Pratique

Barrage agricole de Breisach

La prise en main des crues du Rhin

Publié le 05/06/2018

Créé après la Seconde Guerre mondiale pour relever le niveau de la nappe phréatique, le barrage agricole de Breisach aura une nouvelle mission dans les années à venir : gérer différemment les crues du Rhin. Les travaux débuteront à l’automne prochain.

Le barrage agricole de Breisach a été réalisé par l’Allemagne en 1965. Il appartient au Land de Bade-Wurtemberg qui assure l’ensemble des opérations d’aménagement, d’entretien et d’exploitation. Toutefois, l’utilisation du barrage pour la rétention des crues du Rhin est un projet transfrontalier qui engage les deux pays. Les différents aménagements du fleuve réalisés à partir du XIXe siècle ont permis de développer la navigation, de protéger les populations, les habitations ainsi que les terres cultivables des inondations, d’assurer la production électrique. Mais ils ont également eu pour effet l’augmentation du débit de pointe des crues et une exposition aux inondations plus importante des populations situées à l’aval du Rhin (du côté Allemand, au nord de Strasbourg). « L’objectif est de pouvoir utiliser le barrage de Breisach en tant que retenue d’eau afin d’écrêter les crues du Rhin, expose Marc Lebeau, responsable de l’unité fonctionnelle pour les projets transfrontaliers chez Voies navigables de France (VNF). Jusqu’à présent, c’est le Rhin qui décidait de sa hauteur. Une nouvelle hauteur de retenue d’eau a été décidée, dans le prolongement des premiers accords entre la France et l’Allemagne de 1982. Demain, ce ne sera plus le Rhin qui sera responsable de la hauteur de la retenue du barrage, mais l’homme. Ceci nous permettra d’intervenir à meilleur escient. » Ainsi, 270 millions de m3 d’eau sur le Rhin supérieur entre Bâle et Worms pourront être retenus. En d’autres termes, le barrage agricole Breisach retiendra, pour une crue donnée, plus d’eau qu’auparavant. Côté allemand, cela se concrétise par la mise en place de prises d’eau sur le Rhin pour diriger l’eau vers le polder au sud de Breisach. 77,6 % du volume de rétention sera stocké sur le territoire allemand. Côté français, outre l’eau stockée sur la retenue du barrage, l’île du Rhin, à quelques kilomètres au sud du barrage, sera inondée plus souvent, mais toujours pour des crues importantes du fleuve. Les deux côtés du Rhin mettent en place des solutions correctrices pour supprimer les risques de remontées d’eau dans les sous-sols des communes riveraines en limitant les remontées d’eau phréatique. La principale mesure consiste à mettre en place des puits de pompage destinés à rabattre le niveau de la nappe phréatique. En France, 19 puits de pompages seront mis en place : 10 à Vogelgrun et 9 à Geiswasser. Ces pompes permettront d’éviter l’arrivée d’eau dans 62 caves à Vogelgrun et dans 6 sous-sols de Geiswasser. L’eau pompée sera refoulée principalement dans le Grand Canal d’Alsace. Ces nouvelles installations permettront d’éviter les dégâts causés par les crues dites bicentenalles, survenant en moyenne tous les 200 ans. La dernière date de mai 1999 à Bâle. Quatre puits de pompage seront mis à l’essai en automne 2018. L’installation des 19 pompes et des réseaux d’évacuation des eaux pompées débutera fin 2019-début 2020. Le nouveau réglage du barrage de Breisach permettant de retenir plus d’eau sera testé lorsque les installations des deux côtés du Rhin seront opérationnelles (pas avant 2022). Le coût du projet est estimé, pour la partie des interventions en France, à une vingtaine de millions d’euros, supportée par le Land de Bade-Wurtemberg qui met à disposition de la France les sommes nécessaires aux aménagements sur la rive française.

Association des producteurs d’asperges d’Alsace

Recettes de blogueuses

Publié le 12/05/2018

Trois blogueuses culinaires ont participé au concours de la meilleure recette d’asperges d’Alsace. Et c’est Julie qui l’a emporté avec un risotto d’asperges à la crème d’asperge et asperges grillées, baptisé « Se mettre au vert ».

Samedi 5 mai, l’association des producteurs d’asperges d’Alsace avait invité trois blogueuses culinaires à participer au concours de la meilleure recette d’asperges d’Alsace. Une première. Réunies dans les cuisines du Resto du coin dans le quartier de Neudorf à Strasbourg, elles ont été accueillies par Sylvain Scherer, le chef de l’établissement, son collègue Nicolas Pfirsch, du restaurant Au Cerisier à Westhoffen, Myriam Muesser et Dominique Krafft, de l’agence Musiconair, en charge de la communication sur l’asperge d’Alsace. Le but de ce concours était de la sortir de son image traditionnelle en laissant carte blanche à trois jeunes femmes, trois « influenceuses » du web. Et qu’à travers leurs écrits, elles suscitent la curiosité et l’intérêt d’une clientèle plus jeune pour ce légume qui marque l’arrivée du printemps en Alsace. En récompense de sa participation, la gagnante du concours verra l’adresse de son blog imprimée sur les étiquettes ornant les bottes d’asperges des membres de l’association, ce qui représente une diffusion de l’ordre du million d’exemplaires. La recette gagnante sera quant à elle diffusée via la newsletter adressée aux 24 000 personnes qui constituent le fichier de l’association des producteurs d’asperges d’Alsace. Miss Elka : en tarte fine Âgée de 28 ans, miss Elka - Lucie de son prénom -, tient un blog culinaire depuis trois ans et demi. Un loisir avant tout pour cette passionnée de gastronomie et de nourriture, qui travaille dans le marketing et la communication d’un groupe de restauration. La jeune femme présente sur son blog des recettes, ainsi que des commentaires de restaurants qu’elle a testés. « Je suis Strasbourgeoise, donc je me concentre plutôt sur les restaurants de Strasbourg, où je me rends en client mystère. Je déguste et je paie mon addition. » Miss Elka ne partage que les adresses qu’elle apprécie, c’est ce qui différencie son travail de celui d’un critique gastronomique, qui n’hésitera pas à faire part de ses coups de gueule contre tel ou tel établissement. Lucie participait samedi dernier au concours de la meilleure recette d’asperges d’Alsace, avec deux autres « influenceuses » du web alsacien. Avec sa tarte fine aux asperges, sauce mousseline et jambon Forêt Noire, elle a proposé une version revisitée de la recette traditionnelle alsacienne, plus élaborée dans son dressage pour donner à ce légume de printemps une touche « gastro » résolument contemporaine. Dans son blog comme dans la vie, Miss Elka défend les produits locaux de saison : été comme hiver, elle se ravitaille au marché couvert de Neudorf, à deux pas de chez elle, où elle apprécie la fraîcheur et l’authenticité des produits. Pour sa recette, elle a utilisé les asperges de l’îlot de la Meinau. Sokhna : en version exotique Originaire du Sénégal, qu’elle a quitté à l’âge de 13 ans, Sokhna (prononcez Sorna) a grandi dans le milieu de la restauration. C’est pour passer plus de temps avec sa mère, qui tenait un restaurant de spécialités africaines, qu’elle s’est mise à cuisiner. Elle a entamé un CAP cuisine, qu’elle a mis provisoirement entre parenthèses pour travailler au Café Bâle, sur la place d’Austerlitz à Strasbourg, où elle est en charge des entrées, des salades et des desserts. Il y a trois ans, elle a ouvert son blog, Taste of sun, où elle partage ses recettes mais aussi toutes ses bonnes adresses « lifestyle ». Également présente sur les réseaux sociaux, Sokhna réalise depuis quelques mois des vidéos de cuisine diffusées sur YouTube : ses abonnés peuvent suivre pas à pas les différentes étapes de ses recettes, qui s’inspirent tout à la fois de la cuisine africaine et de la cuisine occidentale. L’utilisation des épices, des ingrédients exotiques et les mélanges sucrés-salés ne lui font pas peur. La preuve ? Dans le cadre du concours, la belle Sénégalaise, âgé de 26 ans, qui aime cuisiner « sain et de saison », a réalisé des asperges aux gambas rôties, beurre passion et mayonnaise à la vanille. Sans dénaturer le produit, elle a osé l’assortir à des saveurs exotiques totalement inhabituelles, et à en faire une association qui a plu au jury, composé de Sylvain Scherer, Nicolas Pfirsch, et Myriam Muesser. Julie : pour se mettre au vert Son premier blog, ouvert il y a sept ans, était consacré aux nouvelles technologies ; le dernier, Les recettes de Julie Gri, ouvert il y a six mois, parle de cuisine. « Au départ, je l’ai créé pour retrouver mes propres recettes car j’aime beaucoup improviser et je ne me souviens pas toujours de ce que j’ai mis dans les plats que je confectionne », explique la jeune femme. Âgée de 29 ans, designer d’applications mobiles de profession, Julie a l’habitude de cuisiner pour ses collègues. Il y a un an, elle a découvert la cuisine végétarienne, ce qui lui a donné envie de partager ses recettes sur le web. « Beaucoup de gens pensent que la cuisine végétarienne se limite aux graines et aux salades. Mais en fait, on peut se nourrir en se faisant plaisir, même quand on a une contrainte alimentaire ». Julie alimente son blog très régulièrement, plusieurs fois par semaine lorsqu’elle a le temps, de même que son compte Instagram où elle poste presque quotidiennement des idées de petits-déjeuners. Originaire de Fegersheim, la jeune femme a travaillé durant cinq ans à Paris avant de revenir en Alsace car la région lui manquait vraiment. Et si l’asperge ne l’inspirait pas plus qu’il ne faut au départ, elle s’est prise au jeu du concours et s’est creusé la tête pour trouver de quoi mettre en valeur ce légume emblématique de la région, en l’interprétant à la mode végétarienne. Sa recette ? Un risotto d’asperges à la crème d’asperge et asperges grillées, baptisé « Se mettre au vert ». Julie l’a imaginé après un brainstorming en famille et l’a testée auprès de sa sœur avant de la soumettre au jury.

Publié le 10/05/2018

Laurent Bessot est un peintre atypique. Il dessine uniquement au vin et à la bière. Il a exposé ses œuvres au Salon des vins de la région de Molsheim.

La bière brune et le pinot noir ont remplacé l’aquarelle et la gouache sur sa palette. Laurent Bessot a abandonné les enduits classiques il y a une dizaine d’années. Il s’est lancé pour fêter la nouvelle stout de son frère, brasseur à Villé. « Je trouvais que c’était un cadeau sympa. » Quelques années plus tard, des amis vignerons l’encouragent à dessiner avec du vin. Miracle, les tons rouges et rosés s’accommodent bien au jaune-brun de la bière. La technique correspond tout à fait au personnage. « Le vignoble, c’est ma marque de fabrique », concède cet amateur de vin. Ainsi, toutes ses planches incluent au moins une référence à l’alcool des coteaux. Ici une voiture tire-bouchon, là une famille de bouchons de liège. D’ailleurs, ses fans le reconnaissent surtout grâce à cette particularité. « Souvent on m’appelle « l’homme aux bouchons » », sourit l’Epfigeois. Mais comment s’y prend-on pour peindre avec une boisson alcoolisée ? Rien de bien sorcier. Il faut cuire le liquide pour éliminer toute l’eau. « On le réduit aux trois-quarts afin de ne conserver que le pigment », explique ce pâtissier de profession. Le tour est joué. Ne reste plus qu’à tremper son pinceau et se lancer sur la toile. Pour obtenir des nuances de couleurs, Laurent applique différentes couches de liquide. D’ailleurs, les vins rouges donnent-ils tous la même couleur ? « Certains sont plus sombres, d’autres presque violets », mais impossible de le prédire avant cuisson, selon l’artiste. Au fait, pourquoi a-t-il choisi le pinot noir et pas un autre cépage ? « Je ne bois que du blanc sec, ça permet d’équilibrer », pouffe-t-il.

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