A la une

Publié le 18/03/2023

Invitée à l’assemblée générale du syndicat de la race limousine d’Alsace, Catherine Lutz, vétérinaire à Hochfelden, a donné ses conseils pour préserver la santé néonatale du veau.

Pour assurer un bon démarrage du veau, il est important d’avoir une case de vêlage. Catherine Lutz y voit plusieurs avantages : pouvoir mieux surveiller la vache, intervenir plus facilement au moment de la mise bas, avoir un meilleur environnement mère-veau et maîtriser la pression infectieuse. « Les veaux sont plus vite malades s’il n’y a pas de case de vêlage », dit-elle. Elle conseille d’y placer la vache une à deux semaines avant l’arrivée du veau pour éviter le stress d’un déplacement à la dernière minute. Pendant le vêlage, une hygiène rigoureuse est impérative : le matériel doit être nettoyé et ceux qui interviennent doivent porter des gants et une blouse à usage unique. « Cela sert aussi à se protéger des maladies qui viennent de la vache », souligne la vétérinaire. Un nettoyage de la vulve est préconisé. Catherine Lutz conseille de rester patient et si l’on utilise une vêleuse, de « contrôler sa force de traction » pour éviter des déchirures chez la vache et ne pas étirer les pattes du veau. « Si ça n’avance pas, on peut utiliser un lubrifiant. » Après vêlage, on vérifie que la mère ne présente pas de saignement ou de déchirure et on s’occupe du veau, qui est placé dans un endroit « propre et sec ». Catherine Lutz conseille de lui dégager les voies respiratoires à l’aide d’un aspirateur à glaires. On ne suspend le veau « que si ça ne va pas et pas plus de 30 secondes car cela provoque un afflux énorme de sang dans la tête et c’est un risque d’œdème cérébral ». Colostrum : une protection pour le veau Une fois né, le veau doit s’alimenter rapidement pour pouvoir se réchauffer. C’est particulièrement vrai en hiver. Le colostrum a un rôle énergétique, mentionne la vétérinaire. Si la mère est bien complémentée et bien nourrie, il fournit au veau des lipides, des glucides et des protéines pour la thermorégulation, mais aussi des minéraux, des oligo-éléments et des vitamines. Il contribue aussi au transfert de l’immunité passive pendant les 15 jours qui suivent la naissance, c’est ce qui protège le veau contre les diarrhées. La protection est d’autant plus importante que la présence d’immunoglobulines (IgG) dans le colostrum est élevée : « À moins de 2 g/l, on a deux fois plus de morbidité chez les veaux. » L’objectif est d’apporter 10 g d’IgG/l. « Mais dans les premières 24 heures, il n’y a que 20 % qui va aller dans le sang. Donc il faut en apporter 250 g pour qu’il en reste 50 g dans le sang », souligne Catherine Lutz. Comment contrôler la richesse en IgG d’un colostrum ? En utilisant un réfractomètre, sur lequel on pose une goutte de colostrum. Il mesure les « brix ». Plus de 28 brix, c’est l’idéal selon la vétérinaire, qui précise que ces valeurs sont convertibles en IgG. Plus un colostrum est riche en IgG, moins il est nécessaire d’en donner : pour un colostrum à 100 g d’IgG/l, 2,5 l de colostrum suffisent. À 80 g d’IgG, la quantité nécessaire monte à 3 litres ; à 50 g d’IgG/l, elle est de 4,5 l. Quand la vétérinaire suspecte un problème de transfert d’immunité colostale, elle réalise une prise de sang entre 2 jours et 6 jours de vie. « À moins de 3 g/l, il y a échec de transfert. L’idéal, c’est au-dessus de 15 g/l d’IgG dans le sang. » Différentes techniques d’ingestion sont possibles. La tétée au pis de la mère est la plus naturelle, mais elle ne permet pas de savoir combien le veau a bu. De plus, certains veaux refusent de boire. L’administration du colostrum au biberon ou à l’aide d’une sonde gastrique est une alternative. Toutes deux permettent de connaître la quantité bue. Le biberon amène une meilleure fermeture de la gouttière œsophagienne du veau tandis que la sonde gastrique permet une grande rapidité d’exécution. Catherine Lutz insiste sur la nécessité de « sentir les deux tuyaux » au moment de la pose de la sonde : « si on n’en sent qu’un seul, on est dans la trachée ». Il est possible de stocker du colostrum au congélateur. Dans ce cas, il est préférable d’utiliser des sacs de congélation, plutôt que des bouteilles, et de les décongeler au bain-marie pour préserver les protéines. Après le colostrum, le veau passe à une alimentation lactée. « L’objectif est d’obtenir une génisse de qualité, au coût le plus bas et le plus rapidement possible », indique Catherine Lutz. Diarrhées : un test pour identifier l’agent Durant leurs premiers mois de vie, les veaux peuvent souffrir de diarrhées néonatales. Celles-ci sont causées par différents agents pathogènes en fonction de l’âge du veau. Les plus courants sont Escherichia coli, une bactérie, les rotavirus, pour lesquels il existe un vaccin (que l’on administre à la mère), les cryptosporidies, des parasites qui peuvent résister dix ans dans les murs. La vétérinaire évoque aussi les salmonelles, des bactéries susceptibles de contaminer l’homme, les coccidioses qui touchent les veaux jusqu’à 6 mois, les trichures, liés à un problème d’hygiène dans les bâtiments. Faire un test permet de voir quel est l’agent pathogène concerné et de réagir de manière appropriée. Un veau sur cinq est concerné par les diarrhées néonatales, estime la vétérinaire. La mortalité durant le premier mois de vie est élevée (66 %) chez les animaux touchés, qui deviennent sensibles à d’autres infections, ainsi qu’aux parasites. Une baisse du GMQ (gain moyen quotidien), un retard de puberté et une augmentation de la durée improductive peuvent en résulter. Différents signes cliniques sont associés aux diarrhées néonatales : l’abattement, la fièvre, puis l’hypothermie, l’absence de réflexe de succion, les extrémités froides, le liseré gingival et l’œil creux. Des traitements existent. « Quand le veau court encore, on peut lui donner des sachets réhydratant », indique Catherine Lutz. Il faut toutefois respecter les doses. « S’il ne boit plus, il faut perfuser pour être plus efficace. » Elle recommande aussi de lui apporter de l’argile, de le soumettre à un test rapide pour identifier l’agent pathogène et s’il a mal, de lui donner un anti-inflammatoire et un antispasmodique. « Cela devrait être systématique », dit-elle. La vétérinaire met en garde contre l’antibiorésistance qui se développe, et conseille de suivre les recommandations du plan Ecoantibio. Pneumonies : penser à la prévention Durant leur jeune âge, les veaux peuvent également souffrir d’affections ombilicales - abcès ou hernie qui se manifestent par un gros nombril - ou de pathologies respiratoires, dont la pneumonie. Catherine Lutz constate une recrudescence des bactéries et virus responsables des maladies respiratoires, chez les animaux comme chez les humains. Les facteurs de risques sont le stress, le mélange d’animaux d’âges différents, les carences en oligo-éléments, l’exposition aux courants d’air. Si le traitement des pneumonies passe par l’utilisation d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires, il ne faut pas négliger la prévention. En l’occurrence, il convient de maintenir des conditions idéales dans le bâtiment, été comme hiver, et de penser à la vaccination pour baisser la pression infectieuse et mieux guérir les animaux. D’une manière plus générale, la vétérinaire déconseille d’écorner le veau et de le sevrer en même temps, car il sera fragilisé et risque de tomber malade plus rapidement.

Publié le 17/03/2023

À l’occasion de l’assemblée générale de l’Association des producteurs de myrtilles de France, fin février 2023, à la Chambre d’agriculture Alsace (CAA), Anne Duval-Chaboussou, du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL) a abordé la réglementation et l’utilisation des préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP) en arboriculture et spécifiquement en myrtille. Le sujet intéresse les cultivateurs soucieux d’éviter les produits de synthèse.

Les PNPP sont des préparations naturelles peu préoccupantes, obtenues par un procédé accessible à tout utilisateur final. Elles ne requièrent pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Elles sont composées exclusivement, soit de substance de base, soit de substances naturelles à usage biostimulant (SNUB), autorisées, selon une procédure fixée par voie réglementaire. Les substances de base pouvant être utilisées sur cassissiers et myrtilliers sont les suivantes : l’hydroxyde de calcium qui a une fonction fongicide ; les lécithines qui ciblent l’oïdium (podosphaera leucotricha) et ont donc aussi une action fongicide, et le chitosan qui stimule les défenses de la plante. Concernant les SNUB, trois voies d’inscription (d’autorisation) existent : soit elles font partie des 148 plantes médicinales, soit elles sont évaluées par l’Anses ; soit elles sont consommées en alimentation humaine et animale, et elles peuvent alors être utilisées sous couvert d’un accord de cahier des charges. Les SNUB sont d’origine végétale, animale ou minérale, à l’exclusion des micro-organismes, non OGM. Elles ne subissent aucun traitement autre que des moyens manuels, mécaniques ou gravitationnels : dissolution, extraction, distillation, chauffage pour séchage. Les différentes préparations de plantes les plus courantes sont l’infusion, la décoction, la macération, le purin, l’huile essentielle (HE). Il est possible d’utiliser deux types de solvants : l’eau ou l’alcool à 40°. Certaines HE sont autorisées avec une AMM et ne sont donc pas dans la catégorie SNUB. Les matières fertilisantes, tels les ferments et la poudre de diatomée, mais aussi le savon noir et les acides gras, sont d’autres substances naturelles utilisables en agriculture. Une petite tisane ? Les extraits végétaux, préparés à la ferme, sont utilisés seuls ou ajoutés à la bouillie de traitement. Ce sont généralement des tisanes/infusions, des décoctions, des extraits fermentés ou des extraits alcooliques. Les extraits de plantes qui sont des préparations du commerce sont des extraits de plantes formulés ou issus d’extraction par procédé « complexe » (préparation en entreprise/industrie), telles des HE ou des extraits végétaux, avec sélection de quelques molécules (purification et concentration) et des co-formulants ou adjuvants. Si les préparations à la ferme prennent en compte un écosystème large et présentent une toxicité nulle, en plus d’être biodégradables comme les autres, et de ne présenter aucune résistance, elles permettent aussi aux agriculteurs de se réapproprier un savoir-faire et d’être autonomes (en intrants, en décision). Mais leur efficacité est variable. Les cinq modes opératoires pour réaliser ses propres PNPP sont les suivants : la mise en fermentation de végétaux frais dans de l’eau de façon contrôlée et spontanée pour obtenir de l’extrait végétal fermenté ou du purin végétal ; des plantes sur lesquelles de l’eau froide est versée et est mise à chauffer jusqu’à la température souhaitée (selon le type de plantes et de principes actifs), puis le feu est coupé pour obtenir une infusion ou tisane ; des plantes mises à tremper 24 heures, puis la préparation est chauffée et est maintenue à ébullition pendant 30 minutes environ, pour obtenir une décoction ; des plantes mises à tremper pendant quelques jours, dans de l’eau ou de l’alcool, pour obtenir une macération ; des plantes distillées à la vapeur d’eau ou pressées à froid (tels les agrumes) pour obtenir des huiles essentielles. Plutôt une macération dans de l’alcool à 40° « La composition chimique des extraits végétaux est éminemment variable, a rappelé Anne Duval-Chaboussou. Plusieurs facteurs influencent cette composition : les facteurs génétiques (par exemple, le thym ou thymus vulgaris présente plusieurs chimiotypes), physiologiques (les variations ont lieu en fonction du stade de développement), pédologiques et climatiques (selon les procédés d’extractions, le solvant et l’équipement). » Plus de composés sont extraits dans l’alcool que dans l’eau. Sept jours dans l’alcool permettent d’extraire le maximum de composés. La qualité des composés extraits dans l’alcool à 40° et dans l’eau est la même mais il y a beaucoup plus de composés extraits dans l’alcool que dans l’eau. La prêle renforcerait les préparations fongicides. Sa décoction (préparation privilégiée) serait à utiliser en temps chaud et humide, car elle assécherait le milieu. L’ortie stimulerait la flore microbienne du sol et renforcerait les préparations fongicides. Elle s’utilise en extraits fermentés de plantes entières, le plus souvent. L’ail aurait un effet répulsif sur les insectes. Mais les plantes ont divers modes d’action. L’ail serait aussi fongicide par exemple, et l’ortie insecticide. Les intérêts d’utilisation des extraits de plantes sont la stimulation des défenses, la réduction des fongicides (des doses de cuivre et de soufre) contre les monilioses/oïdium notamment, la réduction des insecticides contre les ravageurs, tels la drosophile suzukii, les chenilles, et la fertilisation foliaire ou sol pour la croissance et contre les carences. Dans la lutte contre les insectes seraient efficaces : les extraits végétaux (décoction d’ail, huiles essentielles), l’argile, la chaux (l’hydroxyde de calcium), la poudre de diatomée et les huiles végétales et paraffiniques. Mais pour lutter contre la punaise diabolique, rien de tel que des filets, pointent les arboriculteurs présents, fin février lors de la présentation de la spécialiste du CTIFL. Quant aux cochenilles, ce sont leurs larves avant la floraison, qu’il faut atteindre, souligne un cultivateur, grâce à de fines gouttes pulvérisées avant 9 h mais pas trop tôt non plus, pour éviter la rosée. Face aux pucerons l’HE d’orange douce et le savon noir ensemble, seraient efficientes. Attention à l’HE d’ail sans adjuvant… qui a tendance à être phytotoxique. Pour perturber la ponte du carpocapse, saccharose et fructose semblent très indiqués car ils modifient les effets biochimiques de la plante. Mais si la pression est supérieure à 40 %, l’efficacité est faible. Trop chères Contre la tavelure du pommier, l’efficacité de différentes modalités avec des substances naturelles par rapport à une dose réduite de cuivre appliquée seule est relative, apprécie Anne Duval-Chaboussou, à partir des études menées. En règle générale, le coût d’un passage/ha d’une substance naturelle est entre 1,5 et dix fois plus élevé que la bouillie bordelaise… Les essais se poursuivraient donc avec des macérations à l’alcool, testées à des doses plus faibles et combinées à des doses de cuivre, selon le niveau de risques. Anne Duval-Chaboussou conclut la séance en insistant sur la nécessaire combinaison des PNPP sur la saison et l’utilisation des outils de prévision des risques. Sur myrtille, comme sur les autres fruitiers, il est essentiel de réaliser des essais : la multitude de PNPP allonge la durée de ceux-ci, mais chaque année, agriculteurs et techniciens s’emploient à débroussailler ce champ de connaissances.

Publié le 16/03/2023

Planète Légumes est porteur du projet Altiz, qui évalue de nouveaux leviers de lutte intégrée pour la gestion de l’altise, sur les cultures du chou et de l’aubergine, depuis 2021. Grâce à son travail et à celui de quatre autres stations d’expérimentation françaises, les premières alternatives aux produits de synthèse émergent : le paillage et les répulsifs, tels que des poudres minérales ou des produits à base d’extraits de plantes.

L’altise est un des principaux ravageurs du chou et est un ravageur émergent de l’aubergine. Il est, de plus, le premier ravageur à atteindre les parcelles de choux en mai. Si l’infestation est grande, l’attaque va impacter le développement du chou. Il est donc primordial de réussir sa prévention contre l’altise. En 2022, en Alsace, plus de 500 ha de choux ont été plantés au total, dont près de 450 ha de choux à choucroute, une culture spéciale à valeur ajoutée. L’enjeu est important car beaucoup de producteurs se lassent d’une culture comme le chou qui demande beaucoup d’attention, d’interventions, vis-à-vis de l’altise, notamment. En plus, la réglementation se durcit année après année pour les produits conventionnels. Certains produits de synthèse utilisés dans la lutte contre l’altise ont été retirés du marché, d’autres ne sont plus homologués pour cet usage. Ils disparaissent du paysage, avant même qu’une alternative fiable soit trouvée. Des dérogations sont acceptées mais « c’est de plus en plus compliqué », lâche Robin Sesmat, conseiller spécialisé et chargé d’expérimentation de Planète Légumes, animateur du réseau Dephy Légumes Alsace, expert en choux. Les pyréthrinoïdes de synthèse, produits de contact, sont certes encore autorisés, mais il faudrait traiter chaque semaine : trop coûteux pour les agriculteurs, économiquement et sociétalement parlant. Conscients, ils ont sollicité leurs stations d’expérimentation. Le piège se referme « Les essais s’inscrivent dans ce contexte. Porteur, Planète Légumes a répondu à un appel à projets de FranceAgriMer, avec quatre autres stations : une en Normandie, l’autre dans le Nord et deux en Provence (lire l’encadré). Le projet Altiz a débuté en 2021 et s’achèvera fin 2023. Il vise à évaluer de nouveaux leviers de lutte intégrée pour la gestion de l’altise, sur les cultures du chou et de l’aubergine », présente Robin Sesmat. Quatre leviers sont testés sur trois ans, aux quatre coins de la France : le piégeage massif des altises, le paillage des parcelles ou mulching, les produits alternatifs, dont le biocontrôle, et les plantes-pièges ou répulsives. Cette dernière année d’essais, 2023, l’enjeu est de trouver les meilleures combinaisons de leviers, puisque séparément leurs efficacités n’atteignent jamais 100 %. En Alsace, Planète Légumes a testé deux ans durant, le piégeage de masse, le paillage et les produits alternatifs. « Nous n’avons pas eu le temps d’essayer les plantes-pièges, mais nous avons des retours d’autres stations, d’où l’intérêt d’être à plusieurs », pointe Robin Sesmat. Le piégeage de masse consiste à piéger les altises, qui sont un coléoptère sauteur, sur une bande engluée placée à l’avant ou à l’arrière du tracteur, au moment du binage mécanique. Les altises, dérangées, sautent et se collent à la bande. L’idée est attrayante mais le taux de réussite stagne entre 5 et 10 %, quand un taux d’efficacité satisfaisant se situe autour de 90 %, le même qu’avec les solutions chimiques. Aussi, le dispositif est compliqué à mettre en place et la méthode n’est pas sélective : d’autres insectes s’y collent. Barrer la route Le mulch (un couvert détruit et desséché) a quant à lui, donné des résultats intéressants. Il retarde l’arrivée des altises sur la culture et limite les infestations. En plus, il conserve l’humidité du sol, étouffe les adventices et nourrit la terre. Mais le défi est technique : sur de grandes surfaces, la quantité de mulch est forcément très importante et si on plante le chou dans un couvert, comment mécaniser la technique ? « Dans nos essais, sur de petites surfaces, nous plantons le chou, puis nous amenons le mulch. Si nous devions planter le chou dans un couvert vert, ancré dans la rotation, avant d’en faire un mulch, nous serions embêtés », admet Robin Sesmat. En effet, le sol serait plus compact d’une part, et donc moins propice à la plantation, et sans gelées d’hiver, les remontées d’adventices seraient problématiques, d’autre part, ensuite. Il faudrait presque désherber à la main… Hors de question. Enfin, la couverture permanente n’est pas encore dans les mœurs en Alsace, d’après le conseiller. « Nous allons tester la plantation dans des couverts végétaux à Planète Légumes, pour voir comment relever ces défis », dit-il. Il existe quatre types de produits alternatifs aux produits de synthèse, contre les altises : les répulsifs, les barrières physiques, les biostimulants et les produits de biocontrôle. Pour gêner la reconnaissance de la culture et le piquage, la poudre minérale est efficace à 90 % à 100 %, dans le Bas-Rhin, « selon la nature du minéral et la formulation », nuance Robin Sesmat. Plusieurs produits à action répulsive à base d’extraits végétaux, ont été testés, avec des résultats allant de 60 % d’efficacité à une efficacité nulle, selon leur nature. « Il faudra encore confirmer l’efficacité des meilleures solutions rencontrées dans des conditions de forte pression », ajoute le conseiller de Planète Légumes, les altises n’ayant pas été oppressantes ces deux dernières années. Combinaisons gagnantes ? Le quatrième et dernier levier contre les altises, mis à l’épreuve dans le Vaucluse, est celui des plantes-pièges, selon le principe « push-pull », « on attire et on repousse », traduit Robin Sesmat. « Ils ont semé une bande de crucifères, en bordure des parcelles, pour attirer les altises en dehors de la culture », explique le conseiller de Planète Légumes. Les résultats sont à considérer avec de la moutarde, puisqu’on limite alors, l’infestation dans le chou, mais la bande-piège est potentiellement un réservoir à d’autres ravageurs, qui pourraient venir dans la culture, ensuite. Aucune stratégie nouvelle n’a mis en évidence une efficacité concurrençant celle des produits de synthèse. En 2023, les stations du Nord et du Sud vont donc tenter une combinaison des leviers suivants : les plantes-pièges et les produits alternatifs. Le Bas-Rhin et la Normandie vont eux, combiner le mulch aux produits alternatifs. « Tout ce qui a le mieux fonctionné, on va l’utiliser. L’objectif est d’arriver à des conclusions fin 2023 », confie Robin Sesmat.

Pages

Les vidéos