A la une

Publié le 16/04/2023

Animé par la volonté de trouver du sens à son métier, Jelmer Witkamp a repris les rênes du domaine Moritz à la suite de ses beaux-parents. Son épouse Caroline l’y rejoindra bientôt.

Issu de la réunion de deux exploitations familiales, l’une située à Andlau, la seconde à Blienschwiller, le domaine Moritz compte 10 ha de vignes. Claude et Marie-Agnès Moritz, désormais retraités, sont à l’origine de cette réunification. Ils ont cultivé jusqu’à 12 ha, avant de résilier, voici quelques années, le bail de deux grandes parcelles qu’il aurait fallu restructurer de A à Z. Leur gendre Jelmer Witcamp, époux de leur fille Caroline, se prépare alors à reprendre le domaine et à passer en HVE (haute valeur environnementale). Une transition accomplie presque sans effort. Elle précède de peu la conversion du domaine à l’agriculture biologique, dont la mise en œuvre réclame autrement plus de temps et d’énergie. « Cela nous a confortés dans l’idée qu’il valait mieux se séparer de ces 2 ha qui ne nous appartenaient pas pour se consacrer aux 10 ha restants, dont 2 ha ne sont pas mécanisables en tracteur. » Le parcellaire actuel se répartit sur cinq communes, dont 7 ha situés autour de Blienschwiller et 3 ha autour d’Andlau. Il compte quatre terroirs classés grands crus, dont 1 ha situé sur le Kastelberg. Ses 30 à 40 % de pente et ses 800 m de murets en pierres sèches en font « un chef-d’œuvre », qui ne se travaille qu’à la main. Jelmer estime y consacrer 20 % de son temps de travail annuel. « C’est un magnifique terroir, mais il demande un engagement très physique et très intense », dit-il. La conversion bio a été officiellement engagée à l’automne 2021, avec l’objectif d’une labellisation en 2024. « Le bio, c’est un minimum pour un vigneron indépendant qui veut s’implanter sur le marché international », assure Jelmer, qui s’en est rendu compte en démarchant des clients à l’export. Un minimum qui demande cependant des investissements : il s’équipe d’une faucheuse autoportée pour tondre l’herbe dans l’interrang et se passer d’herbicide, d’un interceps pour maintenir le cavaillon propre. Prochaine étape : l’acquisition d’un motoculteur pour travailler légèrement le sol dans les pentes, où l’enherbement un rang sur deux a laissé la place à un enherbement total. Une stratégie sur laquelle il est en passe de revenir. « Dans les vignes en forte pente, l’enherbement est nécessaire pour retenir le sol mais il pompe l’eau, ce qui a une incidence énorme sur le rendement, surtout en année sèche », constate le vigneron, qui a commencé à restructurer ses parcelles de grand cru en agrandissant les tournières pour pouvoir travailler le sol à la machine. La tâche est énorme : « On a fait une soixantaine de rangs l’an dernier, on en fera entre 30 et 40 cette année, surtout sur le Kastelberg et le Wiebelsberg. » Jelmer aimerait investir dans un chenillard pour le travail du cavaillon, les traitements et le rognage. Il sait que le coût d’un tel outil est élevé, de l’ordre de 25 000 €. S’agissant de la protection des vignes contre les maladies et ravageurs, le vigneron a repris de son beau-père l’habitude de ne traiter qu’en cas de nécessité. Il passe beaucoup de temps à observer l’état sanitaire des vignes et suit les recommandations des conseillers de la Chambre d’agriculture Alsace. « Une grande partie des vignes sont en coteaux. Cela joue en notre faveur », justifie-t-il. Cela ne l’empêche pas de miser sur la prévention en adaptant la taille. Sur les premiers pieds, il laisse une baguette au lieu de deux pour permettre une meilleure circulation de l’air dans les rangs. De quoi réduire le risque de propagation des maladies. Résultat : en 2021, où le mildiou et l’oïdium ont frappé fort, le domaine n’a pas été plus touché que cela. Un pressurage lent Animé par la volonté de trouver du sens à ce qu’il fait - c’est ce qui l’a amené à quitter son pays natal, les Pays-Bas, où il travaillait dans le numérique -, Jelmer considère que le plus important est « de s’occuper de la vigne et des vins, de les accompagner comme des enfants ». La récolte est manuelle pour tous les raisins destinés à la vente en bouteille, le reste est vendangé à la machine par un prestataire et vendu à un négociant. Le domaine a arrêté la vente en vrac il y a quelques années. Le pressurage, réalisé sur pressoir pneumatique dans la cave d’Andlau, est lent : 7 h en général. « Tout est vinifié sur levures indigènes, 90 % en foudre, à l’exception des petites parcelles qui sont mises dans l’inox », précise Jelmer, qui se veut peu interventionniste en cave. Le vigneron pense investir cette année dans la régulation de température pour ses cuves inox : « avec le dérèglement climatique, il est important de bien débourber si l’on veut être très pointu et tendre vers la vinification sans intrants. » Il s’autorise tout de même le soufre en sortie de pressoir, voire au soutirage, qui lui semble indispensable pour permettre aux vins de voyager loin. Le domaine Moritz, dont le caveau est situé à Blienschwiller, vend 70 % de sa production en France, essentiellement auprès des particuliers, 20 % en Allemagne et 10 % aux Pays-Bas. « Les Hollandais sont convaincus que le vin allemand est meilleur que le vin d’Alsace. Il y a du travail à faire pour améliorer sa réputation sur ce marché », constate Jelmer qui ne ménage pas ses efforts pour vendre les vins du domaine dans son pays d’origine. Il travaille déjà avec plusieurs importateurs et participera bientôt à un salon aux Pays-Bas par l’entremise du Civa. Le vigneron cible aussi l’Asie, en particulier le Japon et la Corée du Sud, où il a réalisé une tournée de prospection en 2022.

Publié le 13/04/2023

Le jeudi 6 avril à Scherwiller, cinq brasseurs alsaciens ont officiellement lancé les bières bio « Grand Hamster ». Ils ont œuvré main dans la main avec des acteurs locaux pour concocter cinq bières aux saveurs différentes, mais qui ont toutes le même objectif : protéger le grand hamster d’Alsace et la biodiversité de la plaine.

Il y a quelque temps maintenant, une filière bio dédiée au grand hamster d’Alsace a été créée. Le principe est simple : proposer différents produits alimentaires qui favorisent des pratiques agricoles respectueuses du grand hamster. Dans cette volonté de protection de l’espèce, un collectif de brasseries artisanales a réfléchi à développer de nouvelles bières bio. Une initiative originale, mais aussi pleine de sens. « Par la mise en marché de produits issus de la préservation du Grand Hamster, on propose aux consommateurs de s’y associer dans leur acte d’achat. Cette biodiversité est en déclin, il est grand temps d’agir. Et rien de mieux qu’une bonne action avec une bière autour de la table ! » s’enthousiasme Francis Humann, président du GIE Grand Hamster d’Alsace. Les recettes de ces bières « de la biodiversité » ont été élaborées par les brasseries Bendorf au Neudorf, La Narcose à Scharrarbergheim, l’Altruiste à Scherwiller, S’Humpaloch à Lautenbach et la Brasserie des Quatre Pays à Hirtzbach. Du champ à la bière, un trajet 100 % local Avant de couler dans les verres, ces bières du Grand Hamster ont suivi un long parcours. Qui se veut bien sûr respectueux et bio ! Tout a commencé par une récolte d’orge d’hiver en juillet dernier, venu principalement de l’exploitation de la ferme Humann à Ernolsheim-sur-Bruche. Cette orge, semée en autonome il y a deux ans, est une culture très appréciée par le grand hamster. « Habituellement, on travaille avec de l’orge de printemps, on le reçoit et on ne se pose pas trop de questions. Alors que finalement, l’orge d’hiver est moins impactant pour l’environnement et la biodiversité. C’est pour ça qu’on l’a choisi pour la bière du Grand Hamster », explique Benjamin Pastwa, gérant de la brasserie Bendorf. Une fois récoltée, cette orge d’hiver bio Amistar a dû être maltée par l’entreprise Maltala. Située à Bergheim, il s’agit de la première malterie artisanale bio. Du houblon, lui aussi local et bio, a également été nécessaire à la conception des bières. Une bière par brasserie Chacune des brasseries a préparé sa propre bière au long de l’hiver dans ses brassins. Ce sont donc cinq bières différentes, avec une vision différente pour chaque brasseur. Julien Delécolle, gérant de la brasserie l’Altruiste, a décidé de réaliser une bière blonde houblonnée afin de « montrer que l’on peut faire de belles choses avec des matières premières bios alsaciennes ». De son côté, la brasserie S’Humpaloch propose aussi une bière Grand Hamster blonde, mais avec une touche assez originale, qui a de quoi faire saliver. « Elle est aromatisée avec une plante sauvage qui se cache dans les montagnes, le lierre terrestre. Elle fait partie de la famille de la menthe, avec des fleuraisons violettes. C’est comme un goût de tisane », lance Barnabé Stoehr, gérant de S’Humpaloch. Toutes les brasseries participantes proposent à la vente les cinq bières. Car étant rassemblées dans un même projet pour protéger le grand hamster d’Alsace, « il n’y a pas de concurrence qui tienne ». Le collectif est actuellement en discussion pour que ces bières soient commercialisées dans des magasins spécialisés en bio, en bière ou encore chez des cavistes. Les points de vente seront petit à petit référencés sur le site internet de Bio en Grand Est. Attention, ces bières artisanales Grand Hamster sont éphémères ! 10 000 litres sont prévus. Mais si les stocks sont vite vendus, le collectif ne s’interdit pas d’en faire une bière à l’année.

Publié le 13/04/2023

L’entreprise agricole ETA Meyer, basée à Mussig près de Sélestat, vient d’acquérir un andaineur à tapis Reiter. L’objectif est de proposer ce nouveau procédé aux agriculteurs afin d’améliorer la qualité de leur fourrage, qui est parfois abîmé par l’utilisation d’andaineurs à rotor.

Olivier Meyer, gérant de l’Entreprise de travaux agricoles (ETA) Meyer, a décidé d’élargir ses services avec l’andainage à tapis. C’est une pratique en laquelle il croit et il n’y voit que des avantages, contrairement à l’andainage à rotor. « Avec le rotor, on va ratisser le sol. Alors qu’avec le tapis, l’herbe va être soulevée et reposée délicatement au sol. Cette technique permet d’éviter de ramasser des corps étrangers. Car avec le rotor, on peut récupérer de la terre, des cailloux. Une fois, j’ai même eu un bout de bois qui a été pris dans la machine. Mais heureusement, je l’ai vu à temps », explique Olivier Meyer. L’andaineur à tapis entraîne également une repousse plus facile de l’herbe, une meilleure qualité des fourrages et moins de perte de feuilles. Olivier Meyer a fait le choix d’investir dans un Respiro du constructeur autrichien Reiter. « Cette grosse bête » comporte quatre roues, des disques glissants, des dents traînantes et atteint les 20 km/h. Le gérant de l’ETA Meyer ne cache pas qu’il s’agit d’un investissement colossal, « deux fois plus cher qu’un rotor ». C’est pourquoi Olivier Meyer propose de réaliser lui-même l’andainage à tapis sur les parcelles de ses clients, avec un tarif de lancement spécial pour cette année. À noter que la technique convient aussi bien à la récolte des prairies, que de la luzerne, ou encore des pailles de céréales ou de maïs, ou tout autre fourrage de diverses longueurs. Olivier Meyer intervient dans une zone de 20 à 30 km autour de Mussig. Vous pouvez le contacter directement au 06 10 53 91 76 ou sur eta.meyer@outlook.fr.

Pages

Les vidéos