La filière doit aussi devenir un lieu d’échange, à l’image de ces assises », s’enthousiasme Fanny Madrid, cofondatrice de Hopen. Son entreprise vise à développer la culture du houblon dans le Sud Ouest. Une région novice dans le domaine. Le partage de connaissances entre anciens et néoplanteurs lui semble donc essentiel. D’autant que toutes les régions s’y mettent. Bretagne, Normandie, Aquitaine… L’Alsace et le Nord n’ont plus le monopole sur les houblonnières. « On a tous les mêmes défis (changement climatique, demandes variées des brasseurs et des consommateurs NDLR), mais chacun apporte ses propres réponses, témoigne benoît Lamy, président de l’association Houblon de Normandie. Si on agrège tout ça, on arrivera à des solutions intéressantes pour tous. »     La recherche devrait profiter de ces manœuvres. Le 22 mai, lors de son assemblée générale, l’AGPH a acté la séparation de ses activités syndicales et de recherche. L’Institut technique du houblon appartient toujours à l’association des planteurs, mais il gagne en autonomie. « On voulait surtout l’élargir, précise Bernard Ingwiller. Pour l’instant ce sont les producteurs qui financent l’institut. » Avec la naissance d’une filière structurée, le responsable espère que le négoce, les brasseurs et surtout l’État mettront la main à la poche. Via une contribution financière ou en déléguant des scientifiques issus d’autres structures. Les participants aux assises se donnent jusqu’à 2022 pour atteindre une vitesse de croisière. Ambitieux. Mais Bernard Ingwiller en est convaincu : « France Houblon c’est l’avenir. » La révolution est dans les tuyaux.

Pages

Les vidéos