Élevage

Après un méteil

Pourquoi pas un sorgho ?

Publié le 05/02/2020

Résistants à la chaleur et au manque d’eau, les sorghos avancent deux arguments de poids dans un contexte de changement climatique.

Un des avantages de récolter les méteils au stade ensilage est de libérer suffisamment tôt les parcelles pour implanter une culture suivante, qui profitera d’un sol structuré, avec peu d’adventices et riche d’un reliquat azoté. La solution la plus « basique » est d’implanter un maïs précoce. Mais d’autres possibilités existent. Notamment les sorghos, plantes qui présentent l’avantage, à ce stade de l’année, de bien supporter la chaleur. Il existe plusieurs types de sorghos. Les sorghos monocoupes ne se sèment pas avant le 15 mai. Le sol doit en effet afficher une température de 12 °C, sinon les adventices risquent de pousser plus vite que le sorgho, avec des difficultés de désherbage à la clé. Ce type de sorgho se récolte plus tard qu’un maïs ensilage, vers la mi-octobre, mais peut rester en place jusqu’aux premières gelées sans subir de perte de rendement. « Au contraire, indique Laurent Fritzinger, conseiller à la Chambre d'agriculture Alsace, plus le sorgho mûrit plus le rendement augmente. Et comme leur valeur alimentaire découle essentiellement de leur digestibilité et de leur teneur en sucre, il ne faut pas les récolter trop tôt. » La principale difficulté est de déterminer quand le sorgho est mûr. Les sorghos multicoupes s’apparentent davantage à une graminée, et se gèrent donc « comme de l’herbe ». La première coupe doit donc être positionnée avant l’épiaison. Puis, selon la chaleur, deux à trois coupes permettent de valoriser les repousses, qui sont assez rapides : « Il faut prévoir une coupe toutes les six semaines », prévient Laurent Fritzinger. Cependant, la valeur alimentaire de ce fourrage est moyenne, comparable à celle d’« un bon foin ». Pour ces deux types de sorghos, il existe des variétés BMR, moins riches en lignine, ce qui améliore leur digestibilité, donc permet de gagner en UFL. Mais, forcément, ces sorghos sont plus sensibles à la verse. Il s’agit donc de « bien gérer la densité de semis et la fertilisation azotée ». Itinéraire technique Les sorghos se sèment au semoir monograine afin de garantir une levée homogène. En effet, il n’y a pas de produit de désherbage homologué à moins du stade trois feuilles du sorgho, qui prend un certain temps à être atteint, d’où l’intérêt d’une levée homogène. Le besoin en azote est limité, de 50 à 80 unités, soit moins qu’un maïs. Laurent Fritzinger déroule les atouts des sorghos par rapport au maïs : « Ils sont moins gourmands en intrants, les semences sont moins chères, ils résistent bien à la chaleur et à la sécheresse grâce à un système racinaire plus profond. Ils attirent moins les sangliers. Riches en sucres, ils s’ensilent bien. Dans les rations, ils ramènent de l’énergie mais sans amidon, ce qui limite le risque d’acidose. » Quelques inconvénients tout de même : « Ils démarrent lentement, sont sujets à la verse, mûrissent lentement et doivent être ensilés après le maïs. » La comparaison des coûts de revient entre un maïs et un sorgho donne l’avantage au second. « Sachant qu’avec un sorgho BMR, on apporte quasiment autant d’UF qu’avec un maïs. » Citant une étude réalisée par Arvalis - Institut du végétal, Philippe Le Stanguennec, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture Alsace, précise : « Même si on fait 2 tMS/ha de moins avec un sorgho qu’avec un maïs on est encore bon en termes de coûts alimentaires. Et, à rendement égal, on obtient un gain de 5 €/1 000 l de lait avec le sorgho. »   Lire aussi : « Des pistes pour reconstituer les stocks », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Publié le 04/02/2020

Les méteils cumulent de multiples vertus, qu’elles soient agronomiques, alimentaires ou économiques. En outre, dans un contexte de changement climatique qui pénalise aussi bien le rendement des prairies que du maïs ensilage, ils diversifient les sources de fourrage, donc sécurisent les stocks.

Les méteils, mélanges de céréales et de légumineuses, présentent de nombreux avantages, exposés par Laurent Fritzinger, conseiller à la Chambre d'agriculture Alsace : « Ils constituent une couverture hivernale des sols, qu’ils explorent efficacement, grâce à des systèmes racinaires différents. Ils contribuent au maintien de la structure des sols. Selon les espèces utilisées, les méteils permettent aussi de limiter les opérations de désherbage en concurrençant les adventices. La présence de légumineuses implique des restitutions d’azote sur la culture suivante. En outre, les méteils sont généralement peu sensibles aux maladies et moins exigeants en eau que d’autres solutions, comme les intercultures de ray-grass. Enfin, ils ne requièrent aucun matériel spécifique, puisqu’un semoir à céréales et une faucheuse suffisent. » La principale charge des méteils est constituée par les semences : « Compter 150 à 200 €/ha, sachant que le prix augmente avec la proportion de protéagineux. Et qu’il est possible de faire son propre mélange, avec des semences de ferme pour les céréales, et de n’acheter que les protéagineux. » Il s’agit aussi d’être attentif à la composition du mélange, pour en maximiser les bénéfices. Laurent Fritziner conseille : « La proportion de chaque espèce dans le mélange dépend de ce qu’on veut en faire. Il est important d’utiliser des espèces qui affichent des précocités comparables et d’incorporer au moins une espèce tuteur. » Parmi les céréales envisageables, l’orge a peu d’intérêt, justement parce qu’elle ne constitue pas un bon tuteur. Le triticale est plus adapté, si on choisit des variétés résistantes à la verse. L’avoine peut être utilisée, à condition de choisir une variété résistante au gel. Tout comme le seigle fourrager, sachant que sa valeur alimentaire est médiocre, qu’il est très compétitif envers les protéagineux, mais qu’il est précoce. La tardiveté de l’épeautre peut nécessiter de retarder l’implantation de la culture suivante. Bref, la céréale parfaite n’existe pas ! Idem en ce qui concerne les protéagineux : le pois fourrager risque de faire verser le méteil s’il est semé trop dense, les vesces sont riches en protéines mais sont tardives et peuvent aussi faire verser les céréales, les trèfles survivent difficilement à la compétition inhérente au mélange, par contre la féverole est plus adaptée : « Elle résiste au gel, est très riche en protéines et constitue un tuteur en elle-même. » Des essais sur les méteils menés par la Chambre d'agriculture Alsace depuis plusieurs années, il ressort que les fertiliser ou pas ne change pas grand-chose, tant en termes de rendement que de valeur alimentaire. Ce n’est pas interdit « pour aider la céréale », mais si le mélange est riche en protéagineux, la fertilisation risque d’être contre-productive. Ces essais révèlent aussi que les méteils présentent des UFL compris entre 0,74 et 0,9. Les plus faibles valeurs énergétiques sont obtenues avec les mélanges à base de seigle ; les plus élevées avec des mélanges riches en pois ou en vesce. Quant à la teneur en protéines, elle va de 15,7 à 21 % de MAT (Matière azotée totale) avec de la féverole. Donc mieux qu’un maïs. Ces essais comprennent également une analyse économique, qui permet de démontrer l’intérêt de ces mélanges. Notamment parce que « leur coût de production, évalué à 55-80 €/tMS, est inférieur à celui de l’ensilage d’herbe, essentiellement grâce au faible niveau d’intrants », précise Laurent Fritzinger. Du champ à l’auge Outre ces avantages agronomiques et économiques, les méteils présentent aussi des intérêts alimentaires, puisqu’ils s’intègrent bien dans les rations à base de maïs ou d’herbe où ils apportent fibres et protéines. À condition de réussir la récolte ! Une étape pas toujours évidente : « Les méteils se caractérisent par leur faible teneur en matière sèche (MS) sur pied, la présence d’espèces à grosses tiges, difficiles à sécher au champ, leur tendance à former un couvert dense, qui maintient un microclimat humide et peu aéré au niveau du sol », décrit Philippe Le Stanguennec, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture Alsace. L’objectif est donc d’atteindre un méteil à 30 % de MS au champ, seuil qui permet de préserver les teneurs en sucres et en protéines en ensilage. Pour atteindre ce stade, « deux jours de séchage, c’est incompressible », constate Philippe Le Stanguennec. Il rappelle les facteurs qui conditionnent l’aptitude à l’ensilage d’un fourrage : « Plus la teneur en sucre est élevée, meilleure est la conservation. Et plus la teneur en éléments minéraux est élevée, plus le pouvoir tampon est fort, donc plus la baisse de pH est difficile. Enfin, plus le fourrage est humide, plus les protéines sont dégradées. » D’où l’intérêt du préfanage qui, en en accélérant la baisse du pH, réduit la protéolyse. Selon la météo, il n’est pas toujours évident d’obtenir un fourrage réunissant ces qualités. Dès lors, la pertinence du recours à un conservateur peut se poser. Ces conservateurs sont généralement composés de bactéries, qui transforment les sucres simples en acides, qui diminuent le pH. Ils contiennent éventuellement aussi des enzymes, qui ont pour objectif d’attaquer la cellulose et de transformer les sucres complexes en sucres simples. Ils peuvent aussi être plus simplement composés d’acides. Pour Philippe Le Stanguennec, ces conservateurs ont un intérêt si la teneur en MS du méteil est insuffisante, s’il est riche en légumineuse, si l’acidification risque d’être lente entraînant une dégradation des protéines, ou encore si de la terre a été incorporée à la récolte, engendrant un risque de multiplication de spores butyriques. Pour garantir leur efficacité, il convient de « les répartir de manière homogène dans le silo, en respectant la dose préconisée par le fabricant ». Maintien des performances techniques, amélioration des performances économiques Il ne reste plus ensuite qu’à valoriser les méteils dans les rations. Ils peuvent par exemple remplacer une partie de l’herbe. Leur teneur en azote plus élevée permet d’économiser du correcteur. Ils peuvent aussi remplacer une partie du maïs, avec également des économies de correcteur à la clé. « Mais, comme on perd en UF, il faut apporter des céréales », tempère Philippe Le Stanguennec. Le conseiller cite une étude menée par l’Idele et qui démontre qu’en intégrant 30 % de méteil dans une ration, les résultats sont équivalents à la ration de référence, que ce soit en termes d’ingestion, de production de lait ou de taux, avec cependant la perte d’un point de matière grasse. Ce qui se répercute sur la paie de lait. Mais « comme le coût de la ration est un peu inférieur, la marge est supérieure avec la ration comprenant 30 % de méteil », rapporte Philippe Le Stanguennec. Qui précise que l’étude se fonde sur un rendement en méteil de 6,5 tMS/ha. « Si le rendement baisse, le coût à la tonne augmente. Mais le méteil reste performant jusqu’à 4,5 tMS/ha. » Pour conclure, les techniciens rappellent qu’afin d’obtenir la valeur énergétique la plus élevée possible, les méteils gagnent à être récoltés jeunes, donc généralement en mai. Ce qui suggère de bien choisir la culture suivante.   Lire aussi : « Une association gagnante », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin ; « Des pistes pour reconstituer les stocks », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.  

Publié le 03/02/2020

Des mesures de biosécurité permettent de se prémunir contre les boiteries infectieuses. Pour les boiteries non-infectieuses, un parage fonctionnel et curatif vient à bout des lésions les plus fréquentes.

Les boiteries infectieuses sont des maladies qui peuvent se transmettre d’un animal à l’autre. Pour Andrea Fiedler, vétérinaire allemande spécialisée dans les affections des onglons, qui intervenait lors de la journée technique lait franco-allemande en novembre dernier à Kehl, des mesures de biosécurité permettent d’éviter les contaminations au sein des élevages. Les deux principales maladies infectieuses touchant à la santé des onglons sont le panaris et la maladie de Mortellaro (dermatite digitale). Cette dernière a pris beaucoup d’ampleur en Allemagne durant les vingt dernières années, souligne la vétérinaire. Une vache atteinte de panaris a le pied enflé et reste le plus souvent couchée. Le panaris est causé par des germes - fusobactérium nécrophorum, principalement - qui pénètrent dans la peau à l’occasion d’une petite blessure. « Dans une stabulation, quand il y a beaucoup de lisier sur les surfaces, la pression microbienne augmente », indique Andrea Fiedler, soulignant que le lisier attaque la peau et permet aux germes de pénétrer. « Quand il n’y a pas assez de couchages dans une étable ou qu’un panaris n’est pas correctement traité, l’animal devient hautement contagieux pour toute la stabulation et on a vite dix ou quinze vaches contaminées ». Le premier réflexe est d’isoler la vache atteinte pour éviter la propagation des germes. Il faut ensuite procéder à un nettoyage soigneux des onglons et poser des compresses sur la plaie avec beaucoup de coton synthétique pour limiter la douleur. Ce pansement est à changer au bout de 24 h. Le vétérinaire prescrira des antidouleurs et un traitement par antibiotiques. Une intervention chirurgicale peut être entreprise pour enlever les tissus lésés. Dermatite digitale : de gros dégâts économiques La dermatite digitale provoque de gros dégâts économiques et des souffrances importantes chez les animaux qui en sont atteints. Elle se développe en l’espace de quelques semaines, sous l’effet d’un manque d’hygiène ou d’un excès de lisier dans la stabulation, explique la vétérinaire. Les animaux achetés à l’extérieur, en particulier les jeunes bovins, sont souvent à l’origine de la contamination du troupeau, constate Andrea Fiedler. Les bactéries incriminées - les spirochetes - vont sous la peau et n’ont pas besoin d’oxygène pour survivre. Elles endommagent les couches supérieures du derme. Si elles franchissent la membrane basale, des kystes peuvent s’installer. « Il faut réagir très tôt pour éviter que cela ne devienne chronique », insiste Andrea Fiedler en recommandant un suivi des animaux touchés. Aux stades aigus et chroniques, en effet, il est difficile de revenir à une phase saine. D’un point de vue génétique, toutes les vaches ne sont pas logées à la même enseigne : certaines d’entre elles restent toute leur vie à un stade chronique, elles constituent donc de véritables « bombes à retardement » pour le reste du troupeau. Selon la vétérinaire, certains taureaux résistent mieux à la dermatite digitale, mais cet aspect reste à documenter. Les informations remontées par les pareurs renseignent sur la fréquence de cette maladie. Dans le Bade-Wurtemberg comme en Bavière, les données sur le sujet sont de plus en plus nombreuses. Une détection précoce des cas Face à cette maladie, un plan de biosécurité en cinq points est préconisé par la vétérinaire. Il faut d’abord veiller à ce que les animaux introduits dans l’élevage n’apportent pas de germes dans la stabulation. Au sein de l’élevage, l’attention doit porter sur l’hygiène des logettes, la ventilation du bâtiment, la densité d’occupation. Le troisième point repose sur une détection précoce des cas. Celle-ci peut se faire à la salle de traite avec une lampe de poche, indique la vétérinaire. « Si on trouve quelque chose, il faut agir tout de suite, surtout si la lésion est rouge et douloureuse ». L’utilisation d’un spray contenant un antibiotique est recommandée, ou d’un spray à base de cuivre et de zinc. Lorsque les lésions sont plus importantes (plus de 2 cm), des produits comme Novaderma ou le pansement polyuréthane Mortella-Heal sont indiqués. Chaque animal atteint doit être traité une deuxième fois et si des complications se présentent, mieux vaut faire appel à son vétérinaire ou à son pareur. Réduire la pression microbienne est une autre façon de se prémunir contre la dermatite digitée. Si l’on utilise un pédiluve, il faut veiller à changer l’eau régulièrement et à utiliser des produits qui ne sont pas trop agressifs pour la peau pour ne pas la léser. Des onglons mal conformés Les boiteries non-infectieuses, elles, peuvent être liées à des défauts de conformation des onglons, relève Catherine Lutz, vétérinaire en Alsace. Les onglons asymétriques se rencontrent sur la majorité des vaches laitières : lorsque la vache pose son pied par terre, toutes les forces se concentrent sur le plus grand des onglons. Si le parage ne suffit pas à assurer un retour à l’équilibre, la pose d’une talonnette peut être une solution. La concavité de la muraille dorsale (également appelée sabot chinois) est un autre défaut de conformation, qui engendre une boiterie légère. L’origine peut être métabolique ou liée à un manque de parage. Le traitement consiste en un parage préventif régulier, idéalement tous les trois ou quatre mois, précise Catherine Lutz. Comme le sabot chinois, la rotation de l’onglon - interne ou externe - se rencontrait beaucoup dans les étables entravées. Son origine est incertaine : le manque de parage régulier ou la vieillesse. Elle engendre une boiterie chronique et peut se traiter par un parage régulier préventif. Attention toutefois à ne pas faire saigner la pointe et à ne pas réaliser un parage excessif, prévient la vétérinaire. Les onglons en ciseaux, eux, ne font pas boiter mais ils provoquent une gêne constante. Ils sont dus à un manque d’usure des onglons auquel on peut remédier par un parage fonctionnel. Même traitement pour la fissure verticale de la muraille interne de l’onglon (aussi appelée seime longitudinale interne) dont l’origine est peut-être génétique. La seime cerclée, qui est une fissure horizontale de la muraille, passe souvent inaperçue car elle est cachée par les déjections. Son origine est métabolique - un vêlage difficile, une diète alimentaire ou un sevrage brutal - et dans la majorité des cas, aucun traitement n’est nécessaire, selon Catherine Lutz. La seime longitudinale externe est souvent liée à l’alimentation. Le traitement ne s’impose que si cela touche le pododerme. Dernier défaut de conformation, la sole fine, liée à un excès de parage, à une usure du sol trop forte ou à une pousse trop faible de la corne. Le traitement consiste en la pose d’une talonnette en mousse et de pansements, si les deux onglons sont touchés. Fourbures : attention à la station debout prolongée La fourbure désigne les lésions de la boîte cornée, à savoir les décollements, les bleimes, les ulcères et les ouvertures de ligne blanche. Les facteurs de risques exposant à la fourbure sont nombreux : un amaigrissement en début de lactation, par exemple, peut provoquer un amincissement du coussinet digital, qui va se traduire par une augmentation de la pression sur le derme de la sole, des hémorragies de la sole et des lésions de la boîte cornée. Le décollement de la sole, qui peut rapidement évoluer en abcès, doit être traité par un parage de toute la zone décollée avec pose d’une talonnette si nécessaire. La fissure de la ligne blanche peut également provoquer un abcès, très douloureux pour la vache. L’abcès de la ligne blanche survient quand les tissus vifs sont atteints, elle peut se compliquer d’une infection conduisant à l’abcès de la sole. Le traitement consiste en un parage curatif avec pose de talonnette si besoin. La fourbure peut aussi résulter d’une station debout prolongée : c’est le cas lorsqu’il y a un épisode de stress thermique. Les boiteries surviennent généralement deux mois à deux mois et demi plus tard, constate Catherine Lutz. Ou alors lorsque la salle de traite n’a pas suivi l’augmentation de la taille du troupeau : l’attente avant la traite augmente pour les vaches ainsi que les boiteries. Le paramètre alimentaire, en revanche, est celui qui a le moins d’impact direct sur les lésions non infectieuses, précise la vétérinaire. La bleime, diffuse ou circonscrite, se traduit par une coloration anormale de la sole. Diffuse, elle nécessite un parage préventif. Circonscrite, elle peut évoluer en ulcère de la sole si elle n’est pas parée. L’ulcère de la sole est un bourgeonnement de chair pouvant se compliquer par une surinfection de dermatite digitale. L’ulcère de la pince est un bourgeonnement de chair situé en pince qui peut se compliquer en nécrose de la pince. Un parage et la pose d’une talonnette en constituent le traitement. Dans les cas compliqués, une anesthésie du pied peut être nécessaire pour soigner le pied du bovin correctement. Quant à l’ulcère du talon, il se soigne par anti-inflammatoire, ce qui nécessite de passer par le vétérinaire. La limace est liée à un excès de pression sur les ligaments interdigitaux croisés qui provoque une pression sur les tissus mous interdigitaux. Une tumeur externe se forme alors sur la peau détendue. Les facteurs de risque sont l’humidité, les irritations mais il y a aussi un gros facteur génétique, constate Catherine Lutz. Il n’y a souvent aucun traitement. Couper ou brûler l’excroissance interdigitale n’est pas recommandé car cela fait souffrir la vache.   Lire aussi : « La longévité, « un investissement qui vaut le coup » », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

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