Pratique

Publié le 20/07/2023

La commune de Herrlisheim est marquée par la raffinerie de Strasbourg qui, de 1963 à 1984, a permis son développement, avant de laisser derrière sa fermeture une friche d’une centaine d’hectares. Elle est en cours de réindustrialisation et de renaturation. Herrlisheim en profite pour se développer, mais de manière raisonnée. La municipalité veille à préserver l’équilibre entre activité économique dynamique et qualité de vie.

Impossible d’évoquer l’agriculture et la ruralité à Herrlisheim sans aborder ce que le maire, Serge Schaeffer, qualifie de « petits Balkans » : une quinzaine d’hectares situés sur le site de l’ancienne raffinerie Total de Drusenheim-Herrlisheim qui, après sa fermeture en 1984, a laissé une centaine d’hectares impropres à la culture. Après des années de tractations, cette friche est en cours de réhabilitation. Une partie est réindustrialisée, pour accueillir l’Axioparc et de nouvelles entreprises. Une autre partie est dédiée à la renaturation, qui doit compenser la réindustrialisation du site. L’ensemble des opérations a été confié à l’aménageur (Tellos), au moyen d’un bail emphytéotique. Sauf sur 15 ha, qui appartiennent à la communauté de communes et qui font l’objet de nombreuses convoitises. Les agriculteurs, notamment, considèrent que comme ces terres étaient exploitées autrefois, elles doivent leur revenir. Les associations environnementales et les chasseurs défendent d’autres intérêts. Et chaque partie considère que « ses intérêts sont plus élevés que ceux des autres », résume Serge Schaeffer, qui se qualifie de « casque bleu », dans l’affaire. En effet, « mon rôle consiste à réussir à faire vivre tout le monde en bonne intelligence, donc à trouver l’équilibre entre compensations naturelles, demandes des agriculteurs, des chasseurs, des écologistes ». Hormis ce point de crispation, il fait bon vivre à Herrlisheim. Outre l’Axioparc, où l’entreprise Bauder, spécialiste de l’étanchéité et de l’isolation, va créer une centaine d’emplois, « sans consommation de foncier », une seconde zone industrielle permet à des entreprises de s’installer. Ainsi, le fabricant de moteurs Thyssenkrupp va générer une autre centaine d’emplois. La population de Herrlisheim, jusque-là relativement stable, à quelque 5 000 habitants, est donc amenée à s’accroître. Plusieurs lotissements sont en cours de construction, et un autre est en projet pour « fixer l’habitat, décrit Serge Schaeffer, qui rappelle que les lotissements sont dosés pour correspondre à la demande, aux besoins des jeunes générations qui souhaitent s’installer, ou continuer à vivre à Herrlisheim ». La commune poursuit l’équilibre, entre dynamiser son territoire et limiter l’artificialisation des sols. 600 arbres pour un mandat Herrlisheim bénéficie d’une belle dynamique associative. Les arboriculteurs de Herrlisheim, notamment, soutiennent la municipalité dans son projet d’implanter 600 arbres durant sa mandature. Un projet en bonne voie puisqu’à mi-mandat 300 arbres ont été plantés sur le ban communal afin de créer des zones de fraîcheur. Un travail que salue Serge Schaeffer, car : « Il ne suffit pas de planter des arbres, il s’agit aussi de les entretenir. » En outre, les arboriculteurs ont choisi des essences qui doivent mieux résister au changement climatique : chêne sessile et pédonculé, noyer, pommier sauvage, aulne, châtaignier… Dans le même ordre d’idée, la municipalité a levé le pied sur la tonte des espaces verts. Si elle est davantage favorable à la biodiversité, la fauche tardive nécessite de faire un peu de pédagogie : « Pour certains, ça fait un peu trop unordnung (ou désordre) », sourit Serge Schaeffer. Le fleurissement du village aussi a été adapté. La priorité a été donnée au centre bourg, avec des espèces moins exigeantes en eau dans des parterres équipés d’oyas, ce qui a permis de réduire le temps consacré à l’arrosage. Pour favoriser les mobilités douces, la municipalité a tracé 6 km de pistes cyclables, notamment vers les écoles, les commerces et le Kleinbach, le cours d’eau qui traverse la commune. Serge Schaeffer se déplace le plus souvent possible à vélo et encourage ses adjoints à faire de même, pour « montrer l’exemple ». La municipalité met aussi en œuvre des actions pour économiser l’eau et produire des énergies renouvelables. Ainsi, le nouvel atelier municipal, en cours de construction, sera couvert de 1 200 m2 de panneaux photovoltaïques, équipé d’une pompe à chaleur, et d’une citerne de 50 m3 qui permettra de récupérer les eaux de pluie qui dévalent du toit. Une ressource qui servira à arroser arbres et espaces vertes. « Le nouvel atelier municipal devrait, à terme, rapporter davantage à la commune qu’il ne lui a coûté », pointe Serge Schaeffer. Dialoguer Enfin, la municipalité entretient de bonnes relations avec ses agriculteurs. La profession est représentée au conseil municipal par Michel Georg, double actif aujourd’hui retraité, qui « parle agriculture première langue », sourit Serge Schaeffer, qui apprécie ces professionnels de la terre : « Ils sont autant aimés que critiqués, par exemple pour l’impact de leur activité sur la ressource en eau. Il est donc important de nourrir le dialogue pour progresser ensemble », pointe Serge Schaeffer. C’est avec cette volonté qu’un travail a été mené dans les aires d’alimentation de deux captages d’eau en partenariat avec le SDEA, la Safer et la Chambre d'agriculture d’Alsace. « L’objectif est d’identifier les mouvements de foncier. La commune doit avoir une maîtrise foncière pour pouvoir mettre en place une convention qui aille dans le sens de la réduction du recours aux produits phytosanitaires », résume Serge Schaeffer. Une politique qui « génère des dialogues très intéressants avec les agriculteurs, et qui a été reçue plutôt positivement par la profession », estime le maire. Depuis qu’il a été élu maire en 2020, Serge Schaeffer a vu les crises se succéder. Il y a eu le Covid, puis la hausse du coût des matières premières et de l’énergie, qui ont impacté le budget de la commune. Pour lui, ces crises doivent inciter à « penser autrement », pour aller vers davantage de sobriété énergétique, d’autonomie des territoires : « Travailler, habiter, se nourrir… L’idéal serait de pouvoir tout faire sur le même territoire » ! À ces crises, sanitaire et économique, s’en ajoute une sociétale, estime Serge Schaeffer qui en veut pour preuve l’augmentation des conflits de voisinage, un rapport aux élus différents : « Nous devrions être responsables de tout. Et agir immédiatement », constate-t-il. Or, dans les faits, les élus se retrouvent donc coincés entre des citoyens exigeants, des responsabilités qui leur incombent sans que les finances ne suivent. Résultat : « Nous sommes confrontés à des injonctions contradictoires. » En outre, le manque de moyens se traduit par des renoncements, notamment en matière d’investissements, tout simplement parce que « faire vivre l’existant requiert un budget incompressible. »

Jeunes Agriculteurs. Canton de Wasselonne

Sous le signe du cabri

Publié le 20/07/2023

Samedi 29 et dimanche 30 juillet, les Jeunes Agriculteurs du canton de Wasselonne organisent leurs portes ouvertes estivales à la ferme du Cabri, située sur les hauteurs de Nordheim.

Nichée au milieu des vignes, la ferme du Cabri est désormais celle de Thomas Wirsum, qui l’a reprise en 2022, après s’y être installé en 2020 avec son prédécesseur, hors cadre familial. Un parcours encore atypique, donc, mais qui devrait peu à peu se répandre. Les Jeunes Agriculteurs (JA) en tout cas, encouragent ces reprises : « Il va y avoir plus de départs à le retraite qu’il n’y a de candidats à l’installation. Il est donc important d’encourager les candidats qui se présentent pour éviter qu’il y ait trop d’agrandissements, au détriment des agriculteurs », souligne Mathieu Beller, président des JA du canton de Wasselonne depuis 2020, lui-même salarié viticole. Originaire du Haut-Rhin et non issu du milieu agricole, Thomas Wirsum a mis toutes les chances de son côté pour réaliser son rêve de devenir agriculteur. Après un CAP Productions végétales, il a décroché un bac pro agroéquipements et a travaillé dans différentes fermes et ETA jusqu’à ce que l’opportunité de reprendre la ferme du Cabri se présente : « J’ai repris la ferme telle qu’elle était. Ce qui a nécessité que je me forme à l’élevage caprin », indique le jeune éleveur, qui souligne la qualité de l’accompagnement dont il a bénéficié, en plein Covid. Avec du recul, il peut d’ailleurs dire que, si la pandémie a retardé la concrétisation de son projet, elle lui a donné davantage de temps pour la réflexion. Une EARL et une SARL La ferme du Cabri, c’est donc d’un côté l’EARL Le Cabri qui, sur une SAU de 25 ha d’herbe, nourrit un troupeau de 300 chèvres laitières et 100 chevrettes de renouvellement. Les 250 000 l de lait produits annuellement sont transformés sur place par la SARL Le Fermier du Sonnenberg, en une quinzaine de fromages différents. La viande, issue des cabris et des chèvres de réforme, est valorisée en diverses charcuteries et autres tourtes. L’EARL emploie 1,5 UTH, Thomas Wirsum, et un salarié à mi-temps ; et la SARL une dizaine de salariés (transformation, vente, livraison…). Les produits sont vendus en direct au magasin de la ferme, et dans un réseau de GMS partenaires. Nourries à l’herbe et aux céréales, les chèvres restent dans la chèvrerie. « Cela nous permet de mieux maîtriser la santé du troupeau, donc d’éviter des traitements. Nous avons aussi une meilleure maîtrise de l’alimentation, donc de la qualité du lait, qui doit être constante pour pouvoir produire des fromages aux caractéristiques organoleptiques stables », explique Thomas Wirsum. Idéalement située au cœur d’un réseau de chemins de randonnée, la ferme reçoit de nombreux visiteurs en période estivale. Un atout qui est valorisé par des gîtes, une petite aire de jeu et des animations. Ainsi, en juillet et en août, les promeneurs peuvent déguster des tartes flambées les vendredi, samedi et dimanche soir, avec vue sur la flèche de la cathédrale de Strasbourg.

Jeunes Agriculteurs canton de Hochfelden

Une ferme ouverte sur l’avenir

Publié le 19/07/2023

L’EARL des Cigognes-Winckel à Hochfelden ouvre ses portes dimanche 30 juillet, de 10 h à 22 h, chemin de Scherlenheim. Outre leur bœuf à la broche, les Jeunes Agriculteurs (JA) du canton mettent en avant une des exploitations les plus modernes de leur secteur, celle où travaille leur présidente Laura Winckel, pour donner l’eau à la bouche aux visiteurs.

« Notre ferme est connectée, automatisée. Le bâtiment d’élevage, très ouvert, date de 2017 et est un des plus récents construit alentour. Nos 70 prim’holstein vont au pré attenant l’étable, et sont en traite robotisée (Lely). Nous valorisons leur production en lait de pâturage, vendu à Alsace Lait depuis 2022. Outre le bien-être animal et l’économie de fourrages, ce système en pâturage tournant dynamique d’ailleurs (un paddock par jour), nous garantit donc une plus-value sur le lait », résume Laura Winckel, 25 ans, qui travaille à la ferme familiale depuis trois ans, après des études en Angleterre notamment. L’EARL des Cigognes-Winckel à Hochfelden, allie tradition et modernité pour une agriculture rentable sur 118 ha de SAU, dont 50 de prairies. L’exploitation était donc toute trouvée pour accueillir les quelque 700 personnes attendues à l’opération Fermes ouvertes sur le canton de Hochfelden, dimanche 30 juillet. Laura Winckel vient en plus tout juste, d’être élue présidente des JA du canton de Hochfelden. Cette porte ouverte syndicale est donc son baptême du feu ; un défi qu’elle relève avec enthousiasme, épaulée par ses parents Carole et Luc, et Aubin, leur apprenti. Effet bœuf Dimanche prochain, Thomas Mauger, qui assure le conseil pâturage pour Alsace Lait et travaille pour PâtureSens, sera aussi sur place. Il présentera aux curieux la minéralisation liquide, c’est-à-dire l’apport de minéraux via l’eau de boisson des vaches. Les Winckel démarrent cette expérience. « Nous ne sommes que deux en Alsace à tester cette nouveauté dans les abreuvoirs à l’extérieur : Jonathan Karcher à Mietesheim et nous », précise Laura, pour les plus passionnés d’élevage. Et pour les amateurs de bonne chère, la présidente des JA du canton de Hochfelden se doit de citer le retour, comme à chaque ferme ouverte du secteur, du bœuf à la broche, préparé par un ancien JA qui n’est pas près de rendre son tablier s’il continue de répondre aux sollicitudes des gourmands. Pour l’édition 2022, plus de 650 repas avaient été servis. Cette année, tout autant de visiteurs sont attendus. « C’est toujours un succès », dit Laura Winckel, au sujet des Fermes ouvertes du canton. Générosité Les trente JA du canton de Hochfelden, « surtout des 15-25 ans », sont d’ailleurs forts de tous leurs récents succès : une collecte pour l’Ukraine le 10 mars 2022, dans les fermes, pour permettre le dépôt de vêtements, de nourriture, d’éléments de puériculture, de jeux pour enfants, et organiser le transport pour le pays en guerre. Le total récolté a rempli une semi-remorque et le surplus des affaires a été déposé directement dans des centres d’accueil en Alsace. Le 31 juillet 2022, le concours de labour à Wickersheim, avec la mise en avant de l’unité de méthanisation agricole du Gaec de la Source, a été une bonne répétition pour la porte ouverte de cette année. Et le 11 mars 2023, les JA ont innové : une Frühlingsfest a remplacé le traditionnel Bürebal. Toutes les places ont été vendues en prévente, pour se défouler aux sons des DJ Alex Pfiff d’Alsace et Bomba d’Autriche. « On a attiré un public d’adolescents. D’habitude, c’étaient leurs parents et grands-parents », précise Laura. Les JA du canton de Hochfelden pensent à tous. Dimanche prochain, les familles seront les plus nombreuses… et ils l’espèrent aussi, les laboureurs ! À l’heure où nous mettons sous presse, peu d’inscrits. Mais les listes sont ouvertes jusqu’à dimanche matin. L’an passé, ils étaient sept sur la ligne de départ.    

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