Cultures

Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla)

Une dynamique encourageante pour la filière

Publié le 14/03/2020

Année après année, l’Ifla confirme le bien-fondé de son organisation collégiale entre producteurs, transformateurs, grossistes et distributeurs. Une dynamique collective qui sera nécessaire pour la réussite des nombreuses opérations de communication prévues dans les prochains mois et pour l’aboutissement, ou non, d’une filière « protéines végétales » made in Alsace.

L’Ifla poursuit avec succès ses missions : informer le public sur le bienfait d’une alimentation équilibrée, organiser la filière fruits et légumes alsacienne, gérer les marchés, développer une politique de qualité et promouvoir la consommation locale. Une réussite qui doit, en premier lieu, à la nature même de cette interprofession, à savoir un dialogue et un travail constants entre les producteurs, les grossistes, les transformateurs et les distributeurs. Ensemble, ces différents partenaires ont su créer une réelle dynamique autour de la marque « fruits et légumes d’Alsace ». « Désormais, notre visuel est connu de tous. Les consommateurs se le sont approprié. Il est logiquement très utile à nos producteurs et à nos transformateurs qui font le navet salé ou le raifort. Les producteurs bios ne sont pas en reste avec leur logo vert. Seuls les grossistes l’utilisent un peu moins pour l’instant. Il y a encore un travail à faire avec eux et les restaurateurs. Et dans la distribution, des magasins jouent bien le jeu en mettant en avant ces visuels et les produits qui vont avec, d’autres moins », explique le président de l’Ifla, Pierre Lammert. Il espère ainsi que les 250 points de vente présents en Alsace sauront davantage mettre en avant les produits au cours de cette année 2020 qui s’annonce une nouvelle fois riche. Un planning com' chargé Après le lancement du navet salé le 15 janvier dernier, d’autres opérations de communication sont prévues : l’asperge avec, cette année, une opération de promotion effectuée au cœur de Strasbourg, histoire de toucher un public plus « citadin » ; la fraise ; les pommes ; peut-être les petits fruits ; la carotte, pour la première fois ; ou encore la choucroute IGP qui sera mise en avant à l’occasion de l’évènement Saveurs et Soleil d’automne prévu du 24 au 27 septembre à Illkirch-Graffenstaden. Celui-ci célébrera les quinze ans d’existence du logo « fruits et légumes d’Alsace ». « Ça sera le plus grand salon grand public de France consacré à ces produits. On attend environ 70 000 personnes », annonce Pierre Lammert. Avant ce grand rendez-vous, l’Ifla participera pour la première fois à la Fête des fruits et légumes frais organisée depuis seize ans par Interfel. « Le but est de fédérer la filière autour d’une journée particulière. Cela aura lieu le 12 juin », prévient le directeur de l’interprofession, Fabien Digel. Durant cette journée, des animations seront organisées pour promouvoir la consommation de fruits et légumes chez les enfants et dans leurs familles. Dans le même esprit se tiendra du 14 septembre au 17 octobre le « Mois des fruits et légumes d’Alsace ». L’objectif ? Inciter les restaurateurs et distributeurs à mettre le plus possible en avant les fruits et légumes d’Alsace afin d’en retrouver le maximum dans les assiettes des consommateurs.

Publié le 10/03/2020

Expérimentation, conseil, accompagnement des filières : Planète Légumes est présent sur tous les fronts. La station, qui cherche à réduire sa dépendance aux subventions, a lancé une enquête de satisfaction auprès de ses adhérents.

Les adhérents de Planète Légumes sont satisfaits de leur station et de ses actions : c’est ce qui ressort d’une enquête menée du 26 décembre au 28 janvier dernier auprès des 485 adhérents de la station (lire l'encadré). « Nous voulions savoir si nous étions dans le vrai par rapport à nos orientations », a expliqué Pierre Lammert, son président, lors de l’assemblée générale qui a eu lieu le 13 février à la Maison de l’agriculture à Schiltigheim. Planète Légumes entame donc l’année 2020 avec la satisfaction de voir reconnu son travail d’expérimentation, de conseil et d’accompagnement des filières. La station a connu un renouvellement assez important de son équipe en 2019, a informé Pierre Lammert. Fabien Digel, son directeur, ayant pris des responsabilités supplémentaires à la Chambre d’agriculture Alsace, il est désormais épaulé par Yannick Wir, qui consacre une partie de son temps à encadrer l’équipe technique composée de dix conseillers. La station a également embauché un salarié chargé des appels à projets, Wilfried Paget. Ceux-ci constituent, en effet, une nouvelle source de financement, à l’heure où les subventions publiques se réduisent. Grâce à cette embauche, Planète Légumes a répondu à quatre appels à projets dont les résultats seront connus en mars. À ce jour, indique Pierre Lammert, le financement de Planète Légumes est assuré à 50 % par les subventions (contre 70 %, il y a encore quelques années), le reste provenant à parts égales des cotisations des adhérents et des prestations. Cette évolution est inévitable dans un contexte de réduction des moyens, note Denis Ramspacher, président de la Chambre d'agriculture Alsace. La diversification des sources de financement lui permet d’assurer ses missions quand d’autres stations d’expérimentation, trop dépendantes des subsides publics, ont dû fermer leurs portes. Planète Légumes perçoit ainsi 100 000 € de subventions de la Crage (Chambre régionale d’agriculture Grand Est), et autant de la Région Grand Est au titre du contrat de filière. Les autres contributeurs sont l’Agence de l’eau, l’Ademe et dans une moindre mesure, le Casdar. FranceAgriMer n’accorde des financements que dans le cadre d’appels à projets, précise Pierre Lammert. La Chambre d’agriculture Alsace met également deux de ses conseillers à disposition de Planète Légumes. Certification HVE : une demande croissante La séparation de la vente de produits phytosanitaires et du conseil, qui interviendra au 1er janvier 2021, va renforcer les missions de conseil de Planète Légumes. La station accompagne déjà les producteurs dans les certifications notamment la certification haute valeur environnementale (HVE2/HVE3). Cette certification est demandée par les restaurants scolaires, qui doivent se conformer à l’obligation d’utiliser 50 % de produits sous signe de qualité ou 20 % de produits biologiques à partir de 2022. Or, en fruits et légumes, il n’y a pas de signe de qualité en dehors du bio. « Il y a une réflexion à avoir d’ici au 1er janvier 2022 », souligne Pierre Lammert, qui fait état de la demande croissante pour un approvisionnement provenant d’exploitations certifiées HVE. En 2019, Planète Légumes comptait 485 adhérents, contre 40 en 1997, constate Fabien Digel. Les deux-tiers d’entre eux sont installés en Alsace mais la station compte aussi 60 adhérents en Lorraine, une petite centaine en Champagne-Ardenne et 41 ailleurs en France. Ils ont accès à huit « menus » différents, dont le menu maraîchage, le plus plébiscité. 90 % des adhérents sont en agriculture conventionnelle mais les producteurs biologiques sont plus nombreux chaque année et cela va probablement continuer, estime Fabien Digel. Soixante expérimentations conduites en 2019 Soixante expérimentations ont été conduites en 2019. Les conseillers de Planète Légumes les ont passées en revue : essais de désherbage en oignons jaunes et en oignons de printemps, lutte alternative contre l’altise et essai variétés en choux, gestion des adventices en maraîchage bio, désherbage des céleris et des carottes, désherbage de l’interrang en culture de fraise, irrigation par goutte à goutte en raifort, résistance à l’alternaria en pommes de terre… En adhérant à Planète Légumes, et en fonction du menu qu’ils ont choisi, les producteurs ont accès aux résultats de ces essais, mais aussi à des réunions techniques, des démonstrations, des avertissements et bulletins techniques. Une partie des essais seront reconduits en 2020, d’autres seront nouvellement lancés cette année. La station poursuivra également les essais d’homologation de produits phytosanitaires qu’elle réalise à la demande des firmes. L’opération Légumes Mieux, destinée aux producteurs qui souhaitent se convertir au bio, se poursuit en 2020. Elle a concerné 50 producteurs la première année. La station anime également un réseau Dephy légumes, avec pour objectif de tester et valider des solutions alternatives aux traitements chimiques.

Association des planteurs de houblon d’Alsace (APHA)

Emploi, pérennisation de la filière, les enjeux du futur

Publié le 24/02/2020

Bilan 2019, pistes d’action pour l’avenir de la production, l’assemblée générale de l’association des planteurs de houblon d’Alsace (APHA) du 31 janvier a réuni une trentaine de participants à Truchtersheim, en présence de nombreuses personnalités dont le président de la FDSEA, Franck Sander.

C’est au Trèfle à Truchtersheim que le président de l’APHA, Jean-Paul Ulrich, a accueilli les participants à leur assemblée générale statutaire. Il a remercié de leur présence Franck Sander, président de la FDSEA, Bernard Ingwiller, président de l’Association générale des producteurs de houblon de France (AGPH), Éric Trossat, président des Brasseurs d’Alsace et Marc Moser, président du Comptoir agricole. Désarmés face au mildiou Le président est revenu sur l’année écoulée, qualifiée « d’atypique ». La météo a été particulièrement instable, « très humide en avril ». Ces pluies ont fait surgir des attaques importantes de mildiou, touchant toutes les parcelles et laissant les planteurs démunis face « au manque de produits phytosanitaires efficaces ». Ce sont les fortes chaleurs qui ont arrêté la propagation de la maladie. Les nuits fraîches ont limité les dégâts liés à la sécheresse, qui a poussé les producteurs à « reculer au maximum la date de récolte ». Au final, le rendement moyen de cette année reste néanmoins « honorable », a indiqué le président. Confrontée au manque de main-d’œuvre, la filière cherche des solutions et expérimente. Autre facteur limitant pour la production évoquée par le président, celui du renouvellement des générations, sur fond de prix rémunérateur. Les planteurs, avec les 12 à 15 variétés actuellement plantées, sont en mesure de répondre aux demandes et aux besoins aromatiques des brasseurs, « il s’agit de jouer la carte locale du houblon », a conclu le président. Si la profession a frôlé « les incidents sanitaires l’année dernière », Bernard Ingwiller a précisé que l’Europe a également subi ces maladies, en Slovénie, 200 ha ont été touchés par le charançon, qui a aussi sévi en Allemagne. « C’est un défi technique qui impacte le choix des futures variétés ». La filière ne pourra pas supporter le coût financier, en gardant les surfaces, « les collectivités doivent donc intervenir de façon colossale » a affirmé Bernard Ingwiller. Face au changement climatique, l’Allemagne irrigue désormais 27 % de ses surfaces en houblon. Le lycée agricole d’Obernai a également pris cette initiative. Bernard Ingwiller a souligné l’importance d’un engagement commun dans l’avenir pour stabiliser et développer la filière. « On n’imagine pas l’Alsace sans houblon », a conclu le président. Francis Woehl a présenté le rapport d’activité en soulignant l’importance de la qualité du houblon, « indispensable pour cette production de niche ». Face aux problèmes d’installation, il a évoqué un modèle économique différent, avec des surfaces « plus restreintes », qui pourrait représenter une source de diversification pour certains agriculteurs, à condition d’un engagement préalable réciproque sur les prix avec le Comptoir agricole. « Restons unis et groupés », a-t-il conclu. Terrajob, une plateforme pour l’emploi L’accès à la main-d’œuvre est une problématique récurrente en houblon. Joseph Schneider a présenté le bilan de l’expérience menée avec la Région, qui a concerné cinq personnes bénéficiaires du RSA, qui pouvaient le conserver en travaillant sur les exploitations. « Des jeunes dynamiques et volontaires », a-t-il décrit. Mais l’expérience s’est tout de même soldée par le désistement de ces personnes. Sans regret, Joseph Schneider s’est dit prêt à « renouveler cette expérience avec des propositions mieux étudiées ». Joseph Lechner, le responsable du dossier emploi à la FDSEA, et membre de la commission nationale emploi, a souligné que « le marché du travail se tend ». Il est « plus difficile d’embaucher actuellement, et ceux qui restent sur le front de l’emploi sont les moins employables, très éloignés du monde du travail ». Il a présenté la plateforme Terrajob, créée fin 2019. C’est un groupement d’employeurs, au nombre de sept, « obligatoire dans le droit local », d’où l’appel à des institutions, comme la FDSEA, la MSA, Alsace Agriservices… Cette plateforme complète l’ensemble des initiatives sur le secteur de l’emploi. Les solutions sont multiples, notamment la possibilité de faire appel aux migrants, qui sont « prêts à travailler, s’ils y sont autorisés », une question à travailler avec les collectivités locales et départementales. Marc Moser a souligné l’importance de l’emploi, « un enjeu majeur » pour accompagner la filière houblon et les autres : « C’est la survie du modèle agricole départemental qui est en jeu », a déclaré le président du Comptoir agricole, qui fait « au mieux » pour que le houblon reste une culture rémunératrice. Planteurs et brasseurs, œuvrer pour un partenariat gagnant-gagnant Éric Trossat a évoqué l’évolution du monde brassicole, marqué par l’émergence des microbrasseries, qui sont désormais plus de 2 000 en France. Ces brasseurs ramènent sur le marché de nouveaux clients, « un élan qui profite aux producteurs de houblon ». « La France est devenue le premier pays européen en matière de brasseries », dépassant l’Allemagne et la Belgique. Il a évoqué les changements dans les grandes brasseries, un nouveau PDG pour Kronenbourg, un changement d’actionnaire pour Saverne. « Il y a davantage de brasseurs artisans, à vous de positionner le houblon d’Alsace », a déclaré le président des Brasseurs d’Alsace, confiant dans l’avenir de la production. Franck Sander s’est quant à lui interrogé sur l’ambiance particulière de cette année : « Tous les voyants sont au vert, avec 500 ha de houblon, un nombre de brasseries en hausse, et pourtant il n’y a pas de commercialisation correcte ». Il a donc adressé au représentant des Brasseurs d’Alsace un appel du pied « pour un partenariat gagnant-gagnant, basé sur la contractualisation » ainsi que pour l’incitation à l’achat de houblon d’Alsace. Une manière de répondre à une demande de la société « pour plus de local ». Face au risque de diminution du nombre de planteurs, il lui paraît important de mobiliser la Région pour développer de nouvelles surfaces en houblon. Autre piste évoquée par le président de la FDSEA, les jeunes exploitants pourraient « greffer 10 ha sur un atelier de récolte ». Sur la question du bio, le challenge est à relever, « s’il y a un marché, il faut pouvoir le prendre », a noté Franck Sander, qui a salué le projet de la plateforme Terrajob, pour trouver une main-d’œuvre sans formations, localement. L’autre possibilité, « en lien avec les collectivités », concernerait l’embauche de migrants. Sur la réforme de la Pac, Franck Sander a précisé que « pour l’instant rien n’est gagné sur le couplage ». La Fédération a posé des pions et déposé une demande à Bruxelles. En outre, la gestion des risques évolue aussi dans le houblon. « Il s’agit de ne pas abandonner trop vite une culture à valeur ajoutée », a donc exhorté Jean-Paul Ulrich.   A lire aussi : « Bonne qualité, mais rendement en berne »

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