Pratique

Publié le 20/11/2018

En consacrant une table ronde au couple « agriculture-urbanisme » et aux moyens de le réinventer, le syndicat mixte du Scotan a posé la question de la cohabitation entre l’agriculture et les autres activités consommatrices de foncier. Les élus en sont les arbitres.

« Comment réinventer le couple agriculture-urbanisme ? » Tel était le thème de la deuxième table ronde organisée dans le cadre de la matinée du Scotan, le 13 octobre à Walbourg (lire en page 6 de notre n° 43 du 26 octobre 2018). Des élus, des représentants du monde agricole et des acteurs de l’aménagement du territoire se sont penchés sur cette question, en partant du constat que de plus en plus de projets agricoles rencontrent une opposition dans leurs villages d’implantation. Les problèmes d’odeurs, de circulation, les risques de pollution éventuelle sont les arguments le plus souvent mis en avant par les opposants, quand ce n’est pas l’opportunité même du projet qui est remise en cause. La profession agricole n’est pas insensible à ces critiques. L’intégration paysagère des bâtiments d’élevage et le respect des distances par rapport aux habitations sont des points sur lesquels les services de la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA) sont particulièrement attentifs, souligne son premier vice-président, Denis Ramspacher. La concertation comme préalable La diversification des activités est un facteur de pérennité pour de nombreuses exploitations. La méthanisation répond à cet objectif. La CAA, après avoir identifié les sites susceptibles d’accueillir des unités de méthanisation, a réussi à fédérer 15 agriculteurs autour d’un projet à Wittersheim, indique Régis Huss, son directeur adjoint. Pour s’engager dans cette « aventure collective », il a fallu prendre en compte l’« acceptabilité » du projet. Ne pas s’en soucier aurait exposé les participants à un échec, tel qu’en ont vécu d’autres porteurs de projets similaires dans le département. La CAA a donc fait appel à un cabinet d’études spécialisé. L’objectif : gérer la concertation autour de ce projet. Selon les recommandations des experts, des tracts ont été distribués dans les communes environnantes et un site internet a été créé, pour informer sur l’avancement du projet. Les habitants ont la possibilité de s’exprimer à travers des contacts à distance réguliers mais le cabinet d’études a dissuadé les porteurs du projet d’organiser des réunions publiques, ce qui aurait été la meilleure manière d’être immédiatement cloués au pilori. Cette stratégie et les réponses apportées aux habitants par d’autres que les agriculteurs concernés ont abouti à ce que le projet de Wittersheim se développe « sans souci majeur par rapport à son implantation », indique Régis Huss. Si les agriculteurs perçoivent bien les attentes de la société, encore faut-il qu’ils prennent du recul par rapport à certaines d’entre elles, estime pour sa part Didier Braun, éleveur laitier à Hoffen, commune dont il est aussi le maire. « Les demandes de la société sont très larges et parfois, on y trouve tout et son contraire. » Pour répondre à l’attrait du végétal, la laiterie Alsace Lait a lancé un lait de pâturage. Les éleveurs qui avaient le foncier adapté ont adhéré à la démarche. Ceux qui n’ont pas les surfaces disponibles à proximité de la ferme ne pourront le faire qu’à condition qu’un remembrement ait lieu. D’où l’appel lancé par Didier Braun aux élus : « Vous devrez vous engager avec les agriculteurs pour répondre à ces attentes ». Influer sur les choix En élaborant les documents d’urbanisme, les élus locaux veillent à ménager l’équilibre entre aménagement du territoire et activités agricoles, souligne Jean-Lucien Netzer, maire de Bischwiller et premier vice-président de la communauté d’agglomération de Haguenau. Dans le cadre de l’élaboration du PLUI (plan local d’urbanisme intercommunal) par exemple, les objectifs sont discutés et partagés avec la CAA, dit-il. Et lorsque lui sont soumises des demandes de sortie d’exploitation, c’est aussi vers la Chambre d’agriculture que se tourne l’élu pour avoir un avis, lui qui reconnaît ne pas être « un spécialiste ». Les collectivités devraient servir d’« interface entre producteurs et consommateurs », estime Régis Huss, et ceci aussi bien dans le domaine de l’énergie que de l’alimentation. Ils pourraient ainsi influer sur les choix alimentaires ou énergétiques de la population. C’est déjà le cas dans les cantines des collèges, où une partie de l’approvisionnement est composée de produits locaux, voire bios, témoigne Isabelle Dollinger, vice-présidente du Conseil départemental du Bas-Rhin, qui souhaiterait étendre cette politique aux Ephad et aux maisons de retraite. « Vous avez le pouvoir d’orienter et d’accompagner notre agriculture », lance Marc Moser aux élus présents. L’élu de la CAA insiste sur l’enjeu que constitue le renouvellement des chefs d’exploitation : dans les 20 ans qui viennent, nombre d’entre eux vont partir à la retraite. Soutenir les jeunes qui s’installent, surtout s’ils sont formés et pratiquent une agriculture diversifiée, lui apparaît comme une nécessité. Les communes, qui sont propriétaires de surfaces foncières, devront établir des priorités en ce sens, juge Marc Moser. Concernant le changement des pratiques agronomiques, évoqué par Daniel Starck, également élu de la CAA, les agriculteurs sont prêts. Régis Huss prédit le retour à une agriculture « plus vertueuse », pourvu que les solutions développées soient « viables, partagées et rémunératrices ». Rémi Michael, conseiller à l’Adar de l’Alsace du Nord, témoigne des efforts de formation entrepris par la CAA pour convertir les agriculteurs à l’agriculture de conservation et à l’usage de couverts permanents. La CAA est également à l’œuvre face aux dérèglements climatiques. Elle étudie par exemple, avec l’Eurométropole de Strasbourg, la possibilité de constituer des îlots de terre qui serviraient de réservoir en cas d’inondation et éviteraient les coulées de boues dans les villages, rapporte Denis Ramspacher.

Concours du plus beau rayon de fruits et légumes d’Alsace 2018

Du très haut niveau

Publié le 15/11/2018

Mardi 13 novembre, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace remettait les prix du concours du plus beau rayon de fruits et légumes d’Alsace 2018. L’occasion de rappeler que la mise en avant des produits locaux profitent à tous : producteurs, distributeurs et consommateurs.

Du 2 au 6 octobre derniers, plusieurs jurys composés de producteurs, grossistes, directeurs de magasin, responsable de centrales d’achat, salariés de Sodexo, journalistes, ont arpenté les rayons des 50 points de vente ayant participé à la cinquième édition de ce concours. Ces derniers étaient classés en catégories, afin de pouvoir comparer ce qui est comparable. Il y en avait cinq : les supérettes, les supermarchés, les hypermarchés, les magasins de producteurs et les restaurants Sodexo, représentant la restauration hors domicile. Les réalisations des chefs de rayon fruits et légumes étaient notées sur différents critères : impression générale, soin apporté à la présentation, assortiment de la gamme, respect de la saisonnalité, présentation des produits, qualité et fraîcheur, information du consommateur (étiquetage), qualité, utilisation des objets publicitaires élaborés par l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) pour mettre en avant et valoriser les fruits et légumes d’Alsace, mise en valeur des produits bios, de saison… Pour des étalages attractifs 365 jours par an C’est Pierre Lammert, président de l’Ifla, qui a accueilli les participants à la cérémonie de remise des prix à la cave du Roi Dagobert à Traenheim. Ses remerciements sont allés à la Région Grand Est, aux jurés, à Sara Guntz et Yannick Wihr, chevilles ouvrières de ce concours à l’Ifla, à Boris Wendling, vice-président de l’Ifla où il représente les distributeurs, et bien sûr aux magasins et restaurants participant : « Nous avons vu de très belles choses, fruits d’importants efforts pour mettre en avant les fruits et légumes d’Alsace », s’est félicité Pierre Lammert, qui estime que la mise en avant de ces produits par des étalages attractifs constitue un atout pour les producteurs, les distributeurs et les consommateurs. Car cela incite les consommateurs à manger davantage de fruits et légumes. Donc à en acheter plus. D’après lui, les ventes de fruits et légumes augmenteraient de 10 à 30 % dans les magasins participants durant l’opération. Du coup, pourquoi se limiter à quatre jours par an ? Pour Pierre Lammert, il y a tout intérêt à mettre les fruits et légumes d’Alsace en lumière 365 jours par an. Nous faisions partie du jury, retrouvez notre tournée en images, avec une interview de Sara Guntz :  

Publié le 09/11/2018

L’irrigation à partir d’un cours d’eau est soumise à des règles strictes à respecter.

Pour pouvoir prélever de l’eau à partir de cours d’eau, notamment pour irriguer vos cultures, quelles que soient la nature ou la méthode d’irrigation, il est indispensable d’obtenir l’autorisation du préfet. Pour cela, le Syndicat des irrigants Ried Sud se charge de présenter chaque année une demande collective tenant compte de l’impact sur les débits des cours d’eau de tous les prélèvements réalisés dans le département. La réalisation de ce dossier est déléguée aux services de la Chambre d’agriculture. Les personnes souhaitant prélever de l’eau dans un cours d’eau en 2019, sont invitées à contacter Marine Jeanningros au 03 89 20 97 21 ou par e-mail (m.jeanningros@alsace.chambagri.fr). Attention : la demande doit parvenir à la Chambre d'agriculture avant le 1er décembre 2018. Pour rappel, l’irrigation à partir d’un cours d’eau phréatique est interdite.

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