Le lycée agricole, le Centre de formation des apprentis et le CFPPA d’Obernai ouvraient leurs portes au public samedi 17 mars. Pour présenter leurs formations et leurs projets, qui sont nombreux.
Des moutons sur la pelouse, des poules et des lapins dans les couloirs, des jeunes et leurs parents dans les salles de classe et dans les allées de l’exploitation agricole… Samedi 17 mars, pour sa journée portes ouvertes, le lycée agricole d’Obernai a accueilli un public vraiment très large… Aussi large que l’éventail des formations proposées sur le site : entre le lycée, le CFA (Centre de formation des apprentis) et le CFPPA (Centre de formation et de promotion pour adultes), plus d’une soixantaine de formations différentes s’offrent aux éventuels candidats.
Alors que les futurs lycéens étaient reçus en entretiens personnalisés par l’équipe enseignante, Thierry Girodot, directeur de l’EPL, Sylvie Pagliano, directrice du CFA et du CFPPA, et Gilles Cadieu, proviseur-adjoint du lycée agricole, accompagnés du président de l’EPL, Franck Sander, faisaient le tour de l’établissement, en compagnie d’une poignée d’officiels. Dans la salle des bac pro CGEA, Simone Hentz, professeur d’économie et de gestion, présente cette filière professionnelle, accessible après la 3e, très prisée par les enfants d’agriculteurs qui ne souhaitent pas s’engager dans un cursus long. « Nous proposons deux spécialités : grandes cultures et polyculture-élevage. Il y a un an, on risquait fort de voir disparaître l’une des deux spécialités. Grâce à un appui fort de la profession agricole, nous avons réussi à la maintenir », se réjouit Thierry Girodot. Ce faisant, le directeur de l’EPL attire l’attention sur l’une des spécificités du lycée agricole d’Obernai, dont le quart des effectifs est constitué d’enfants d’agriculteurs. « Au niveau national, c’est 12 à 13 % seulement. »
Des enquêtes aux maquettes
La salle suivante est celle qui accueille les élèves de 3e visant une seconde générale et technologique. Ceux qui choisissent cette filière se voient proposer un « enseignement exploratoire » qu’ils n’ont aucune chance de trouver dans un lycée d’enseignement général, précise Thierry Girodot. « C’est ce qui va leur permettre de mieux comprendre les problématiques du vivant. » Des situations d’apprentissage leur sont proposées en dehors de l’établissement. Ils mènent des enquêtes, réalisent des lectures de paysages et rendent compte de leurs découvertes de diverses manières, comme en témoignent les maquettes présentes dans la salle de classe.
Juste à côté se trouve la salle réservée aux élèves de bac technologique STAV, une filière qui n’existe qu’en lycée agricole. Deux options sont possibles : aménagement et productions agricoles. Le bac technologique est destiné à une poursuite d’études en cycle court, précise le professeur d’aménagement, M. Romanus. Ceux qui choisissent l’option Aménagement et valorisation des paysages sont initiés, à raison de 2 à 3 h de cours par semaine, aux métiers liés à la protection de la nature, de l’eau et de la forêt. « Je fais travailler les élèves sur des projets, des cas concrets », précise l’enseignant en citant l’exemple du sentier pieds nus en projet à Oberhaslach.
Pour la première fois, l’établissement propose un stand d’information pour le CFPPA. Les adultes intéressés par les secteurs de l’agriculture, du paysage, les activités équestres, et l’eau ont le choix entre des formations diplômantes ou des stages courts, précise Sylvie Pagliano. La directrice du CFPPA souhaite également développer les formations sur l’agroécologie et la culture de houblon bio. Et un Certificat de spécialisation (CS) agroéquipement est en préparation, en lien avec le lycée Paul-Émile Victor, avec lequel le lycée agricole d’Obernai entretient plusieurs partenariats.
Le groupe s’engage ensuite dans les locaux du CFA : 400 apprentis y sont accueillis cette année. L’augmentation des effectifs est particulièrement sensible dans les formations de niveau 5, en paysage comme en agriculture, souligne la directrice. L’agriculture, l’agroéquipement, le paysage et les activités équestres sont les principales filières dans lesquelles se forment les apprentis. Le CFA d’Obernai propose notamment un BTS technico-commercial en agrofourniture, un bac pro en agroéquipement « qui fonctionne très bien » et un BTS Gestion de l’eau, accessibles en alternance. Dans le couloir, des banderoles rédigées en français et en allemand témoignent de l’engagement de l’établissement dans la coopération transfrontalière. Les responsables espèrent bien développer le nombre des apprentis transfrontaliers pour qu’il atteigne 10 % des effectifs du CFA.
Une nouvelle serre de 150 m2
Direction le P3E, le pôle d’excellence éducative sur l’eau, inauguré à la rentrée 2016. Dans ce bâtiment flambant neuf sont accueillis aussi bien les étudiants du BTS Gemeau que ceux de l’Engees, l’école d’ingénieurs strasbourgeoise. Philippe Westphal coordonne les activités pédagogiques du site et assure leur développement. Bien que le secteur de l’eau présente une grande variété de métiers, les candidats ne se bousculent pas pour les formations de niveau 3 et 4, constate le coordonnateur.
La visite s’achève sous la nouvelle serre de l’EPL : d’une surface de 150 m2, elle a été pavée par des apprentis du CFA. Elle servira aux stagiaires du CFA et du CFPPA pour des travaux pratiques. « C’est important d’être à la pointe au niveau des installations », souligne Sylvie Pagliano. La serre est équipée d’un système d’arrosage, d’une rempoteuse, auxquels s’ajouteront prochainement des tables de multiplication et de rempotage. Toujours parmi les projets, celui de la chauffer avec de l’eau chaude issue de la station de méthanisation du lycée, pour optimiser les moyens. Une pépinière hors-sol sera également créée dans le but de pouvoir montrer aux stagiaires et aux apprentis l’ensemble des tâches, qu’ils ne peuvent pas toujours découvrir en entreprise.