Pisciculture Kohler à Friesen
De l'alevinage à la transformation
Pisciculture Kohler à Friesen
Publié le 02/01/2020
Entreprise familiale créée dans les années 1950 à Friesen, la pisciculture Kohler produit et transforme tous poissons d'eau douce sur une centaine d'hectares d'étangs dans le Haut-Rhin et le Territoire de Belfort. Un nouveau local de transformation doit être construit en 2020.
Co-gérant depuis treize ans de la pisciculture avec ses parents, Jean-Baptiste Stalder ne manque pas de travail. L'activité de l'entreprise se partage entre la production et le négoce de poissons d’eau douce. Elle répond notamment à l’importante demande de carpes transformées pour les restaurants de la région, en particulier le long de la «Route de la Carpe Frite » dans le Sundgau. « C'est vrai qu'elle « booste » l'activité. C'est devenu une tradition de manger de la carpe frite. Mes grands parents, Colette et Édouard Kohler sont partis de pas grand chose. Mon grand-père aidait à l'époque une professionnelle de la restauration. Il avait également des étangs en propriété. Il a commencé à livrer des carpes. Et, dans les années 1990, mon père a alors développé l'activité en faisant un atelier de découpe », raconte Jean-Baptiste Stalder. Aujourd'hui, la pisciculture Kohler gère une centaine d'hectares d'étangs dans le Haut-Rhin et le Territoire de Belfort, proche de Friesen. La pisciculture produit carpes, tanches, gardons, sandres, brochets et bien d'autres poissons d'eau douce. Ses clients sont des sociétés et amicales de pêche, des comités d'entreprises ainsi que des particuliers pour leurs propres étangs. « Cette activité est en croissance pour suivre la demande en poissons vivants et de qualité. L’entreprise travaille souvent sept jours sur sept pour répondre à toute demande, grande ou petite, à partir de la carpe à l’unité ! Notre exploitation bénéficie de l'agrément zoosanitaire qui est indispensable pour le repeuplement », précise Jean-Baptiste Stalder qui tient à la qualité et à la disponibilité du service à la clientèle. L'entreprise assure la livraison par camions-viviers. Ces véhicules et leurs chauffeurs bénéficient de l’agrément pour le transport de poissons vivants. Brochets, sandres, tanches, gardons, amours blancs, silures, esturgeons, perches et black-bass sont disponibles uniquement en saison (d’octobre à avril). Carpes et truites arc-en-ciel sont disponibles toute l’année. La pisciculture peut également fournir d’autres espèces telles que les carpes koï mais aussi les truites farios, les truites jaunes et les saumons de fontaine, notamment pour les journées truites des associations. Il est frais mon poisson ! L'entreprise transforme les poissons dans son laboratoire. Les procédures de transformation sont strictement contrôlées ; elles font l’objet d’un agrément sanitaire européen, gage de qualité et de savoir-faire. Elle propose du filet de carpe, des darnes (avec arêtes) ou des carpes filetées (sans arêtes). Une activité soutenue tout au long de l'année. « Nous livrons les restaurants, associations et particuliers sur tout le Sundgau, sur l'ensemble de l'Alsace, mais également dans le Territoire de Belfort, en Haute-Saône et dans le Doubs. Souvent deux fois par semaine. » Les truites sont simplement vidées ou préparées en filets. Tous les produits de la pisciculture sont transformés et livrés quotidiennement par véhicule frigorifique selon les commandes quotidiennes. Aujourd'hui, l'entreprise compte cinq salariés à plein temps et trois autres à temps partiel. Elle transforme environ 200 tonnes par an et produit une soixantaine de tonnes dans ses étangs. Les rendements vont de 600 à 800 kg/ha. « Nous sommes tributaires de la météo. Les orages ont fait du bien cette année. Les étangs ont pu se remplir correctement. C'était plus compliqué l'année passée même si nous avons réussi, au final, à faire une belle saison », assure Jean-Baptiste Stalder. Les étangs, propriétés de la pisciculture ou ceux en location vont d'une surface allant de un à quinze hectares. Le plus grand se trouve à Rechesy dans le Territoire de Belfort, il a été pêché le 10 novembre dernier. Généralement, les pêches se déroulent en octobre et en novembre. « Une fois que les poissons sont pêchés, ils viennent ici pour le dégorgement. Ils restent quinze jours dans l'eau de source pour enlever le goût de vase (le mauvais goût). Ensuite, on les prélève ou on les transforme en fonction des commandes. On insiste sur le côté fraîcheur de nos produits. Il n'y a pas ici de surgelé ou de congelé », poursuit Jean-Baptiste Stalder. La période de très forte activité se situe pendant les fêtes de Pâques. Le printemps, l'automne et les fêtes de fin d'année (Noël et Nouvel An) sont également de grosses périodes. « Mais, nous travaillons toute l'année. C'est la raison pour laquelle nous avons comme projet en 2020 de construire ici un nouveau bâtiment de 500 m2 pour l'atelier de transformation contre 100 m2 seulement actuellement. Ce nouvel atelier sera aux nouvelles normes européennes, plus spacieux et moderne. Il permettra de travailler dans les meilleures conditions et de poursuivre notre développement », conclut Jean-Baptiste Stalder.












