Vigne

Master binational « viticulture et œnologie »

Dans l’école du savoir-faire

Publié le 22/09/2020

Depuis la rentrée, l’Université de Haute-Alsace (UHA) propose un nouveau master binational « viticulture et œnologie » en partenariat avec le Weincampus de Neustadt, en Allemagne. Cette formation très orientée « pratique » est un vrai plus pour Raphaël Marchal, maître de chai au Domaine de l’Envol à Ingersheim.

La prochaine génération d’agronomes viticoles et d’œnologues de pointe est là. Depuis le début du mois de septembre, une dizaine d’étudiants ont démarré leur cursus de formation en viticulture et œnologie au sein du tout nouveau master binational lancé par l’Université de Haute-Alsace (UHA) en partenariat avec le Weincampus de Neustadt, en Allemagne. Pour l’instant, ils ne sont pas encore assis sur les bancs de l’école. Cette formation, qui se veut la plus professionnalisante possible, permet d’entrer directement dans le vif du sujet avec un premier stage pratique dans une cave coopérative ou une exploitation viticole. C’est le cas de Mélanie Hearn, 21 ans, qui a intégré le Domaine de l’Envol, à Ingersheim, pour la période des vendanges. Comme ses futurs camarades de classe, elle ne démarrera sa formation théorique que le 2 novembre, à la Faculté de marketing et d’agrosciences (FMA) de Colmar. En attendant, elle ne chôme pas aux côtés de Raphaël Marchal, maître de chai de ce domaine au profil biodynamique, et de Laëtitia Mila, une autre jeune femme de 21 ans, apprentie pour toute l’année scolaire dans le cadre d’un BTS Viti œnologie dispensé au lycée de Rouffach. Outre l’âge, ces deux œnologues en devenir ont un autre point commun : elles ne sont pas issues de familles de vignerons, ni de près, ni de loin. C’est la passion apparue sur le tard pour le monde viticole qui les a incitées respectivement à poursuivre leur cursus de formation dans ce domaine. Au départ, Laëtitia s’est formée dans le management à travers une licence universitaire ponctuée par un stage en entreprise. C’est « un peu par hasard » qu’elle arrive dans la viticulture. Elle prend connaissance du BTS Viti œnologie de Rouffach qu’elle peut suivre à travers la formation continue, en lien quasi constant avec le terrain. Ce côté « pratique », en plus de la diversité de tâches conférée par la nature même du métier viticole, la motive à se lancer. « Dans ce métier, aucune année ne ressemble à une autre. Il faut en permanence s’adapter. Et clairement, être en entreprise est bien plus formateur qu’une simple formation théorique. Ici, on voit le vrai côté des choses. On découvre des alternatives à un problème donné. C’est vraiment stimulant », reconnaît-elle. Le métier d’œnologue en ligne de mire Du côté de Mélanie, l’arrivée dans le monde de la viticulture s’est faite à travers une première licence, elle aussi transfrontalière, en chimie. « Je m’intéressais déjà au vin depuis quelque temps. Mais avec cette licence, je me suis intéressée à la chimie du vin. Ça m’a passionnée et j’ai voulu aller plus loin. » Elle prend alors connaissance de ce nouveau master franco-allemand, très axé sur la pratique, et sur le bilinguisme. Un réel atout à ses yeux pour sa future carrière professionnelle. « En Alsace, c’est vraiment très important d’apprendre l’allemand au vu de tous les emplois potentiels qu’il y a de l’autre côté du Rhin. Et puis, cela permet d’entretenir l’amitié franco-allemande, ce n’est pas rien », explique-t-elle. Pour l’instant, elle ne connaît pas encore la viticulture de nos voisins. Elle y mettra un premier pied au second semestre de cette première année de master lorsqu’elle ira poursuivre son cursus à Neustadt aux côtés des étudiants germanophones. Ensuite, ce sont les élèves allemands qui viendront à Colmar lors du troisième semestre avec les étudiants francophones. Enfin, la formation se terminera par un stage en entreprise de six mois dans les domaines de l’activité vitivinicole et de l’œnologie. Libre ensuite aux diplômés d’intégrer le marché du travail comme conseiller vitivinicole, responsable d’achats de raisin, ingénieur agronome, et bien d’autres encore, ou bien de poursuivre les études pour se spécialiser davantage, ou monter encore un échelon avec un doctorat. Pour les deux stagiaires du Domaine de l’Envol, la voie semble déjà toute tracée : le DNO, ou diplôme national d’œnologue. Pas en Alsace malheureusement puisque la formation n’y est pour l’instant pas dispensée. « Après, je dis ça, mais mon objectif professionnel n’est tout à fait défini pour être honnête. Je n’ai pas encore idée de tout ce qu’il est possible de faire dans la viticulture. Et c’est d’ailleurs ce qui rend ce secteur d’activité aussi intéressant », estime Mélanie. L’apprentissage, du « donnant-donnant » Pendant leurs stages, les deux apprenties peuvent compter sur le regard bienveillant de Raphaël. Lui aussi est passé par la case « entreprise » pendant sa formation scolaire ponctuée par une licence professionnelle vins et commerce. « Dans les entreprises qui m’ont formé, mon maître de stage était toujours là pour moi. Pour moi, les formations par alternance, ou avec une grande partie dédiée à l’immersion en milieu professionnel, c’est du donnant-donnant. Le stagiaire est là pour travailler c’est certain, et de l’autre côté, on partage un savoir-faire, des connaissances. » Pour lui, l’apprentissage est clairement une voie d’avenir. Outre le fait de rattraper au vol ceux « qui en ont marre de l’école », cela permet de mettre un pied bien concret dans le monde du travail, en plus d’attirer un nouveau public. « Aujourd’hui, on a de plus en plus de profils qui ne sont pas issus du milieu viticole et qui cherchent à se lancer dans ce milieu par passion. Pour eux, l’apprentissage est la voie idéale. » Tout comme la possibilité de suivre un cursus à cheval entre la France et l’Allemagne. Une « opportunité » pour découvrir deux vignobles si proches géographiquement et pourtant si différents en matière de sols, de cépages et de climat.

Publié le 15/09/2020

Jean-Paul et Marie Zusslin à Orschwihr testent une table de tri optique de la vendange : une Sélectiv process de Pellenc. Objectif : remédier aux défauts de tris en vendanges manuelles en raison des difficultés d’apprentissage liées à un recrutement stable des vendangeurs.

« Chaque année, il faut réexpliquer la manière de trier les raisins. Ça prend du temps, et malgré les explications, par souci de bien faire, les vendangeurs continuent de s’interroger s’il faut prendre tel ou tel raisin », explique Jean-Paul Zusslin, vigneron à Orschwihr. Avec Marie, sa sœur, ils veulent donc savoir si les nouvelles tables de tri optique des raisins apportent un plus. « L’idée, c’est de récolter tout, bien sûr en vendange manuelle, puis de passer la vendange sur la table de tri et de voir s’il y a un gain de temps, par rapport à un tri manuel à la parcelle. » Jeudi 4 septembre, les pinots noirs avaient été triés et c’était au tour des muscats. Résultats selon Jean-Paul : « Ce que l’on récolte en trois jours, là nous mettons une journée. Les vendangeurs ne se posent plus de question, ils récoltent tout ou presque, ça va vite ». C’est Théo Schiélé à Bennwihr-gare, qui a mis à disposition la table. Elle se compose d’une unité d’égrappage, puis de la table vibrante et de tri. Un paramétrage défini par l’opérateur Cela fait déjà presque dix ans que Pellenc, le constructeur vauclusien a révolutionné les vendanges avec son unité d’égrappage et de tri. Un égrappage d’un nouveau type. Alors que l’ensemble des systèmes procède à l’égrappage avec un tambour rotatif perforé et un hérisson central également rotatif, là les grappes passent à travers des fléaux et sur un tapis perforé. Les raisins passent ensuite sur des rouleaux qui conservent les baies et séparent les feuilles et les pétioles, puis sur une table vibrante et un tapis rainuré. Les baies parfaitement disposées en file indienne sont prêtes à passer sous une camera. Place alors à l’intelligence artificielle pour traiter les images, conserver les bonnes baies, selon un paramétrage défini par l’opérateur. Quant aux mauvaises baies, elles sont écartées une à une par un jet pulsé d’air comprimé. « Il y a deux niveaux de tri : l’un pour l’élimination des corps étrangers, l’autre pour la couleur et la forme des baies, éliminer par exemple les baies marron en cépage blanc, et on peut paramètrer la sévérité du tri, indique Stéphane Cottenceau. Pour les rouges on a 4 niveaux, avec en particulier la couleur, les raisins secs, et deux niveaux de sévérité ». Ce technicien Pellenc installe des tables dans le monde entier. Environ 1 500 tables de tri de ce type fonctionnent dans le monde. Elles sont une capacité de 10 - 12 tonnes/heure. « Le tri optique fonctionne également très bien en vendanges mécaniques pour éliminer les verts-jus et autres grains séchés, avec des débits qui correspondent à ceux de la vendangeuse ». Il faudra compter environ 140 000 € d’investissements pour l’installation complète.  

Rentrée à l’Académie internationale des vins en Alsace (AIVA)

300 étudiants transiteront cette année scolaire par l’AIVA

Publié le 14/09/2020

Le pari d’implanter une école pour la filière aval du vin à Landersheim dans le Kochersberg était risqué, peut-être hasardeux pour les plus sceptiques. Mais aujourd’hui, le campus est bien installé sur l’ancien siège d’Adidas. Et 300 étudiants transiteront par l’AIVA durant cette session 2020-2021.

« Retenez que l'AIVA veut vous apprendre à créer, à réaliser, à foncer, à être heureux, à être positif, à exercer votre métier et envisager votre carrière avec passion. » Le ton de la rentrée était donné ce lundi 7 septembre à la toute nouvelle Académie internationale des vins en Alsace. C’est le négociant en vins Dominique Destouches, avec l’homme d’affaires colmarien Marc Rinaldi, qui sont à l’origine de cet institut de formation aux métiers aval de la filière des vins et spiritueux. Pour cette deuxième session de rentrée, 105 élèves étaient accueillis par le staff de l’AIVA, Serge et Lucas Destouches, les maires de Landersheim et de Saverne, Damien Frintz et Stéphane Leyenberger, le conseiller régional Laurent Burckel, et Christophe Bertsch qui aura en charge la responsabilité des études pour la partie universitaire. 105 étudiants ont répondu à l’appel, mais 300 sont attendus cette année à l’AIVA à Landersheim. Une trentaine devrait arriver courant octobre du Canada, retardés pour cause de Covid-19. Très belle rentrée à l'Académie ! Merci à tous les acteurs ayant rendu cela possible. De la vigne à la dégustation,... Publiée par AIVA Académie Internationale des Vins sur Mardi 8 septembre 2020 Les locaux ont été rénovés à grands frais, près de 2 millions d’euros sur deux des cinq étages de l’imposant bâtiment de 12 000 m2. Les étudiants disposeront d’installations flambant neuves, de salles spacieuses, de deux salles de dégustation, une salle de sport, une cave-magasin-école… « Ici, on a des rétroprojecteurs qui marchent », a lancé Christophe Bertsch sur un ton narquois. C’est Lucas Destouches, le fils de Dominique Destouches, qui a la responsabilité de la gestion de l’institut. Des formations professionnalisantes Les formations portent principalement sur les métiers en aval de la filière. L’AIVA propose des formations diplômantes courtes et longues jusqu’à bac + 5 en marketing, sommellerie, trading et commerce du vin. Et également aux métiers de la brasserie grâce notamment à la présence de la brasserie savernoise Licorne. Très belle cérémonie de parrainage avec Serge DUBS, meilleur sommelier du monde ? Un honneur pour notre Académie. Un grand merci ! Publiée par AIVA Académie Internationale des Vins sur Mercredi 9 septembre 2020 Les DU, masters 1 et 2, et la licence de l'AIVA sont des diplômes reconnus par l'Etat. La tonalité pédagogique se veut complètement tournée vers la vie professionnelle, notamment pour la grande distribution, mais pas que… À l’origine, Dominique Destouches et Marc Rinaldi avaient insisté sur le caractère professionnalisant des formations : « C’est une fabrique de métiers dans les différentes strates de la filière vins et spiritueux, ce n’est pas une fabrique de diplômes ». « Notre objectif est de former des étudiants par la transmission de la passion, et amener à exercer le futur métier avec passion et avec joie, donner l’envie et la volonté », a introduit Dominique Destouches en reprenant des propos de Voltaire. Un choix pas anodin : « C’était aussi un homme d’affaires, il savait compter… » Mais le négociant savernois a aussi insisté sur « l’imagination » : « Avoir de la mémoire c’est très bien mais le futur dans le domaine est plus important, et les choses changent à une vitesse incroyable dans le vin, il faut de l’imagination ». Les dirigeants souhaitent le meilleur pour la filière des vins d’Alsace et espèrent à long terme des retombées de notoriété pour les vins d’Alsace, grâce aux futurs ambassadeurs que seront ces étudiants passés un jour dans la région avant d’être lancés dans une vie vitivinicole active. Ils l’ont fait savoir à Gilles Neusch, directeur du Civa, venu observer cette rentrée de l’AIVA.

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