A la une

Publié le 26/12/2020

Par Paul Schiellein, président Section des anciens exploitants du Bas-Rhin (SDAE 67).

L’année 2020 nous laisse le souvenir d’une période particulièrement compliquée, marquée par des contraintes difficilement supportables à nos âges. Cependant, l’entraide, la solidarité, la fraternité ont permis de nous soutenir mutuellement, de renforcer notre unité, de maintenir le lien social et de conforter l’amitié entre nous, tout en préservant notre santé. À l’occasion de ce message de fin d’année, permettez-moi de soumettre à votre méditation une belle citation du Général de Gaulle, adaptée à notre période de crise, tirée de ses mémoires : « Mais soudain, le chant d’un oiseau, le soleil sur le feuillage ou les bourgeons d’un taillis me rappellent que la vie, depuis qu’elle parut sur terre, livre un combat qu’elle n’a jamais perdu ». Malheureusement, au cours des mois écoulés, la maladie a emporté plusieurs de nos proches, et notamment un militant syndical que nous avons côtoyé et apprécié, André Wicker, homme de conviction et d’engagement, défenseur de la cause paysanne, président de la section des retraités de la FDSEA de 1996 à 2012. Heureusement, 2020 nous a aussi apporté une bonne surprise. Grâce à l’action syndicale conjuguée de la SDAE, de la FDSEA et de la FNSEA, l’État a enfin reconnu les mérites de nos retraités en accordant, à compter du 1er janvier 2022 une retraite équivalente à 85 % du SMIC pour les pensionnés ayant une carrière complète. Certes, il reste des efforts à déployer, notamment pour les aides familiaux, les conjoint (e) s et les doubles actifs, mais les premières mesures sont amorcées. À nous de poursuivre nos efforts dans ce sens. L’année qui s’achève nous a aussi permis de pérenniser nos partenariats avec les assurances et les banques en vue de baisser les charges et de bénéficier d’autres services grâce à la carte Moisson. Par ailleurs, nous avons intensifié nos revendications prioritaires en faveur du maintien à domicile, de l’adaptation des maisons pour personnes âgées et du soutien des aidants bénévoles auprès des collectivités territoriales. Pour 2021, nous resterons engagés et vigilants pour informer et accompagner nos adhérents, en accord avec nos partenaires historiques (MSA, Caisse d’assurance accidents agricole, Chambre d’agriculture, et l’ensemble des organisations professionnelles), concernant les transmissions d’exploitation, mais aussi par rapport à la nouvelle loi « grand âge et autonomie ». En outre, nous observons de près la fusion des deux Conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, pour préserver les conseils et les services à nos anciennes agricultrices et anciens agriculteurs par le biais des actions du CDCA (Conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie) et de la Conférence des financeurs, dont les prérogatives seront aussi transférées à la future Collectivité européenne d’Alsace. Bien entendu, nous veillerons au maintien des bonnes relations entre les élus territoriaux et les acteurs retraités du monde agricole. Enfin, durant cet hiver, nous allons nous efforcer d’étoffer nos rangs. En effet, lors de nos récentes réunions qui ont fait preuve d’innovation, d’originalité et qui ont connu un beau succès, nous avons constaté que certains de nos membres n’ont pas encore bénéficié de nos acquis en termes de baisse de charges, et que d’autres anciens exploitants n’ont pas eu connaissance de nos avantages pour limiter leurs frais. Voilà pourquoi nos délégués cantonaux, qui font un travail exemplaire, ainsi que les membres du bureau SDAE, Adeline Baur, Christiane Bernard, Benoît Daul, Daniel Saenger, Philippe Wolff, et notre animatrice Léa, très actifs et engagés, vont effectuer une campagne d’information et d’adhésion afin de sensibiliser tous nos anciens exploitants. Plus nous serons nombreux, plus nous serons efficaces, et plus nous pourrons renforcer notre solidarité et nous consacrer à l’art du partage. En 2021, restons curieux, mobilisés, passionnés, confiants, mais surtout soyons motivés pour préserver nos valeurs humanistes en cultivant la proximité avec nos adhérents. Joyeux Noël, bonne année, et surtout préservez votre santé !

Publié le 25/12/2020

Par Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin.

À l’approche de la fin d’année, il nous tarde d’en terminer avec 2020 qui a plongé la France et le monde dans une pandémie dont les conséquences risquent de nous accompagner après les douze coups de minuit. Dans cette crise extraordinaire, nous avons tenté de gérer l’urgence, des dossiers dont nous n’imaginions pas devoir nous occuper un jour. Le secteur agricole a connu des situations diverses dans cette pandémie. Certaines filières ont été lourdement touchées : la viande bovine, la viticulture, l’horticulture, certains producteurs d’asperges ; et d’autres risquent d’avoir des répercussions à plus long terme. Au contraire, certains ont pu sortir leur épingle du jeu, et tant mieux. Toutefois, sur fond d’une énième sécheresse d’ampleur, l’année 2020 restera économiquement difficile. Le dégrèvement TFNB sur les prairies de 2 millions d’euros qui interviendra dans les semaines à venir, permettra un retour non négligeable mais ne compensera pas les pertes subies. Cette pandémie a eu le mérite de remettre au centre du débat la notion de souveraineté alimentaire. Nos dirigeants et citoyens ont compris, l’espace d’un instant, que l’accès à une nourriture saine, sûre et en quantité suffisante n’est pas chose anodine. Malheureusement, cette prise de conscience semble n’être qu’un éclair, le monde d’après ressemble grandement au monde d’avant. Un éclair comme l’est celui qui a conduit à la réautorisation des néonicotinoïdes. C’est une victoire importante. Même si les conditions de mise en œuvre de la mesure restent à définir, qui aurait pensé que nous réussirions à faire réhomologuer les phytosanitaires les plus décriés par la presse. Cette réussite nous la devons à l’extraordinaire travail syndical et à la mobilisation de notre ministre de l'Agriculture. Il y avait longtemps qu’un ministre n’avait pas autant défendu la cause, malheureusement c’est le seul phare au milieu d’un océan d’idéologie. D’un côté, nos gouvernants prônent les circuits courts et la relocalisation mais dans le même temps, annoncent le plan pollinisateur, la révision de la zone vulnérable et demain des taxes sur les engrais. Produire en France devient une gageure. Ces incohérences continuent d’asphyxier l’agriculture française. Pourtant la FNSEA repousse trois vagues sur quatre, mais malgré tout nous sommes submergés. Les dirigeants de notre pays s’imaginent chaque jour un nouveau modèle agricole, un mélange entre une agriculture d’autosuffisance et la petite maison dans la prairie. Quand Airbus vend des A350 aux Pays du Golfe, c’est la France qui réussit, quand nous vendons du blé ou du maïs aux pays du pourtour méditerranéen, c’est le modèle agricole intensif dépassé. Malgré un discours de façade, nos dirigeants ont une image déformée de l’agriculture et ne nous voient pas comme un secteur économique. Pourtant, nous sommes soumis aux règles du marché et à sa féroce concurrence. Soit les conditions d’une concurrence loyale sont réunies, soit le législateur nous protège, mais à ce jour il n’en a ni les moyens politiques, ni financiers. Nous, nous mourrons de ce manque de cohérence. Cela doit être notre seul cheval de bataille, n’importons pas l’agriculture que nous ne voulons pas. 2021 sera aussi l’heure des grandes négociations pour la Pac. Il s’agit d’un enjeu capital pour l’Alsace. La convergence et l’obligation de rotation à la parcelle constituent les deux principales questions. Avec l’AGPM, nous sommes en première ligne pour empêcher des règles de rotation qui mettraient en péril la filière maïsicole et seraient aussi une contrainte forte pour l’autonomie des éleveurs. Sur la convergence, nous devons ralentir au maximum son application car l’Alsace dispose toujours de références au-delà des moyennes nationales. Nous voulons aussi faire de la gestion des risques un axe fort de cette Pac. Par gestion des risques, on pense à l’assurance récolte qui doit être améliorée (abaissement de la franchise et disparition de la moyenne olympique) mais aussi, demain, une gestion des risques revenus et sanitaires qui seront de plus en plus importants à mesure que les moyens de protections des plantes diminuent. Localement, la FDSEA travaille en lien avec les autres OPA à une solution sur la problématique des corvidés, l’impact de ces nuisibles a été considérable au printemps et nous devons vous apporter des solutions. C’est un combat qui s’annonce sur plusieurs années, dont 2021 constituera la première bataille. Les sangliers ne sont pas en reste, là aussi nous continuons nos actions pour la régulation des populations (battues administratives, 4C…). Localement, n’hésitez pas à solliciter les municipalités pour s’assurer que des battues seront menées en janvier, février ou même mars. En cette fin d’année, les annonces sur le plan de relance constituent une opportunité. Ce dispositif du premier arrivé-premier servi nous oblige à être efficaces pour être prêts le 4 janvier. Toutefois soyons prudents, les investissements doivent être réfléchis car malgré la subvention, il faudra rembourser les 70 % restants. D’autres mesures interviendront dans le cadre du plan de relance, la FNSEA a obtenu 1,2 milliard d’euros fléchés sur l’agriculture, nous sommes les seuls en Europe, assurons-nous de l’utiliser à bon escient. Il est toujours difficile pour un syndicaliste de parler du positif car on l’accuse d’avoir oublié d’où il vient mais nous devons aussi parler en bien de notre métier. Comment trouverons-nous des repreneurs ou des salariés, si nous parlons sans cesse des problèmes ? La dynamique d’installation le prouve, les hors cadres familiaux deviennent plus nombreux que nos enfants. Peut-être que parmi ces gens rêveurs, certains ne resteront pas agriculteurs, mais cette statistique doit nous alerter sur notre perception du métier. Il existe en Alsace des opportunités, certaines filières rentables cherchent des producteurs mais n’en trouvent pas, là aussi nous devons comprendre pourquoi. Nous devons aussi saisir les opportunités qui s’offrent à nous, dans plusieurs filières il existe des possibilités de développement que nous ne saisissons pas. Nous sommes en train de les recenser et bientôt nous pourrons vous présenter le fruit de ce travail. Vous le voyez nous n’avons pas encore pu tenir de réunion ensemble mais cela ne nous empêche pas d’être présents sur les dossiers. Vous le savez, la FDSEA répond toujours présente, nous n’avons pas toujours gain de cause mais nous sommes sur les dossiers à vos côtés chaque jour. Nous devons aussi prendre le temps de réfléchir à nos forces et nos faiblesses pour construire un plan de route pour l’agriculture alsacienne. Nous sommes déterminés et ambitieux pour les agriculteurs. Nous espérons vous retrouver rapidement en 2021 et vous souhaitons de profiter auprès des gens que vous aimez de la magie de Noël autour des plus beaux produits de l’agriculture et de la viticulture d’Alsace.

Volaille festive en Alsace

Petite mais ô combien qualitative

Publié le 24/12/2020

À quelques jours des fêtes, la filière Alsace Volaille entend rappeler aux consommateurs toutes les vertus de la consommation des volailles festives et produits nobles dérivés : en premier lieu le foie gras, le chapon fermier et l’incontournable dinde fermière noire d’Alsace. Des productions sous labels de qualité en Alsace.

Qu’elles soient en bio, en IGP ou en label rouge, les productions de volaille fermière alsaciennes ont un rendez-vous particulier avec les tablées festives de fin d’année. Les responsables des filières volaillères avaient donc donné rendez-vous le 7 décembre dernier chez Yann et Cynthia Eber, à Griesheim-près-Molsheim, dans leur auberge de la Chèvrerie, pour une communication multisensorielle… Pendant la présentation des filières, l’apprenti Valentin Meyer, récent troisième au concours des Meilleurs ouvriers de France, s’est livré à une démonstration culinaire de préparation de ballottine de chapon label rouge farcie aux coings confits. Ambiance ! Choix de la qualité C’est donc fatalement très détendu que Jean-Michel Schaeffer, président d’Alsace Volaille, a donné quelques éléments chiffrés de la filière qu’il préside. Bien organisée avec ses 44 éleveurs, ses deux abattoirs (Siebert et Meyer), les Couvoirs de l’Est à Willgottheim et deux producteurs d’aliments (Sanders et Costal), cette filière « 100 % locale », avec son 1,1 million de poulets, 250 000 poulets à chair jaune, autant de chapons et 5 200 dindes, ne représente qu’un pourcent de la production sous label rouge nationale. C’est que l’orientation politique impulsée depuis 1986, date de la création d’Alsace Volaille n’a pas été celle de la productivité, mais des labels de qualité : la qualité gustative notamment. À titre d’exemple, le chapon se prépare dès le mois de juillet, le label rouge lui impose 75 % de céréales locales, et la finition alimentaire est à base de produits laitiers, donnant ainsi une chair tendre et fondante en bouche. La même rigueur accompagne la production de dinde fermière d’Alsace. « Rappelons qu’il y a trois niveaux de contrôles en label rouge, le dernier étant assuré par un organisme extérieur impartial », souligne Jean-Michel Schaeffer. Globalement, les principes du label rouge répondent aux attentes sociétales, avec des races rustiques, une croissance lente, de l’élevage de plein air, donc une prise en compte du bien-être animal, et un accompagnement sanitaire qui garantit la sécurité, notamment sur les règles d’hygiène. Bio : 15 éleveurs de volaille Quand on parle de production de qualité, évidemment la filière bio est aujourd’hui dans tous les esprits. Francis Humann qui préside le GIE Plume bio du Grand Est a donné quelques éléments clés qui témoignent du fort développement de cette filière, forte aujourd’hui de 250 000 volailles bio par an produites par 15 éleveurs. Avec un petit plus paysager : les éleveurs ont planté 6 000 arbres sur les parcours de plein air des poulets. La ballottine étant farcie, enrobée d’une feuille cellophane pour être prête à être pochée dans une eau frétillante, la parole était donnée aux acteurs de l’agritourisme en Alsace. Paul Schiellein, président du réseau Bienvenue à la ferme, avec pas moins de 230 fermes adhérentes, souligne tout l’intérêt d’instaurer (ou réinstaurer) un dialogue constructif ville-campagne, consommateur-agriculteur, ceci afin de « comprendre le travail des agriculteurs ». Les occasions pour ces « temps d’échange » ne manquent pas, rappelle-t-il : les marchés, les ventes à la ferme, et plus largement les circuits courts. C’est d’ailleurs dans cet objectif que l’ADT (Alsace Destination Tourisme) communique et multiplie les événements qui sont autant d’occasions de consommer local, font observer Marie-Jo Simon (ADT) et Céline De Monte de la fédération des chefs d’Alsace. Citons la fête de la gastronomie, les opérations Savourez l’Alsace, le Fascinant week-end œnotouristique… Confinement : attention aux dommages irréversibles sur la filière Des opérations de promotion d’autant plus bienvenues que le Covid et les confinements n’ont hélas pas épargné certains pans de la filière volaille, précisément là où les occasions de consommation tablent sur l’interaction sociale et festive, particulièrement en restauration. Canard, foie gras… : « il y a urgence à soutenir ces filières », souligne Jean-Michel Schaeffer qui craint des effets irréversibles si un plan de sauvegarde n’est pas rapidement adopté. En attendant (avec impatience) la réouverture du restaurant de Yann et Cynthia Eber, soyons positifs et dégustons leur ballottine de chapon, avec ses coings confits et ses noisettes. Et pour accompagner le met raffiné, pourquoi pas un sylvaner de terroir, puissant et structuré du Zotzenberg de Mittelbergheim, par exemple, ou plus localement un pinot gris Bruderthal à Molsheim.   ?Merci à la Chambre d'agriculture Alsace pour cette publication ?Pour ces fêtes de fin d'année, faites-vous plaisir... Publiée par Bienvenue à la Ferme Alsace sur Mardi 15 décembre 2020    

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