Pratique

Jeunes Agriculteurs. Canton de Wasselonne

Sous le signe du cabri

Publié le 20/07/2023

Samedi 29 et dimanche 30 juillet, les Jeunes Agriculteurs du canton de Wasselonne organisent leurs portes ouvertes estivales à la ferme du Cabri, située sur les hauteurs de Nordheim.

Nichée au milieu des vignes, la ferme du Cabri est désormais celle de Thomas Wirsum, qui l’a reprise en 2022, après s’y être installé en 2020 avec son prédécesseur, hors cadre familial. Un parcours encore atypique, donc, mais qui devrait peu à peu se répandre. Les Jeunes Agriculteurs (JA) en tout cas, encouragent ces reprises : « Il va y avoir plus de départs à le retraite qu’il n’y a de candidats à l’installation. Il est donc important d’encourager les candidats qui se présentent pour éviter qu’il y ait trop d’agrandissements, au détriment des agriculteurs », souligne Mathieu Beller, président des JA du canton de Wasselonne depuis 2020, lui-même salarié viticole. Originaire du Haut-Rhin et non issu du milieu agricole, Thomas Wirsum a mis toutes les chances de son côté pour réaliser son rêve de devenir agriculteur. Après un CAP Productions végétales, il a décroché un bac pro agroéquipements et a travaillé dans différentes fermes et ETA jusqu’à ce que l’opportunité de reprendre la ferme du Cabri se présente : « J’ai repris la ferme telle qu’elle était. Ce qui a nécessité que je me forme à l’élevage caprin », indique le jeune éleveur, qui souligne la qualité de l’accompagnement dont il a bénéficié, en plein Covid. Avec du recul, il peut d’ailleurs dire que, si la pandémie a retardé la concrétisation de son projet, elle lui a donné davantage de temps pour la réflexion. Une EARL et une SARL La ferme du Cabri, c’est donc d’un côté l’EARL Le Cabri qui, sur une SAU de 25 ha d’herbe, nourrit un troupeau de 300 chèvres laitières et 100 chevrettes de renouvellement. Les 250 000 l de lait produits annuellement sont transformés sur place par la SARL Le Fermier du Sonnenberg, en une quinzaine de fromages différents. La viande, issue des cabris et des chèvres de réforme, est valorisée en diverses charcuteries et autres tourtes. L’EARL emploie 1,5 UTH, Thomas Wirsum, et un salarié à mi-temps ; et la SARL une dizaine de salariés (transformation, vente, livraison…). Les produits sont vendus en direct au magasin de la ferme, et dans un réseau de GMS partenaires. Nourries à l’herbe et aux céréales, les chèvres restent dans la chèvrerie. « Cela nous permet de mieux maîtriser la santé du troupeau, donc d’éviter des traitements. Nous avons aussi une meilleure maîtrise de l’alimentation, donc de la qualité du lait, qui doit être constante pour pouvoir produire des fromages aux caractéristiques organoleptiques stables », explique Thomas Wirsum. Idéalement située au cœur d’un réseau de chemins de randonnée, la ferme reçoit de nombreux visiteurs en période estivale. Un atout qui est valorisé par des gîtes, une petite aire de jeu et des animations. Ainsi, en juillet et en août, les promeneurs peuvent déguster des tartes flambées les vendredi, samedi et dimanche soir, avec vue sur la flèche de la cathédrale de Strasbourg.

Jeunes Agriculteurs canton de Hochfelden

Une ferme ouverte sur l’avenir

Publié le 19/07/2023

L’EARL des Cigognes-Winckel à Hochfelden ouvre ses portes dimanche 30 juillet, de 10 h à 22 h, chemin de Scherlenheim. Outre leur bœuf à la broche, les Jeunes Agriculteurs (JA) du canton mettent en avant une des exploitations les plus modernes de leur secteur, celle où travaille leur présidente Laura Winckel, pour donner l’eau à la bouche aux visiteurs.

« Notre ferme est connectée, automatisée. Le bâtiment d’élevage, très ouvert, date de 2017 et est un des plus récents construit alentour. Nos 70 prim’holstein vont au pré attenant l’étable, et sont en traite robotisée (Lely). Nous valorisons leur production en lait de pâturage, vendu à Alsace Lait depuis 2022. Outre le bien-être animal et l’économie de fourrages, ce système en pâturage tournant dynamique d’ailleurs (un paddock par jour), nous garantit donc une plus-value sur le lait », résume Laura Winckel, 25 ans, qui travaille à la ferme familiale depuis trois ans, après des études en Angleterre notamment. L’EARL des Cigognes-Winckel à Hochfelden, allie tradition et modernité pour une agriculture rentable sur 118 ha de SAU, dont 50 de prairies. L’exploitation était donc toute trouvée pour accueillir les quelque 700 personnes attendues à l’opération Fermes ouvertes sur le canton de Hochfelden, dimanche 30 juillet. Laura Winckel vient en plus tout juste, d’être élue présidente des JA du canton de Hochfelden. Cette porte ouverte syndicale est donc son baptême du feu ; un défi qu’elle relève avec enthousiasme, épaulée par ses parents Carole et Luc, et Aubin, leur apprenti. Effet bœuf Dimanche prochain, Thomas Mauger, qui assure le conseil pâturage pour Alsace Lait et travaille pour PâtureSens, sera aussi sur place. Il présentera aux curieux la minéralisation liquide, c’est-à-dire l’apport de minéraux via l’eau de boisson des vaches. Les Winckel démarrent cette expérience. « Nous ne sommes que deux en Alsace à tester cette nouveauté dans les abreuvoirs à l’extérieur : Jonathan Karcher à Mietesheim et nous », précise Laura, pour les plus passionnés d’élevage. Et pour les amateurs de bonne chère, la présidente des JA du canton de Hochfelden se doit de citer le retour, comme à chaque ferme ouverte du secteur, du bœuf à la broche, préparé par un ancien JA qui n’est pas près de rendre son tablier s’il continue de répondre aux sollicitudes des gourmands. Pour l’édition 2022, plus de 650 repas avaient été servis. Cette année, tout autant de visiteurs sont attendus. « C’est toujours un succès », dit Laura Winckel, au sujet des Fermes ouvertes du canton. Générosité Les trente JA du canton de Hochfelden, « surtout des 15-25 ans », sont d’ailleurs forts de tous leurs récents succès : une collecte pour l’Ukraine le 10 mars 2022, dans les fermes, pour permettre le dépôt de vêtements, de nourriture, d’éléments de puériculture, de jeux pour enfants, et organiser le transport pour le pays en guerre. Le total récolté a rempli une semi-remorque et le surplus des affaires a été déposé directement dans des centres d’accueil en Alsace. Le 31 juillet 2022, le concours de labour à Wickersheim, avec la mise en avant de l’unité de méthanisation agricole du Gaec de la Source, a été une bonne répétition pour la porte ouverte de cette année. Et le 11 mars 2023, les JA ont innové : une Frühlingsfest a remplacé le traditionnel Bürebal. Toutes les places ont été vendues en prévente, pour se défouler aux sons des DJ Alex Pfiff d’Alsace et Bomba d’Autriche. « On a attiré un public d’adolescents. D’habitude, c’étaient leurs parents et grands-parents », précise Laura. Les JA du canton de Hochfelden pensent à tous. Dimanche prochain, les familles seront les plus nombreuses… et ils l’espèrent aussi, les laboureurs ! À l’heure où nous mettons sous presse, peu d’inscrits. Mais les listes sont ouvertes jusqu’à dimanche matin. L’an passé, ils étaient sept sur la ligne de départ.    

Jeunes Agriculteurs canton de Molsheim

La ferme à la ville

Publié le 19/07/2023

Dimanche 23 juillet, la ferme du Gaentzig ouvre ses portes à Dorlisheim. Les visiteurs n’auront pas beaucoup de route à faire pour découvrir cette ferme laitière, située entre Dorlisheim, Molsheim, Mutzig…

Pour arriver à l’EARL ferme du Gaentzig, il faut serpenter entre voie ferrée et constructions plus ou moins modernes. La ferme est située à l’orée des habitations de Dorlisheim. « Le village est venu à nous », constate Didier Goesel, le chef de l’exploitation, qui emploie aussi son épouse, Véronique, et sa fille, Océane, en apprentissage. Après avoir obtenu un bac pro Conduite et gestion de l’entreprise agricole (CGEA) à Rouffach, elle enchaîne avec un BTS viticulture-œnologie dans le même établissement. À la rentrée, elle intégrera la deuxième et dernière année. La ferme est spécialisée dans la production laitière, grâce à un cheptel composé d’une quarantaine de vaches laitières et leur suite. 340 000 l de lait de pâturage, sans OGM, sont livrés à Alsace Lait. Une petite partie est vendue en direct à la ferme, à l’heure de la traite, de 18 h à 19 h. « Certains clients viennent d’abord pour le prix, d’autres pour la qualité du lait », indique Véronique Goesel. Frais, cru et entier, il provient de vaches qui sont en grande partie nourries avec les produits de la ferme : herbe, bien sûr, fraîche ou conservée, mais aussi luzerne et maïs ensilage. Les besoins des vaches sont complètement couverts grâce à un correcteur azoté et un concentré à base d’orge de la ferme. « Une entreprise prestataire le prépare et le met en silo », explique Didier Goesel. Un avenir à construire La SAU de 110 ha se décompose entre 10 ha de vigne, 40 ha de prairie, 20 ha de maïs grain, 13 ha de maïs ensilage, 15 ha de blé, 2,5 ha de luzerne, 4,5 d’orge et 4,5 ha de colza. Le raisin, une fois vendangé, est pressé au vendangeoir de Dorlisheim. Le moût rejoint ensuite les installations de la coopérative par camions. Les prairies sont fauchées ou pâturées. Ainsi, les 6 ha situés aux abords de l’étable sont découpés en 21 paddocks. Si l’orge est autoconsommée, blé, colza et maïs grain sont vendus. La luzerne, outre de contribuer à l’autonomie protéique de la ferme en entrant dans la ration des laitières, ouvre droit à des MAE hamster, couplée au blé. Didier Goesel doit veiller à étaler la coupe de luzerne, afin de garantir un couvert permanent au rongeur protégé. Les possibilités de développement de la ferme sont limitées par le PLU, les habitations, la zone inondable, mais aussi parce que les agriculteurs ont déjà bien assez à faire, avec leurs vignes et leurs vaches. Pour l’instant, à la ferme du Gaentzig, « on fait du neuf avec du vieux », sourit Didier Goesel. L’étable, de 1968, fonctionne avec une salle de traite Westfalia 2* 4 en épi. La réalisation la plus récente est un hangar qui date du mois de mai, et qu’il reste à couvrir de panneaux photovoltaïques. Océane compte reprendre la ferme, à plus ou moins long terme. Mais sous quelle forme ? Tout dépendra de la conjoncture. A priori, elle continuera à cultiver les vignes, mais passera sans doute le cheptel en allaitant. Avec près de 35 000 habitants aux portes de la ferme, de nombreuses pistes sont envisageables. En attendant, dimanche, les visiteurs pourront se restaurer à l’ombre du hangar tout neuf, avec une vue imprenable sur les vaches qui paissent dans les prés tout proches.

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