Élevage

Syndicat de la race montbéliarde du Bas-Rhin

De cinq à sept

Publié le 31/03/2020

La montbéliarde est une race un peu confidentielle dans le Bas-Rhin : sept élevages sont suivis dans le cadre de la gestion technique des troupeaux laitiers, contre 37 dans le Haut-Rhin. Ces statistiques ne prennent en compte que les troupeaux comportant au moins 80 % d’animaux montbéliards. Pour autant, le président du syndicat de la race, Jean-Marie Schoenel, s’est réjoui de l’arrivée de deux nouveaux élevages.

Le prix du lait connaît une légère amélioration depuis 2019. Cette tendance devrait se poursuivre en 2020, a indiqué Jean-Marie Schoenel lors de l’assemblée générale du 6 mars à Batzendorf. « Le président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait), Thierry Roquefeuille, a insisté récemment sur le fait que la grande distribution doit se baser sur nos coûts de production pour fixer le prix de vente du lait. Les éleveurs doivent signaler à la FNPL les enseignes qui ne jouent pas le jeu pour faire pression sur elles. » Cette assemblée générale a permis de mieux cerner les performances des élevages montbéliards bas-rhinois, avec un effectif moyen de 56,7 vaches, en recul de 11 vaches par rapport à 2019, une production de lait brut de 7 281 kg, relativement proche de la moyenne alsacienne, toutes races confondues, qui est de 7 952 litres. Les chiffres avancés par José Estève, du Contrôle laitier, font état d’un recul de 864 l de la production de lait à 7 %, à 7 081 l, imputable à la mauvaise qualité du fourrage. Le taux cellulaire s’est amélioré, à 129 000 cellules, et reste très inférieur à la moyenne alsacienne (182 000 cellules). Le rang moyen de lactation est de 2,7 contre 2,5 en moyenne, l’intervalle vêlage-vêlage s’est rallongé de 14 jours, mais est toujours plus bas que celui des autres races : 408 contre 418. La complémentation des vaches s’est renchérie, là encore du fait de la mauvaise qualité du fourrage. Le prix du concentré est en baisse, sous l’effet de la croissance des concentrés fermiers. Le produit lait hors complémentation a augmenté de 14 € par tonne de lait. Un renouvellement important de l’offre L’offre montbéliarde a été profondément renouvelée, a indiqué Pierre Élie Richard, technicien montbéliard à Élitest. Il a remercié les éleveurs bas-rhinois pour leur participation au schéma de sélection. « Un veau mâle de l’élevage Reinhardt à Menchhoffen issu du partenariat Umotest a intégré ce schéma. Par ailleurs, une génisse de l’élevage Gerber à Ingolsheim est entrée récemment à la station de donneuses d’embryons d’Épinal. Nous la rendrons gestante à son propriétaire pour qu’elle poursuive sa carrière de laitière à la ferme. » Joanie Lutz, du GDS Alsace, a fait le point sur la lutte contre l’IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine), une maladie virale très contagieuse provoquée par un herpès virus bovin. Suite à une surveillance très stricte, d’énormes progrès ont été accomplis en Alsace qui recense 25 cheptels en assainissement, treize cheptels comptant moins de cinq bovins positifs et huit cheptels avec plus de 19 bovins positifs. Des changements sont à venir dans le programme de lutte contre la BVD (diarrhée virale bovine), une maladie infectieuse due à un pestivirus. « Actuellement, nous sommes en phase de bouclage et d’élimination des IPI (infecté persistant immunotolérant). La proportion de veaux positifs est relativement stable, tout comme le nombre de cheptels infectés qui se situe en dessous de la moyenne de la zone. Nous devrions passer prochainement en phase de surveillance sérologique », a annoncé Josie Lutz. Des tests sont en cours dans quatre secteurs alsaciens : Drulingen, La Petite Pierre, Bischwiller et Guebwiller. Pour autant, cette méthode ne fait pas l’unanimité. Ainsi, Jean-Marie Schoenel est favorable au maintien du système de bouclage, même s’il est plus onéreux, car il a fait ses preuves. Les éleveurs mosellans, qui expérimentent depuis deux ans la surveillance sérologique, rencontreraient quelques difficultés. Viser la neutralité carbone d'ici 2050 Dans le Grand Est, la mutualisation des services élevage se poursuit, a annoncé le directeur adjoint du service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Clarys, qui devrait succéder prochainement à Philippe Caussanel. Les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, de la Haute-Marne et de la Moselle, qui ont lancé la démarche en 2017, ont été rejoints par trois autres départements, depuis lors. « L’objectif est de mettre en commun nos moyens et de travailler sur l’innovation dans les services. Cela se traduit notamment par une montée en compétences des agents de pesée, afin d’accentuer leur mission de collecte de données d’élevages, et par l’accroissement de l’expertise des conseillers ». L’impact environnemental des élevages a souvent fait l’actualité, au cours des derniers mois. L’empreinte carbone d’une vache laitière est estimée à 0,87 kg en CO2 par litre de lait. Les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre sont la fermentation entérique, les intrants et la gestion des effluents. Mais il ne faut pas oublier, a souligné Laurent Clarys, que l’élevage bovin préserve 5,7 millions d’hectares et qu’une ferme laitière compense 14 % de ses émissions de carbone. La filière laitière est investie depuis plusieurs années dans l’adaptation au changement climatique et la réduction de l’empreinte carbone du lait. Après le programme LIFE Carbon Dairy, l’Idele lance la démarche « Ferme laitière bas carbone », un projet qui vise à réduire de 20 % les émissions de GES par litre de lait d'ici 2025. « L’empreinte carbone est un critère de plus en plus important pour les consommateurs. Notre stratégie consiste à viser la neutralité carbone d'ici 2050. Un label bas carbone a été créé en 2018, avec un système de crédit carbone géré par France Carbon Agri », a indiqué Laurent Clarys. Sur la base d’un diagnostic carbone initial de l’exploitation, un projet de réduction de l’empreinte carbone est mis en place. Il s’agit d’activer des leviers d’action pour faire des gains de carbone donnant droit à des crédits carbone. « En Alsace, une ingénieure a été formée, elle est en train de réaliser les premiers diagnostics ».   Lire aussi : Des élevages peu nombreux mais performants   Les éleveurs de #montbeliarde en AG aujourd'hui. Le thème du jour : comparaison de la production laitière entre un élevage de montbéliardes et un troupeau mixte.#CeuxQuiFontLeLait #CeuxQuiFontLaViande @EAVPHR #lagricultureelleassure pic.twitter.com/YQKow7P58X — Germain Schmitt (@germain_schmitt) March 6, 2020  

Publié le 27/03/2020

Si la plupart des organismes d’élevage continuent à assurer un service minimum, Elitest a suspendu son service d’insémination dans quatre secteurs du sud de l’Alsace.

Vendredi 20 mars, Elitest a suspendu son service d’insémination dans quatre secteurs du sud de l’Alsace en raison du Covid-19 : Ferrette, Altkirch, Dannemarie et les collines sous-vosgiennes. « Nous avons pris cette décision suite à l’explosion des cas chez des éleveurs du Sundgau et dans leur entourage, explique Lilian Sellenet, responsable des inséminateurs chez Elitest. Et parce qu’une de nos inséminatrices présentait des symptômes qui l’ont obligée à être confinée. » La coopérative d’insémination a ainsi voulu protéger les inséminateurs dont la santé est fragile, et ne pas exposer davantage ses adhérents. Cette suspension du service a été décidée « jusqu’à nouvel ordre ». « On espère que cela ne va pas durer plus de quinze jours car le cycle d’une vache est de trois semaines », indiquait, ce lundi, Lilian Sellenet, mais en pleine période de crise sanitaire, il est difficile de faire des prévisions. Les éleveurs concernés - ils seraient autour de 250 - ont été avertis par courrier. « C’est une mesure exceptionnelle. Dans le passé, même en cas de fièvre aphteuse, nous n’avions jamais suspendu l’activité », souligne Lilian Sellenet. Dans le reste de l’Alsace, Elitest assure un service minimum : « Nous privilégions les inséminations et les échographies ou les constats de gestation sur les lots, notamment sur les génisses qui sortent à l’herbe. » Les inséminateurs, qui n’ont pas d’autre choix que de se rendre dans les élevages, respectent des consignes d’hygiène strictes. « Tant qu’on a pu, on leur a distribué du gel hydroalcoolique pour qu’ils puissent se nettoyer les mains. » Lorsque celui-ci a manqué, les éleveurs ont été priés de mettre à disposition de l’eau et du savon. L’épidémie prenant de l’ampleur, la coopérative a demandé à ses adhérents de bloquer les vaches à inséminer, de laisser les documents à disposition, d’éviter les contacts entre eux et l’inséminateur. Maintenir l’activité aussi longtemps que possible, tel est l’objectif d’Elitest, qui fait du respect des gestes barrières une priorité.     Contrôle laitier : le conseil… à distance Pour le contrôle laitier, l’activité tourne aussi au ralenti. « La collecte des échantillons de lait a été stoppée, indique Laurent Clarys, du service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Même chose pour le contrôle de performances en vaches allaitantes. » Les conseillers élevage continuent à assurer le conseil à distance, sur la base des données d’élevage enregistrées ces dernières semaines. Il leur est demandé de maintenir le contact téléphonique, d’être à l’écoute des problèmes rencontrés par les éleveurs, de répondre aux questionnements qui peuvent se poser. Bref, d’avoir un rôle d’accompagnement des éleveurs confrontés à une situation inédite et pleine d’incertitudes. Les seuls conseillers élevage autorisés à se rendre sur le terrain - sans contact avec les éleveurs - sont ceux qui procèdent à des relevés de la pousse de l’herbe. En effet, avec l’arrivée du printemps, la diffusion des flashs consacrés à la mise au pâturage et à la prochaine récolte des fourrages a repris. Compte tenu de la situation, la CAA envisage d’élargir leur diffusion au-delà du cercle des abonnés. Par ailleurs, toutes les activités liées à l’Identification pérenne généralisée (IPG) - déclarations de naissance, édition de passeport, boucles - sont maintenues tant que La Poste fonctionne. Pour faire face à la baisse d’activité liée au Covid-19, le service élevage a par ailleurs devancé la vérification annuelle du matériel de pesée, qui a généralement lieu en été. Les agents qui peuvent se former à distance ou prendre des congés ont été encouragés à le faire. Collecte laitière maintenue L’heure est grave, mais il faut garder espoir, répète Marc Hoenen, directeur d’Unicoolait. La coopérative laitière a informé ses producteurs qu’elle continuait à assurer la collecte du lait, le dépannage des tanks à lait et autres équipements de traite, ainsi que la livraison de l’agrofourniture. Les diagnostics pour la charte Cap avenir et Visa qualité sont suspendus. « On n'assure que le strict nécessaire », résume le directeur d’Unicoolait. En interne, toutes les mesures d’hygiène ont été mises en place et il a été demandé aux éleveurs de respecter quelques mesures simples pour protéger les chauffeurs : laisser la porte de la laiterie entrouverte, assurer l’hygiène et la propreté autour du tank à lait, mettre à disposition de quoi se laver et s’essuyer les mains, respecter les distances de sécurité. L’épidémie intervient au moment où la collecte de lait est à son maximum. Les craintes sont grandes que les industriels ne puissent transformer le lait faute de personnel suffisant. Face à ce risque, Marc Hoenen n’hésite pas à rappeler que les mesures de prévention et de confinement sont indispensables pour venir à bout du Covid-19.

Syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers

La salers trouve sa place

Publié le 24/03/2020

La race salers poursuit son développement. L’interprofession qui l’accompagne a la volonté de revenir dans des labels et des signes de qualité. Les producteurs se sont retrouvés en assemblée générale mercredi 11 mars à Linsdorf avant de visiter l’élevage de Suzanne Stich à Kiffis.

La morphologie des animaux et l’impact de la génétique font progresser la race salers. « On apprécie tout d’abord la morphologie des femelles. Nous établissons ensuite un listing des différentes qualifications des élevages avec des animaux qui sont recommandés, d’autres reconnus, d’autres homologués et les derniers confirmés. Nous hiérarchisons les reproducteurs de chaque troupeau et nous mettons alors en évidence les meilleurs animaux. L’intérêt des accouplements porte sur les vaches recommandées », explique Pierre Laceppe, inspecteur au Herd Book Salers. Il intervenait devant les éleveurs alsaciens en leur précisant que l’on refaisait du « sans corne ». Une précision complétée par Daniel Renger, de la Chambre d'agriculture Alsace et spécialiste de la race. « Le sans corne prendra la place que les éleveurs voudront lui donner. Mais il y a de la place. C’est une fenêtre qui est effectivement à explorer. D’autant plus que l’on constate de beaux taux pour les animaux sans corne. Nous avons un bon exemple avec le taureau prénommé Joker. Il faut toujours conserver les femelles en standard et ensuite remettre du cornu. Nous avons dix années de travail génétique derrière nous. C’est peu. Nous pouvons encore progresser tout en étant prudent et varier les souches », précise Daniel Renger. De la bonne viande Concernant l’avenir de la production, les projets ne manquent pas. Il y a une demande toujours plus importante concernant l’engraissement de génisses sans corne en salers. L’interprofession souhaite revenir dans les labels et les signes de qualité. Sachant que les labels rouges existent dans la plupart des races. « En salers, nos vaches sont intéressantes même si elles sont lourdes. Pour être dans une démarche label rouge, il faut quatre mois de carence à partir du moment où on a fait le dossier. Il faut également être charté et s’engager dans une démarche de qualité. Les animaux doivent pâturer et leur alimentation doit être sans OGM et sans additif particulier. En outre, il ne doit pas y avoir d’ensilage de maïs à l’engraissement sur la période de finition, soit les quatre derniers mois », ajoute Daniel Renger. Il a incité les éleveurs alsaciens à participer à « l’Euro Salers » qui doit se dérouler du 10 au 13 septembre 2020 à Sedan. Une race facile Après avoir approuvé les comptes financiers et renouvelé la confiance au conseil d’administration que préside Nicolas Fady, les éleveurs se sont rendus sur l’exploitation de Suzanne Stich à Kiffis. Elle a repris l’exploitation familiale en janvier 2007. « Auparavant, c’était une exploitation laitière. J’ai débuté avec une quinzaine de génisses de neuf mois. En 2009, j’ai commencé la vente directe de broutards de sept à neuf mois en caissettes. Et, en 2010, j’ai eu mon premier taureau sans corne. J’ai souhaité faire de la salers car c’est une race facile et qui donne de la bonne viande », explique Suzanne Stich. Elle est seule sur l’exploitation. Elle a aujourd’hui 43 vaches, exclusivement des salers. Elle vend sa viande sur commande. De la découpe sous vide et des gens qui viennent sur place pour chercher leurs commandes. Les abattages se font à Cernay. Les vaches sont en pâture et consomment l’herbe locale. 100 % des surfaces de l’agricultrice sont des prairies, soit 90 hectares d’herbes. Elle n’achète aucun produit supplémentaire. « Ce système fait ses preuves. Les résultats des vaches sont plus que satisfaisants. Il y a ici des variétés fourragères adaptées et productives. La clé de la réussite, c’est l’autonomie fourragère. Cela montre que l’on peut vivre de sa production sans gros bâtiment, sans trop s’agrandir et avec peu ou carrément pas d’intrants et de compléments alimentaires », observe Daniel Renger. À noter qu’elle pratique un vêlage à deux ans qui marche très bien. Un système de printemps qui débute en ce mois de mars. L’âge moyen des vaches est de six années avec une faible mortalité (5 % sur la dernière campagne) et un bon taux de renouvellement. Les professionnels ont pu visiter l’exploitation qui se trouve au cœur de ce village sundgauvien, frontalier avec la Suisse.   L’assemblée générale du syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine Salers s’est déroulée ce mercredi matin à Linsdorf.Dans l’après-midi, les professionnels ont visité l’élevage de Suzanne Stich à Kiffis. pic.twitter.com/psigXRXm2R — EAVPHR (@EAVPHR) March 11, 2020   Pour (re)découvrir la race salers, (re)visionnez la vidéo d'Ilo !  

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