Groupama Grand Est
Résultat en baisse mais chiffre d’affaires en hausse
Groupama Grand Est
Publié le 15/06/2023
Malgré une hausse des sinistres, surtout climatiques, le résultat net social de Groupama Grand Est atteint 4,2 millions d’euros (M€) en 2022 ; un chiffre en baisse de presque 10 M€ tout de même, par rapport à l’année précédente. La croissance du chiffre d’affaires est de 3,4 % : il s’élève à 667 M€ en 2022.
« L’impact du dérèglement climatique sur le marché français caractérise 2022. Il n’y a pas eu de tempête mais une succession d’événements. La grêle sur bâtiments et automobiles a coûté très cher. Aussi la sécheresse qui, sur des sols argileux, a ébranlé les bâtiments », contextualise François Schmitt, président de Groupama Grand Est. Dans la région, 15 % des communes ont été reconnues victimes de la sécheresse, presque autant qu’au niveau national. « Le retour de l’inflation, suite à une demande post-Covid plus forte que l’offre, et suite au retour de la guerre en Europe, impacte aussi Groupama Grand Est. Par exemple, le prix des réparations automobiles a augmenté de deux à trois points », indique encore le président. Au national, Groupama présente certes, des résultats solides avec dans ses caisses, le double de fonds nécessaires aux indemnisations, toutes catastrophes confondues, mais son bilan est en baisse de 7 milliards d’euros (Md€). Il s’élève à 94,70 Md€, tandis que le résultat atteint 454 M€. « Nous sommes rentables sur notre métier… mais peu », admet François Schmitt, lorsqu’il présente le ratio combiné non-vie : 99,4 %. S’il dit Groupama réassuré, il relève encore une fois que l’assurance est impactée par le contexte. Groupama Grand Est est « résiliente ». Avec plus de 392 000 sociétaires en 2022, dont 1 850 de plus qu’en 2021, Groupama Grand Est affiche un chiffre d’affaires de 667 M€, soit + 3,4 % par rapport à 2021. La sinistralité dans le Grand Est, est en forte hausse, comme dans l’ensemble de l’Hexagone, et le résultat net social atteint 4,20 M€ ; un chiffre en baisse de presque 10 M€, par rapport à 2021. Les sinistres climatiques pèsent Si l’année 2022 est plus « compliquée » que celles d’avant, plus de 525 M€ ont été dépensés par Groupama Grand Est, « au plus près du territoire », fait valoir le président… dont 106 M€ pour les sinistres climatiques. « Le rapport sinistres/cotisations est légèrement dégradé : 15,6 points à cause de la hausse de 60,9 % des sinistres climatiques et d’une forte hausse de la sinistralité excédentaire avec neuf gros sinistres en 2022, qui ont été indemnisés à hauteur de 62,90 M€, contre 14,20 M€ pour quatre sinistres en 2021 », développe Hubert Roth. Le rapport sinistres/cotisations est égal en 2022, à 83,3 %, contre 67,9 % en 2021. Le ratio combiné non-vie s’élève en Grand Est, à 101,6 %. Mais l’assurance est et reste solvable : à 280 % en 2022. « Une année normale, Groupama Grand Est indemnise à hauteur de 50 M€ les sinistres climatiques. En 2022, 106 M€ ont été dépensés, soit le double. L’essentiel à cause de la grêle, en bâtiments puis pour les véhicules, puis pour les récoltes, mais côté cultures, ce sont surtout les méfaits de la sécheresse qui ont été dédommagés », détaille Hubert Roth, directeur développement et opérations de Groupama Grand Est. Face à de tels événements, Groupama Grand Est peut compter sur ses élus formés en continu par ses salariés experts en sinistres : 70 % des expertises en 2022 ont été réalisées par 250 élus (sur 260 formés en 2022). « Grâce à eux, et c’est une particularité régionale, Groupama Grand Est va plus vite », précise François Schmitt. Au national, 27 500 élus sont dénombrés : environ 10 % sont dans le Grand Est, soit 2 700 élus. « On a besoin d’eux. Ils sont proches du terrain. Le renouvellement des générations de nos élus est d’ailleurs un défi à relever », note Hubert Roth. Satisfaction des clients et salariés 39 % des sociétaires s’affirment très satisfaits de la qualité de services offerte par Groupama Grand Est. Neuf clients sur dix sont satisfaits. Et l’indice net de recommandation s’élève à 40 points : un de plus que l’an passé. Ces bons retours d’enquête sont d’autant plus éloquents que les prix des cotisations ont augmenté pour suivre l’inflation, voire un peu plus. Groupama Grand Est a maintenu ses 174 agences sur le territoire, insiste François Schmitt. Fin décembre 2022, 1 667 collaborateurs étaient embauchés : 35 de plus qu’en 2021. « Je suis un DRH heureux. On crée de l’emploi », pointe Jean-Jacques Desprès, DRH et communication de Groupama Grand Est. 192 nouveaux collaborateurs ont été recrutés l’an passé, pour renouveler les départs à la retraite et les autres mobilités. 129 salariés ont changé de poste au sein du groupe. Groupama Grand Est est certifié par le label Top employer 2023 : « Pour assurer une qualité de services aux clients, les collaborateurs doivent être bien dans leurs baskets, motivés, engagés », relève Jean-Jacques Desprès. Ils ont droit à dix jours de télétravail par mois, par exemple : « plus d’autonomie et de flexibilité » sont visées. Près de 50 000 sociétaires de Groupama Grand Est sont des agriculteurs. Ils représentent 27 % environ du chiffre d’affaires de Groupama Grand Est. « De la diversité naît la richesse et la complémentarité », dit le président, lui-même exploitant agricole. Fin juin 2023, il pense que le ministère de l’Agriculture annoncera les dernières mesures concernant la réforme de l’assurance climatique. Aujourd’hui, on sait que les souscripteurs de l’assurance multirisques climatiques sont dédommagés à 100 % pour les pertes au-dessus du plafond d’indemnisation des calamités agricoles (« aléas exceptionnels »). Les non-assurés, eux, seront indemnisés à 45 % des pertes au-delà du seuil en 2023 ; à 40 % en 2024, et à 35 % en 2025. Les assurés ont droit à une expertise individuelle. Le sort des non-assurés n’est pas encore tranché mais l’État ne voulant pas prendre en charge le manque à gagner pour les assurances, elles devraient a priori fournir une expertise forfaitaire locale globale. Si la réforme incite à s’assurer, et peut donc rebuter certains, elle est censée préserver le système assurantiel, rappellent les professionnels, qui parient sur une multiplication des événements climatiques extrêmes.












