Pratique

Publié le 07/12/2017

À l’initiative de la députée Martine Wonner, une dizaine d’intervenants ont débattu de la transition écologique et solidaire, objectif assigné à l’agriculture lors des États généraux de l’alimentation.

Comment réussir la transition écologique et solidaire de l’agriculture en promouvant une alimentation durable ? Comment renforcer l’attractivité des métiers de l’agriculture et des filières alimentaires et développer la formation ? Ces deux questions étaient au cœur de la table-ronde organisée par la députée LREM Martine Wonner lundi 27 novembre à la Grange, à Dingsheim. Elles correspondent aux thèmes des ateliers 11 et 13 des États généraux de l’alimentation, dont la première étape s’est conclue par la signature d’une « charte d’engagement pour une relance de la création de valeur et pour son équitable répartition au sein des filières agroalimentaires françaises ». Cette charte a été signée par les représentants de la production, de la coopération agricole, des entreprises de l’alimentaire et de la distribution le 14 novembre, en présence du ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert. « Cette charte nous conforte sur la volonté réelle de la filière d’être dans cette dynamique et celle du gouvernement d’être dans le même engagement pour les cinq ans à venir », a souligné Martine Wonner, en rappelant les principaux objectifs de ce document. Réussir la transition écologique et solidaire de l’agriculture suppose de redéfinir le modèle agricole actuel, souligne d’abord Fabien Schaeffer, du moulin Burggraf-Becker (Dossenheim-sur-Zinsel), deuxième meunier bio du département. Or dans le Grand Est, ce modèle est d’abord celui d’une agriculture familiale, qu’il estime clairement menacée. Va-t-il falloir s’orienter vers un modèle plus « professionnel » en faisant appel à des investisseurs ? s’interroge Fabien Schaeffer. Pour Anne Vonesch, vice-présidente d’Alsace Nature, cette transition doit se faire à l’échelle européenne et mondiale. Très critique sur la politique agricole européenne, en particulier dans les productions animales, elle insiste sur le « défi énorme » qui consiste à nourrir la population mondiale, proche des 10 milliards d’habitants. Un défi qu’il va falloir relever sans porter davantage atteinte à la biodiversité. « Le virage du moins et du mieux » « Il faut prendre le virage du moins et du mieux tout en préservant l’emploi », martèle Anne Vonesch. « Si c’était aussi simple, ce serait déjà fait », rétorque Jean-François Vierling. Le président d’Alsace Qualité invite à regarder l’existant d’un œil un peu moins sévère. « On a la chance d’être dans une région qui produit, et qui produit de la qualité, il faut se demander comment améliorer cela. » Vincent Keller, éleveur laitier à Landersheim, n’est pas opposé à une transition de l’agriculture vers un modèle plus qualitatif, mais il pose la question du prix des produits, après deux années de crise laitière. « On est prêt à faire de la qualité, mais il faut voir quel revenu on en retire », témoigne l’éleveur, qui a investi dans un robot de traite il y a cinq ans. Indépendamment du prix, Valentin Urban, secrétaire de la Coordination rurale du Bas-Rhin, insiste sur la nécessité de donner une préférence aux produits issus de l’agriculture durable du Grand Est dans les approvisionnements. C’est à cette condition qu’une transition est possible, dit-il. Cette préférence régionale apporterait « du baume au cœur » des agriculteurs locaux, confirme Jean-François Vierling, qui milite de longue date pour favoriser la production régionale encadrée par des cahiers des charges rigoureux. Francis Maurer, représentant de la Fédération des boulangers du Bas-Rhin et président de la filière Alsépi, ne dit pas le contraire. Les boulangers artisanaux sont confrontés à une concurrence de plus en plus féroce de la part d’industriels qui font pétrir leur pain en Pologne, le surgèlent en Roumanie et le font cuire dans des terminaux de cuisson français, expose-t-il. « Et pourtant, nous sommes un grand pays producteur de céréales ! » Réduire le gaspillage alimentaire Ce n’est pas là le seul paradoxe, souligne Martine Wonner. La députée met en parallèle l’augmentation de la précarité alimentaire et le gaspillage des denrées. « Un tiers de la production agricole est gaspillé à une étape ou à une autre de la chaîne alimentaire, affirme Frédérique Pelsy, chercheuse à l’Inra. Il y a des efforts à faire pour éviter ce gaspillage. » Particulièrement chez les ménages, ajoute Marie-Josée Amara, chef de projet alimentaire à la Draaf, qui plaide pour une meilleure éducation sur cette question. Pour Anne Vonesch, la question du prix des produits agricoles relève d’une responsabilité partagée. « On a dressé le consommateur pour qu’il ne regarde que le prix » et l’agriculteur pour qu’il baisse sans cesse ses coûts de production, sans égard pour le bien-être animal, dénonce la vice-présidente d’Alsace Nature. Ses propos font réagir Sébastien Eyder, conseiller agricole de Martine Wonner et agriculteur à Dingsheim : « Le bien-être animal m’importe », affirme l’éleveur en énumérant les aménagements qu’il a volontairement réalisés dans son poulailler pour que ses volailles bénéficient de la lumière et d’un air recyclé. Ces aménagements ont engendré un surcoût qu’il est logique de répercuter sur le prix de vente. « On ne peut pas faire du bio au prix du standard, la rentabilité n’est pas la même », tranche Sébastien Eyder, satisfait que l’élevage alsacien soit capable de répondre à toutes les demandes du marché. Qu’il s’agisse du lait ou du porc, c’est le prix qui tirera les pratiques agricoles vers le haut, ajoute Vincent Keller, rejoint sur ce point par Valentin Urban. « Il faut promouvoir la qualité et parallèlement, de manière plus forte, dénoncer et stigmatiser la non-qualité », résume Martine Wonner, en écho à Jean-François Vierling, partisan de « soutenir l’excellence et d’appuyer la consommation régionale et alsacienne ». Florence Wolff, agricultrice à Niederhausbergen, propose quant à elle de mieux encadrer les magasins de vente directe : une multiplication des points de vente peut en effet être fatale à certains d’entre eux, elle en a fait l’expérience. Fabien Schaeffer suggère aussi d’interdire la publicité pour les produits les moins chers et de développer les ventes locales sur internet.

Publié le 04/12/2017

La capitale alsacienne s’est habillée de lumières, de décorations inédites pour la 447e édition de ses marchés de Noël. Une édition lancée en musique vendredi le 24 novembre, suivie par une déambulation officielle du maire et des élus le 25 novembre sur les nouveaux sites d’animations.  

Le traditionnel grand sapin du marché de Noël Place Kléber a pris toute sa majestueuse magie vendredi 24 novembre en s’illuminant et toutes les rues de la Grande Ile avec lui. Ce lancement de la 447e édition des marchés de Noël de Strasbourg, parrainée par Christophe Willem s’est poursuivi le lendemain par une déambulation officielle du maire, Roland Ries, entouré entre autres du premier adjoint Alain Fontanel, sur les marchés de Noël inédits de cette édition et notamment celui Place Saint-Étienne. Sur ce site, animé par « la Tribu des gourmets des vins d’Alsace » et leur désormais célèbre vin chaud, les élus ont été accueillis par le président de cette association Didier Bonnet et le vigneron Charles Brand. Les animations musicales vont se succéder sur la place qui fait un clin d’œil coloré à la culture avec l’exposition Stras’pop. Après la place Mathias Mérian et celle du marché Gayot, dédiée aux animations pour les enfants, la déambulation s’est poursuivie dans la cour du Palais des Rohan où les élus ont apprécié le spectacle de la nativité avec des comédiens et des animaux, mis en scène dans une crèche fabriquée par l’Évêché. Leur rencontre avec les exposants s’est achevée place Gutenberg sur le marché de Noël dédié à l’Islande, invitée d'honneur de cette édition et ses spécialités. Délices de Noël d’Alsace, retour des ateliers dégustations Malgré les nombreuses averses, et les contrôles de sécurité renforcés, touristes et strasbourgeois n’ont pas boudé l’ouverture de ces marchés de Noël et notamment celui des Délices de Noël d’Alsace. Il réunit place du Marché aux poissons et cour du Palais Rohan des produits locaux fort appréciés, les foies gras d’Alsace sur les cinq chalets des producteurs de foie gras fermiers d’Alsace, les bredeles avec les boulangers, aux côtés des trois chalets des vignerons de la Couronne d’Or. Près d’une vingtaine de vignerons se succéderont jusqu’au 30 décembre cette année. Cette édition signe aussi le retour de leurs animations-dégustations commentées, des ateliers sous le signe d’une trilogie de saveurs, pain d’épices, vins et foie gras. Un premier atelier sera consacré à la galette des rois le 1er décembre à 14 h 30, deux autres ateliers sont proposés les jeudis 7 et 21 décembre à partir de 16 h sous le chapiteau des boulangers avec la participation de quatre vignerons et de producteurs de foie gras, de nouvelles animations gourmandes qui devraient séduire le public, attendu nombreux par ces exposants.

Salon Agriculture de demain, les 30 et 31 mai 2018

Vente directe et fertilisation au programme

Publié le 28/11/2017

Les 30 et 31 mai 2018 se tiendra au lycée agricole d’Obernai la troisième édition du salon Agriculture de demain. Mercredi 22 novembre, la réunion de préparation, réunissant une trentaine de partenaires institutionnels et économiques, avait pour objectif de répartir les nombreux ateliers de l’événement agronomique régional de l’année 2018.

Coorganisé par la Chambre régionale d’agriculture Grand Est, Alsace Bio et l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace, la manifestation constituée d’ateliers, démonstrations, expositions et conférences, se veut tournée vers les technologies agronomiques d’avenir et souhaite « concilier les exigences de productivité, de compétitivité et les enjeux économiques, sociaux et environnementaux ». À la manière du salon Tech & Bio à Valence qui attire aujourd’hui des milliers d’agriculteurs. Pour cette édition, les agriculteurs pourront trouver des solutions pratiques à leurs projets d’émancipation économique au village de la vente directe. Le thème retenu cette année est la fertilisation. Un sujet qui sera scruté sous toutes ses formes, puisque la ferme du lycée agricole se transformera pour l’occasion en une plateforme de démonstration de matériels et d’essais agronomiques. Avec à chaque fois, les partenaires techniques qui présenteront des résultats, des solutions novatrices, comme une unité mobile de fabrication de biochar (ou terra preta), ce fameux charbon de bois qui, associé à des amendements organiques, constitue une véritable révolution de pensée agronomique. Mais au-delà, avec son unité de méthanisation, sa station de compostage, sa diversité de cultures, le Verger expérimental d’Alsace à proximité et les plateformes agronomiques d’essais, le site d’Obernai ne manquera pas d’intérêts. Les visiteurs y trouveront des ateliers de diagnostics, de méthodes d’analyses des sols, de comparaison de méthodes et techniques de fertilisation et des solutions pour améliorer la fertilité de ses parcelles. Et plus globalement, apprendront comment mieux cerner la compréhension des paramètres qui font qu’une parcelle est plus résiliente face aux agressions climatiques : érosion, toxicité aluminique, battance des sols, sécheresse de surface, fuites de nutriments minéraux, pertes organiques et humiques, etc. Agriculteurs et professionnels de l’agriculture pourront se faire une idée objective et avoir une vision globale des technologies et pratiques agricoles d’avant-garde ou alternatives.

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