Vigne

Publié le 12/07/2018

La situation sanitaire concernant les vers de grappe est plutôt satisfaisante cette année. Une bonne nouvelle pour le vignoble.

Certaines cultures ont leur foreuse, d’autres ont leur mineuse. La vigne, elle, a ses tordeuses, la cochylis et l’eudémis, des papillons dont l’œuf est discret mais reconnaissable sur la baie de raisin comme une petite lentille translucide de moins de 1 mm de diamètre qui devient orangée en vieillissant. Petit à petit, l’embryon de la larve, caractéristique avec sa tête noire pour la cochylis, apparaît. Et c’est la future larve qui, après hivernation, va agglomérer des boutons floraux. Les papillons s’envolent et déposent les fameux œufs sur les baies. En 20 à 25 jours, cela va donner la larve. Donc on se résume : un premier vol de papillon en mai-juin, ponte sur les baies, 8 à 15 jours d’incubation, 20 à 25 jours de développement larvaire et un vol de deuxième génération, et éventuellement une troisième génération de vol pour l’eudémis… Les services techniques ont ainsi plusieurs moyens d’apprécier le niveau de pression en tordeuses : le comptage des glomérules fin mai, le piégeage des vols de deuxième génération fin juin, le comptage des œufs sur baies et/ou les perforations des baies. Le réseau d’observation en Alsace compte 56 parcelles en 2018. Fin mai, le Bulletin de santé du végétal® (BSV) faisait état de très peu de comptages de glomérules. Au 25 juin, les vols étaient toujours « timides » sur la seconde génération, « voire toujours inexistants ». Et la tournée d’observation des pontes permettait de conclure que la pression était « encore faible ». Enfin, le BSV® du 6 juillet confirme le faible niveau de pression, un faible niveau d’attaque.

Publié le 07/07/2018

La traditionnelle soirée Opti-Pulvé organisée par Ampélys a eu lieu cette année à l’EARL Clément Bohn à Ingersheim. En plus des techniques d’optimisation des traitements de la vigne, la marque de la CAC a présenté les technologies qui seront proposées demain aux viticulteurs.

L’opération Opti-Pulvé « marque une pause dans le travail des viticulteurs dans cette année précoce et intense avec une végétation exubérante à gérer », remarque Emmanuel Kippelen, animateur des ventes de la CAC. Se revendiquant d’un groupe « vendeur de solutions avant d’être vendeur de produits », il souhaite que les techniques de traitement soient abordées dans un cadre convivial. Une centaine de participants ont répondu à l’appel. Du nouveau en confusion sexuelle Au titre des nouveautés, la société De Sangosse présente une technique de confusion sexuelle par vaporisateur ou « puffer » : « C’est un nouveau système de diffusion de la phéromone qui fonctionne de 17 h à 5 h du matin. Il s’active toutes les quinze minutes, expose Guillaume Druart, responsable technique et marketing. Il dispose également d’une fonction « retard » qui permet de l’installer lors d’autres travaux de la vigne et de le faire seulement fonctionner lorsque l’activité des papillons est effective. En moyenne, trois « puffer » sont nécessaires par hectare. Un technicien vient sur place pour récolter les informations relatives à la parcelle et la société fournit un plan de pose. Ensuite, le viticulteur installe le dispositif le plus haut possible, sur le dernier fil et vers l’inter-rang. Il est utilisé en viticulture depuis trois ans ». Il est certifié pour l’eudémis et en attente de certification d'ici 2020 pour la cochylis. Syngenta présente le service Qualidrop en insistant sur l’importance de la dérive. Marc Alavoine, ingénieur conseil agriculture durable explique comment la qualité de pulvérisation peut être contrôlée : « De l’argile blanche mélangée avec de l’eau est pulvérisée sur deux plaques noires de la même hauteur que les vignes pour matérialiser la pulvérisation de la bouillie selon le réglage des buses. Ainsi, nous pourrons observer s’il est nécessaire de fermer ou resserrer les buses pour que le produit soit appliqué dans la végétation, et non pas en dehors, et ainsi limiter les pertes par dérive ». Le drone : futur OAD du viticulteur ? Arnaud Sohler, créateur de la jeune société Aéro Vision spécialisée dans les drones agricoles et l’expérimentation, intervient pour la CAC afin de larguer des billes de trichogrammes dans les champs de maïs. Il a réalisé cette opération sur 750 ha en deux semaines. « Dans ce domaine, les agriculteurs ont une longueur d’avance sur les viticulteurs », explique-t-il. Son drone, un mutirotor de 10 kg, peut également recueillir des données pour déterminer l’état de santé de la vigne. Il relève les indices de végétation de la vigne, de l’enherbement et détecte les pieds manquants. Grâce à un partenariat avec l’Inra d’Avignon, il prévoit de diagnostiquer - dans un futur proche - les maladies telles que le mildiou et l’oïdium, mais plus difficilement la flavescence. Dans un futur plus lointain, il souhaite proposer de l’épandange et de la pulvérisation par drone. « La technologie existe, mais la réglementation nous bloque, alors qu’elle est déjà utilisée en Suisse sur des parcelles dont l’accès est complexe ».

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace

Travailler sur la notoriété des vins d’Alsace

Publié le 06/07/2018

Après quatre petites récoltes en quantité, les ventes de vins d’Alsace ont connu une baisse du fait de faibles stocks et d’une concurrence toujours plus importante. Si le chiffre d’affaires global du vignoble régional a été préservé, un travail sur la notoriété des vins d’Alsace doit être mené. C’est l’ambition du Civa qui mise sur un développement de l’image et de la valeur des produits.

Le Civa veut conduire une politique de marque pour les vins d’Alsace en mettant l’accent sur leur image et leur valorisation. Après le choix d’un logo plus moderne depuis quelques semaines, le Civa prépare une nouvelle campagne de communication. « L’objectif est de renforcer la place des vins d’Alsace dans les intentions d’achat et la notoriété de l’appellation Alsace parmi les plus grands vins blancs du monde. Nous avons commencé à travailler sur tous nos projets. Mais cette dynamique nécessaire a un coût. Elle s’inscrit dans le cadre d’un budget prévisionnel qui nous permet de travailler sereinement puisque nous avons un déficit contenu (150 000 €). Nous avons également travaillé à la refonte de la commission technique du vignoble, présidée par Christophe Bertsch. 2018 sera une année placée sous le signe de la communication. Une communication améliorée entre le Civa et ses adhérents. Notre ambition est de favoriser les échanges, d’unir nos efforts pour faire progresser les vins d’Alsace », explique le président du Civa Didier Pettermann. Le Civa compte envoyer chaque année à ses adhérents un rapport d’activité plus concis, afin de rendre des comptes « pour qu’ils voient ce qu’on fait avec leur argent », a indiqué le directeur Gilles Neusch. Le premier exemplaire a été distribué lors de l’assemblée générale, vendredi 29 juin à Colmar. « Nous allons fournir plus d’indicateurs et des services plus performants aux viticulteurs. Quant aux actions de promotion à l’international menées sur 16 pays en 2017, elles seront redéfinies en fonction de la situation et de l’enjeu des marchés. Nous allons également développer la promotion « en ligne », avec du contenu numérique, de la communication et des campagnes de recrutement avec des sites partenaires. Enfin, nous comptons proposer des formations aux professionnels de la vente. Pour vendre des vins d’Alsace, il est essentiel de les connaître et de les apprécier », ajoute Gilles Neusch. Budget et conseil de direction L’assemblée générale du Civa a également permis aux représentants des différentes familles professionnelles de voter unanimement l’augmentation d’une quinzaine de centimes de la cotisation interprofessionnelle (qui passe de 7,38 € hors taxes/hl à 7,52 €). Cette contribution représente 83 % des ressources du Civa doté d’un budget d’un peu plus de 8 millions d’euros. Une situation budgétaire qui reste favorable avec un fonds de roulement important, de l’ordre de huit mois de charges brutes d’exploitation. La composition du bureau et du conseil de direction a été renouvelée. « Il s’agit d’un moment particulier puisque deux personnes quittent le conseil de direction après avoir rendu de nombreux services au Civa et avoir effectué un travail de qualité. Il s’agit de Pierre-Etienne Dopff et de Georges Wespiser. Ils étaient respectivement élus depuis 1992 et 1998. Ils sont remplacés par Etienne-Arnaud Dopff et Gilles Ehrhart », précise Didier Pettermann. Ce dernier entame un nouveau mandat à la présidence entouré de trois vice-présidents (Georges Lorentz, Yvan Engel et Serge Fleischer), d’un secrétaire général (Pierre Heydt-Trimbach) et d’un trésorier (Pierre-Olivier Baffrey). De la prévention Krystel Lepresle, déléguée générale de « Vin et Société » est intervenue dans le cadre de l’AG. « Vin et Société » a été créée en 2004 et fédère 21 interprofessions régionales et sept nationales. « Nous nous intéressons et nous intervenons sur tous les sujets liés à la santé publique, à la fiscalité, à l’éducation et au comportement face à la consommation du vin, à l’œnotourisme ou encore à la sécurité routière. Nous fédérons les acteurs du secteur. Nous prônons une consommation responsable, celle du plaisir, du respect, du contrôle de soi. Nous sommes un acteur de la prévention et nous nous sommes donnés comme mission d’informer de manière responsable », explique Krystel Lepresle. Elle a présenté le plan national santé actuellement en débat, dont certaines mesures inquiètent la filière viticole française. La mise en place d’un tarif plancher pour l’alcool en fait partie. « L’Écosse a été la première à la mettre en application. Si on appliquait cette taxation, le prix moyen minimum de la bouteille en France passerait de 3 € TTC à 5 € TTC. Les autres menaces portent sur l’augmentation des droits d’accises, l’interdiction de la publicité sur internet et les réseaux sociaux pénalisante pour l’attractivité des domaines et l’œnotourisme, et autour des établissements scolaires. Sur ce point, c’est particulièrement choquant, car cela signifierait que la filière ciblerait les écoles. C’est un mauvais signal pour la profession », s’agace Krystel Lepresle. La prudence est de mise cependant elle constate une évolution du discours gouvernemental selon la volonté du Président de la République Emmanuel Macron. Le plan de prévention en cours d’élaboration porte sur trois thèmes majeurs : prévenir des comportements et des situations à risques, favoriser la responsabilité dans la consommation, expérimenter des dispositifs cibles de prévention et les généraliser après évaluation. « Vin & Société est prête à prendre sa part dans la prévention. Nous venons de remettre notre plan au gouvernement. Il est chiffré à 500 000 €/an, et comprend notamment des propositions (taille et visibilité du pictogramme de contre-indication pour les femmes enceintes, formation du personnel en grande surface pour empêcher la vente d’alcool aux mineurs…). La filière vitivinicole a fait un pas considérable et veut montrer qu’il y a d’autres voies que des mesures prohibitives comme l’information ».

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