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Publié le 14/12/2020

Si la « ferti » en bio se raisonne comme en conventionnel, selon un bilan, le poste « fournitures » est en revanche très différent, ne serait-ce que par l’importance des cultures de légumineuses dans les rotations bio, mais également par l’extrême variabilité des matières organiques épandues.

« L’objectif est de rechercher l’autonomie. Et pour y arriver, le premier fertilisant naturel, ce sont les légumineuses, rappelle Benoît Gassmann, conseiller technique bio à la Chambre d’agriculture Alsace. Un agriculteur bio, c’est donc quelqu’un qui cultive des légumineuses. » Soit en culture, soit en interculture. La méthode du bilan « La fertilisation en bio se raisonne, comme en conventionnel », par la méthode du bilan. On établit d’un côté les besoins : « Il est important de hiérarchiser les cultures les plus exigeantes en azote comme le blé, le colza, le maïs… Quand on fait de l’avoine à cornflakes, il faut de l’azote, de même pour le blé dur (3,5 unités par quintal pour un blé par exemple), à la différence des céréales secondaires - triticale, épeautre seigle - où il faut de 2,1 à 2,2 kg d’azote par quintal. » Quant à la luzerne, pois, féverole, soja, « les légumineuses sont complètement autonomes en azote. Ce n’est donc pas sur ces cultures qu’il faut épandre des digestats et des engrais azotés. Ça peut même être contre-productif », prévient Benoît Gassmann. Dans le bilan, on prend en compte les fournitures : elles intègrent l’apport par la minéralisation du sol, avec la prise en compte du type de sol, et la gestion de la matière organique (MO), les effets du précédent et de l’interculture. À ce point, l’agriculteur dispose de l’outil Merci, un tableur en libre accès permettant d’évaluer les restitutions potentielles des différentes biomasses de couverts. Toujours côté fournitures, le bilan prend en compte d’éventuels apports de fumure complémentaire. « Du fait qu’en plaine d’Alsace, on est en zone vulnérable, le plan de fumure doit pouvoir être présenté pendant cinq ans. Le principe, c’est de déterminer la fumure complémentaire à apporter pour couvrir les besoins des cultures et qui ne seraient pas capables d’être fournis par ce que le sol est capable de produire par lui-même. » En matière d’apports organiques d’effluents d’élevage, tout n’est pas permis en bio, et en particulier les effluents d’élevages industriels de porcs et de volailles, sont proscrits. On entend par « industriel » les élevages sur caillebotis intégral avec des effectifs supérieurs à 3 000 emplacements pour les porcs à l’engraissement et 900 emplacements pour les truies ; pour la volaille, si les animaux sont en cage ou avec des effectifs de plus de 60 000 poules. Dans ces cas, même les digestats de ces effluents ne pourront être épandus sur parcelle bio. Les évolutions des fertilisants Les produits se caractérisent par leur composition, mais pas que… « Chaque MO a une façon différente d’évoluer dans le sol », c’est-à-dire que le profil de minéralisation (fourniture d’azote minéral) dans le temps est différent d’une MO à une autre. « Certains produits évoluent très vite, comme les fientes, d’autres ont une évolution constante comme les vinasses, d’autres peuvent même avoir un effet dépressif comme les composts de déchets verts. Ce sont des produits riches en carbone et pauvre en azote. » Les produits à rapport carbone sur azote (C/N) faibles, donc avec peu de carbone et beaucoup d’azote, vont évoluer rapidement, tels que les lisiers de porc, de vache laitière, les fientes de poules pondeuses, mais également les digestats. Ils sont à utiliser le plus près possible d’une période d’absorption d’une culture exigeante, souligne Benoît Gassmann. À l’inverse, la paille (C/N de plus de 100) ou des fumiers de bovins compostés (C/N de 12 à 17) évoluent lentement dans le sol. Ils présentent donc un effet amendement plutôt que fertilisant. Enfin, les utilisateurs pourront se référer à l’indice Ismo (indice de stabilité de la matière organique) qui permet de mieux cerner le type de matière organique entre les celluloses, lignines.

Publié le 13/12/2020

Sur les hauteurs d’Orbey, l’exploitation laitière de la famille Henry fait partie du paysage depuis plusieurs décennies. Le renouvellement de la génération actuelle se prépare. Émeline, 21 ans a cette ambition avec comme projet la création d’un atelier de transformation.

Après avoir traversé le centre-ville de la commune de la Weiss, et suivi jusqu’à Basses-Huttes, l’un des 38 hameaux d’Orbey, on arrive une centaine de mètres plus loin devant l’exploitation de la famille Henry. En ce mois de novembre où la population est confinée, l’activité se poursuit dans cette ferme qui occupe 90 hectares de prairies naturelles. Il y a là un troupeau mixte formé d’une cinquantaine de vaches laitières montbéliarde et holstein, et aussi une vosgienne (un taureau qui permet d’avoir des vaches croisées). Le lait, bio depuis deux ans, est collecté par la laiterie Lactalis. Après un début de carrière dans la restauration, Émeline Henry a changé d’avis. « Mon rêve était d’avoir une ferme-auberge. Mais, après quatre années d’expérience, le monde de la restauration ne me plaisait plus, raconte-t-elle. Je me suis réorientée. J’ai alors suivi une formation. Un certificat de spécialisation production, transformation et commercialisation des produits fermiers à Poligny dans le Jura. Je l’ai effectué pendant un an en apprentissage en étant alors chez Christine Chaize pas loin d’ici. Pour pouvoir m’installer plus tard, on m’a conseillé de faire ensuite le brevet professionnel responsable d’exploitation agricole (BPREA). Il peut être suivi en dix mois avec plusieurs semaines de stages. Ces nouvelles connaissances et ces découvertes de ce monde professionnel m’ont définitivement convaincu. Je souhaite m’installer et reprendre l’exploitation de mes parents », assure Émeline. Il faut dire qu’elle a eu l’opportunité de participer à des stages dans des fermes diverses permettant de découvrir toutes les spécificités du métier d’éleveur. « C’est son choix. Je l’ai toujours laissé faire. Je ne l’ai jamais poussé ou à partir ou à me rejoindre. Pour travailler ici, il faut simplement être déterminé et être conscient de la réalité du métier », réagit son père, Denis Henry, qui a toutefois du mal à cacher sa fierté.       ?‼️A VENDRE ?‼️ Taureau de race Vosgienne Bonne origine laitière ✔️ Âge : 16mois 500€ Publiée par FERME HENRY sur Mercredi 4 novembre 2020     Des yaourts et des fromages Avant le confinement, Émeline s’est rendue à un stage proposé par l’organisme de sélection de la race vosgienne sur la transformation fromagère. Avec elle, d’autres jeunes adultes en phase de reconversion professionnelle étaient également présents. « Mon futur projet d’installation, c’est précisément de créer sur la ferme un atelier de transformation pour ensuite présenter à la vente une partie de la production en fromage et en yaourts en ouvrant un point de vente et en faisant des marchés. J’avais déjà de bonnes connaissances sur la transformation. Mais cette formation a été un rappel intéressant », se félicite la jeune femme. Un stage complet d’une quinzaine de jours. D’abord à Obernai pour une session pédagogique où les apprenants se sont familiarisés avec les règles spécifiques dans les ateliers de transformation et notamment les normes HACCP (analyse des dangers et maîtrise des points critiques). Le but étant de prévenir tout problème alimentaire pour les consommateurs (mauvaise qualité d’un produit, présence de produits chimiques ou d’un corps étrangers dans la nourriture) et de réagir en conséquence en cas de risque détecté. La seconde semaine a été consacrée à des visites de fermes et à des cours proposés par Anthony Di Carlo, chargé de développement de la race Vosgienne et de ses produits, et par Mathieu David, technicien de l’association du munster fermier (AMF). Démarrée en septembre dernier, la formation de ce BPREA doit durer dix mois. Émeline Henry a pris attache avec les services de la Chambre d'agriculture Alsace pour préparer le montage de son dossier d’installation. « Je dois le solidifier dans ma tête et dans les faits. Mais l’idée est de m’installer ici à Orbey dans deux à trois ans. Mes parents seront encore actifs une dizaine d’années. Je dois donc avoir un projet cohérent permettant de dégager de la valeur ajoutée pour la ferme et une source de revenu pour moi. Mon objectif serait de transformer tous les deux jours 500 litres de lait en yaourts, fromages de munster, bargkass et autre tomme. Je compte développer une activité de vente à la ferme qui n’existe pas aujourd’hui et, me rendre sur les marchés et les magasins de producteurs », précise Émeline Henry. « Démarrer en tant que salariée » La jeune femme comprend par ailleurs que le développement futur de l’exploitation passera aussi, comme depuis toujours, par la qualité des produits proposés. « La crise du Covid-19 en est le meilleur exemple. Il y a toujours de la demande des consommateurs à partir du moment où l’on réussit ses produits. Je ne compte pas être du matin au soir dans cet atelier de transformation. Je compte participer pleinement aux autres activités de la ferme. Je suis attachée à cette exploitation. Aussi, je veux prendre le temps nécessaire avant de me lancer. Dans une première phase, à la fin de la formation, je pense d’abord me mettre sur la ferme en tant que salariée pour ne pas brûler les étapes », note Émeline. Une prudence qui s’explique également par la réalité du moment. Depuis trois ans, une sécheresse persistante entame le fourrage pour les animaux. « On commence à nourrir les bêtes dès le mois d’août alors que par le passé, on le faisait à partir du mois de novembre. Nous cherchons également à valoriser notre fourrage bio. Il faut donc s’adapter. Nous envisageons d’arrêter l’enrubanné pour améliorer encore davantage la qualité de notre fourrage. Cette sécheresse a des conséquences qui s’ajoutent à des dégâts de sangliers toujours plus importants », poursuit Denis Henry. La famille Henry cherche des solutions. Des voies de diversification. Ils ont ainsi investi dans trois vaches angus, une race bovine britannique. Une race bouchère qui produit une viande appréciée, finement persillée, avec une bonne conformation de carcasse et un excellent rendement en viande. Elle est résistante, facilement adaptable, peu exigeante et extrêmement précoce. Elle supporte les hivers humides comme la chaleur en été. Les vaches angus sont largement utilisées en croisement pour améliorer les qualités de carcasse, pour l’aptitude laitière ou apporter le caractère sans cornes. Les femelles vêlent facilement, en partie grâce à la petite taille des veaux et ont de bonnes aptitudes maternelles. « Pendant mon apprentissage, on en vendait. L’idée est venue. Cela permettrait, une fois par mois, de développer et de vendre des colis de cette viande », conclut Émeline Henry dont le conjoint, Thibaut Humbert compte également rejoindre l’exploitation. Mais, lui, pour développer l’activité du bois. Il connaît bien le monde agricole. Ses parents ont également une exploitation à Sainte-Marie-aux-Mines.       ~Deux nouvelles naissances ce mois-ci à la ferme. La famille s’agrandit ??? Publiée par FERME HENRY sur Samedi 10 octobre 2020    

Publié le 12/12/2020

Le ministre de l'Agriculture a annoncé le 3 décembre, des moyens inédits pour engager le renouvellement forestier. Il devrait inciter les propriétaires forestiers à adapter leurs forêts ou améliorer leur contribution à l’atténuation du changement climatique.

Dans cette perspective, le ministère lance un appel à manifestation d’intérêt (AMI) visant à identifier/démarcher/conseiller et susciter l’adhésion des propriétaires forestiers, regrouper les dossiers de ces propriétaires avant instruction ; et « sécuriser la mise en œuvre de ces opérations sylvicoles dans des conditions garantissant la qualité des prestations fournies et le respect des délais prescrits ». Le renouvellement forestier vise 80 % de reconstitution des forêts dépérissantes, notamment dans le cadre de la crise des scolytes, et 60 % de renouvellement de forêts vulnérables au changement climatique pour améliorer leur contribution à l’atténuation du changement climatique, par la diversification des essences. Le ministère a souhaité un accès aux aides administrativement simplifié : pas de seuil minimum d’éligibilité en surface, paiement des aides sur la base de montants forfaitaires à l’hectare, et en s’appuyant sur des justificatifs déjà existants. Les opérateurs éligibles sont invités à déposer leur dossier complet avant le 7 janvier 2021, sous forme électronique, auprès de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) de leur région.    

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