Vigne

Association des viticulteurs d'Alsace (Ava)

Des vendanges dès le 24 août, des rendements par cépage

Publié le 21/08/2020

L’assemblée générale des viticulteurs d’Alsace s’est déroulée mardi 18 août dans un climat plus serein qu’un mois auparavant. Les professionnels ont acté la date de ces vendanges 2020. Ce sera à partir de ce lundi 24 août pour le crémant et du jeudi 3 septembre pour l’ensemble de l’appellation. Les rendements, eux, ont cette fois fait l’objet d’un large consensus : 70 hl/ha pour le crémant et 65 hl/ha pour chaque cépage avec la possibilité d’ajouter 5 hl de volume complémentaire individuel (VCI).

Si le Parc-Expo de Colmar était toujours fermé aux véhicules et « protégé » par quelques policiers, il n’y avait pas, cette fois, de manifestation. Les tractations en coulisse entre les représentants des familles professionnelles du vignoble ces dernières semaines ont permis de retrouver la sérénité nécessaire pour l’organisation de cette nouvelle réunion. Le président de l’Ava, Jérôme Bauer, a cependant ouvert la discussion en poussant un double coup de gueule. À l’adresse de l’État et de son administration tout d’abord. « On nous laisse tomber alors que la filière viticole française a déjà perdu 300 millions d’euros (M€). Les États-Unis maintiennent leur surtaxe de 25 % sur les vins français. La viticulture est la victime collatérale d’un problème qui concerne Airbus. Face à cette double crise sanitaire et économique, l’État n’est pas là pour nous accompagner alors que la filière représente tout de même plus de 600 000 emplois. Pendant le confinement, la viticulture a peu bénéficié de chômage partiel car nous étions nombreux à avoir beaucoup de travail dans les vignes. On estime cette exonération de charges à 250 M€. Il est vraiment temps que l’État prenne la mesure de ce qui arrive. La crise sanitaire n’est pas derrière nous et la crise économique est à peine devant nous », s’inquiète Jérôme Bauer. Son second coup de gueule s’adresse à celles et ceux qui sont derrière un clavier d’ordinateur ou sur leurs téléphones portables. « C’est facile de critiquer. Mais, où sont ces gens ? Que font-ils pour les autres ? L’association des viticulteurs d’Alsace, ce n’est pas qu’un président, mais tout un conseil d’administration. C’est surtout nous toutes et tous ! Nous ne sommes pas des professionnels politiques. Alors, que ces gens atterrissent. Il n’y a pas de solution miraculeuse. Au conseil d’administration, nous consacrons du temps pour le collectif. Il est donc temps d’arrêter ces débats stériles et nauséabonds sur les réseaux sociaux. Il faut débattre aux assemblées générales organisées régulièrement dans les sous-régions et, comme aujourd’hui, en plénière », ajoute le président de l’Ava. Attention à la sécheresse Après un point sur la situation économique par Gilles Neusch et le contrôle de maturité par Arthur Froehly (lire encadrés), un tour d’horizon des sous-régions a été effectué pour fixer la date de ces vendanges 2020. Il est généralement fait état de raisins sains, d’un bon potentiel, d’une faible pression de maladies, de degrés alcooliques intéressants ou encore de belles acidités. En revanche, le vignoble souffre de la sécheresse. Dans le secteur de Kayserberg-Colmar par exemple, des vignes sont en phase de décrochage. Des vendanges « à la carte » seront nécessaires sur le secteur de Ribeauvillé. Elles devront être étalées du côté de Barr où, par endroits, cette situation de sécheresse est qualifiée de catastrophique. L’état sanitaire impeccable de la vigne atténue l’inquiétude face à la sécheresse du côté de Molsheim. Un rapide accord est alors trouvé. Les vendanges de crémant pourront débuter dès ce lundi 24 août. Celles de l’ensemble de l’appellation Alsace se feront à partir du jeudi 3 septembre. Naturellement, il existe comme les années passées un dispositif de prévendange. Les demandes sont à faire auprès des services de l’Inao, la veille, en précisant les parcelles concernées et les degrés contrôlés. Cela a, par exemple, été le cas du domaine Sick-Dreyer à Ammerschwihr dès le lundi 17 août.     Privilégier la souveraineté du vignoble La question des rendements s’est enfin invitée à la table des discussions. Sans attendre, Jérôme Bauer annonce - ce qui n’était plus qu’un secret de polichinelle - que le conseil d’administration de l’Ava a validé un rendement par cépage de 65 hl/ha, assorti d’un volume complémentaire individuel (VCI) de 5 hl/ha par cépage. Le crémant restant, comme prévu depuis longtemps, sur la base de 70 hl/ha. « C’est une décision forte et un signal intéressant pour l’avenir car ce modèle qui est discuté depuis plusieurs années pourrait devenir la règle à l’avenir », souligne Jérôme Bauer. En fin de réunion, il ajoute même qu’il est « illusoire de penser que l’on puisse repasser à 80 hl/ha l’an prochain ». Mais, le président de l’Ava en convient, cet accord qui permet d’obtenir un consensus, ne satisfait personne véritablement. Immédiatement, on le constate avec la réaction de Christian Kohser, membre du bureau de l’Ava. « Quel intérêt de faire du VCI ? Ces 65 hl/ha ne tiennent pas compte de la réalité économique de chaque cépage. » Lors du vote, il fera partie de cette petite minorité à voter contre ces rendements, dits consensuels. Consensuel est bien le terme approprié. Tour à tour, Pierre-Olivier Baffrey pour la coopération, Pierre-Heydt-Trimbach pour le négoce et Francis Backert pour les vignerons indépendants se montrent solidaires de la position prise par le conseil d’administration de l’Ava. « Même si je suis d’accord avec Christian Kohser, la coopération porte ce consensus. Il est aujourd’hui raisonnable et souhaitable d’avoir cet accord pour montrer que nous prenons notre destin en mai. Nous espérons maintenant que la reprise sera bien là car cette baisse des rendements sera douloureuse. Oui, je suis favorable à ce qui est proposé. » Incité par Jérôme Bauer, Pierre Hedyt-Trimbach lui donne raison en hochant de la tête. Francis Backert rappelle le positionnement historique du syndicat des vignerons indépendants d’Alsace. « La position des 60 hl/ha ne nous paraissait pas suicidaire au regard des capacités de mise en marché cette année. Néanmoins, nous ne revenons pas sur notre parole de soutien pour ces 65 hl/ha car il faut privilégier la souveraineté du vignoble. Les défis à venir sont d’une ampleur plus importante que d’avoir des discussions à rallonge sur quelques hectolitres », estime le vigneron.     Efforts et espoirs Après le « jeu » des questions-réponses avec la salle, l’assemblée générale approuve à une très large majorité ce rendement de 65 hl/ha pour chaque cépage. Au lieu d’appliquer un rendement global à l’ensemble de chaque exploitation - permettant de jongler à la baisse ou à la hausse avec des volumes selon chaque cépage tout en respectant le rendement butoir -, il a donc été décidé d’abandonner cette année ce modèle de production. Cette fin des butoirs contraint du même coup les professionnels à mettre obligatoirement un hectolitre de vignes en face des 65 hl. Je suis conscient de l’effort à fournir. Il va falloir gagner des parts de marché et ne pas baisser les prix. J’ai espoir qu’on puisse très vite redresser la barre », conclut, satisfait et optimiste, Jérôme Bauer. Reste, à l’issue de ce vote, à avoir la validation du Crinao. Les professionnels se montrant raisonnablement optimistes là également. Philippe Stievenard, directeur de direction départementale des territoires (DDT) a tenu à saluer cet accord en fin de réunion. « Il est essentiel que vous ayez trouvé un accord sur la limitation de la production pour aborder ces vendanges avec davantage de sérénité. Je dois saluer vos efforts. Cette baisse des rendements devra se poursuivre par votre réflexion dans la mise en place d’outils permettant de privilégier une production cépage par cépage. En attendant, bonnes vendanges à toutes et à tous. Restez vigilants collectivement et individuellement face à la crise sanitaire. » Une vigilance qui passe par la lecture préalable d’un « guide préconisations sanitaires » de 32 pages. « Lisez-le et diffusez ces recommandations auprès de vos vendangeurs. Chaque domaine doit désigner un « référent Covid-19 » chargé de veiller à ce que ces consignes de sécurité soient respectées », prévient Simone Kieffer pour l’Ava. Les vendanges 2020 s’annoncent donc résolument inhabituelles. Outre cette baisse des rendements, les viticulteurs sont incités à porter le masque, à respecter la distanciation et adopter les mesures sanitaires adéquates.   Lire aussi : Le Crinao contre la proposition de l'Ava de 70 hl/ha, suite au 18 août, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin. Quelle stratégie face à la déconsommation ?, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin. Les difficultés de la filière des vins d’Alsace analysées par le premier financeur de la viticulture, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin. Les vendangeurs prennent la grappe, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

La Grange de l’oncle Charles à Ostheim

Des terroirs bourrés d’émotions

Publié le 15/08/2020

À Ostheim, Jérôme François et Yann Bury sont associés au sein de la Grange de l’oncle Charles, un jeune domaine en biodynamie parti de presque rien en 2014. En quelques années à peine, ils ont su se faire une place chez des cavistes réputés et des tables de grands restaurants en France et dans le monde. Leur credo : des vins de terroir sources « d’émotions viniques » pour ceux qui les boivent.

D’une petite grange aux tables étoilées. En quelques années à peine, Jérôme François et Yann Bury ont su imposer leurs vins, leur style, leur identité dans le petit monde des vins naturels alsaciens. L’histoire commence en 2014, lorsque Jérôme hérite de 15 ares de vignes familiales et réussit à mettre la main sur 35 ares de vignes à Ammerschwihr. Il s’installe à Ostheim, près de Colmar, dans la grange de son grand-oncle polyculteur, Charles. L’idée d’un nom de domaine émerge naturellement : la grange de l’oncle Charles. « Le grand-père qui m’a légué les vignes s’appelait aussi comme ça. Du coup, ça semblait très pertinent de choisir ce nom. » Avant de bifurquer vers la viticulture, Jérôme a été charpentier pendant cinq années. Le travail manuel, déjà. Mais au fond de lui, il y avait cet appel de la vigne, une passion transmise durant l’enfance par son grand-père, technicien viticole de son état. Manquaient à l’appel les compétences nécessaires pour se lancer dans une telle aventure. Il se forme, il apprend. « J’avais un bon prof, Jean Schaetzel, qui a fait beaucoup pour la bio et la biodynamie. Et puis il y a eu le stage au domaine Bott-Geyl, à Beblenheim. La révélation. C’est en goûtant leurs vins que j’ai découvert les vins de terroir. Jusqu’alors, j’avais une culture du vin basique. Là, je découvrais une philosophie dans laquelle je me retrouvais. » Son objectif est clair : produire des vins qui ont de la « matière », qui sont « longs », sans faire mention du cépage, ou alors discrètement sur la contre-étiquette. « Je préfère assembler ou complanter sur un même lieu, pour en extraire toute la quintessence », explique-t-il simplement. Une question de feeling Avec ses 50 premiers ares, il produit 1 000 bouteilles. Parfait pour se faire un peu la main, moins pour en extraire un salaire décent. Les trois années suivantes, il fait le tour du vignoble en quête de nouvelles surfaces à exploiter. Il rencontre des vignerons partageant la même philosophie que lui. « J’ai été super bien accueilli », se souvient-il encore. Les 50 ares deviennent 6 ha, les 1 000 bouteilles deviennent 50 000. L’ascension est fulgurante. Cela commence à faire beaucoup pour Jérôme qui sollicite Yann pour le rejoindre à la fin de l’année 2017. « On s’était rencontrés en formation. Le courant est tout de suite passé entre nous. » Pour Yann, c’était l’occasion inespérée de pouvoir s’installer. Cet enfant de Scherwiller a lui aussi grandi à proximité des vignes. Son parrain, Yves Dietrich, a créé le domaine Achillée en 2016 avec ses deux fils. « Ils m’avaient d’ailleurs proposé de venir travailler avec eux en tant qu’ouvrier viticole. Et puis Jérôme m’a contacté et j’ai foncé. Je rêvais de m’installer, mais je n’avais aucun patrimoine, à part cinq petits ares qu’on m’avait donnés. L’opportunité était belle, d’autant plus que le feeling était bon avec Jérôme et que la philosophie autour des vins biodynamiques me plaisait beaucoup », témoigne Yann. Avoir confiance en soi Aujourd’hui, les deux associés produisent du vin sur une surface de 7 ha qui va d’Ammerschwihr à Rodern en passant par Saint-Hippolyte ou Kaysersberg. Une diversité de terroirs principalement granitiques, hormis le Rosacker à Hunawihr, marno-calcaire. « Si on ajoute la diversité des raisins de nos apporteurs, cela nous offre un grand panel de créativité et de vins à élaborer. C’est une chance ! », considère Yann. Toutes ces surfaces sont en location, le reste des raisins est acheté auprès de cinq apporteurs qui sont dans la même philosophie qu’eux. Au début de l’année, Morgane, la meilleure amie de Jérôme, les a rejoints en tant que salariée de l’entreprise. Pour générer trois revenus convenables, les deux vignerons ont fait le choix de la valorisation qualitative avec des rendements faibles, entre 20 et 25 hl/ha, sans mécanisation, sans intrants, pour des bouteilles allant de 14 euros jusqu’à 50 euros pour des grands crus. « Avant de se lancer dans le métier, on savait qu’on pouvait faire des vins à des prix élevés, en Alsace aussi. On s’est décomplexés et on s’est fait confiance. Après, il faut que ce prix soit en relation avec un travail, une qualité soigneusement élaborée. Et ça doit être valorisé. On est aussi obligé de vendre plus si on veut avoir la même rentabilité que celui qui travaille à 50 hl/ha. Et puis, c’est un fait : le prix des fermages, c’est un truc de fou quand même. Si on veut rentrer dans nos frais, on n’a pas trop le choix », indique Jérôme. Un « engouement » à l’export La grande majorité de la production est vendue à l’export dans 14 pays. Les Japonais notamment, mais aussi les Coréens, les Italiens et les Américains font partie des gros acheteurs. Le reste de la production (20 %) est vendu en Alsace et à Paris chez des cavistes et à des restaurants gastronomiques, certains étoilés Michelin comme Le Chambard à Kaysersberg, La Table du gourmet à Riquewihr, ou Le Cerf à Marlenheim. « On vend très peu de bouteilles au caveau. Quand c’est le cas, ce sont souvent des gens qui sont passés par les restaurants, envoyés par les sommeliers », précise Jérôme. C’est effectivement hors des frontières françaises que les vins naturels ont le plus en vent en pompe. « À Tokyo et New-York, il y a un réel engouement et de réelles attentes des consommateurs. Les Japonais sont par exemple très sensibles à tout ce qui touche à l’environnement et à la nature. » Une aubaine pour Yann et Jérôme qui n’ont pas eu à faire de démarchage particulier pour se faire connaître. « J’ai tapé une seule fois à la porte d’un importateur, à Londres, quand j’étais en vacances. Je lui ai ramené une bouteille, il a aimé. Puis le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux ont fait le reste. L’information circule très vite dans ce milieu », fait remarquer Jérôme. Objectif 70 000 bouteilles Tous deux revendiquent fièrement cette volonté de faire une viticulture plus « douce », au rythme des saisons et de la nature. Dans leurs parcelles, tout engin lourd est proscrit. Les labours sont effectués avec leurs deux chevaux de trait, Sirus et Fastoche. Pas de tassement du sol et un calme appréciable. Jérôme avait pourtant expérimenté le tracteur pendant une demi-journée. « La vigne était étroite. J’ai réussi à casser la moitié de mes pieds. Ce n’était pas mon truc je pense. Après, les débuts ont aussi été difficiles avec le cheval. Lui savait déjà comment faire, moi non. Mais maintenant, c’est agréable, on a une belle relation. Par contre, si un jour on est de mauvaise humeur, l’animal le sent aussi. Du coup, ça marche aussi moins bien. »     En parallèle, un troupeau de moutons d’Ouessant est utilisé pour tondre les rangs de vigne et, au passage, apporter de l’engrais organique aux sols. « Quand on arrive au printemps, toute l’herbe a été mangée. C’est propre ! », commente Jérôme. Ils utilisent tout de même un quad pour le broyeur à bois, épandre du compost de temps en temps ou tirer une caisse de vendange. Les traitements (bouillie bordelaise, soufre, tisanes) sont effectués à dos d’homme à très faible dose (moins de 500 g de cuivre par an pour un hectare). « Cela nous va bien comme ça. On ne souhaite de toute façon pas avoir trop de vigueur », justifient les deux vignerons. L’an prochain, les deux acolytes ont comme projet de produire 70 000 bouteilles, soit 20 000 de plus qu’aujourd’hui. Un « bon compromis » à leurs yeux qu’ils n’entendent pas dépasser. « Après, on n’aura plus la place. Pour l’instant, on a deux hangars : l’un à Beblenheim, l’autre à Ostheim. L’idée serait de pouvoir un jour tout centraliser quelque part. En attendant, il faut qu’on se débrouille avec ce qu’on a. » Ils aimeraient également renforcer l’équipe en embauchant deux personnes supplémentaires. Il faudra notamment quelqu’une à plein temps pour s’occuper des chevaux, une charge importante. Pour le reste, le cap tracé devant eux est clair : continuer à produire des vins qui permettent aux terroirs de s’illustrer, des vins de garde, des vins sources d’émotions. « Pour la première fois, j’ai découvert un vin qui m’a donné la larme à l’œil. Jérôme m’en avait parlé mais j’avais du mal à y croire. Et là, en bouche, cela a été le gros coup de cœur. C’est une sensation extraordinaire que je souhaite à tout le monde », conclut Yann.

Tracteur électrique Sabi Agri

Le courant passe entre les rangs

Publié le 14/08/2020

Mi-juillet, l’association Vignes Vivantes organisait une démonstration du tracteur électrique Alpo 4x4 de Sabi Agri. Un tracteur hypermodulable, rentable, confortable et pour ne rien gâcher, silencieux.

Le chant des oiseaux, les pneumatiques qui écrasent l’herbe, les dents qui travaillent la terre… C’est à peu près tout ce qu’on entend lorsque le tracteur Alpo 4x4 travaille dans les vignes. Pas de bruit, ni de gaz, c’est le fruit d’une motorisation électrique qui développe une puissance de 50 ch électriques. Mais ce n’est pas le seul atout de la gamme Sabi Agri, conçue par le maraîcher Alexandre Prevault Osmani, qui pratique l’agroécologie, et qui a élaboré un prototype de tracteur électrique répondant à ses besoins en 2016. L’année suivante voit la création de la société Sabi Agri et le début des fabrications en série. Depuis, la gamme s’est développée, et l’entreprise fonctionne désormais avec sa propre usine, située en France.     Polyvalence L’un des points forts de ces tracteurs, c’est leur grande polyvalence : « Votre tracteur est réalisable sur mesure, du châssis aux arceaux en passant par la batterie, qui peut développer de 14 à 28 kWatt de puissance électrique, et procurer plus ou moins d’autonomie », décrit Ludovic Demars, commercial démonstrateur chez Sabi Agri. Différents systèmes de relevage sont envisageables. Avec une capacité de relevage avant de 250 à 530 kg, et une capacité de relevage arrière de 500 à 700 kg. Ce qui permet d’atteler un grand nombre d’outils. Il peut être équipé d’une prise de force électrique amovible, d’une centrale hydraulique d’un débit de 30 l/min. Un onduleur procure une prise sur du 220 volts, bien pratique : « En cas de panne d’alimentation d’une chambre froide, il est possible de la brancher sur le tracteur en attendant que le courant soit rétabli », illustre Ludovic Demars.     Rentabilité Un autre atout de ce tracteur, c’est son autonomie puisqu’une charge d’1 h 30 procure 4 à 8 h d’autonomie de travail, pour un coût de fonctionnement de 1 à 2 €/h. Les batteries, issues des technologies industrielles, tiennent 4 000 cycles de charge, soit 16 000 heures d’espérance de vie. La sobriété énergétique du tracteur est renforcée par son poids, qui ne dépasse pas une tonne. Du coup, pas besoin de débauche énergétique pour le faire avancer, et pas de matraquage des sols, si tant est que le tracteur est utilisé dans de bonnes conditions. Confort Enfin, outre le fait qu’il est silencieux, le tracteur Alpo se caractérise par son confort global pour le conducteur, avec un accès facile au poste de conduite, un siège pneumatique réglable dans tous les sens, une manette de pilotage simple et intuitive, la variation continue, un correcteur de dévers… Alors que Ludovic Demars achève ses explications sous un soleil de plomb, un viticulteur pointe un inconvénient du tracteur : il n’a pas de toit. Et si ! Il s’agit d’une option, mais le tracteur Alpo peut être équipé d’un toit en panneaux solaires permettant à la fois d’ombrager le conducteur, et de recharger la batterie en roulant.  

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