Suspicion d’attaque de loup dans le Sundgau
Une cohabitation à construire
Suspicion d’attaque de loup dans le Sundgau
Publié le 08/09/2020
Paysagiste en Suisse, Éric Vetter développe en parallèle un élevage de chèvres et de moutons. Ces derniers, d’une race atypique, le nez noir du Valais, sont destinés à la pratique de l’éco-pâturage. Le cheptel doit augmenter à l’avenir. Mais, le week-end du 15 août, c’est la stupeur. Un animal est retrouvé mort. On soupçonne le loup…
Domicilié à Oberdorf (Illtal), près d’Altkirch, le jeune professionnel âgé de 30 ans a repris la petite ferme de son père. « Mais, j’ai immédiatement changé la race pour les moutons. Le nez noir du Valais est un mouton protégé en Suisse, tout comme la chèvre à col noir. C’est l’objectif de mon élevage : préserver et développer la race. Actuellement, il y a ici une vingtaine de moutons et une dizaine de chèvres. J’ai débuté en 2015. Le cheptel augmente chaque année. Cette race permet la pratique de l’éco-pâturage. Elle permet également d’entretenir les prairies, les talus, les friches », explique Éric Vetter. Son enthousiasme a cependant été refroidi après le week-end du 15 août. Il fait une macabre découverte le lundi matin. « Un agneau de quatre mois était mort. Pire. Il a été dépecé et mangé de la tête jusqu’à son bassin ainsi que sa patte arrière gauche. C’est la première fois que cela arrive. J’ai immédiatement appelé le vétérinaire qui m’a, lui, conseillé de contacter l’office français de la biodiversité. Son représentant est alors venu. Il a fait son rapport des dégâts constatés sur l’animal. Il a écarté la piste d’un ou plusieurs chiens errants car le reste du troupeau n’a pas été attaqué. Il y avait également la possibilité d’un lynx. Mais, cela semble peu probable. Et l’absence de cage thoracique sur la carcasse fait penser à un loup », souligne l’éleveur. Triste réalité ce matin. Les prédateurs sont partous malheureusement ???? Publiée par L'élevage Du Valais Alsace 68 sur Lundi 17 août 2020 Rester vigilant Il se souvient que des éleveurs avaient repéré au printemps 2019 du côté de Bendorf des empreintes et du poil. L’ensemble avait été analysé. Cela provenait bien d’un loup. « Là, les analyses n’ont rien donné car le terrain était trop sec pour que l’animal laisse des empreintes. On a juste pu estimer qu’il était passé en dessous du grillage. Du coup, on l’a depuis électrifié. J’ai également mis un chien de troupeau (un dogue du Tibet) qui se promène et surveille la nuit. Depuis qu’il est présent, les moutons sont rassurés et à l’aise. On a aussi placé des caméras détectrices de gibiers. Nous n’avons vu que des renards et des chevreuils. Cela laisse à penser que ce loup n’était que de passage. Il faut dire que le Sundgau est un itinéraire idéal pour aller du Jura aux Vosges », estime Éric Vetter. Il n’est pas spécialement inquiet. Il souhaite cependant attirer la vigilance des éleveurs du Sundgau. « C’est à nous de faire en sorte que nos parcelles soient protégées. J’estime qu’un éventuel retour du loup dans le Sundgau serait une bonne chose pour la nature. Les montagnes sont là pour les protéger. C’est leur espace naturel. On peut réussir à vivre avec les prédateurs quand on sait qu’ils sont présents dans nos forêts. À nous de travailler sur nos surfaces habituelles d’élevages », poursuit Eric Vetter. Publiée par Eric Vetter sur Jeudi 3 septembre 2020 Travailler autrement En attendant, la mort de cet agneau, une femelle, l’oblige à travailler différemment pour pérenniser son élevage. « Je vais garder les jeunes femelles qui vont naître. À la fin du mois de septembre, je vais mettre le bélier avec les brebis pour avoir des naissances en février. Et, à partir du mois de juin, je vais garder les jeunes pour faire de la sélection », conclut le jeune professionnel dont le troupeau a été baptisé « Élevage du Valais Alsace 68 ». Il s’est également affilié à la fédération française du nez noir du Valais, pour inscrire à l’avenir ses bêtes dans les différents concours organisés en France. Peu d’éleveurs possèdent cette race en France. Ils sont une quinzaine de passionnés, mais leur effectif progresse. Tout comme, en conséquence, celui les moutons. « Les animaux sont reproduits en gardant les femelles et en échangeant avec les autres professionnels français. Il est interdit d’introduire des animaux venant d’autres pays comme la Suisse, et inversement d’ailleurs. Mon objectif, à terme, est d’avoir une trentaine de moutons et une quinzaine de chèvres. C’est le maximum pour moi car c’est avant tout une passion. Je ne suis pas agriculteur à la base », ajoute Éric Vetter.












