Pratique

Publié le 16/03/2018

Trois fils de viticulteurs haut-rhinois, étudiants en BTSA Viticulture-Œnologie, proposent avec Equi & Tech, une exposition et une démonstration de machines viticoles lors des portes ouvertes de leur établissement.

L’utilisation de matériels à la pointe de la technologie facilite certaines tâches et limite la pénibilité du travail. Florian Keller, Mathieu Schiele et Pierre Wagner, étudiants en BTSA à Rouffach, ont souhaité faire découvrir aux viticulteurs quelques innovations technologiques à travers la présence de plusieurs concessionnaires. « En tant que futurs professionnels, nous sommes attentifs aux nouveautés qui offrent des alternatives de travail tout en favorisant les rendements », expliquent-ils. Ainsi, ce samedi, Berger Machine Agricole de Saint-Hippolyte présentera l’incontournable tracteur Carraro, dont elle a l’exclusivité en Alsace. Andelfinger de Ostheim exposera deux modèles de tracteurs, le nouveau New Holland et celui de la société BCS. Muller présentera un McCormick isodiamétrique et le prestataire Gsell Entreprise sa machine à vendanger, à la pointe de la technologie. Enfin, Provitis de Sainte-Croix-en-Plaine dévoilera le dernier prototype de machine à descendre le bois et de nombreux autres matériels. Destinée aux professionnels de la viticulture, cette exposition est aussi ouverte à tous les curieux en matière d’agroéquipements.

Lycée Schattenmann

Animer le milieu rural

Publié le 15/03/2018

Accompagner les enfants, les personnes âgées, dépendantes, dans le milieu rural : telle est la vocation des élèves du lycée Schattenmann.

Dans un certain nombre de régions de France, les campagnes se dépeuplent, la population se tourne vers les villes où leur sont proposés davantage de services. Ne restent alors souvent que les personnes âgées. C’est pour lutter contre cet exode que le ministère de l’Agriculture a voulu fidéliser les jeunes en les formant dans leur milieu d’origine, et pas uniquement dans les métiers classiquement cités comme faisant partie des métiers de l’agriculture, mais aussi dans le domaine de l’aide à la personne. Aujourd’hui, les exigences et les besoins sont les mêmes que dans les grandes agglomérations. Il faut des crèches ou périscolaires pour les enfants dont les parents sont en activité, il est nécessaire de disposer de structures assurant l’accueil de nos aînés de plus en plus nombreux, mais aussi dans le domaine de la santé et du social. Les communautés de communes, les mairies, les syndicats d’initiative tout comme les gîtes, tables d’hôtes et autres structures d’accueil à la ferme, nécessitent un personnel capable d’accueillir et conseiller le public. Deux formations dans le domaine de l’aide à la personne Les élèves scolarisés au lycée Schattenmann se destinent aux professions du sanitaire et du social tels que les métiers d’infirmier, aide-soignant, auxiliaire de puériculture, conseiller en économie sociale et familiale ou encore éducateur et animateur. D’autres encore deviennent brancardier, ambulancier, pompier. Mais ils s’orientent également vers des fonctions plus administratives ou encore vers les métiers de la vente en petite et moyenne surface : vendeur, caissier, chef de rayon. Le CAP Services aux personnes et vente en espace rural (Sapver) ainsi que le bac pro Services aux personnes et aux territoires (Sapat) ont été construits dans l’objectif d’accompagner les enfants, les personnes malades, âgées, dépendantes, handicapées, ainsi que les usagers des administrations dans un environnement rural. Ces formations comportent de multiples stages, y compris à l’étranger. L’établissement procure donc un enseignement professionnel performant, avec de nombreux projets, dans un environnement agréable et avec la possibilité de bénéficier d’un accueil en internat. Les formations dispensées permettent des poursuites d’études, y compris dans l’enseignement supérieur, ainsi que la préparation de concours sanitaires et sociaux. Un nouvel appartement pédagogique Un pôle dédié aux services à la personne a été réalisé cette année. Il regroupe un local consacré à l’entretien du cadre de vie et du linge, une salle de puériculture et une pièce consacrée à l’aide à la personne avec mannequin, lits médicalisés... Un équipement qui offre aux élèves des conditions proches du monde du travail, tant sur le plan matériel, ergonomique que psychologique. Et qui vient compléter les équipements techniques déjà existants : le laboratoire de sciences, la salle informatique, le centre de ressources documentaires ainsi que la cuisine pédagogique qui offre l’opportunité de se familiariser avec la restauration en collectivité et de mettre en place un restaurant d’application. Acquérir une professionnalisation au CFP Nord Alsace À terme, ce nouvel équipement sera utilisé dans le cadre de la formation professionnelle continue, puisque le lycée Schattenmann vient de créer une nouvelle entité, le Centre de formation professionnelle Nord-Alsace. Destinées à un public adulte, en reconversion ou en besoin de professionnalisation, diverses formations sont proposées, telles que des préparations aux concours sanitaires et sociaux, la formation Sauveteurs secouriste du travail (SST)... Une spécificité : la classe de 4e initiative Au-delà des formations qualifiantes, le lycée accueille également des collégiens à l’issue de la classe de 5e en 4e Initiative et en 3e de l’enseignement agricole (à l’issue d’une 4e générale), avec une prise en charge spécifique des élèves présentant des troubles tels que la dyslexie, dysorthographie, dysphasie… Les activités organisées de manière pluridisciplinaire tant à l’extérieur qu’au sein de l’établissement permettent de remotiver ces élèves souvent en manque de confiance. Puis de les aider à trouver leur voie, quel que soit le secteur professionnel choisi. Journée découverte samedi 17 mars À l’occasion des portes ouvertes du 17 mars, les trois sites du lycée seront ouverts à la visite. Et les élèves proposeront de nombreuses animations : présentation des différentes filières ; fête des jeux ; chorégraphie ; rencontre avec trois jeunes ayant effectué leur service volontaire européen au lycée ; projection de Morituri, spectacle mêlant photographie et danse contemporaine ; présentation du module d’initiative professionnelle à travers des réalisations culinaires. Cette journée sera aussi l’occasion d’échanger avec les personnels et élèves présents.

Publié le 14/03/2018

L’entraide agricole existe depuis que l’homme a commencé à cultiver des plantes. À l’heure de l’explosion des solutions digitales, une nouvelle forme d’agriculture collaborative voit le jour, l’agriculture en réseau, ou cofarming. Rencontre avec Laurent Bernede, cofondateur de WeFarmUp, une plateforme collaborative de location de matériel.

EAV : Pourquoi avoir créé WeFarmUp ? Laurent Bernede. Acquérir du matériel génère toujours une dette, qu’elle soit individuelle ou collective, comme dans une Cuma. Le problème, c’est que cet endettement entraîne des annuités qui sont fixes, face à un revenu nettement plus fluctuant. L’idée, avec WeFarmUp, c’est d’apporter une dose de variabilité dans les charges de mécanisation en allant chercher un matériel seulement quand on en a besoin. Il s’agit donc d’un outil qui procure un nouvel élément de compétitivité, grâce à la mise en réseau d’utilisateurs. EAV. Et ça fonctionne ? LB. Il y a trois principaux postes de charges en agriculture : les machines, les terres et les intrants (génétique, produits phytosanitaires…). Sur ce dernier poste, essayer de faire des économies peut s’avérer dangereux car cela fait courir un risque. Sur le second, notre outil de travail, c’est très difficile d’économiser ! Reste le premier poste, sur lequel il est possible d’amener de la variabilité, en apportant davantage de flexibilité dans le pilotage du parc matériel. C’est encore plus vrai avec l’essor des nouvelles techniques de production. EAV. C’est-à-dire ? LB. Prenez un strip-tiller ou un semoir de semis direct. Vous avez peut-être envie de faire des tests pour déterminer si c’est un matériel qui vous convient, vu l’investissement que cela représente ! Avec WeFarmUp, vous pouvez en louer un près de chez vous. Au lieu de payer un outil 40 000 €, vous allez le payer 50 €/ha, par exemple. En plus, certains agriculteurs proposent de vous accompagner lors de la prise en main. Vous gagnez aussi du temps d’apprentissage ! EAV. Comment WeFarmUp se positionne face aux Cuma, ETA, concessionnaires agricoles ? LB. WeFarmUp est ouvert à tous les professionnels, qu’ils soient Cuma, ETA, concessionnaire, agriculteur… C’est un outil qui permet de démultiplier l’offre, au service des agriculteurs, qui ont tous des besoins différents. Chacun peut participer en mettant à disposition du matériel sous-utilisé. Pour les Cuma, les ETA, WeFarmUp constitue donc une vitrine supplémentaire. Elles ont la possibilité de créer une page entreprise sur notre site, avec des photos, des vidéos, une description, le catalogue de leur matériel disponible, la liste des certifications dont elles disposent… Cette page sera liée à une URL spécifique. EAV. Concrètement, comment se passe un échange sur WeFarmUp ? LB. WeFarmUp est une plateforme web qui reprend les codes de l’économie collaborative, dans laquelle les offreurs sont aussi demandeurs. Pour mettre son matériel en location, il faut s’inscrire puis publier une annonce en renseignant différents critères : caractéristiques techniques de l’outil, photo, tarification, s’il s’agit d’une location ou d’une prestation avec l’expert qui va avec… Pour fixer le prix de location, nous proposons un guide de prix. Pour trouver un matériel, il suffit d’en taper les caractéristiques dans un moteur de recherche. La réservation une fois effectuée, le paiement s’effectue en ligne. Le prélèvement n’est réalisé que si la location est acceptée par l’offreur. Et le paiement est stocké jusqu’à la fin de l’échange. Les deux utilisateurs prennent contact pour définir les modalités de l’échange. WeFarmUp envoie des contrats de location, des états des lieux et une attestation d’assurance. Encore plus simple, il est possible d’utiliser une application mobile qui génère le contrat de location, réalise l’état des lieux et fait signer les utilisateurs. Le locataire remet le chèque de caution au propriétaire. Une fois la location terminée, ils réalisent ensemble l’état des lieux de fin de contrat et le propriétaire rend le chèque de caution au locataire. Le propriétaire est alors payé, et chacun des utilisateurs reçoit les factures correspondantes. EAV. Malgré ces précautions, certains craignent de récupérer du matériel dégradé… LB. Effectivement, les principaux freins évoqués sont l’usure du matériel, la casse. Or toutes les locations sans chauffeur effectuées sur WeFarmUp sont assurées par Groupama. Et, en deux ans d’existence, nous n’avons eu à effectuer aucune déclaration de sinistre. En outre, à l’issue de l’échange, l’offreur et le demandeur peuvent s’évaluer. Ils ont donc tout intérêt à ce que l’échange se passe bien. Et c’est ce qu’on constate sur le terrain. Ce sont souvent des gens qui ne se connaissent pas. Donc, l’échange de matériel est un vecteur de rencontre. EAV. Comment gérez-vous les pics de demande de matériel, comme les semoirs lors des semis, les faneuses à la fenaison ? LB. Nous avons voulu vérifier cette affirmation qui dit qu’« on a tous besoin du matériel au même moment ». En partenariat avec Arvalis-Institut du végétal, nous avons effectué un carottage de 30 fermes sur un territoire en région toulousaine, en référençant leur parc matériel et en enregistrant les périodes d’utilisation de chaque outil. Sur ces 30 exploitations, 20 possèdent un semoir monograine. En 2016, lors de la journée où un maximum de semoirs étaient utilisés en même temps, il y en avait six qui tournaient. Ce qui signifie que les 14 autres représentent une réserve de compétitivité inexploitée. En fait, les plages d’intervention sont plus importantes que ce qu’on imagine.

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