Pratique

Publié le 08/07/2018

L’Eurométropole, le Port autonome de Strasbourg et Électricité de Strasbourg s’associent autour d’un projet d’implantation d’une activité agricole permettant de valoriser la chaleur de récupération de la centrale à biomasse.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Le projet d’une implantation d’activité agricole ou agroalimentaire chauffée par la chaleur de récupération de la centrale biomasse du Port autonome de Strasbourg illustre à merveille le premier principe de la thermodynamique. Au cours des différentes étapes du process de transformation de la biomasse en électricité et en chaleur, la centrale thermique de cogénération produit de la chaleur sous forme de vapeur qui n’est pas valorisée. Or valoriser cette énergie de récupération est envisageable. Car, à moins de 500 m de la centrale, se situe un terrain disponible d’1,3 ha appartenant au Port autonome de Strasbourg (PAS). Une trop belle opportunité pour ne pas être saisie. « Car l’Eurométropole cherche à créer des cercles vertueux et a pour objectif d’exploiter l’ensemble du potentiel énergétique de son territoire », avance Robert Herrmann, président de l’Eurométropole. Durable, innovant, solidaire « Ce projet croise plusieurs problématiques », constate Jeanne Barseghian, conseillère de l’Eurométropole déléguée à l’économie sociale et solidaire. Il devra avant tout être économiquement viable, pour assurer la longévité de la démarche de valorisation de la chaleur. Car l’Eurométropole s’est engagée dans une démarche volontaire visant à atteindre 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2050 sur son territoire : « Pour y parvenir, il faut utiliser l’ensemble des opportunités », constate Alain Jund, vice-président de l’Eurométropole en charge de la transition énergétique. Ensuite, le terrain présente certaines contraintes (pollution résiduelle, alimentation en eau) qui obligent à une activité agricole de type hors-sol, et devra donner lieu à des innovations, « par exemple en matière de dépollution de friches, d’économie d’eau… », illustre Jeanne Barseghian. L’enjeu c’est donc aussi d’innover en matière d’agriculture urbaine pour « arriver à optimiser un espace contraint sur un territoire où se côtoient d’autres activités économiques, industrielles… » Enfin, il s’agit d’un projet d’économie circulaire et solidaire, qui devra être créateur d’emploi sur le territoire, en particulier pour les personnes en difficultés ou en phase de retour à l’emploi. Mieux, il pourrait même constituer un support pour développer de nouvelles qualifications professionnelles, des parcours de formation, pour aider les demandeurs d’emploi à accéder à de nouveaux métiers. Robert Hermann conclu cette présentation du projet en constatant un changement de paradigme : « Auparavant on cherchait à détruire les déchets, aujourd’hui on cherche à les valoriser ». Ce prototype est amené à essaimer, car il existe d’autres projets de production d’énergie renouvelable et d’agriculture urbaine sur le territoire. Robert Hermann évoque notamment le projet d’unité de cogénération géothermique de Vendenheim qui devrait dégager suffisamment de chaleur pour chauffer jusqu’à 26 000 logements, ou 70 ha de serres agricoles, ou encore une ferme piscicole…

Publié le 07/07/2018

Mercredi 6 juin, une explosion soufflait le toit de Silorins, un silo à fond plat du Comptoir agricole. Quatre personnes étaient blessées, et la coopérative se trouve amputée d’une capacité de stockage de 56 000 t de céréales. Un mois après l’accident, état des lieux avec Denis Fend, directeur du Comptoir agricole.

EAV. Comment se portent aujourd’hui les quatre victimes de l’accident ? Denis Fend. Trois personnes ont regagné leur domicile et Ali est toujours dans un état grave. Nos pensées vont d’abord à lui, qui travaille depuis 20 ans au Comptoir agricole, et à sa famille. Ensuite, je tiens à remercier les salariés qui travaillaient ce jour-là sur le site, dans un autre bâtiment et qui sont intervenus très rapidement pour secourir leurs collègues. Ils les ont aidés à quitter le bâtiment, ont eu les bons gestes et le courage de les prodiguer. EAV. Une enquête a été diligentée pour déterminer les causes de l’accident. Quelles en sont les conclusions ? DF. L’enquête n’est pas encore terminée. Plusieurs scénarios sont envisagés. Mais le plus probable est qu’il y ait eu une interaction entre des opérations de maintenance et des opérations de nettoyage concomitantes mais séparées de plus de 20 m. Avant tous travaux sur les circuits et appareillages, il faut les nettoyer, pour éliminer un maximum de poussière, justement afin de diminuer le risque d’explosion. Et, dans les procédures, il est effectivement stipulé qu’il est interdit de procéder à des opérations de nettoyage à proximité de zones de travaux. Dans le but d’éviter de remuer et soulever des poussières potentiellement inflammables, par exemple par une étincelle générée par des travaux de maintenance. Toute la question est de savoir ce qu’on entend par proximité. Les deux types d’opérations étaient distants de plus de 20 m, qui plus est à des étages différents. Le silo était à l’arrêt, donc il n’y avait plus d’aspiration… Du fait de la distance qui séparait les deux opérations, nos équipes n’ont pas envisagé qu’il pouvait y avoir un danger. Il n’y a pas eu de faute. Mais c’est arrivé quand même, malgré la distance. Nous avons pris la décision qu’il n’y aurait plus d’opération de nettoyage et de maintenance concomitantes sur un même site. Même si c’est logistiquement compliqué à gérer. EAV. Quelles sont les répercussions pratiques de cet accident pour la coopérative ? DF. Nous avons perdu 56 000 t de capacité de stockage. Nous passons donc de 800 000 t à 744 000 t de stockage, soit une baisse de 7 %. C’est donc relativement peu. Et nous allons le gérer en accélérant la cadence de dégagement, si nécessaire. En effet, tout dépendra des rendements, que nous espérons bons, et de l’emblavement dédié au maïs, qui ne cesse de diminuer : - 15 % depuis 2012… Nos besoins de dégagement pour 2018 ne sont donc pas du tout fixés pour le moment. Et, de toute manière, en année « normale », nous collectons de l’ordre de 1 Mt de céréales pour une capacité de stockage de 800 000 t, donc nous travaillons avec un besoin de dégagement structurel, qui sera peut-être juste plus important cette année. Par contre, adossées au silo Silorins, il y avait aussi des installations de séchage qui ne seront pas fonctionnelles cette année. Il faudra donc reporter de la marchandise vers d’autres séchoirs, sur d’autres sites, que ce soit à Strasbourg, Lauterbourg, ou Erstein, ce qui engendrera quelques frais de transport supplémentaires. Enfin, il restait 24 000 t de maïs dans les cellules de Silorins. Cette marchandise est en cours d’échantillonnage pour être requalifiée. En effet, des débris amiantés du toit sont retombés dessus. Cette marchandise n’est plus commercialisable en l’état. Mais, à ce jour, nous ne savons pas encore quelle sera son issue. Nous sommes accompagnés par des experts, par l’administration, notamment la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), et par notre assurance, qui prend en charge les frais engendrés par l’accident, avec une certaine franchise. EAV. Et pour vos adhérents ? DF. Pour nos adhérents il n’y a aucune conséquence. L’accident n’a aucun impact sur la collecte du blé. Et, même pour le maïs, tout fonctionnera comme d’habitude. Nos adhérents pourront continuer à livrer leur marchandise à leur silo habituel. EAV. Que vont devenir les installations endommagées ? D.F.  A priori, elles seront reconstruites. Les installations ne sont qu’à moitié détruites. Et les infrastructures les plus onéreuses à mettre en place, comme la tour de manutention, le silo béton, les séchoirs ne sont pas beaucoup abîmés. Il y a surtout de la charpente à refaire. C’est techniquement faisable pour l’été 2019. Tout dépendra de la durée des travaux de désamiantage, de la validation du projet par l’administration… EAV. Allez-vous profiter de ces travaux pour augmenter vos capacités de stockage, les réorganiser ? DF. Avec 28 cellules différentes, Silorins était déjà un silo qui était bien conçu pour faire de l’allotement. Et, si nous devons augmenter nos capacités de stockage, Strasbourg n’apparaît pas comme la solution la plus stratégique, du fait de l’engorgement du trafic, de l’important bassin de population à proximité… Donc, a priori, la reconstruction se fera à l’identique. Mais ses modalités dépendront de l’expertise finale de l’état des infrastructures, et des assurances.

Publié le 22/06/2018

Le tour des fermes, qui relie sept sites de la Robertsau à la Wantzenau, offre un bon aperçu de l’agriculture périurbaine, telle qu’elle se pratique dans l’Eurométropole de Strasbourg. Pour la découvrir, trois circuits sont proposés dimanche 24 juin.

Située à La Wantzenau, sur le territoire de l’Eurométropole de Strasbourg, la ferme Clauss est l’un des sept sites inclus dans le Tour des fermes 2018. Organisée tous les deux ans, en alternance avec Ferme en ville, cette opération vise à rapprocher les agriculteurs et les citadins et à soutenir la consommation de produits locaux de saison. Anne Clauss s’est installée sur cette exploitation familiale en 2012 : en plus des céréales (50 hectares), elle cultive 5 ha de légumes (dont 2 ares sous tunnel), 2,5 ha de fraises qui s’ajoutent à 5 ha de prairies. La jeune femme a développé la vente directe et les plats cuisinés à partir des légumes produits sur l’exploitation : crudités, soupes, tartes à l’oignon, quiches… Le magasin de vente à la ferme a été récemment agrandi, ce qui lui permet de proposer, en complément de sa propre gamme, de la viande de bœuf et de veau, des laitages, du miel et des vins d’Alsace provenant d’autres fermes. Les nouvelles épiceries Concilier l’agriculture, et plus généralement les activités économiques et les infrastructures de transport, avec une forte densité de population : c’est l’un des challenges auxquels est confrontée l’Eurométropole de Strasbourg. Son président Robert Herrmann rappelle qu’un important travail a déjà été réalisé pour préserver les terres agricoles. Grâce au plan local d’urbanisme, 850 ha ont ainsi été rendus à leur vocation initiale. C’est dans ce contexte d’urbanisation croissante que la Ville de Strasbourg a engagé un partenariat avec la Chambre d’agriculture il y a neuf ans, ajoute Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg en charge de la politique agricole et de circuits courts. Ce partenariat, qui a été reconduit depuis, visait non seulement à « économiser » les terres agricoles, mais aussi à promouvoir une agriculture de proximité et à soutenir une certaine forme d’animation du territoire. Car les fermes établies sur le territoire strasbourgeois et plus largement sur celui de l’Eurométropole ont pour la plupart une activité de vente directe. À ce titre, elles sont devenues « les nouvelles épiceries » des villages de l’Eurométropole. Pour Fabien Metz, membre du bureau de la Chambre d’agriculture d’Alsace, comme pour Denis Clauss, adjoint au maire de La Wantzenau, le Tour des fermes est une excellente occasion pour expliquer aux citadins les différents aspects de la production agricole. Leur faire apprécier le goût des fraises de plein champ, leur expliquer les principales étapes de la production de maïs semence ou de moutarde, les sensibiliser aux efforts faits par la profession pour produire de manière raisonnée ou selon les critères de l’agriculture biologique. Et enfin, leur faire découvrir à quel point les outils numériques sont devenus incontournables pour produire au plus près des besoins des cultures. Pour Vincent Schotter, représentant l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), ce lien entre producteurs et consommateurs est « à travailler tous les jours ».

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