Vigne

Enquête : la perception des sulfites par le consommateur

Mention « sans sulfites ajoutés » vue comme un indicateur de qualité

Publié le 10/12/2017

… De qualité environnementale, mais pas forcément de qualité gustative. Cependant, la mention sans sulfites ajoutés constitue un élément décisionnel de l’acte d’achat. Les résultats de l’enquête étaient présentés récemment au Biopôle de Colmar par son auteur, Ronan Symoneaux.

Il est désormais acté que les vins sans sulfites ajoutés ont le vent en poupe. Certains ne voudraient y lire qu’une mode, comme pour le bio à ses débuts. Mais les metteurs en marché et acteurs de la profession viticole ligériens ont tout de même voulu être éclairés sur ce mouvement consumériste des vins naturels et sans soufre ajouté. Et ils ont commandé une étude au département de recherche « évaluation sensorielle et perception des consommateurs », de l’École supérieure d’agriculture d’Angers. Son objectif : dans quelle mesure l’information qu’on délivre au consommateur va modifier sa perception hédonique et son intention d’achat, interroge Ronan Symoneaux qui est venu présenter certains résultats le 30 novembre au Biopôle à Colmar. Parmi les multiples chartes qui concernent ces vins, l’on relève quelques points communs : « Une philosophie est présentée, ils revendiquent tous les vendanges manuelles, ils utilisent des levures indigènes, pas d’intrants de synthèse. Quant aux sulfites, il y a des divergences, zéro ajout pour l’un, ajouts limités pour d’autres. » Une première partie de l’étude a consisté à vérifier si des vins sans sulfites dégustés à l’aveugle sont mieux appréciés. L’étude portait sur 6 muscadets dégustés à l’aveugle, les uns sans et d’autres avec sulfites, par un panel de 305 consommateurs, représentatif de la population. « Il n’y a pas de modification globale d’acceptabilité s’il n’y a pas d’étiquetage, et il n’y a pas de valorisation hédonique pour les vins sans sulfites. Mais en fonction des vins, il y a des différences, je ne suis pas autorisé à vous en parler », explique Ronan Symoneaux. Une deuxième partie de l’étude qui a fait appel à un panel de 140 dégustateurs, représentatif de la population, a consisté à faire déguster un même vin - gamay effervescent rouge -, l’un avec et l’autre sans sulfites, mais cette fois-ci chacun de ces deux vins est mentionné avec sulfites pour l’un, sans sulfites pour l’autre. Donc quatre vins au total, en faisant croire que ces quatre vins sont différents. Résultat : « Le fait qu’il y ait écrit la mention « sans sulfites ajoutés » suffit pour générer une meilleure valorisation hédonique. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est significatif. Par classe d’âge, les jeunes sont moins sensibles à la mention que les anciens. Et les plus jeunes, moins de 35 ans, apprécient même mieux les vins avec mention sulfites ». Enfin, la troisième partie de l’étude concernait la perception des sulfites. À la question « Êtes-vous allergique ou hypersensible aux sulfites ? », 5 % des sondés déclarent oui, 20 % disent connaître des proches sensibles (c’est même 30 % pour des consommateurs de bio). 30 % des sondés déclarent ne pas savoir à quoi servent les sulfites. Un tiers des sondés pensent que les vins sans sulfites ajoutés sont meilleurs, un tiers qu’ils ne le sont pas, et un tiers restent neutres. Attention, la réciproque n’a pas été étudiée, prévient Ronan Symoneaux. La question « Pensez-vous que les vins sulfités sont meilleurs que les vins sans sulfites ajoutés ? » n’a pas été posée dans l’enquête. Cette dernière indique en outre qu’une majorité des sondés pense que les vins sulfités se conservent mieux, mais que les vins sans sulfites donnent moins la migraine, 40 % d’entre eux pensent en outre qu’ils seraient plus respectueux de l’environnement. « Clairement la question des sulfites relève d’une problématique de santé dans l’imaginaire du consommateur », observe Ronan Symoneaux.

Publié le 08/12/2017

L’INRA et ses partenaires évaluent l’efficacité de stratégies nématicides au court-noué. Leur objectif à terme est de les combiner pour proposer une stratégie globale capable de contrôler la maladie. Bilan d’étape.

Xiphinema index, vecteur du virus responsable du court-noué, adore tellement la vigne qu’il est en quelque sorte devenu le spécialiste. Cela se comprend. La plupart des sols dédiés à la vigne en porte depuis des dizaines d’années, voire plus. Cette durée a été largement suffisante pour que le nématode s’inféode à vitis vinifera. Pour s’en convaincre, il suffit de se mettre en conditions de laboratoire, de contaminer de la terre avec Xiphinema index et y enfoncer un plant de vigne. En quatre mois, le nombre de nématodes présents à l’origine est multiplié par dix ! Dans la nature, la concentration de nématodes oscille entre six et trente-quatre individus par kilo de terre, soit une dizaine en moyenne, naviguant en plus à des horizons variables, mais le plus fréquemment autour de 40 cm de profondeur. « Ce réservoir est toujours largement suffisant pour recontaminer une parcelle » remarque Olivier Lemaire, directeur de recherche de l’UMR santé de la vigne à l’Inra de Colmar. Ajoutons que le nématode a la vie dure. Il survit aisément quatre ans dans un sol ne portant plus de vigne. Pour se débarrasser de l’importun, le conseil est de laisser une parcelle touchée au repos pendant dix ans après arrachage. Douze ans seraient même mieux. Mais complètement impossible à appliquer dans des conditions économiques décentes. Comment réduire ce délai tout en éliminant au maximum Xiphinema index ? C’est tout l’enjeu des travaux de l’Inra. L’institut a commencé à tester individuellement la pertinence de chaque piste de réponse avant de proposer aux viticulteurs une stratégie associant ces diverses méthodes de lutte. La jachère nématicide est un premier thème de recherche. Il est étudié depuis 2010. La première étape a été de mesurer la vitesse de recontamination d’une vigne par le nématode selon la plante semée en terre. « On s’aperçoit que des espèces comme la phacélie ou le sarrasin favorisent la multiplication du nématode. Le seigle conserve presque la population de départ. L’avoine réduit de moitié le nombre de nématodes présents au départ » signale Olivier Lemaire. Mais il y a mieux : les fabacées. Cette famille comprend notamment la luzerne, le sainfoin et le lotier corniculé. Ces plantes freinent fortement la multiplication de Xiphinema index. Les chercheurs étudient actuellement leur mécanisme d’action : une molécule unique ? plusieurs en interaction ? Le semencier Jouffray-Drillaud n’a en tout cas pas attendu pour proposer dès 2015 le mélange spécifique Viver. Il associe avoine rude, vesce velue, luzerne, sainfoin, trèfle violet, lotier ainsi que spores de mycorhize pour « contrôler le développement de la population de Xiphenema index avant replantation ». Du sainfoin en granulés avant replantation Parmi les fabacées, le sainfoin fait l’objet d’une attention particulière. « En laboratoire, cette légumineuse à fleurs roses ne laisse subsister aucun nématode dans le sol » signale Olivier Lemaire. L’identification de la ou des molécules nématicides est en cours. Des essais aussi. En avril 2017, des granulés de sainfoin ont été enfouis sur une parcelle avant plantation à Eguisheim. Cette première en France sera complétée par un réseau de six autres parcelles en Champagne. Les chercheurs en attendent d’ici trois à cinq ans des informations sur leur effet nématicide, mais aussi leur apport en azote. Pour Olivier Lemaire, « l’intérêt des granulés est double : ils ne rentrent pas en compétition avec la vigne pour l’eau et ils s’épandent facilement dans l’interrang ». La stratégie actuelle expérimente une jachère nématicide de deux ans. Elle peut être suivie d’une replantation avec le porte-greffe tolérant Nemadex. À Saint-Pierre, un tel protocole a été expérimenté sur sylvaner. Le cépage a montré une meilleure vigueur dans ce cas que lorsqu’il est planté sur un sol laissé deux ans nu. La prémunition est une autre stratégie de lutte. Il s’agit de procéder à la vaccination de la vigne. Comment ? En commençant par repérer au vignoble des pieds atteints du court-noué, mais n’en présentant pas les symptômes. La deuxième étape est d’isoler le virus atténué de ces ceps et de l’introduire dans le plant de vigne par une succession de greffages et un bouturage. À l’arrivée, le plant habitué au virus se protège lui-même d’une surinfection. L’adaptation de l’itinéraire technique, notamment en matière de fertilisation, est un dernier moyen de rendre la vie difficile à Xiphinema index. L’amendement organique est à privilégier. Pour Olivier Lemaire, il est clair qu’il faut préférer « une gestion intégrée du court-noué. Le maîtriser ne se résumera pas à l’application d’une seule solution, mais passera par la combinaison de toutes celles qui sont sur la table ».

Publié le 06/12/2017

Le week-end des saveurs à la cave de Cleebourg, événement gastronomique incontournable, offre un agréable moment de détente avec de remarquables plats et vins. Des idées pour les prochaines fêtes de fin d’année.

Le succès de ce week-end gastronomique en Outre-Forêt ne se dément pas, vu le nombre d’amateurs de bonne et heureuse table qui ont fait honneur aux deux grands noms de la région, le Baechel-Brunn de Thomas Limmacher à Merkwiller-Pechelbronn et La Table des Chevaliers d’Emmanuel Rainville à Haguenau. Les plats offerts par ces deux superbes toques étaient complétés par un assortiment de fromages de chèvre de la ferme Sturtzer et les desserts de la pâtisserie Rebert à Wissembourg. Le public a ainsi pu déguster Saint-Jacques fraîches, terrine de foie gras, pressé de foie gras de canard et blanc de volaille aux truffes, thon rouge mi-cuit en croûte d’épices, bouchée à la reine, choucroute de poissons, noix de joues de porc, hamburger pur bœuf et foie de canard poêlé, civet de chevreuil, quenelles de brochet aux écrevisses, sapins de Noël en chocolat, bûches de Noël et autres éclairs ou mignardises. Côté vins, l’éventail était à la hauteur de toutes les attentes. À noter également le beau succès des huîtres de Bouzigues et du stand de décorations de Noël en faveur de la recherche pour le cancer. Côté animations, Gilles Theilmann, président, Frédéric Orth, directeur, Olivier Kreutzberger, maître de chais, et toute l’équipe de la cave de Cleebourg proposaient une visite découverte des installations et pour la première fois un cours de dégustation gratuite. Les visiteurs ont pu repartir avec les millésimes et vins qui accompagnaient avec bonheur les mets dégustés à midi, tout en profitant des offres spéciales de la cave. Et les plus courageux ont sacrifié à la traditionnelle balade digestive dans le vignoble. « Ce week-end des saveurs constitue une excellente occasion pour découvrir notre cave et nos quelque 60 crus, dont notre dernière cuvée d’edelzwicker, baptisée Révérence en hommage à notre ancien maître de chais, Richard Juncker », souligne Frédéric Orth. Pour le millésime 2017, « la quantité est en baisse d’environ 10 % ». Le gewurztraminer a perdu la moitié d’une récolte normale. Mais si la quantité n’est pas là, la qualité sera au rendez-vous, affirme le directeur, annonçant des Sélections de grains nobles - une première fois depuis 1989 - exceptionnelles, avec un potentiel de 22° d’alcool. Autre satisfaction pour la cave de Cleebourg : des exportations en Autriche, pour la première fois, avec du riesling et du gewurztraminer, fort appréciés pour ce « côté fruité » qu’on ne trouve pas ailleurs en France.

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