Vigne

Publié le 15/12/2017

À la dégustation, les tout jeunes pinots noirs présentent une plus grande buvabilité, ils n’ont pas de dureté tannique et/ou sulfitique, et ils affichent une teinte plus nuancée que leurs homologues vinifiés classiquement avec pigeage mécanique.

Assurément, il s’est passé quelque chose durant ces vendanges dans le chai de vinification de la cave de Cleebourg. Elle vient d’acquérir une cuve de vinification d’un nouveau genre* : la cuve Rieger à immersion intégrale des marcs. Une cuve de macération particulière puisque les raisins, mis à macérer entiers ou égrappés, fermentent dans l’enceinte sous pression de CO2 jusqu’à 4 bars. La cuve a été conçue avec des épaisseurs d’inox adaptées pour résister à ces contraintes. Sous ces pressions, plus besoin de remuer mécaniquement le marc qui s’immerge tout seul dans le jus en continu et plus particulièrement lors des dégazages successifs. Car, au cours de la fermentation, au-delà d’une certaine consigne de pression, cette cuve dégaze, et alors le chapeau de marc s’effondre de lui-même dans le jus, observe Olivier Kreutzberger, l’œnologue de la cave de Cleebourg. C’est la surpression de CO2 qui pige le marc Ainsi, les raisins du marc macèrent dans une ambiance sursaturée en gaz carbonique et donc dans un milieu naturellement protégé de l’oxygène. Il n’y a plus de pigeage, de remontage et d’extraction mécanique des polyphénols. Pour cette première vinification, Olivier Kreutzberger et Frédéric Orth, directeur de la cave, retrouvent les caractères de buvabilité qu’ils recherchent et qu’ils avaient observés notamment à la cave vinicole d’Oberkirch en Allemagne. C’est lors d’un déplacement là-bas avec leur conseil d’administration qu’ils ont été séduits par les vins et ont décidé d’investir dans cette cuve Rieger. Outre la diminution ou l’arrêt du sulfitage puisque le CO2 remplace le SO2, l’œnologue de la cave de Cleebourg y a vu d’autres intérêts. « Nous rentrons un peu plus de 100 tonnes de pinot noir par récolte, généralement en 3 journées, espacées les unes des autres d’une semaine. Et souvent, la deuxième journée nous rentrons en moyenne 60 % de la récolte totale. Or, une fois nos trois cuves de pigeage pleines, chacune de 10 t, on devait passer soit en thermovinification, soit en Vinimatic. Désormais, nous avons cette possibilité supplémentaire. » En augmentant sa capacité de vinification rouge, la cave de Cleebourg s’offre ainsi la possibilité d’être moins tributaire d’éventuelles hétérogénéités de maturité. Le CO2 remplace le SO2 La cuve Rieger est généralement remplie en 3 batch de 5 t durant une journée, avec un levurage pour chaque batch, mais sans SO2. « Ceci pour que les levures soient le mieux réparties, car il n’y a pas de remontage pour homogénéiser le tout en phase préfermentaire », rappelle Olivier Kreutzberger. Thermorégulée, la cuve Rieger dispose en outre à sa base d’un racloir qui tourne à vitesse très lente et qui piège les pépins dans un boîtard de décantation, lesquels peuvent donc être chassés par une vanne, et ôtés de la phase liquide lors de la fermentation, sous le simple effet de la pression. Un avantage, si l’œnologue considère que les pépins ne sont pas parfaitement lignifiés et peuvent potentiellement conférer au vin certaines amertumes herbacées. L’œnologie n’a pour l’heure pas encore bien élucidé ces mécanismes de fermentation de marc sous pression de CO2, et Olivier Kreutzberger avoue sa surprise au décuvage après huit à dix jours de cuvaison : les marcs sont entièrement vidés de leur pulpe. Inutile de presser, il ne reste que les pellicules pratiquement sèches ! Une plus grande buvabilité Paradoxalement, des marcs complètement vidés de leur pulpe en fin de cuvaison laisseraient à penser que cette technique donne des vins très tanniques et plutôt sur-extraits. Or c’est l’exact inverse qui se produit : les vins se présentent sans dureté aucune. Ils sont plus souples, plus légers, plus digestes et d’une plus grande buvabilité. Pour cette première, Olivier Kreutzberger a réalisé différentes vinifications comparatives pour une même matière de base, ceci grâce à l’équipement en cuverie dont il dispose : des cuves de pigeages, un échangeur pour la thermovinification et un Vinimatic. « J’ai réservé les plus belles matières au pigeage », mais à la dégustation, il avoue observer le côté flatteur de la structure de ces pinots noirs vinifiés avec la cuve Rieger. Attention cependant, comme toute macération sous CO2, et donc en milieu réducteur, ces vins affichent au sortir des FA et pendant les malo des notes réductrices ou plutôt fermées. Même s’il n’y a pas eu de SO2 à ce stade… Viendra ensuite le temps des assemblages, mais selon les essais, l’on observe que la structure minérale de ces vins « médecins » confère de l’harmonie aux cuvées vinifiées classiquement. À découvrir à la cave de Cleebourg !

Cave historique des Hospices civils de Strasbourg

Le direct avec les vignerons plébiscité

Publié le 14/12/2017

La journée portes ouvertes du 2 décembre de la cave historique des Hospices civils de Strasbourg a rencontré un joli succès auprès d’un public nombreux et éclectique.

Point d’orgue de l’année pour la cave historique des Hospices civils de Strasbourg, ses rendez-vous viniques de décembre avec le public ont démarré le 2 de ce mois, avec une belle affluence. Cinq vignerons adhérents de la Sica (société civile d’intérêt collectif agricole) ont accueilli les visiteurs, amateurs éclairés ou néophytes, Alsaciens ou touristes. « Ce brassage de nationalités est un vrai bonheur, souligne César Augusto Franco, responsable commercial au domaine Xavier Muller à Marlenheim. Et donne l’occasion de faire rayonner les vins d’Alsace. » Il a mis un amateur éclairé au défi de reconnaître le cépage d’un des vins du domaine, le surprenant sylvaner signature cuvée Émile 2015, qui a « la puissance et l’opulence d’une vendange tardive ». Et précisé que le domaine va « développer à l’avenir sa gamme de pinot gris, à fort potentiel ». Jean-Marie Vorburger, lui, en a profité pour expliquer les subtilités entre grains nobles et vendanges tardives, les différences entre les millésimes. Il a créé une belle surprise avec son gewurztraminer Hospices VT La Quintessence 2011. Questions, échanges et découvertes Liste des participants et de leurs vins en mains, le public a pris plaisir à déguster sur chacun des stands, en fonction de ses préférences, tout en dialoguant avec les vignerons. En quête de cadeaux ou venus pour retrouver leurs vignerons favoris, les visiteurs ont découvert les nouveaux millésimes, le 2016 notamment pour la cave de Cleebourg, avec un auxerrois fleur de printemps. Quant au muscat grand cru Markrain 2015 du domaine Fonné à Benwihr, il a fait l’unanimité dans un groupe de Strasbourgeois. La cave a également offert à la dégustation des vins d’autres régions viticoles et d’institutions publiques gérant des domaines viticoles, comme la cuvée du terroir 2016 de la Légion étrangère. Philippe Junger, ancien responsable, n’a pas manqué de faire découvrir le plus vieux vin de la cave aux touristes et en particulier au consul général de Russie, Valery Levitsky, et à son épouse, Elena, venus pour la première fois à ces rencontres viniques. Ce rendez-vous cosmopolite, toujours convivial, devrait encore attirer foule pour son dernier rendez-vous de la saison, ce samedi 16 décembre, auquel huit vignerons participeront.

Confrérie Saint-Étienne à Malte

Les confrères sur l’île des chevaliers…

Publié le 13/12/2017

La confrérie Saint-Étienne s’est fixé pour objectif une nouvelle dynamique afin d’accentuer la diffusion des vins d’Alsace dans le monde. Pour illustrer cette volonté, une délégation s’est rendue du 16 au 20 novembre derniers en République de Malte au carrefour stratégique des routes maritimes de la Méditerranée occidentale et de la Méditerranée orientale.

La visite du domaine Meridiana Wine Estate, l’une des plus grandes exploitations viticoles de l’île a réservé de belles surprises viniques et gastronomiques. Le lendemain, au cours d’une soirée dédiée aux vins d’Alsace, peu connus sur l’île, plusieurs représentants de la viticulture et des producteurs d’Alsace ont pu présenter leurs meilleurs crus à près de 200 convives réunis dans les caves réputées du Trabuxu Wine Bar au centre de La Valette. Les échanges avec un public enthousiaste et chaleureux dans une ambiance cordiale ont été passionnés et constructifs. Le jour suivant sur l’île de Gozo, les membres de la délégation ont pu profiter de plusieurs réceptions, repas et rencontres, notamment dans le cadre merveilleux du Ta Frenc et sur le port au très fin Tmun Mgarr. Le 19 novembre, la confrérie Saint-Étienne a tenu un chapitre solennel au Palazzo De Piro, relais-château à M’dina, devant près de 60 personnes, dont plusieurs personnalités de la vie publique de Malte. Le vice-premier ministre, le Dr Christopher Fearne, et l’ambassadrice de France, son excellence Béatrice Le Fraper Du Hellen, ont été faits confrère et consœur d’honneur de la confrérie. Plusieurs restaurateurs, chefs de cuisine, importateurs de vins et viticulteurs locaux ont également été intronisés au sein de la confrérie Saint-Étienne. Un repas gastronomique de haut niveau a clôturé ce chapitre dans les salons de l’Infinitely Xara. Les contacts pris par les membres de la délégation laissent augurer une perception nouvelle et un élan neuf pour les vins d’Alsace sur le territoire de Malte, dont la capitale, La Valette, vient d’être promue capitale européenne de la culture pour 2018.

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