Pratique

Grands Moulins de Strasbourg

Un repreneur nommé Advens

Publié le 11/12/2018

Le groupe de l’homme d’affaires Abbas Jaber prend les commandes des Grands Moulins de Strasbourg. La chambre commerciale du tribunal de Strasbourg a validé l’offre de reprise, mardi 4 décembre. Le plan prévoit le maintien de 116 postes permanents et 10 millions d’euros d’investissement.

Fin du suspense pour les salariés des Grands Moulins de Strasbourg (GMS). Les magistrats strasbourgeois ont validé l’offre de reprise de la société Advens, mardi 4 décembre. L’entreprise agro-industrielle fondée par Abbas Jaber prend ainsi le contrôle du groupe de meunerie alsacien en redressement judiciaire depuis le 3 septembre. L’homme d’affaires promet d’injecter 10 millions d’euros sur cinq ans dans les GMS. Un investissement destiné à améliorer l’outil informatique. Surtout, Advens a revu sa copie en matière d’emploi. Ainsi, 116 des 147 salariés du site du Port du Rhin devraient conserver leur poste. Contre 90 dans le projet initial. Au total, entre 25 et 30 départs sont prévus sur l’ensemble du groupe (350 salariés et 8 moulins). À l’avenir, Abbas Jaber souhaite développer l’export de céréales à l’international. Notamment en Afrique où Advens est présent dans plusieurs pays. Il fait aussi partie des leaders de l’industrie du coton sur le continent. Toutefois, ce géant industriel de 2 700 salariés n’est pas inconnu sur les rives du Rhin. Advens possède 5 % des GMS depuis 2012. Mais l’affaire était loin d’être pliée lundi 3 décembre, au moment de passer devant le tribunal. Sur le banc des candidats à la reprise, le groupe Ballouhey promettait 12 M€ d’investissement. Un sérieux concurrent. Coup de théâtre durant l’audience. Le challenger retire son offre, laissant le champ libre à Advens. Dans un communiqué commun, Jean Rottner et Robert Hermann, présidents de la Région et de l’Eurométropole, se sont dits « soulagés », même s’ils « regrettent fortement la perte d’emplois ».

À Herrlisheim-près-Colmar

Paysan en chantant

Publié le 11/12/2018

Les Jardins En-Chantants, c’est un hectare de maraîchage polyculturel. Musicien, Gabriel Willem souhaite faire de cet espace un lieu d’échange entre culture et agriculture. La production de légumes y côtoie la découverte artistique. Rencontre.

Gabriel Willem est musicien - maraîcher. Né d’une mère prof de français et d’un père prof de philo, rien ne le prédestinait à travailler la terre. Il avoue même volontiers : « Petit, je n’aimais pas jardiner, je préférais aller au Mc Do ». La fibre artistique, par contre, l’habite depuis sa plus tendre enfance. Il pratique d’abord la musique. Puis après avoir usé ses jeans sur les bancs d’Herrlisheim-près-Colmar, dont il est originaire, il « monte à Paris ». Il veut être comédien. Il suit le Cours Simon. Et perce. Il obtient des rôles sur les planches, derrière les caméras… Et vit de son art. Lors d’une résidence de création internationale au Burkina Faso, « je prends une grosse claque : je chichitais sur mon costume alors qu’un comédien africain montait sur scène en pleine crise de paludisme. Je me suis rendu compte que je faisais du théâtre le pour quitter, mais que je ne savais pas ce que j’allais trouver. Je me suis donc fait la promesse intérieure de ne pas remonter sur scène tant que je n’avais pas trouvé le feu intérieur dont j’avais besoin ». S’ensuit un retour aux sources : l’Alsace, et la musique. Il a 28 ans, une fille, et un duo, Audriel. C’est sa fille qui impulse sa réflexion sur la nourriture. Il profite de son retour en Alsace pour se mettre au jardinage. S’intéresse à la permaculture, à l’agroécologie, se documente. Il lit notamment Jean-Martin Fortier, « la star des néopaysans », dont l’ouvrage best-seller, « Le jardinier-maraîcher », l’inspire fortement. Mais il précise : « Je n’ai fonctionné qu’à l’instinct, je n’avais pas de business plan. » Il passe une annonce pour trouver un terrain. Une agricultrice de Logelheim lui répond et lui propose à la location les 10 ares de l’ancien jardin familial. C’est là que Gabriel Willem met vraiment la main à la terre. Plus tard, c’est lui qui voit une annonce dans le bulletin municipal, pour une location de terres communales. Pour obtenir le terrain, il se bat, mais la fleur au fusil : « Je n’ai pas fait d’étude d’agriculture, je n’ai pas suivi le parcours à l’installation, je ne suis pas entré dans ce cadre-là. » Et une chose est sûre : il veut rester musicien. C’est ce qu’il plaide devant le conseil municipal : sa volonté de créer un lieu d’échange, de spectacle vivant, mêlant culture et agriculture. Il convainc. Et emporte la parcelle. « Humilité et ambition » Le credo de Gabriel, c’est « humilité et ambition » : « Je porte un message d’ouverture, pas d’opposition, mais aussi une envie de construction, de changement. » Mais avant de changer quoi que ce soit, « j’ai d’abord dû apprendre à bien faire pousser des légumes », sourit-il. Il commence plutôt bien : par une analyse de terre. Qui révèle une faible teneur en matière organique. « J’ai donc semé un engrais vert. J’avais envie de mettre un peu de tout alors j’ai mis un peu de tout. J’ai invité des gens à un chantier participatif de semis à la volée, avec des chevaux. Mais le couvert n’a pas levé, parce qu’il n’a pas plu derrière », rigole Gabriel Willem. C’était il y a cinq ans. Gabriel Willem en est désormais à sa troisième année de production maraîchère, labellisée bio depuis un an. Il a essuyé quelques plâtres, et gagné en assurance. « Au début, j’ai copié collé le modèle des planches de Jean-Michel Fortin. Parce qu’il est assez facile d’accès, et que sa vision économique de valorisation du travail me plaisait. À l’époque où je débutais, j’ai rencontré pas mal de gens qui font ce métier. J’ai été frappé de constater que de nombreux maraîchers sont cassés, usés, et ont tendance à brader leur travail. J’estime nécessaire d’être rémunéré à la hauteur du travail qui a été fourni. C’est pourquoi mes légumes sont souvent plus chers que les autres. Ça a demandé un gros travail de pédagogie : faire goûter, faire visiter… » Lors de ces visites, il explique pourquoi il n’utilise que des variétés non hybrides, souvent anciennes : « Dans la nature rien n’est droit, rien ne se ressemble, pourquoi faudrait-il que les légumes soient calibrés ? » Pourquoi il ne travaille que très peu le sol. Pourquoi il n’utilise quasiment que du compost… Et tout ce que cela implique en termes de charge de travail. Avec sa compagne, Léa Pallagès, costumière de spectacle, ils se sont peu à peu spécialisés dans des produits originaux, comme des salades fleuries : du mesclun avec des fleurs de coriandre, de cressonnette… Une idée qui a germé pour valoriser de la cressonnette montée à graine. Et une expérience qui illustre bien les passerelles qui existent entre culture et agriculture : « Quand j’improvise en tant que pianiste, je dois réagir face à une situation qui n’était pas voulue. En maraîchage ça arrive souvent aussi. » Et puis travailler la terre lui a permis de « gagner en structure de main ». Découvrez le premier clip de Gabriel Willem :  

Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne

Un trophée Pira pour des ruches connectées

Publié le 10/12/2018

Écouter le bourdonnement des abeilles, s’inviter au vol nuptial de la reine, assister au nourrissage des larves à la gelée royale ou suivre en direct l’operculation des alvéoles… Bientôt, ce rêve deviendra réalité grâce à l’association Bee Connected News. Un projet primé par la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne dans la catégorie Environnement, lors de la soirée Prix Initiatives Région Alsace, le mardi 27 novembre à l’Illiade, à Illkirch-Graffenstaden.

« Les ruches vont être connectées pour établir un lien direct avec le consommateur », explique Christian Ramponi, président de l’association Bee Connected News, basée à Stosswihr. Il promet une véritable immersion dans le monde des abeilles, grâce à une caméra qui transmettra les images en continu. « Le consommateur pourra aussi se mettre en lien avec l’apiculteur », indique-t-il. Comment lui est venue l’idée de la ruche connectée ? « Quand j’étais petit, j’étais toujours dans les ruches avec mon grand-père. À 38 ans, j’ai décidé de céder à ma passion et, depuis, j’ai installé 40 ruches. Mais malgré mes efforts, j’ai eu beaucoup de pertes. J’ai donc cherché à créer une association pour approfondir le problème, et notamment mieux cerner l’impact des produits phytosanitaires. » Le projet de ruches connectées a pour objectif de faire connaître l’apiculture au grand public pour défendre cette cause. « L’application permet aux apiculteurs de travailler en circuit court et aux consommateurs de s’approvisionner localement et rapidement. » Organisés par la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne (BPALC) depuis treize ans, les Prix Initiatives Région Alsace (Pira) récompensent des associations alsaciennes, clientes ou non de la Banque Populaire, porteuses de projets, d’idées nouvelles. Trois autres projets ont été récompensés : Strasbourg Action Solidarité de Strasbourg dans la catégorie Solidarité (aide aux sans-abri) ; Cum Ulmer Grün de Dambach, dans la catégorie Patrimoine régional (restauration du château du Schoeneck) et l’Association d’aide aux femmes Louise Weiss de Schiltigheim dans la catégorie Coup de cœur (soutien aux femmes victimes de violences conjugales et verbales). Cette cérémonie a été orchestrée par Nadine Gradoux et Raphaël Dubs, en charge de la communication et du sociétariat à la BPALC, en présence de Thierry Cahn, président du conseil d’administration, Dominique Wein, directeur général, et Laurie Paris, directeur du département du Bas-Rhin. 70 dossiers de candidature ont été reçus cette année. 24 projets ont été présélectionnés par le jury, mais ce sont les sociétaires qui ont choisi les lauréats en votant par internet pour élire la meilleure association dans chaque catégorie. Au total, plus de 6 500 sociétaires ont exprimé leur vote. Chaque lauréat s’est vu attribuer une dotation financière de 3 000 €, ainsi qu’un trophée réalisé par Mathilde Caylou, jeune artiste verrière à Reitwiller.

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