Pratique

Publié le 30/12/2022

C’était l’un des piliers du plan de développement mis en place en juillet 2021 par le nouveau directeur, Hervé Massot. Malgré les turbulences traversées durant l’année 2022, le défi a pu être relevé : Alsace Lait vient de lancer la commercialisation de beurre à sa marque.

Le président d’Alsace Lait, Michel Debes, se souviendra de l’année qui vient de s’écouler. « Une année de folie ! L’invasion de l’Ukraine par la Russie a créé la surprise et déstabilisé les économies occidentales. Aujourd’hui, on évoque même des coupures d’électricité… » Mais pas question de baisser les bras. « À Alsace Lait, nous avons su réagir, nous adapter. » Avec succès : « Nous avons transformé 6 000 tonnes de lait de plus que l’an dernier, nous avons même acheté du lait à nos voisins. » Pour autant, de nombreuses embûches ont parsemé le chemin : « Chaque achat était un véritable casse-tête et le service financier surveillait en permanence l’évolution des coûts de revient pour redéfinir les prix de vente. Puis est venue l’annonce de la flambée du prix de l’énergie en 2023… Nous avons aussi connu une forte pression au niveau des ressources humaines, car il a fallu engager des renforts pour faire face à l’augmentation de la production. » Toutes les équipes se sont investies à 200 % pour relever le défi, a souligné Michel Debes. « Jamais je n’ai vécu une année comme 2022 ! » « Depuis trente ans que je préside la coopérative, jamais je n’ai vécu une année comme 2022. Passer trois hausses de suite dans la même année auprès de la grande distribution, c’est du jamais vu ! » Dès son arrivée, le nouveau directeur, Hervé Massot, a dû faire face à une situation extrêmement compliquée. « Il a démontré sa capacité de leadership naturelle, mettant à profit son expérience extraordinaire. » Et malgré les circonstances exceptionnelles, il a mis sur les rails le plan de développement qu’il avait annoncé à son arrivée : « Nous vous avions promis du beurre Alsace Lait pour Noël, on en trouve déjà dans certains magasins. » Certes, a concédé Michel Debes, Alsace Lait n’a rien inventé : la laiterie de Haguenau, l’une des cinq composantes d’Alsace Lait, en fabriquait encore il y a cinquante ans. Nul doute que les consommateurs alsaciens seront heureux de retrouver un produit auquel ils étaient très attachés…     Par ailleurs, un nouveau directeur général, Laurent Roux, vient d’être embauché à Savoie Yaourt. « Nous misons sur un développement important en 2023 », annonce Michel Debes. L’usine devrait doubler son personnel de conditionnement. Au Canada, la maison Riviera, où Alsace Lait est désormais majoritaire, a connu quelques turbulences. « Nous avons mis un terme au contrat de Frédéric Madon qui en avait pris la direction. » En attendant le recrutement d’un nouveau directeur de site, c’est Hervé Massot qui a repris les rênes de l’usine québécoise. Avec, à la clé, un mois de travail intense et de nombreux déplacements pour faire le point. « La maison Riviera est une belle endormie qu’il va falloir stimuler », estime Michel Debes. Des changements en profondeur vont intervenir dans les mois à venir, a confirmé Hervé Massot. « Notre volonté est de développer les gammes de produits ultra-frais et de produits vegan. La maison Riviera est devenue rapidement leader de ce segment au Canada, avec 45 % de parts de marché, devant Danone. » Son expertise pourrait être une source d’inspiration pour l’Alsace, avec des produits à base de lait d’avoine made in Elsass, a-t-il indiqué. De nouveaux produits bientôt dans les rayons « J’avais prédit une année 2022 pleine de challenges, a poursuivi le directeur. Toutes mes prévisions ont été largement dépassées… » Les perspectives pour 2023 restent incertaines. « Piloter l’entreprise sans grande visibilité nécessite de réagir rapidement, et parfois de faire confiance à nos intuitions. » Le lancement du beurre Alsace Lait est la preuve de la pertinence de cette stratégie. « Nous allons bientôt lancer les yaourts crémeux Alsace Lait fabriqués en Alsace, et mettre un pied dans le salé avec des produits à base de fromage blanc, notre spécialité. » Conclusion de Michel Debes : « De grands chantiers s’ouvrent à nous en 2023. Les investissements sont programmés pour lancer ces nouveaux produits. Nous disposerons alors d’une usine performante pour faire ensemble des produits d’excellence dans de bonnes conditions. »

Ma Ville, mon Maire

Rosheim, une ville pleine de vie

Publié le 29/12/2022

Fière de son histoire et de son patrimoine, Rosheim n’est pas figée dans le passé. Au contraire, c’est une ville dynamique. Il suffit de se promener dans l’artère principale pour s’en rendre compte. Ce n’est pas Michel Herr, maire de la ville depuis 2008, qui dira le contraire… La vigne et la forêt occupent une place de choix dans cette commune très attractive.

« Rosheim a une qualité de vie très agréable et une infrastructure routière et ferroviaire remarquable, ce qui explique son attractivité », souligne le maire. Conséquence logique, sa démographie est en constante augmentation depuis quelques années. « Nous nous situons dans la deuxième couronne urbaine de Strasbourg, après les communes de l’Eurométropole. Le commerce de proximité est très présent, le bassin est riche en emplois, et les enfants peuvent être scolarisés sur place de la maternelle à la troisième, avec la possibilité d’inscrire l’enfant au périscolaire. Nous abritons l’un des plus gros collèges du Bas-Rhin, avec 650 élèves. » Seul bémol, la courbe démographique des enfants est en baisse : les jeunes couples ont du mal à s’installer à Rosheim, en raison des prix de l’immobilier. Le tissu associatif est très dense : la ville en compte une soixantaine. « C’est la dynamique de la commune. Les jeunes et les moins jeunes peuvent pratiquer toutes sortes d’activités sportives et culturelles. Et le programme des manifestations est très riche. » La vigne, une place de choix Avec 300 ha, la vigne occupe une place de choix sur le ban communal. « La vigne, c’est notre richesse. Même si de nombreux vignerons de Rosenwiller cultivent des parcelles sur notre ban. » Un petit regret : « Nous n’avons pas de grand cru. Mais nous avons la chance d’avoir huit familles qui mettent leurs vins en bouteille » : Sophie Kumpf Meyer et ses vins nature, Jean-Pierre Schmitt, Yves et Christine Affolter, Philippe Kirrmann, Christophe Maetz, Jean-Marc Dreyer, Xavier et Marie-Marthe Maetz, sans oublier Hubert Maetz, le chef du restaurant Rosenmeer. Trois autres familles vivent de la viticulture, en tant qu’apporteurs de raisins. Des agriculteurs, par contre, la commune n’en compte plus depuis le décès d’André Fischer, un maïsiculteur à la pointe de la technologie. « L’agriculture a toute sa place. Il est de plus en plus difficile de rendre constructibles les espaces agricoles, et c’est tant mieux. » La forêt est l’autre atout de la ville à la rose. « Nous possédons la deuxième plus grande forêt communale du département, après Haguenau. » Ses 1 600 ha sont entièrement situés sur le ban communal, avec une belle mixité de feuillus et de résineux. « Sur la partie basse de la forêt, à environ 300 m d’altitude, on trouve des chênes remarquables. » C’est l’ONF qui s’occupe de la gestion de ce patrimoine forestier. « Trois jeunes bûcherons et un apprenti, amoureux de leur métier, y travaillent en permanence. Ils connaissent notre forêt et la respectent. Ils travaillent à nos côtés pour l’améliorer et la régénérer. Ensemble, nous orientons le plan de coupe de l’ONF. » Une coupe de 10 000 m3/an, en fonction de l’accroissement de la forêt. « Le bois est une source de revenus appréciable pour la commune. Nous avons même installé une chaufferie au bois en 2007. Pendant dix ans, nous fabriquions nous-mêmes nos plaquettes avec les résidus de la forêt communale. Mais la qualité hygrométrique de ces plaquettes n’était pas à la hauteur de nos attentes et depuis lors, nous les achetons à Sélestat. »     Un Espace naturel sensible à Rosheim Rosheim, comme les communes voisines de Bischoffsheim et de Boersch, fait partie d’un espace naturel sensible, l’ENS du Bischenberg. « Chaque fois qu’un terrain est vendu, il est préempté et loué par les collectivités à des particuliers, à un prix modique pour préserver les arbres fruitiers. Elles accordent également une subvention de 45 € par plantation. Et cela marche très bien ! Entre 2018 et 2019, 2 500 arbres fruitiers ont été plantés dans les neuf communes environnantes. Pour l’instant, nous n’avons pas de débouchés pour ces fruits, mais Bischoffsheim y travaille », explique Michel Herr.  

Publié le 23/12/2022

L’année 2022 sera la plus chaude jamais observée en Alsace depuis le début des relevés météo fiables en 1924. Elle détrône ainsi… 2018 et 2020 avec un excédent annuel de +2 °C par rapport à la moyenne. Une rétrospective de Christophe Mertz, notre partenaire météo d'Atmo-Risk.

Plus de 90 % de l’année s’est déroulée sous des températures au-dessus des normales de saison, et de nouveaux records de chaleurs ont été battus. Une nouvelle année qui vient confirmer les tendances climatiques en cours, entre chaleur omniprésente, froid de plus en plus rare, et sécheresse estivale… L’hiver 2021-2022 est inexistant. Le gel est rare et le mois de février 2022 connaît déjà un très fort excédent de douceur. Après une période de gel début mars, localement assez marqué (- 8 °C à Meyenheim le 8 mars et - 5,5 °C à Entzheim le 9, soit la température la plus basse depuis le 1er janvier), une première flambée de douceur a lieu en fin de mois avec plus de 23 °C le 28 mars. Le mois d’avril est à nouveau marqué par des gelées tardives, parfois marquées. Ainsi, on relève - 4,9 °C à Entzheim le 4 avril. Les dégâts agricoles sont heureusement une nouvelle fois plutôt limités en Alsace, relativement épargnée par rapport à d’autres régions comme la Normandie, la Champagne, la Bourgogne ou même le Languedoc, où les pertes sont parfois très importantes. Un été au sec La chaleur et la sécheresse s’installent dès le mois de mai. Il fait 34,6 °C le 20 mai, ce qui représente un nouveau record absolu de chaleur pour un mois de mai en Alsace. Logiquement, il s’agit du mois de mai le plus chaud jamais observé, avec une température maximale moyenne de 24,9 °C, digne d’un mois de juillet normal. La pluie se fait rare, il ne tombe que 10 à 20 mm en général. En juin, la chaleur reste omniprésente, le temps est souvent lourd et orageux. On bat à nouveau des records de chaleur absolus pour un mois de juin, avec 37,7 °C mesurés le 20 juin. Le soir du 26, de violents orages éclatent sur la région. Ils provoquent l’une des plus violentes chutes de grêle en Alsace depuis une bonne dizaine d’années. Plus de 50 communes, notamment dans le Bas-Rhin, sont impactées par des grêlons de 3 à 7 cm de diamètre. Duppigheim, Geispolsheim ou encore Innenheim sont les plus dévastées, avec de gros dégâts sur les véhicules, les toitures et la végétation. Le vignoble est localement touché. En juillet, la canicule s’installe. On bat, pour le troisième mois consécutif, le record mensuel absolu de chaleur, avec 38,4 °C le 19 juillet. C’est du jamais vu. La moyenne des températures maximales dépasse 29 °C, soit des valeurs dignes de Barcelone ou de Naples. Dans le même temps, il ne tombe pas une seule goutte pendant plus de 20 jours consécutifs, et parfois sur la quasi-totalité du mois, hormis de très rares orages le 20 juillet. Le mois d’août est caniculaire. C’est le second mois d’août le plus chaud derrière 2003. On relève jusqu’à 38 °C en début de mois tandis qu’aucune pluie significative ne tombe avant le 15 août. La plupart des cours d’eau connaissent à nouveau des étiages exceptionnels, parfois les pires jamais connus. Le mois d’août 2022 termine avec un excédent faramineux de +5 °C par rapport à la normale. La moyenne des températures maximales, supérieure à 30 °C, est digne de Valence ou Séville. Ainsi, l’Alsace vient de connaître un été, qui, dans le climat non réchauffé du XXe siècle, était digne de l’Andalousie ou de la Sicile. Le mois de septembre, même s’il débute sous une forte chaleur, permet de retrouver des conditions plus normales pour notre région et la saison. De plus, les pluies sont de retour et permettent une lente amélioration sur les déficits hydriques. Le mois d’octobre ressemble quant à lui à une fin d’été. Les orages sont de retour, et parfois spectaculaires. Des tornades se produisent dans le nord du pays mais épargnent l’Alsace. Les températures dépassent encore régulièrement les 25 °C quasiment jusqu’à la Toussaint. Ainsi, il fait encore 27 °C à Meyenheim le 28 octobre et 26 °C le 29, soit les jours de chaleur les plus tardifs observés à ce jour. Noël tout doux Le gel quant à lui, attendra début décembre pour se généraliser. C’est là aussi les dates d’apparition du gel les plus tardives jamais observées à ce jour. Viennent alors une dizaine de jours froids. Grâce à quelques centimètres de neige au sol, les températures baissent parfois jusqu’à -15 °C du côté de Gresswiller, Gougenheim ou Sainte-Croix-aux-Mines. Il faut alors remonter à décembre 2010 pour retrouver des conditions aussi froides à cette période de l’année. Dans l’ensemble, ces températures n’avaient plus été mesurées depuis 2012 ou très localement en février 2018 et 2021. Cette période froide sera d’ailleurs rapidement effacée par le fort redoux de Noël.    

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