Pratique

Inauguration du plus grand show de fruits et légumes de France

Une belle brochette d’officiels

Publié le 03/10/2022

Vendredi 23 septembre, les scolaires ont laissé la place aux personnalités qui se sont réunies pour l’inauguration officielle de ce show végétal.

Vendredi 23 septembre à 16 h, les derniers élèves quittent le site du plus grand show de fruits et légumes de France, en rang deux par deux, gilets fluorescents sur le dos, et cerveaux bien remplis d’informations de première fraîcheur sur les fruits et légumes. Ils sont remplacés par un gratin d’officiels. Face à un parterre attentif, Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), sert l’apéritif en saluant toutes les personnalités présentes, en détaillant le programme des festivités, et en remerciant tous ceux qui se sont engagés pour faire de cet événement une réussite. Pour les hors-d’œuvre, place à Thibaud Philippe, maire d’Illkirch-Graffenstaden, qui a souligné que le terrain qui accueille le show a failli être bâti mais qu’entre-temps « il y a eu un changement de paradigme », et que « sa vocation nourricière au bénéfice des habitants a finalement été préservée ». Doris Élisabeth Ternoy, conseillère eurométropolitaine en charge de la politique agricole métropolitaine et des circuits courts, a poursuivi avec le potage, soulignant que l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) a à cœur d’accélérer la transition de sa politique agricole, en partenariat avec le monde agricole. Elle a salué un événement qui permet de « donner une information éclairée sur la consommation de produits locaux, bio et de saison ». Elle a rappelé la place de l’agriculture dans l’EMS - 435 entreprises, un tiers du territoire - et les défis que la municipalité entend relever : « développer une agriculture nourricière sur ses terres afin de fournir une alimentation locale et de qualité à ses habitants, ce qui passe par la préservation des espèces agricoles et une attention particulière portée aux jeunes afin de leur donner envie d’aller vers les métiers de l’agriculture. » Denis Nass, président de la Chambre d’agriculture Alsace (CAA), a envoyé l’entrée froide : « Les fruits et légumes constituent des richesses et des atouts pour le territoire et les consommateurs. Ils contribuent à l’économie locale, à la diversité des paysages, à l’emploi local… » Il a rappelé les difficultés à travailler avec le vivant, d’autant plus à l’heure du changement climatique : « L’accès à l’eau est une nécessité. La grêle peut détruire le travail d’une année… » Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), poursuit avec l’entrée chaude, avançant que la CEA contribue à la valorisation « fondamentale du métier d’agriculteur, alors que la garantie de l’accès aux terres nourricières n’est pas acquise et que l’augmentation du coût de l’énergie met en péril des exploitations… » Il s’est félicité de la bonne dynamique des marques régionales, soulignant que l’Alsace est un territoire où la consommation locale est particulièrement bien ancrée. Une interprofession modèle Philippe Mangin, vice-président de la Région Grand Est, poursuit la valse. En sa qualité de premier plat, il a salué « la force de l’interprofession, créée il y a 18 ans, un modèle d’organisation qui regroupe tous les maillons de la filière, des producteurs à la distribution, et qui constitue une vraie réussite ». En effet, si Egalim 1 et 2 étaient nécessaires, « le législateur ne pourra pas tout faire, et rien ne remplace l’organisation d’une filière », estime le responsable régional de l’agriculture, de la bioéconomie, de la viticulture et de la forêt, qui souhaite donc que le modèle de l’Ifla soit étendu à d’autres filières. Anne Sander enchaîne en proposant un second plat, aux saveurs européennes. Elle a rappelé que les fruits et légumes occupent une place à part dans la politique agricole européenne. Elle a mis en avant le programme européen « Fruits et légumes à l’école », regrettant qu’en France il soit devenu « une usine à gaz ». La députée européenne a également plaidé pour une transition agricole progressive, intelligente, et soutenue par des investissements à la hauteur des défis et des enjeux. Les partenaires de l’Ifla tombent à pic pour alléger un peu le menu. Camille Sedira, nouvelle Miss Alsace, et égérie des fruits et légumes d’Alsace, s’est dite ravie de représenter la région et notamment les fruits et légumes d’Alsace. « J’ai à cœur de mettre en avant le fait que l’alimentation contribue à la santé et au bien être », a-t-elle déclaré. Le champion de paracyclisme Joseph Fritsch, a partagé tout son plaisir d’être associé à cet événement, et de pouvoir bénéficier du soutien de l’interprofession dans son projet de participer aux Jeux paralympiques à Paris en 2024. À l’image du plateau de fromages, la préfète de la région Grand Est, Josiane Chevalier, annonce le début de la fin des agapes. Impressionnée par la dimension du show, le défi logistique qu’il a représenté, elle a tenu à redire son admiration et son respect pour les agriculteurs, « meilleurs défenseurs de la nature ». Fabien Digel, directeur de l’Ifla, s’est emparé de la fonction d’entremets pour entraîner les petits farcis aux discours vers la visite du site. La « caravane gourmande », alias le food truck de la CEA, fait office de dessert. Le chapiteau européen, inauguré par Anne Sander, de fruits frais. En guise de café, une photo de groupe devant la pyramide de fruits et légumes. Et pour le digestif, censé faciliter la digestion, l’inauguration s’est terminée par des signatures de contrats de filières : pour la truffe d’automne, et pour la filière fruits et légumes.

Publié le 28/09/2022

La base de Niess, à Hoffen, a ouvert ses portes le week-end passé : une première depuis 2020 et depuis l’entrée de Niess dans le groupe Ackermann. Preuve que la manifestation était attendue, 1 500 personnes s’y sont pressées. Les agriculteurs en ont profité pour découvrir les nouveautés : le matériel de fenaison Kuhn et SIP, les pulvérisateurs Chabas et le tracteur de toute dernière génération New Holland T7 HD, entre autres.

« Depuis 2020, ce sont les premières portes ouvertes de Niess, sur le site historique de Hoffen, dans le Bas-Rhin. Nous avions participé aux Trois jours du vignoble, à Dambach-la-Ville, et nous avions hâte d’accueillir nos clients et leurs familles ici », résume Justine Rioult, responsable marketing et communication du groupe Ackermann, qui a acquis Niess, fin janvier 2020, juste avant la crise sanitaire liée au Covid-19. 1 500 personnes ont répondu à l’appel : le samedi 24 septembre, surtout des agriculteurs déjà clients, pour des démonstrations techniques, et le dimanche 25, la sortie était familiale. Une grande partie des fournisseurs étaient présents pour l’occasion, d’APV à Rolland, en passant par Amazone et Kverneland, pour ne citer qu’eux. Le tout dernier tracteur New Holland T7 HD était présenté : « forte puissance, cabine silencieuse, confortable », énumère Olivier Meintzer, responsable commercial pour Niess agriculture. Mais les nouveautés les plus marquantes de 2022 sont les suivantes : le matériel de fenaison Kuhn et SIP, et les pulvérisateurs Chabas. « C’est un gros changement pour nous d’avoir rentré la marque Kuhn. On a commencé en décembre 2021, avec les outils de travail du sol, et depuis septembre 2022, nous avons tout ce qu’il faut pour la fenaison. La deuxième nouvelle marque qu’on distribue est SIP ; du matériel de fenaison haut de gamme, robuste, pour du travail intensif, qui vient de Slovénie. Nous avons l’exclusivité dans le Bas-Rhin. Faucheuse, groupe de fauche, faneur, andaineur : nous proposons tout le nécessaire pour l’herbe », énumère Olivier Meintzer.     Développer l’offre en matériel arbo’et houblon SIP est encore peu connue ici, mais la marque, privilégiée par les ETA et les Cuma, se développe rapidement en France depuis cinq ans. La troisième grande nouveauté chez Niess, est la marque Chabas. « Chabas est un nouveau constructeur français, spécialisé en arboriculture et en houblon. Nous vendons ses pulvérisateurs, avec l’ambition de progresser sur ces marchés-là », précise le responsable commercial pour Niess agriculture. Le semoir à maïs Horsch Maestro, en démonstration au printemps dernier, ainsi que l’épandeur à engrais porté ZA-TS d’Amazone étaient aussi exposés. « Le ZA-TS à entraînement des aubes d’épandage hydraulique permet plus de précision sur les coupures de tronçon », relève Olivier Meintzer. Des offres spéciales avaient cours durant ces deux jours, notamment pour fêter le réaménagement du magasin de Hoffen au concept Promodis P2. « Tous nos magasins sont aménagés sur le même modèle maintenant : celui de notre centrale d’achat. C’est cohérent », remarque Justine Rioult, ajoutant que Philippe Ackermann est président de Promodis, depuis cette année. De nombreuses animations ont rythmé le dimanche : apéro-concert de musique traditionnelle alsacienne avec la cave de Cleebourg, restauration assurée par les Jeunes Agriculteurs du canton de Soultz-sous-Forêts, jeux pour les enfants, vol captif en montgolfière et tombola… avec un vol en montgolfière libre à la clé ! De quoi ravir les passionnés de toutes les machines ; les volantes, aussi.    

Marché des céréales

L’incertitude domine

Publié le 15/09/2022

Sécheresse, guerre en Ukraine, crainte de récession, prix de l’énergie… Les facteurs d’évolution du marché des céréales sont nombreux, et incontrôlables. Résultat : c’est l’incertitude qui règne quant à l’évolution du marché des céréales, actuellement particulièrement haut.

La sécheresse qui a sévi en Europe de l’ouest va inévitablement avoir un impact sur les volumes de maïs récoltés, attendus en baisse. Par conséquent : « L’Europe va devoir importer davantage de maïs », pose Antoine Wuchner, responsable d’Eurépi, la filiale dédiée à la commercialisation des céréales collectées par le Comptoir agricole. La question est : d’où va venir ce maïs ? En effet, la récolte ukrainienne est, elle, impactée par le conflit en cours sur son sol. À 40 millions de tonnes (Mt) l’an dernier, elle est estimée à 28 Mt cette année. Ces derniers temps, les céréales ukrainiennes s’exportent mieux, grâce à la mise en place de corridors pour les transporter. « Mais pour combien de temps ? La situation est instable. Cela risque de ne pas durer », prévient l’expert des marchés agricoles. Les cours du maïs à des niveaux inconnus depuis des années De l’autre côté de l’Atlantique, le 12 septembre, le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a revu sensiblement à la baisse son estimation de la récolte annuelle de maïs aux États-Unis. Une annonce qui a porté les cours à leur plus haut niveau depuis fin juin. L’USDA prévoit désormais une production de 354 Mt contre 364 dans son dernier rapport, publié en août. Cette contraction est attribuable à une baisse des rendements, ainsi qu’à la réduction des surfaces récoltées. Une partie des régions de production de cette culture a en effet été gravement touchée par la sécheresse qui frappe l’ouest du pays depuis plusieurs mois. Cette annonce a fait baisser les perspectives de stocks, ce qui constitue un élément de soutien des cours. Du coup, après la publication du rapport, le cours du maïs pour livraison en décembre a frôlé le seuil symbolique des 7 dollars le boisseau (environ 25 kg), qu’il n’a plus dépassé depuis le 23 juin. Face au maïs, il y a le blé, dont les récoltes ont été bonnes, notamment en Russie, et s’annoncent bonnes aussi en Argentine. Sur les marchés, on assiste à un vrai bras de fer entre les fondamentaux du blé et du maïs et les aspects liés à la géopolitique et la macréconomie, décrit Antoine Wuchner. En Alsace s’ajoutent à ces paramètres ceux de la navigabilité du Rhin et de la disponibilité du fret. « Nos clients peinent parfois à trouver des bateaux », pointe Antoine Wuchner. Les vendeurs se trouvent donc dans une situation délicate : « La demande est là, moindre certes, mais on a du mal à trouver acheteurs pour nos maïs car le transport est redevenu cher ». L’évolution de la situation est donc étroitement liée à la disponibilité des autres origines, notamment ukrainienne, et vers quels pays elles vont aller en priorité. Autre conséquence de ces difficultés de fret et de la précocité de la récolte : il reste des céréales de la campagne 21 dans les silos alors que la récolte 22 de maïs arrive. « Certains ont recours aux camions pour faire exécuter les contrats, établis à l’époque à des prix inférieurs à ceux que nous connaissons actuellement », rapporte Antoine Wuchner. Le risque de récession comme principal élément baissier des cours Les producteurs, eux, se trouvent confrontés à des coûts de production déjà élevés, et qui pourraient encore s’alourdir avec les frais de séchage dans un contexte d’énergie chère. Antoine Wuchner se veut rassurant : « Si le rendement est correct, ils vont s’y retrouver ». Le pire des scénarios serait que les marchés s’effondrent et que cette récolte, qui a été chère à produire, ne puisse pas être bien valorisée. « Je ne pense pas que les marchés se retournent brusquement car la situation géopolitique est et reste tendue. Tant que la crise ukrainienne ne s’améliore pas, il n’y a aucune raison que les prix baissent. Le principal élément baissier actuellement, c’est le risque de récession, que l’on sent venir dans certains secteurs d’activité, qui se traduirait par une baisse de la consommation, donc de la demande en céréales, avec un effet immédiat sur l’évolution des prix. » Peuvent il s’envoler encore plus haut ? « Tout est possible. Il faudrait des éléments nouveaux, comme un frein aux exportations ukrainiennes de maïs sur l’Europe. Tous les regards vont dès maintenant se tourner vers les conditions de semis des céréales d’hiver dans l’hémisphère nord et les conditions de récolte dans l’hémisphère sud : la campagne de vente est donc entre très longue, ce qui impose un grand professionnalisme et une grande prudence à tous les metteurs en marché », conclut Antoine Wuchner.

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