Jeunes Agriculteurs canton de Molsheim
La ferme à la ville
Jeunes Agriculteurs canton de Molsheim
Publié le 19/07/2023
Dimanche 23 juillet, la ferme du Gaentzig ouvre ses portes à Dorlisheim. Les visiteurs n’auront pas beaucoup de route à faire pour découvrir cette ferme laitière, située entre Dorlisheim, Molsheim, Mutzig…
Pour arriver à l’EARL ferme du Gaentzig, il faut serpenter entre voie ferrée et constructions plus ou moins modernes. La ferme est située à l’orée des habitations de Dorlisheim. « Le village est venu à nous », constate Didier Goesel, le chef de l’exploitation, qui emploie aussi son épouse, Véronique, et sa fille, Océane, en apprentissage. Après avoir obtenu un bac pro Conduite et gestion de l’entreprise agricole (CGEA) à Rouffach, elle enchaîne avec un BTS viticulture-œnologie dans le même établissement. À la rentrée, elle intégrera la deuxième et dernière année. La ferme est spécialisée dans la production laitière, grâce à un cheptel composé d’une quarantaine de vaches laitières et leur suite. 340 000 l de lait de pâturage, sans OGM, sont livrés à Alsace Lait. Une petite partie est vendue en direct à la ferme, à l’heure de la traite, de 18 h à 19 h. « Certains clients viennent d’abord pour le prix, d’autres pour la qualité du lait », indique Véronique Goesel. Frais, cru et entier, il provient de vaches qui sont en grande partie nourries avec les produits de la ferme : herbe, bien sûr, fraîche ou conservée, mais aussi luzerne et maïs ensilage. Les besoins des vaches sont complètement couverts grâce à un correcteur azoté et un concentré à base d’orge de la ferme. « Une entreprise prestataire le prépare et le met en silo », explique Didier Goesel. Un avenir à construire La SAU de 110 ha se décompose entre 10 ha de vigne, 40 ha de prairie, 20 ha de maïs grain, 13 ha de maïs ensilage, 15 ha de blé, 2,5 ha de luzerne, 4,5 d’orge et 4,5 ha de colza. Le raisin, une fois vendangé, est pressé au vendangeoir de Dorlisheim. Le moût rejoint ensuite les installations de la coopérative par camions. Les prairies sont fauchées ou pâturées. Ainsi, les 6 ha situés aux abords de l’étable sont découpés en 21 paddocks. Si l’orge est autoconsommée, blé, colza et maïs grain sont vendus. La luzerne, outre de contribuer à l’autonomie protéique de la ferme en entrant dans la ration des laitières, ouvre droit à des MAE hamster, couplée au blé. Didier Goesel doit veiller à étaler la coupe de luzerne, afin de garantir un couvert permanent au rongeur protégé. Les possibilités de développement de la ferme sont limitées par le PLU, les habitations, la zone inondable, mais aussi parce que les agriculteurs ont déjà bien assez à faire, avec leurs vignes et leurs vaches. Pour l’instant, à la ferme du Gaentzig, « on fait du neuf avec du vieux », sourit Didier Goesel. L’étable, de 1968, fonctionne avec une salle de traite Westfalia 2* 4 en épi. La réalisation la plus récente est un hangar qui date du mois de mai, et qu’il reste à couvrir de panneaux photovoltaïques. Océane compte reprendre la ferme, à plus ou moins long terme. Mais sous quelle forme ? Tout dépendra de la conjoncture. A priori, elle continuera à cultiver les vignes, mais passera sans doute le cheptel en allaitant. Avec près de 35 000 habitants aux portes de la ferme, de nombreuses pistes sont envisageables. En attendant, dimanche, les visiteurs pourront se restaurer à l’ombre du hangar tout neuf, avec une vue imprenable sur les vaches qui paissent dans les prés tout proches.












