Pratique

La Merise à Laubach

Une remarquable table

Publié le 08/02/2018

Une année après l’ouverture de leur restaurant La Merise à Laubach, Christelle et Cédric Deckert ont acquis leurs lettres de noblesse en recevant, en fin d’année dernière, la plaque certifiant leur titre d’État et label de maîtres restaurateurs et, ce lundi 5 février, leur première étoile au Michelin. De belles reconnaissances de la qualité du travail et de l’expérience professionnelle de ce couple talentueux.

Ces deux reconnaissances, décrochées coup sur coup, couronnent le parcours presque exemplaire de ce couple qui a passé une quinzaine d’années à l’Arnsbourg à Baerenthal, au temps de Jean-Georges et Cathy Klein, Christelle comme maître d’hôtel et Cédric comme second de cuisine. Leur volonté de voler de leurs propres ailes les a conduits à Laubach où, avec le concours et le soutien inconditionnel du maire, Jean-Louis Klipfel, ils ont pu s’installer et créer leur établissement, baptisé La Merise, un clin d’œil aux Laubachois dont le sobriquet évoque la cerise. « La concrétisation de ce rêve a nécessité beaucoup de courage et de ténacité pour surmonter de nombreux obstacles », souligne Christelle Deckert. En fin d’année dernière, ce jeune couple talentueux recevait la plaque de « maître restaurateur » des mains de Jacques Ebert, chef des Plaisirs Gourmands à Schiltigheim et délégué départemental des Maîtres Restaurateurs. L’occasion pour ce dernier de rappeler que cette certification, établie pour quatre années par le préfet, fait suite à un audit portant sur 32 points vérifiés par trois organismes. Ce label certifie que Christelle et Cédric Deckert se sont engagés dans une véritable cuisine « fait maison » à partir de produits frais issus des circuits courts ou de proximité, et qu’ils intègrent au minimum cinq produits régionaux de saison dans les plats de leur carte ou de leurs menus. Un bel engagement au côté des producteurs locaux de légumes, de viande ovine, bovine ou de volaille, à l’image des 3 700 maîtres restaurateurs que compte la France (153 établissements sont labellisés dans le Bas-Rhin, département le plus titré). Ce lundi 5 février, le Guide Michelin décernait à La Merise une étoile, lors d’une cérémonie sur l’Ile Seguin en région parisienne. La seule pour l’Alsace cette année. Christelle et Cédric Deckert font désormais partie du cercle restreint des 31 restaurants distingués par le Michelin, totalisant 38 étoiles. Les élus locaux, Jean-Louis Klipfel, Charles Schlosser, vice-président de la Communauté de communes Sauer-Pechelbronn, le sénateur Guy Dominique Kennel, le député Frédéric Reiss, la conseillère départementale Nathalie Marajo-Guthmuller, soulignaient déjà unanimement, lors de la remise du titre de maître restaurateur, la qualité de cette table d’exception, accueillante et déclinant remarquablement bien une gastronomie innovante. Émus, Christelle et Cédric Deckert rappellent la devise de La Merise : « Cocooning, sympathique et accueillant, dans un cadre architectural alsacien ».

Publié le 05/02/2018

Magasin de vente directe, restaurant… le producteur maraîcher Pierre Maurer s’est lancé dans un nouveau projet sur le site de Dorlisheim, un parc de loisirs agricoles pour les enfants dans une ferme d’autrefois.  

Fan de voyages, « quasiment 70 000 km de promenades en Europe depuis vingt ans », Pierre Maurer, producteur maraîcher à Dorlisheim, puise, au gré des pays visités, des idées pour son exploitation, et notamment pour la vente directe de ses produits. Il utilise également internet et son réseau de connaissances dans le monde agricole pour échanger des informations très utiles et connaître, entre autres, « les surproductions dans les pays voisins ». Pionnier en 1987 de la vente directe des produits agricoles, à laquelle il a cru dès le départ et dans laquelle il s’est fortement investi, Pierre Maurer ne s’est pas trompé et a, depuis, été imité sur ce créneau. Au début, « c’est facile, la progression de ventes est rapide ». Mais le plus important est de « pouvoir la maintenir à un niveau correct et stable », souligne ce maraîcher qui travaille depuis le début avec six producteurs locaux dans son magasin. Objectif, élargir la clientèle La ferme Maurer commercialise chaque année 200 tonnes de d’asperges, une de ses productions phare. Mais également 500 tonnes des pommes de terre et 600 tonnes de tomates bios, « premier producteur en France » sur ce secteur. Elle propose également une grande variété de fruits rouges : elle cultive cinq variétés de myrtilles, récoltées de juin à septembre. Pierre Maurer envisage d’augmenter la surface de production des fraises de 2 à 6 hectares. À côté de la vente au détail, la ferme se positionne également sur la vente en gros : elle travaille avec la grande distribution pour les marques distributeur, « comme d’autres maraîchers ». Pour maintenir son niveau de vente directe, voire l’augmenter, Pierre Maurer a réfléchi aux moyens « d’élargir sa clientèle ». La réponse, il l’a trouvée en Allemagne, où quelques producteurs se sont lancés dans la création de « Kinderland » sur leur exploitation. « C’est le nom d’une société allemande spécialisée dans les animations pour enfants », explique Pierre Maurer. Elle vend et installe des parcs d’animation dans toute l’Europe, adaptés aux besoins spécifiques de chaque pays. Ils sont de toutes tailles : petites surfaces de jeux ou parcs de grande envergure et sont adaptés à un public handicapé. La visite de plusieurs réalisations l’a conforté dans son projet, sous-tendu par l’objectif « de vendre ses productions de saison à une clientèle plus large ». Il a constaté que 20 % de la production est jetée, « l’important étant de tout récolter et de tout vendre ». Pour mener à bien son projet, il a élaboré avec la mairie et les différents services de l’État un plan local d’urbanisme sur une zone agricole. Il est en cours d’agrément et a priori la ferme devrait obtenir le feu vert en octobre prochain. L’enquête publique qui suivra devrait durer six mois, tout comme le délai d’attente pour le permis de construire sur le site actuellement occupé par des serres de tomates. Pneus, silos, poulailler et confitures… « Ce parc de loisirs sera amené à évoluer », envisage déjà le producteur, le fil conducteur étant de proposer aux enfants « de jouer dans une vieille ferme ». Les bâtiments qui seront installés seront aux normes de sécurité mais auront l’aspect d’une vieille ferme alsacienne avec son colombage. C’est une technique de cette société de créer l’illusion de l’ancien, grâce à des planches et des matériaux qui donneront « l’aspect vieille bâtisse alsacienne ». Les animations seront dans cet esprit : des pneus serviront de balançoires pour passer d’une butte d’asperges à une autre ; dans la cave, les enfants pourront s’amuser avec des fûts. Autre aire de jeux, des silos de 10 m, sécurisés, seront prétexte à faire du toboggan, le tubi tuba. Incontournable pour Pierre Maurer, le poulailler, qui évoque de nombreux souvenirs d’enfance, abritera notamment un vieux camion, un toboggan. Les poules seront bien présentes, « mais ne pourront pas être poursuivies » Sur ce site de 2,5 hectares, il y aura trois types de restauration, pour les groupes, pour les particuliers et pour les VIP qui veulent manger à la ferme, mais avec un accueil personnalisé. Autre originalité de ce Kinderland, un système de vitres permettra aux visiteurs de suivre le travail de transformation des asperges. Une usine à confitures complétera ces installations, faites à partir des fruits rouges de la ferme, élaborées avec des ustensiles comme au temps de nos grands-mères, mais aux normes actuelles. Pour les petits amateurs d’engins agricoles, il y aura une piste de tracteur. « Certaines animations seront payantes », précise ce producteur, mais l’entrée sera gratuite. À l’extérieur, il y aura également un labyrinthe, un mini-jardin, un tremplin et des jeux d’eau, toujours appréciés par les enfants, autour d’une colonne d’eau inspirée de celle de Dorlisheim. Ce parc sera destiné aux enfants jusqu’à 15 ans « pas au-delà, c’est un choix ». Les visiteurs entreront dans le parc par le magasin de vente, incités à acheter les produits de la ferme, mis en valeur selon les saisons, ajoute ce maraîcher décidément précurseur, qui espère ouvrir ce Kinderland en avril 2020.

Publié le 31/01/2018

Le Plan Bâtiment continue à susciter un certain engouement chez les éleveurs alsaciens. 59 dossiers ont été subventionnés en 2017, ce qui montre le dynamisme de la filière élevage. Le point avec Daniel Brua, conseiller à la Chambre d'agriculture d'Alsace et chargé de la gestion du Plan Bâtiment.

Suite au départ à la retraite de Pierre Paul Ritleng, c’est Daniel Brua, conseiller au bureau décentralisé de Drulingen, qui a repris la gestion du Plan Bâtiment. « Comme je suis dans un secteur d’élevage, je connais la musique », indique-t-il. Sur le plan administratif, les deux dernières années ont été assez compliquées, du fait de la régionalisation Grand Est et du nouveau PCAE (Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations). « Il fallait tout mettre en place. » Mais en 2017, le Plan Bâtiment a atteint sa vitesse de croisière, indique le conseiller. « Les outils informatiques sont prêts depuis quelques semaines. » La première période de dépôt des dossiers de candidature a eu lieu du 1er au 31 mars. La validation des dossiers complets avec permis de construire est intervenue le 12 juin. Une deuxième période de dépôt a été ouverte du 15 juin au 8 septembre, la validation des dossiers ayant eu lieu le 25 octobre. « On retrouve deux périodes de dépôt des dossiers, comme nous l’avions connu historiquement. Les différents partenaires ont affirmé leur volonté de garder ces périodes de dépôt. » Ce qui a dynamisé le Plan Bâtiment, c’est la filière volaille, aussi bien dans le Haut-Rhin que dans le Bas-Rhin : poules pondeuses, volailles de chair et poulets bios, explique Daniel Brua. « Nous avons enregistré 59 dossiers au total, contre 84 en 2016. Vu la conjoncture, cela reste dynamique. » 20 dossiers sont portés par des jeunes agriculteurs. « Ils restent prioritaires. » Avec l’accord de la Région, tous les dossiers complets qui ont été déposés ont été retenus. « Ce n’est pas neutre, économiquement : pour 18,2 millions d’euros d’investissements prévisionnels, cela représente 3,8 millions d’aides, dont 53 % sont financés par l’Union européenne et 47 % par la France (État, Région, Agence de l’eau). La moyenne d’investissement par dossier est de 309 000 €. » « L’harmonisation au niveau du Grand Est n’est pas d’actualité » Daniel Brua se réjouit de la volonté affichée de la Région de poursuivre cette dynamique jusqu’à l’issue du Plan Bâtiment. « La crainte était que, dès 2018, il y ait un seul Plan Bâtiment à l’échelle du Grand Est. Mais jusqu’à présent, rien ne vient remettre en cause le Plan Bâtiment alsacien qui prend fin en 2020. Ensuite, son avenir dépendra d’une décision politique. » Le conseiller attire l’attention sur le fait que le dossier comprend, outre une partie administrative, une étude globale de l’évolution de l’exploitation (EGEE). « C’était une demande de la Région Alsace, à l’époque. » L’exploitation doit en effet répondre à une triple performance, économique, sociale et environnementale. « C’est une pièce maîtresse du dossier, elle est réalisée par la Chambre d'agriculture d’Alsace. » Plusieurs conseillers participent à son élaboration, sur l’aspect bâtiment et mise aux normes (taille des fosses et des fumières), sur l’aspect agronomique (valorisation des déjections animales, plan de fumure, rotation des cultures, etc.), sur l’aspect élevage (alimentation des animaux, autonomie protéique) et sur l’aspect économique et social (installation d’un jeune, départ à la retraite des parents, embauche d’un salarié). Cette étude doit permettre de juger si l’investissement est pertinent, si l’agriculteur est en mesure de faire face aux annuités. Bref, de vérifier la viabilité du projet, en partenariat avec les centres de gestion. « C’est une demande des financeurs qui voulaient avoir une synthèse de l’évolution de l’exploitation, suite aux investissements programmés. » La prochaine période de dépôt des dossiers s'ouvre le 1er février Pour 2018, le souhait de la profession agricole est de continuer sur cette lancée afin de soutenir les projets d’élevage. « À la veille de Noël, nous avons appris qu’il y aurait deux périodes de dépôt des dossiers en 2018, la première du 1er au 28 février, la deuxième du 15 juin au 31 juillet. » Le préalable, pour déposer un dossier, est d’avoir obtenu le permis de construire pour les travaux concernés. « Quand on projette de construire une étable, un poulailler, on ne se décide pas en cinq minutes. C’est un dossier complexe qui nécessite une réflexion approfondie et des formalités administratives complexes. Il ne faut pas s’y prendre au dernier moment. » Les éleveurs qui souhaitent s’inscrire dans une telle démarche doivent prendre contact avec les conseillers des bureaux décentralisés. « Une fois le dossier déposé, il faut patienter quelques semaines avant de recevoir une lettre de l’administration confirmant que le dossier est réputé complet, que l’agriculteur peut commencer les travaux. Mais attention, cette lettre ne vaut pas accord de subvention ! » C’est le comité chargé de la gestion du Plan Bâtiment qui décide si la subvention est accordée. La lettre de notification des aides sera envoyée au porteur de projet après la réunion du comité. Toutes les filières animales - bovins, ovins, caprins, porcins, volailles, lapins - et tous les systèmes - conventionnel, bio - sont éligibles aux aides du Plan Bâtiment, à l’exception des élevages équins. « Pour les systèmes bovins, l’investissement minimum est de 50 000 €. Pour les autres systèmes, ce plancher est ramené à 15 000 €. »

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