Huilerie Oléa à Wittisheim
De l’huile pour sauver les noyers
Huilerie Oléa à Wittisheim
Publié le 12/12/2022
Installée à Wittisheim, en Centre Alsace, l’huilerie Oléa a été fondée il y a 14 ans par l’association des arboriculteurs locale. Elle élabore des huiles vierges à partir de fruits et de graines oléagineuses et propose des prestations de pressage pour les particuliers. Sa spécialité, c’est l’huile de noix.
« Les noyers sont très abondants dans la région, explique Francis Singler, président de l’association des arboriculteurs de Wittisheim. Aussi les membres de notre association avaient-ils fabriqué une presse à huile artisanale pour faire de l’huile de noix. La demande était de plus en plus forte, et ils n’arrivaient plus à suivre. Je leur ai proposé de monter un atelier avec du matériel plus performant. » La commune a mis les locaux à leur disposition, ce qui leur a permis de se lancer dans l’aventure. « Un membre de l’association nous a mis en relation avec la fondation RTE, qui soutient des projets d’intérêt général contribuant au développement économique, social et solidaire des territoires ruraux. Notre dossier a été retenu et le budget a pu être bouclé avec l’aide du Département et de la Région, mais aussi du Crédit Mutuel. » Francis Singler étant président de la Caisse Ried Centre Alsace et du district de Sélestat, il a trouvé une oreille attentive auprès de ses collègues… « Notre objectif, c’était d’éviter que les noyers en bout de champ ne soient coupés, faute de débouchés pour les noix, explique-t-il. Notre démarche a tout de suite trouvé un écho favorable auprès de nos concitoyens qui avaient ainsi la possibilité de valoriser leur production de noix. » Depuis, l’huilerie Oléa s’est diversifiée : « Nous pressons des graines de tournesol et de colza produites en Alsace, des noisettes du Lot, et même du sésame de Centre Afrique. Nous avons mis en place un partenariat avec une association locale de femmes qui nous approvisionne régulièrement en graines - là-bas, ils peuvent faire jusqu’à trois récoltes par an ! » Bientôt de l’huile de cameline La dernière-née, pas encore commercialisée, est l’huile de cameline, une plante dont les graines fournissent une huile au taux d’acides gras oméga-3 très élevé et utilisée en cuisine, en cosmétique, en combustible, dans la fabrication du savon noir, etc. « La ferme Schwab de Wittisheim s’est lancée dans l’aventure à nos côtés. Les graines sont en train de reposer, nous les presserons prochainement. » « Nous travaillons par campagne, car chaque huile nécessite des réglages spécifiques au niveau de la chauffe, des buses et des toiles de filtration. La campagne de pressage de l’huile de noix vient de démarrer, début décembre, et s’étale jusqu’à fin mars. » 25 kg de noix donnent 10 kg de cerneaux, qui correspondent à 5 litres d’huile brute, précise Francis Singler. « Les particuliers peuvent nous apporter leurs cerneaux aux horaires d’ouverture de la boutique, ainsi que le mercredi matin. » À charge pour eux d’ouvrir les noix qu’ils récoltent et de les livrer en seau ou en carton. Ils peuvent ensuite récupérer leur propre huile quelques semaines plus tard. L’huile est extraite par première pression à froid. « Nous broyons grossièrement les cerneaux de noix avant de les placer dans les entonnoirs. » Une vis sans fin vient chercher le broyat pour la diriger vers la tête de chauffe. L’huile brute est extraite puis dirigée vers le filtre à plaques pour lui donner sa brillance. « Ce type de filtration permet de conserver les cires de l’huile qui sont des vecteurs de goût. » À l’autre bout de la presse, les tourteaux de noix, une fois chauffés et pressés, ressortent sous forme de longs spaghettis. Ces pellets peuvent être transformés en farine qui peut aromatiser de la farine de blé, pour une utilisation en pâtisserie. L’association compte une cinquantaine de membres. Elle a aussi un rôle pédagogique, souligne Francis Singler. « Nous aidons les nuciculteurs à soigner les noyers infestés par la mouche du brou qui réduit d’un tiers le rendement. »












