Vigne

Publié le 19/12/2017

À Gertwiller, Marie-Joëlle Schneider et David, son fils, font le pari de diminuer la part du vrac au profit de la bouteille. Leur caveau réaménagé de manière originale est le fer de lance de cette évolution.

L’histoire du domaine Schneider s’est longtemps résumée au seul vrac. Elle est initiée par Robert à la fin des années cinquante alors que l’exploitation se partage quelques années encore entre quelques grandes cultures et des vergers. Elle se poursuit à partir de 1982 avec Jean-Marc, l’époux de Marie-Joëlle, qui reprend un domaine désormais spécialisé dans le vrac à côté d’une activité de courtier. Elle prend un tournant en 2009. Deux ans après la disparition de Jean-Marc, David, 24 ans à l’époque, décide de déménager son matériel à Goxwiller où il possède un bâtiment et de se lancer dans la bouteille. « C’est un peu énervant de faire tout le travail à la vigne et en cave et de ne pas avoir le retour du consommateur final » explique-t-il. Marie-Joëlle qui tient toujours le rôle de chef d’exploitation, partage cet avis. Mère et fils y vont donc « au culot », pour reprendre leur expression. « Comme notre façade donne sur l’une des deux grandes artères du village, nous avons ouvert le portail et placé un panneau sur le trottoir vantant notre premier rosé. C’est comme ça que nous avons eu nos premiers clients ». David vinifie tous ses vins avec le même itinéraire quel que soit leur circuit de vente. Il réalise un pressurage de trois à cinq heures sur des raisins récoltés mécaniquement à l’exception de ceux qui servent aux cuvées. En sortie de pressoir, il sulfite ses jus entre 1 et 5 g/hl, voire pas du tout comme en 2017. Il les débourbe entre douze et quarante-huit heures en visant 80 NTU. Il enzyme et levure. Il laisse fermenter à un maximum de 19,5/20°. Il termine les vins du millésime en les sulfitant avant la fin de l’année. David produit des « vins tendus, secs », comme ses rieslings à 2, voire 0 g de sucre restant. « Je ne veux pas seulement penser à faire plaisir au client. Si je veux vendre mes vins, je dois les aimer comme je les ai fait » insiste le jeune homme qui fixe son objectif de rendement à 70 hl/ha en moyenne d’exploitation. À la vigne, il pratique l’enherbement un rang sur deux. Il l’alterne selon le type de sol et son tassement. Il désherbe le cavaillon avec un herbicide et protège la végétation en encadrant la fleur avec deux systémiques. Il pense revoir cette stratégie dès 2018 ou 2019 en optant pour le bio. « Je ne suis pas inquiet à l’idée de me passer des produits de synthèse. J’observe déjà ma vigne. Le bio me fera seulement faire plus de conduite » dit-il. Pour anticiper ce passage, il vient d’investir dans un nouveau tracteur, moderne et plus confortable. David a besoin de deux jours pour traiter une surface répartie entre Barr et Bernardswiller. 80 m², cuisine comprise ! Le domaine cède en raisins 60 ares destinés à du crémant. « Je manque de place pour en élaborer moi-même » précise David. En cas de demande, il adresse les clients à son cousin. Pour le vrac, Marie-Joëlle et David s’adressent historiquement au même courtier. Ils vendent leur cave en entier. « En février, nos cuves sont généralement vides. Nous ne nous sommes jamais retrouvés avec un lot sur les bras » se félicitent mère et fils. La vente directe se concentre sur les particuliers. Elle a démarré par un stand tenu sur un marché, s’est développée progressivement dans le sud et l’Ouest de la France. Marie-Joëlle participe à trois « petits » salons au cours de l’année et depuis trois ans à un marché de Noël en Bretagne. Elle en rajoute cette année un autre sur Paris. « Nous essayons d’être les seuls avec des vins d’Alsace. Les efforts de promotion des organisateurs font que nous y retournons ou pas » admet-elle. À chaque déplacement, elle cherche à conforter son réseau de personnes prêtes à réaliser un groupage de commandes. Le caveau est le principal relais de vente pour des bouteilles. Il en écoule 70 % depuis 2016, l’année de son agrandissement et de sa rénovation. La façade rouge, un panneau comportant toujours une offre pour attirer l’œil, doivent inciter à pousser la porte. L’aménagement intérieur mélange volontairement les genres : un canapé en velours, une table ronde en bois et des sièges rouges, un bar et ses chaises hautes, des fauteuils en cuir autour d’une table basse. Il y a même, dès l’entrée, la table de la cuisine et, à côté, tous les équipements qui vont avec. Sur 80 m², l’ensemble rappelle, comme l’on voudra, un bar ou son chez-soi. La cour accueille un banc invitant à prendre son temps. « Nous voulons donner l’impression au client qu’il est chez lui » confirment Marie-Joëlle et David. Le lieu est ouvert de 10 à 19 h quasiment tous les jours. Aux clients qui se renseignent, le tarif présenté, est encadré sous verre, comme un tableau. David y met en avant ses sélections parcellaires, comme les cuvées Tentation, J’M ou R. Il préfère cette dénomination à l’emploi des noms des lieux-dits eux-mêmes qui « compliquent l’offre et qui ne parlent pas au client ».    

Collectif « Les.9 »

Neuf jéroboams vendus aux enchères

Publié le 17/12/2017

Le collectif « Les.9 », regroupant des artistes de la région et le domaine viticole Gustave Lorentz à Bergheim, édite des étiquettes dédiées aux bouteilles de 3 litres. Les neuf premiers exemplaires d’un riesling grand cru Altenberg de Bergheim ont été mis à prix au musée Unterlinden mercredi 6 décembre. Les bénéfices de la soirée, 1 890 €, ont été reversés à une association caritative.

L’art et l’étiquette de vin, une histoire qui s'écrit depuis plusieurs mois. Ils sont une poignée de vignerons dans le vignoble à avoir ressenti une communauté d’esprit avec des artistes, à l’image de Jean Meyer (domaine Josmeyer) associant certaines de ses cuvées aux œuvres existantes d’artistes régionaux. Le projet du collectif « Les.9 » pousse cette relation encore plus loin. « Les.9 » - à savoir les artistes Guy Buchheit, Yves Carrey, Cheni, Daniel Dyminski, Philippe Hillenweck, Christophe Hohler, Justin Hug, Bernard Latuner et Hervé Spycher - sont en principe unis jusqu’en 2034 pour créer tous les trois ans avec un même vigneron trois étiquettes dédiées à un grand format de bouteille, le jéroboam. En 2016 naît une première étiquette ; elle est accolée sur une bouteille de pinot gris 2015 de la maison Gustave Lorentz à Bergheim (voir nos éditions du 9 janvier 2015). L’étiquette en toile, « la surface d’expression », a été subdivisée en neuf parties, histoire de « loger » le travail original de chacun des artistes. Pour le millésime 2016, il s’agit d’un riesling grand cru Altenberg, édité également à 234 exemplaires, toujours avec la complicité de la maison Lorentz. Les neuf premiers exemplaires de cette série ont été soigneusement mis de côté pour la bonne cause et emballés dans des caissettes en bois. Ces artistes se proclament « épicuriens » certes, mais aussi « humanistes ». Ces jéroboams signés ont été mis à prix mercredi 6 décembre, avec la complicité des services du musée Unterlinden, à Colmar, de Pascal Léonetti, sommelier, et de la galerie mulhousienne Courant d’art. Art, terroir, humanisme « Cette vente aux enchères ne faisait pas partie du projet initial. Mais, nous voulons aller au-delà de la démarche artistique et faire un geste supplémentaire », explique le viticulteur Georges Lorentz. La recette de cette vente a été affectée aux œuvres de Familles Solidaires, une association qui développe des projets d’habitat partagé et accompagné, en mobilisant par ailleurs de l’épargne solidaire. « Il y a la dimension artiste, certes, mais aussi la solidarité entre les hommes qui nous tient à cœur », précise Philippe Hillenweck, l’un des neuf artistes impliqué. « Chaque année, le collectif conçoit une étiquette spécifique et toujours originale pour un jéroboam de vin d’Alsace dont l’édition est limitée à 234 exemplaires. Le collectif est aussi invité en résidence pour créer des jéroboams et laisser une empreinte hors Alsace ». Ce travail a donc trouvé un prolongement en dehors du vignoble alsacien dans la vallée du Rhône cette année, en Corse en 2018, puis dans le Beaujolais en 2019. Fin mai, les artistes s’étaient réunis au restaurant Hug à Mulhouse pour faire le point sur l’avancée de leurs travaux. Pascal Léonetti en avait profité pour présenter des bouteilles du domaine Orenga de Gaffory, à Patrimonio, en Corse. Et s’il avait trouvé un intérêt particulier à l’exercice, c’est que le professionnel, qu’il soit viticulteur ou artiste plasticien, est « en phase totale de compréhension de sa matière première ». La dégustation des productions de ce domaine enraciné dans « un sol argilo-calcaire » n’était que la première étape de leur travail.  Que ce « cérémonial » se soit tenu au restaurant Hug n’était pas non plus un hasard. « Pour moi, l’aventure humaine est indissociable des aventures de table. D’ailleurs, en servant jusqu’à 1 heure du matin, nous avons régulièrement accueilli des artistes, sortant d’un concert ou d’un vernissage. Ça s’est parfois terminé en bœuf », précise Mathieu Calligaro, propriétaire du restaurant depuis 30 ans. Cette rencontre «a pour but de favoriser l’échange, le partage et la camaraderie, mais également de proposer un lubrifiant et du lien social entre des personnes d’horizons divers », explique Philippe Hillenweck. « Les.9 » synthétisent précisément ces trois points fondamentaux : l’art, le terroir, et l’humanisme. Mercredi 6 décembre, au musée Unterlinden, cela s’est une nouvelle fois vérifié. L’aventure se poursuit…

Marchés de Noël

Deux sites pour la Tribu !

Publié le 16/12/2017

La Tribu des Gourmets a pris ses quartiers de Noël place des Rohan et place Saint-Étienne, un nouvel espace d’animations présenté à la presse le 5 décembre, en présence du président de l’Eurométropole, Robert Herrmann, et du conseiller municipal, Mathieu Cahn.

Pour cette édition 2017 de Strasbourg Capitale de Noël, la ville a élargi les espaces d’animations sur trois places, Matthias Merian, marché Gayot et Saint-Étienne. La Tribu des Gourmets a répondu à la sollicitation de la ville pour animer cette place. Elle la partage depuis le 24 novembre avec le décor lumineux de l’association strasbourgeoise Arachnima et un stand collectif des spécialités de leurs partenaires boulangers, des vins de la Couronne d’or et des bières de la brasserie artisanale Bendorf. Du revigorant aux saveurs d’Alsace ! Le président de la Tribu des Gourmets, Didier Bonnet, et le vigneron Charles Brand ont présenté à la presse ce nouveau site en présence de Robert Herrmann et Mathieu Cahn. Les chalets sont ouverts du jeudi 17 h au dimanche et des animations musicales sont proposées sous le chapiteau. Didier Bonnet a convié les commerçants des quartiers proches à venir déguster leur vin chaud lors d’un afterwork. Charles Brand a rappelé que le vin chaud, quasiment exclusivement préparé au vin rouge, était il y a cinq ans « un gros point noir sur les marchés de Noël ». La Tribu des Gourmets a remis le vin blanc d’Alsace à l’honneur dans la recette, en créant une émulation sur la qualité avec son concours du meilleur vin chaud au blanc d’Alsace. Pour réussir cette recette, il faut de préférence des vins secs, peu aromatiques, et ne pas « les masquer avec trop d’épices », précise ce vigneron. « C’est une renaissance de cette boisson » déjà connue au XVe siècle à l’Ancienne Douane. « Nous sommes des marchands de bonne humeur », ajoute Didier Bonnet, avant de souligner le dynamisme des 14 jeunes salariés engagés. Pour l’heure, l’affluence n’est pas encore totalement au rendez-vous, le site n’est pas encore assez connu des Strasbourgeois, mais « il y a des touristes qui se perdent dans le quartier et sont ravis de tomber sur la Tribu des Gourmets » ! Lors du premier week-end, les animations musicales ont réuni près de 300 personnes. Des animations qui s’inscrivent « dans un projet global cette année », précise Mathieu Cahn, en lien avec les commerçants de ces quartiers. C’est aussi la volonté de faire découvrir ces endroits de la ville méconnus, et « de soutenir les produits régionaux », ajoute Robert Herrmann, en souhaitant un joli succès à la Tribu des Gourmets et à son authentique vin chaud !

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