Élevage

Syndicat des éleveurs de race prim’holstein

Une race toujours plus performante

Publié le 23/03/2020

C’était peut-être l’ultime réunion agricole à s’être tenue normalement en cet épisode de pandémie. L’assemblée générale du syndicat des éleveurs de race prim’holstein a fait état de performances croissantes dans les élevages.

Mais où s’arrêtera la prim’holstein ? Race laitière par excellence, ses performances en matière de productivité ne cessent de s’améliorer. Alors que c’était un record exceptionnel il y a encore quelques années, désormais 75 éleveurs dépassent la barre des 10 000 l de lait produit par vache en moyenne. Une « belle performance », saluée par Jean-François Dintinger, président du syndicat des éleveurs de race prim’holstein. Les résultats de Prim'Holstein France pour le Bas-Rhin, présentés par Perrine Ludwig, vont dans le même sens. 20 402 vaches sont inscrites au contrôle laitier, avec une productivité moyenne de 9 282 litres de lait par vache, ce qui est supérieur à la moyenne française, tout comme le taux protéique, alors que le taux butyreux est inférieur à la moyenne française. Perrine Ludwig a dressé le palmarès des élevages les plus performants. La meilleure note globale est obtenue par l’EARL Wollenburger (qui est aussi 13e au niveau national). En ISU, l’élevage le plus performant est l’EARL Fischer. En lait brut, il s’agit de l’EARL Fischer Yannick à Gottesheim. En TP, le Gaec des Cigognes et la SCEA Knab sont ex aequo. En TB, les meilleures performances sont obtenues par la ferme Wilt. L’EARL Tiergarten de Bouxwiller se distingue par ses bonnes performances en mamelles et en index reproduction : première au rang départemental, elle se classe aussi respectivement 45e et 6e au niveau national. Enfin, la première place en matière de production de lait par jour de vie est occupée par le Gaec Pfennig à Obermodern Zutzendorf. Perrine Ludwig a ensuite présenté des outils développés par Prim'Holstein France afin de faciliter le travail des éleveurs. Le logiciel éCow permet de classer les vaches en fonction de leurs performances économiques sur la base des données de pointage, du contrôle laitier, de la plus à la moins rentable, avec le détail de chaque lactation. Une application gratuite pour les adhérents compile 4 000 taureaux, avec une fiche pour chacun, la possibilité de les filtrer… Enfin, Illicow est un logiciel qui permet de tester des accouplements entre une femelle et un taureau. Ou encore de tester la consanguinité d’un taureau sur le troupeau entier. Aller vers davantage de variabilité génétique L’entreprise de sélection Élitest accompagne également les éleveurs dans leur quête de performance, en faisant du génotypage, des accouplements dirigés, de la pose d’embryons… Pour mener ce travail à bien, Élitest travaille avec 120 éleveurs partenaires. Un effectif que Denis Benilde, technicien création génétique à Élitest aimerait voir grossir : « La génétique doit rester dans la main des éleveurs. Car cela permet de travailler sur des critères d’intérêt. » Il a donc rappelé qu’être éleveur partenaire induit des avantages : « Nous demandons aux éleveurs de s’engager sur trois ans, pour gommer le hasard, et parce qu’il faut compter quatre à cinq embryons posés par an pour obtenir au moins un animal génétiquement supérieur à la clé. La pose des embryons est gratuite pour tous les embryons achetés à la coopérative et tous les veaux sont génotypés gratuitement. Les meilleures femelles sont mises en station puis revendues gestantes aux partenaires après quatre sessions de collectes d’embryon. ». Seules contraintes : « Adhérer au GDS pour le sanitaire et au contrôle laitier afin de collecter les données qui permettent d’indexer les taureaux. » Denis Benilde qualifie le schéma de sélection d’Elitest de « jeune mais performant ». Plus de dix taureaux sont déjà diffusés et huit sont en attente. Avec une ligne de conduite : « On assiste à la fin d’un star-system, pour aller vers davantage de variabilité génétique. »

Publié le 18/03/2020

Suite à une hausse de la demande des abatteurs en veaux montbéliards, des animaux sont mis en place dans les élevages. L’occasion d’évoquer les bonnes pratiques d’élevage des veaux, et notamment la délicate adaptation de leur alimentation à leurs besoins physiologiques très évolutifs.

Être expulsé de son jacuzzi chauffé avec alimentation en continu pour atterrir sur le plancher des vaches n’est sans doute pas une partie de plaisir pour les petits mammifères. Rien de telle qu’une bonne prise de colostrum pour se réchauffer, booster son système immunitaire, rapidement mis à rude épreuve, et constituer sa flore intestinale avec les bons microbes de sa génitrice. Pour un petit veau des temps modernes, Bruno Martin, technicien bovin viande chez Lallemand Animal Nutrition, préconise une dose a priori gargantuesque pour un si petit animal : 4 l de colostrum. Il s’explique : « les vaches laitières actuelles ont été sélectionnées pour faire beaucoup de lait tout de suite, donc les anticorps contenus dans le colostrum sont dilués ». Les veaux doivent ensuite recevoir une alimentation lactée. « Il faut éviter le lait présentant des résidus d’antibiotiques, car l’antibiorésistance est une réalité », souligne le technicien de Lallemand. Le lait entier produit par les vaches laitières n’est plus forcément adapté aux besoins des jeunes veaux car la sélection génétique a modifié les taux protéiques et butyreux, pour produire du lait gras où les minéraux sont dilués. Aussi Bruno Martin préconise le recours aux aliments d’allaitement, « plus adaptés », mais aussi plus chers. Chez les ruminants, il est primordial de stimuler le développement des papilles du rumen, ce qui passe par l’introduction de concentrés lors du sevrage, qui s’accompagne d’un changement de flore important. Bruno Martin incite donc à ménager les veaux en ne leur imposant pas un changement d’ambiance simultané. Le spécialiste préconise d’être « intensif et libéral » sur la consommation de concentré par les jeunes animaux : « C’est là qu’on fait la marge par rapport à un animal âgé. Parce que c’est la fermentation du concentré qui fait le rumen, et parce que 60 % de ce qui est ingéré passe au niveau des papilles ». Mais attention, un veau ne rumine pas encore beaucoup, il existe un donc un risque de subacidose. Pour s’en prémunir, l’animal doit aussi avoir accès très facilement à des fibres. « La menue paille est très efficace pour stimuler la digestion », note-t-il. « La flore intestinale met trois semaines à s’adapter à une nouvelle ration » Autre ingrédient qui doit être hyperaccessible : l’eau, en plus du lait, car cela a un effet sur la digestibilité de la ration, et améliore nettement les GMQ. En outre, les veaux ont besoin de sel. À noter que la mise à disposition d’argile alimentaire permet de mieux passer les phases délicates, comme le sevrage, en agissant comme du Smecta, pour un coût modéré. Plusieurs méthodes de sevrage sont envisageables. Bruno Martin cite celle du « step down », qui consiste à donner beaucoup de lait au départ puis à diviser la dose par deux à 45 jours pour inciter les veaux à consommer du concentré. De manière générale, les essais tendent à montrer que plus les veaux consomment de lait plus longtemps, meilleur est leur GMQ. Pour ce qui concerne la transition des veaux sevrés montbéliards, Bruno Martin observe que « la flore intestinale met au moins trois semaines à s’adapter à une nouvelle ration ». Pour faciliter l’adaptation à la ration d’engraissement, il préconise donc d’y incorporer un peu de maïs grain entier, car c’est un aliment auquel les veaux sont habitués chez les naisseurs. Ensuite, « les besoins ne sont pas les mêmes en fonction de l’évolution du poids vif. En outre, les animaux font d’abord du muscle et ensuite du gras, donc leurs besoins alimentaires évoluent ». Deux solutions s’offrent alors aux éleveurs : « Ou préparer deux remorques mélangeuses, une pour les plus jeunes et une autre pour les plus âgés. Ou préparer une ration unique et la compléter avec un complément azoté pour les plus jeunes ».   A lire aussi : « Aux petits soins avec les bovins »

Publié le 17/03/2020

Vendredi 6 mars, Comptoir Élevage a organisé une réunion technique à l’attention des éleveurs bovins. Au programme : transportabilité et bien-être animal, gestion des fortes chaleurs dans les bâtiments, introduction et préparation sanitaire des broutards... Avec en trame de fond le souci qu’ont les éleveurs de satisfaire les besoins physiologiques des animaux.

Depuis 2015, les animaux sont reconnus comme des êtres sensibles par le Code civil. Ces dernières années, la cause animale est devenue prégnante dans la société et les associations de défense des animaux prolifèrent. Mais certaines, sous couvert de vouloir défendre les animaux, semblent plutôt vouloir en finir avec l’élevage. Marc Peterschmitt, vétérinaire à Comptoir Élevage, appelle donc les éleveurs à « être vigilants ». Non seulement en respectant scrupuleusement la réglementation en vigueur, bien sûr, mais aussi en protégeant les élevages des intrusions malveillantes. La transportabilité, une notion subjective En matière de réglementation à respecter, la loi dit, par exemple, qu’il est interdit de transporter des animaux vivants inaptes au transport, comme des animaux malades, blessés ou présentant des faiblesses physiologiques. Par dérogation, des animaux légèrement blessés et transportables peuvent être acheminés vers l’abattoir s’ils sont accompagnés d’un certificat vétérinaire d’information (CVI) « animal vivant » établi par un vétérinaire sur le lieu de départ. L’arrêté du 5 juin 2018 portant sur la transportabilité des animaux pose aussi la coresponsabilité de l’éleveur, du transporteur et du vétérinaire sur la notion de transportabilité de l’animal. C’est néanmoins au vétérinaire qu’il revient de se prononcer sur l’aptitude au transport de l’animal lors de l’établissement du CVI. Or certains cas sont sujets à interprétation, et les avis des vétérinaires et des abattoirs peuvent diverger. En tout état de cause, transporter jusqu’à l’abattoir un animal inapte au transport expose à l’établissement d’un procès-verbal. Il est donc primordial de faire appel au vétérinaire pour établir un CVI, estime Marc Peterschmitt. La notion de transportabilité ne concerne pas que les animaux accidentés : Marc Peterschmitt prend l’exemple de la teigne ou de la gale. Des affections de la peau qui ne gênent pas le transport de l’animal, n’affectent pas la qualité de la viande, mais des animaux que les bouviers à l’abattoir doivent manipuler avec précaution pour ne pas attraper de champignons. Certains abattoirs refusent de prendre en charge ces animaux, d’autres pas. Marc Peterschmitt dénonce une certaine difficulté à trancher : « Les vétérinaires devraient intervenir dès qu’un animal pète de travers avec un document d’information. Les vétérinaires peuvent le faire, ce sont des actes rémunérés. Mais les éleveurs devraient aussi avoir leur mot à dire ». Car après tout, quand un animal n’est pas transportable, c’est à l’éleveur de se dépêtrer. Reste le cas des animaux accidentés non transportables : théoriquement, ces animaux peuvent être abattus à la ferme, mais à des conditions si restrictives qu’en pratique c’est quasiment impossible : « Cela revient à se refiler la patate chaude », regrette Marc Peterschmitt, qui précise que l’arrêté du 5 juin 2018 remet au goût du jour un CVI « carcasse » pour le transport d’une carcasse d’un animal abattu sur son lieu de détention à destination d’un abattoir. Refroidir les élevages pour le bien-être… L’une des cinq libertés fondamentales qui sous-tendent la notion de bien-être animal consiste à ne pas laisser les animaux « souffrir de contrainte physique grâce à un environnement approprié ». Dans un contexte de changement climatique, caractérisé par des épisodes de fortes chaleurs estivales, les équipes de Comptoir Élevage ont mené une campagne de mesures d’humidité et de température dans les étables de 25 éleveurs. Résultat : « Il fait parfois plus chaud dans les bâtiments qu’à l’extérieur, parfois même la nuit ». Des températures records de 70 °C ont été enregistrées sous des toitures en fibrociment, sachant qu’un bovin entre en stress thermique dès 24 °C. Dès lors, comment aménager les bâtiments pour limiter le stress thermique des animaux, néfaste tant à leur bien-être qu’aux performances économiques de l’élevage ? L’étude a montré que les ventilateurs permettent de réduire la température dans l’étable au-dessous d’un certain seuil, mais qu’en phase de canicule, ils deviennent inefficaces, et ne font plus que brasser l’air chaud. Dommage, car c’est là qu’ils seraient les plus utiles. Certains éleveurs arrosent le toit des étables. L’étude révèle que cette pratique permet surtout d’abaisser la température du toit, mais moins celle du bâtiment, et que pour être réellement efficace il faudrait commencer à arroser le toit avant même qu’il n’atteigne une certaine température. Autres éléments de réponse de l’étude : les qualités isolantes du bois sont confirmées, mais dans le mauvais sens, puisque ce matériau retient la chaleur, aussi bien en hiver qu’en été. À l’inverse, les bâtiments couverts de panneaux photovoltaïques, parce qu’ils sont généralement bien isolés et ventilés pour optimiser le fonctionnement des panneaux, sont aussi des bâtiments où le mercure monte moins haut. … et les performances économiques Les équipes de Comptoir Élevage se sont en outre livrées à une analyse statistique en croisant les GMQ et les périodes d’entrée et de sortie des animaux. Résultat : « Entre les animaux qui connaissent une période estivale sur la période d’engraissement et ceux qui n’en connaissent pas, il y a une différence significative de 123 g/j de GMQ », rapporte Marc Peterschmitt. Qui souligne un biais possible : « Les animaux introduits en automne sont généralement de meilleure qualité bouchère que ceux introduits en hiver. Ces chiffres ne reflètent donc pas que l’impact de la chaleur sur la vitesse d’engraissement. » À noter aussi que les chiffres tendent à mettre en évidence un impact différent du stress thermique selon la phase d’engraissement. Il serait moins important durant les phases précoces que sur le milieu d’engraissement et la finition. Un constat en adéquation avec la physiologie : « Plus un animal est lourd et gras, plus il a de difficulté à évacuer la chaleur », rappelle Marc Peterschmitt. Face à ce constat, quelles solutions ? Les premières mesures à mettre en œuvre consistent à ouvrir les bâtiments dès que la température avoisine 20 °C, et à assurer l’accès à l’abreuvement. Mme Kiefer, éleveuse à Oermingen, au sein du Gaec Kiefer, a tenu à partager son expérience en matière de tubes de ventilation puisqu’elle en est pleinement satisfaite. Dans le bâtiment dédié aux veaux, les éleveurs ont investi dans des tubes en textile perforés dans lesquels un ventilateur propulse de l’air frais venant de l’extérieur. Cela engendre une surpression qui pousse l’air avarié jusqu’à l’autre bout du bâtiment. Le bâtiment des laitières a été équipé d’une gaine munie de buses orientables au-dessus de l’auge et des logettes. Une solution efficace pour améliorer le bien-être des bovins, mais qui a un coût, constate l’éleveuse. Laurent Boime, éleveur à Pfettisheim, confirme l’intérêt des systèmes de ventilation dynamique par surpression, inspirés de ceux qui équipent les élevages porcins : « Il y a 4 ans, nous avons investi avec la société Orela dans un système qui fonctionne avec un tube en PVC perforé », précise-t-il.   En visite au Gaec de la Source à #Wickersheim avec @comptoir_agri élevage au courq de la journée technique #bovins@EAVPHR #lagricultureelleassure pic.twitter.com/RyU4UFyUAq — Germain Schmitt (@germain_schmitt) March 6, 2020   L’aromathérapie à l’étude Lorsque la ferme du lycée agricole d’Obernai a commencé à fournir l’enseigne Leclerc en viande bovine, cela s’est traduit par une modification de la conduite d’élevage. En effet, afin de pouvoir sortir régulièrement des animaux finis, il faut aussi en introduire régulièrement. Une évolution qui a été l’occasion de tester de nouvelles pratiques d’introduction et de préparation sanitaire des broutards, notamment avec l’aromathérapie, en complément de la vaccination et vermifugation. « Le cadre réglementaire de mise en œuvre de l’aromathérapie est très strict, rappelle Marc Peterschmitt. Seules 21 huiles essentielles sont autorisées en élevage ». Au lycée agricole d’Obernai, les animaux ont été traités avec un mélange de cinq huiles essentielles appliqué à leur introduction sur la ligne du dos depuis septembre 2019. Leurs croissances, morbidité, mortalité sont suivies et vont continuer de l’être. Un essai contemporain comparatif n’était pas possible : en effet, étant donné la volatilité des huiles essentielles, pas sûr que les résultats obtenus pour ceux traités soient statistiquement différents de ceux de leurs congénères traités classiquement, par vaccination et vermifugation. Antibiotiques : pas automatiques, mais bien pratiques Autre étude en cours : le suivi de la température des animaux introduits au moyen d’une mesure rectale quotidienne. Première conclusion : la fièvre est presque plutôt une règle qu’une exception : « Il y en a sur 100 % des lots dès le premier jour, surtout sur les animaux les plus jeunes, à plus de 40 °C, et souvent persistante », rapporte Marc Peterschmitt. La cause de ces syndromes fébriles n’est pas établie, mais Marc Peterschmitt croit davantage à une origine infectieuse qu’au stress lié au transport et à la mise en lots. Une chose est sûre : la fièvre fait baisser le GMQ. Néanmoins, il a été décidé de ne pas traiter tous les animaux fébriles, « car si on n’avait pas pris leur température on n’aurait rien vu », mais seulement ceux qui toussent. Conclusion de Marc Peterschmitt : « Les antibiotiques, ce n’est certes pas automatique, mais sur un syndrome fébrile et pulmonaire à l’introduction, ça sert bien quand même ».   Journée #vaches allaitantes. Les leviers d'adaptation au changement climatique avec Julien Fortin et la présentation d'un coproduit de brasserie, les dreches, avec #Bonda Nutrition Animale @EAVPHR #lagricultureelleassure pic.twitter.com/CUttyYGtAd — Germain Schmitt (@germain_schmitt) March 6, 2020   A lire aussi : « Un exercice sous tension »

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