« Sérénité retrouvée », après plusieurs années de turbulences dues à la baisse drastique des dotations de l’État. C’est par ces termes que Frédéric Bierry qualifie le budget primitif 2018 du Département du Bas-Rhin, d’un montant d’1,1 milliard d’euros. « Nous avons respecté nos engagements : ne pas augmenter la fiscalité, diminuer la dette et maintenir un niveau d’investissement de 120 millions d’euros », précise-t-il.
« Tous les ratios financiers sont au vert », indique le président du Conseil départemental du Bas-Rhin. Cette situation financière saine a été reconnue par la Chambre régionale des comptes et la Cour des comptes qui a salué les économies réalisées sur les dépenses de fonctionnement, mais aussi la qualité des politiques sociales engagées par le Département. Une appréciation confirmée par l’évaluation de la Banque Postale et de l’agence de notation Standard & & Poors qui note désormais le Bas-Rhin d’un double A.
Des unités volantes d’assistantes maternelles
Le budget 2018 marque la mise en œuvre très concrète des stratégies départementales, dans le domaine de l’emploi, de l’éducation, des territoires connectés et attractifs et des actions sociales. « En matière d’emploi, notre démarche porte ses fruits. Nous constatons une réelle baisse des bénéficiaires du RSA qui sont passés de 26 000 à 24 250 en 2017. Cette baisse aurait un réel impact sur notre budget, si le gouvernement n’avait pas imposé une hausse de 10 % du RSA, qui équivaut à une dépense supplémentaire de 30 millions d’euros sur trois ans. » Le CD 67 a décidé de renforcer sa politique d’insertion en créant des unités volantes d’assistantes maternelles pour soulager les foyers monoparentaux, en attendant de trouver une solution de garde pérenne. « L’objectif est de lever tous les freins à l’employabilité, garde d’enfant, mobilité, comme nous l’avons fait pour les salariés de Zalando à Lahr. »
Concernant la politique d’autonomie, le département investira 5,5 millions d’euros afin d’augmenter les places d’accueil en établissement pour les personnes handicapées. « La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) a entamé une démarche de restructuration complète : nous allons co-construire une politique du handicap avec les associations. » La politique enfance, jeunesse et famille est elle aussi dotée de moyens importants. La stratégie départementale vise à aider les jeunes à devenir des adultes responsables, autonomes et engagés, par exemple en les accompagnant dans l’apprentissage de la vie citoyenne. Il s’agit également de faire face à l’afflux d’enfants migrants non accompagnés qui se poursuit. « Nous avons augmenté le nombre de logements coachés avec accompagnement éducatif. Le réseau d’accueil solidaire se met en place : 80 familles ont répondu à l’appel. »
Parmi les autres éléments saillants, 52 millions d’euros sont consacrés au plan actions éducatives et collèges, par exemple pour la restauration du collège de Brumath et du collège Galilée de Lingolsheim, la restructuration du restaurant scolaire de Bouxwiller, mais aussi pour la mise en œuvre du plan numérique et le soutien au bilinguisme.
Faciliter l’accessibilité à l’agglomération strasbourgeoise
Même montant pour la politique d’aménagement du territoire, avec la participation aux grands projets structurants, comme la rocade Sud, le contournement de Châtenois, les opérations d’aménagement foncier remembrement agricole) liées au COS/GCO ou encore l’aménagement de l’axe multimodal de l’entrée Ouest de Strasbourg (RN4-A 351). « L’entrée du TSPO (transport en site propre de l’Ouest strasbourgeois) au cœur de l’agglomération strasbourgeoise est un vrai enjeu. Cet axe draine 25 % des voyageurs du Bas-Rhin. »
50 M€ seront également investis dans les différentes politiques partenariales avec les territoires. « Avec la fin des contrats de territoires, nous entrons dans l’ère des contrats départementaux, avec le même niveau de moyens mais une coconstruction renforcée des politiques », indique Frédéric Bierry.
« L'Alsace doit être à la hauteur de son image »
Dernier axe de la politique départementale, la stratégie touristique interdépartementale. « Nous restons convaincus de la pertinence de l’échelle alsacienne et de l’enjeu fondamental que constitue le développement touristique. » L’Alsace accueille 2, 5 millions de touristes. Ce secteur économique emploie 37 000 personnes, dont 22 000 dans le Bas-Rhin. « Il faut lutter contre les dynamiques négatives », estime Frédéric Bierry. La promotion touristique se fait désormais à l’échelle du Grand Est et la destination Alsace se noie dans la masse. C’est pourquoi les Départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ont décidé de co-construire une stratégie d’innovation et de développement touristique, en s’appuyant sur l’agence Alsace Destination Tourisme.
« Notre politique se joue en deux temps : faire rêver les touristes de l’Alsace et s’assurer qu'ils réalisent leurs rêves en Alsace. » L’ADT a recensé six thématiques d’excellence : « Découvrir l’Alsace, terre d’itinérance douce », avec ses pistes cyclables et ses voies fluviales ; « Prendre de la hauteur » dans le massif vosgien ; « L’Alsace prend soin de vous » avec « une offre bien-être extraordinaire » ; « Savourer les étoiles et les millésimes » ; « Vivre la vie de château », avec le Haut-Koenigsbourg mais aussi les 80 autres châteaux visitables recensés dans la région. « Notre objectif est de rendre la visite de ces châteaux forts plus ludique en nous appuyant sur la technologie d’aujourd’hui », souligne Frédéric Bierry ; dernière thématique, « L’Alsace au cœur de l’humanisme rhénan et de l’Europe », tourisme de mémoire, arts et traditions populaires, savoir-faire d’excellence. Alsace Destination Tourisme veut réinventer l’offre touristique pour tenir compte des nouveaux modes de consommation, améliorer l’expérience client en revoyant le système d’information et de réservation. Et surtout, s’assurer que l’Alsace tient ses promesses…