Vigne

Publié le 03/08/2018

Lors de la journée d’ouverture de la foire aux vins d’Alsace de Colmar, le comité des Reines des vins d’Alsace a organisé sa seconde soirée de gala. 180 personnes étaient présentes pour assister à l’annonce du nom de la reine 2018. Il s’agit de Margaux Jung. Ses deux dauphines sont Flore Ansel et Pauline Husson.

Après une première soirée réussie l’an passé, le comité des reines des vins d’Alsace, présidé par Claudia Renel, a renouvelé l’événement, toujours au cabaret colmarien, et toujours en ce début de foire aux vins. « Le concept avait séduit. Nous l’avons donc reconduit en améliorant l’organisation. Nous sommes heureux de constater que le public a répondu présent », se félicite Claudia Renel. Parmi les participants, on pouvait reconnaître le maire de Colmar, Gilbert Meyer, le président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), Didier Pettermann, et celui de l’Association des viticulteurs d’Alsace, Jérôme Bauer. Au cours de la soirée, les tables non réservées se sont bien remplies. « Nous voulions aller voir Indochine, mais c’est complet. Nous avons espéré jusqu’au dernier moment. Peine perdue. Du coup nous avons visité la foire. Et, par hasard, nous nous sommes arrêtés ici. Nous avons décidé de dîner tout en suivant la soirée. Elle a été très intéressante. Le spectacle m’a impressionné. Le concept de reine, je connaissais. Celle qui a été choisie semble connaître la viticulture. C’est apparemment l’objectif, si j’ai bien compris. C’est sympa. J’aime bien les vins d’Alsace. Avec mon épouse, nous dégustons du riesling avec le repas », témoigne Jean-Paul Fauviau qui, avec son épouse Suzanne, est de passage en Alsace pour quelques jours. Le couple habite à une dizaine de kilomètres de Nantes. La dernière de Jean-Marie Arrus La soirée est ouverte par la présidente de Colmar Expo, Christiane Roth. « Nous organisons une soirée avec le comité des reines des vins et le Civa depuis deux ans. Un trio a été désigné. Vous allez connaître la nouvelle reine et ses dauphines, assister à un superbe spectacle et passer une bonne soirée. La reine et ses dauphines sont partout dans le vignoble et ailleurs pendant une année. Je tiens à rendre hommage au trio sortant, qui a toujours été soudé pour la promotion des vins d’Alsace », souligne Christiane Roth. Un avis que partage Didier Pettermann : « Vous êtes toutes des ambassadrices des vins d’Alsace. Et c’est vrai depuis 1954. Nous en profitons pour saluer la première reine, Marguerite Binner-Bannwarth, qui est présente à cette soirée. Et pour rappeler que nos reines sont élues pour la qualité de leur présentation et leurs connaissances du vignoble et des vins d’Alsace ». Le comité des reines existe depuis sept ans. Il a été impulsé par les deux précédentes présidentes : Marie-Odile Goefft et Martine Guth. La soirée se poursuit avec le repas et le spectacle présenté par Jean-Marie Arrus. Un moment d’émotions pour ce dernier, qui officie à cette responsabilité pour la dernière fois. D’ailleurs, ce soir-là, comme pour toute la durée de la foire, il est secondé par celle qui va lui succéder : Marlyse Riegenstiehl. Comme chaque année, le spectacle est magnifique. Avec fierté et honneur Le moment tant attendu arrive. Avec émotion, le trio sortant va céder sa place. La reine 2017-2018, Justine Schmitt, et ses dauphines Marie Grund et Clémence Bléger sont invitées à venir sur scène. Elles rappellent leurs joies et les bons moments passés au cours de cette année très chargée. Le nouveau trio entre en scène. Didier Pettermann invite Marguerite Binner-Bannwarth à venir annoncer le nom de la nouvelle reine des vins d’Alsace. Il s’agit de Margaux Jung. Âgée de 24 ans, elle est originaire de Riquewihr. Sa candidature a été poussée par sa famille, et notamment son grand-père, Roger Pontius. Ce dernier, âgé de 88 ans, la rejoint sur scène pour une photo de famille. Le moment est très intense. Les deux dauphines sont Flore Ansel et Pauline Husson. La première est âgée de 21 ans et est originaire de Turckheim. La seconde est âgée de 27 ans et est originaire de la vallée d’Orbey. Quelques minutes après les traditionnels discours, les photos et autres témoignages d’affections de sa famille, Margaux Jung accepte de répondre à nos questions. Elle est issue d’une famille de viticulteurs : le domaine Jung Gustave et fils à Riquewihr. Elle termine un master en septembre et va poursuivre son cursus avec un Brevet professionnel responsable d’entreprise agricole (BPREA) spécialisé dans le vin à Rouffach. « À terme, mon objectif est de reprendre le domaine familial », précise la nouvelle Reine, très étonnée d’avoir été élue. « Tout a démarré par une simple candidature et une présentation vidéo. Quand j’ai été présélectionnée, j’ai rigolé et j’étais déjà très contente. Nous n’étions plus que sept. À l’entretien, je me suis dit que c’était fichu. Toutes les filles avaient bien préparé et moi, la veille de mon passage, je suis allée à Strasbourg assister à la finale de la coupe du monde de football. Paradoxalement, je suis arrivée à cet entretien sereine et tranquille. Quand, ensuite, j’ai été rappelée, j’étais surprise », raconte la nouvelle reine des vins d’Alsace. Lors de cette soirée, Margaux Jung n’imaginait toujours pas que ce serait elle qui serait choisie. « Je compte exercer cette responsabilité avec fierté et honneur. Et je vais le faire avec mes dauphines, Flore et Pauline. Comme le trio précédent, nous allons représenter ensemble les vins d’Alsace, les professionnels, la région. Nous connaissons toutes les trois le vignoble, le métier, les vins. Ça va être une année géniale », conclut Margaux Jung.

Daniel Ruff, chevalier de l’ordre du Mérite agricole

Un vigneron distingué

Publié le 02/08/2018

La reconnaissance du klevener de Heiligenstein a été un combat de longue haleine. Daniel Ruff, l’homme par qui tout est arrivé, a été nommé chevalier dans l’ordre du Mérite agricole. Homme de conviction, visionnaire, fédérateur… les intervenants successifs n’ont pas tari d’éloges à son sujet, lors de la remise de cette distinction, le samedi 21 juillet.  

« Cette distinction est la reconnaissance de l’implication de Daniel Ruff dans le monde viticole », a souligné Didier Pettermann, président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), devant les invités réunis dans le chai du domaine familial. Élu président du syndicat viticole local en 1985, Daniel Ruff est une véritable courroie de transmission entre l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava) et les vignerons locaux, a souligné le président du Civa. « Il a été membre du bureau de la sous-région de Barr qui fédère 22 villages viticoles. » Sa passion, il l’a mise aussi au service du développement de l’entreprise familiale, au côté de son épouse Annie. « Ce qui était à l’origine une petite exploitation de quelques hectares est devenu en quelques années un domaine viticole de renom, figurant dans le top 100 des entreprises viticoles alsaciennes », a souligné Didier Pettermann. Dernier investissement en date, l’agrandissement du caveau de dégustation, aménagé en 2015 dans l’ancienne échoppe du cordonnier du village. Mais le nouveau chevalier restera dans l’histoire pour son combat en faveur de la reconnaissance du klevener de Heiligenstein et de la délimitation de son aire de production. « Il a compris que c’était l’opportunité, pour les vignerons du village, de se démarquer. » Grâce à son opiniâtreté, pour ne pas dire son obstination, ce vin unique au monde, issu du cépage savagnin rose, reçoit ses lettres de noblesse il y a 21 ans. Le décret du 30 juin 1971 introduit la dénomination « klevener de Heiligenstein » au sein de l’appellation Alsace et celui du 4 février 1997 définit son aire de production. Le président du syndicat viticole ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : le village de Heiligenstein a déposé une demande de premier cru. De 1989 à 2003, le récipiendaire a été membre du conseil municipal de Heiligenstein, « une commune d’un millier d’habitants où il fait bon vivre », selon les propos du maire, Jean Georges Karl. Le village célèbre chaque été ce huitième cépage alsacien. « Daniel Ruff a déjà 33 fêtes du klevener à son actif ! » Un cépage qu’il faut faire connaître dans le monde entier, car chaque bouteille participe à la notoriété de la commune. « Un engagement au service de l’excellence » « Vous avez consacré toute votre carrière au klevener de Heiligenstein, a souligné le parrain du récipiendaire, le député Antoine Herth. Vous avez fait montre d’un militantisme constant et persévérant pour faire reconnaître ce cépage qui pousse depuis trois siècles sur les pentes argileuses du Mont Sainte-Odile. » En 1742, un procès oppose Ehrhardt Wantz, bourgmestre de Heiligenstein, et les trois villages voisins à propos de l’appartenance du lieu-dit Auboden. Le procès est gagné par les habitants de Heiligenstein qui sont autorisés à planter leur cépage fétiche sur ces terres… à condition de s’acquitter de la dîme en klevener. « C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le prélèvement à la source ! » C’est un élément déterminant pour la notoriété de ce cépage qui occupe jusqu’à 114 ha à son apogée. Mais à partir de 1850, il est progressivement supplanté par son cousin, le gewurztraminer, et en 1970, il n’en reste plus que 3 ha. Commence alors un long travail de remise en valeur, qui porte ses fruits. « C’est une véritable résurrection, pour le plus grand bonheur des amateurs de vins rares. » Pour Antoine Herth, cette distinction est « la reconnaissance de la nation pour votre mission de promotion d’un cépage d’exception. Elle marque votre appartenance à une longue lignée d’hommes et de femmes qui mettent leur énergie au service de l’intérêt général. » « Depuis ma tendre enfance, je me suis impliqué dans la cave et dans la vigne », a révélé Daniel Ruff. Même s’il avoue avoir un faible pour le crémant d’Alsace, il voue une passion immodérée au klevener de Heiligenstein, « un cépage unique venu d’ailleurs qui suscite la convoitise, un grand seigneur qui domine ses vassaux, les vignerons de Heiligenstein. Nous œuvrons toujours dans le sens de sa notoriété : nous espérons atteindre le stade hiérarchique supérieur, le premier cru. »

71e foire aux vins régionale des vins d’Alsace

Le vin au cœur de la fête

Publié le 02/08/2018

« Le vin, c’est la rencontre entre un cépage, un terroir, le talent d’un producteur et le goût d’un amateur ». Cette analyse du président du Sénat Gérard Larcher a ouvert vendredi 27 juillet la 71e foire aux vins d’Alsace de Colmar. Elle se poursuit jusqu’à ce dimanche soir 5 août.

Le second personnage de l’État en rang protocolaire derrière le Président de la République a captivé l’auditoire venu assister à cette inauguration. Ses analyses sur la réforme territoriale ont ébranlé les certitudes des uns et des autres. Gérard Larcher en a profité pour rappeler que « l’Alsace est au cœur de l’Europe. À ce titre, elle a un rôle majeur à jouer dans la dynamique du Rhin supérieur ». Son passage pertinent sur le vin et la viticulture a séduit la profession et les organisateurs de la foire aux vins. « C’est un plaisir pour moi d’être présent à cette manifestation qui est la troisième foire de France. Depuis 1948, elle a reçu onze millions de visiteurs. Ils ont tout d’abord été attirés par ce qui est sa signature : les vins d’Alsace. Ensuite par ses spectacles, ses animations et son festival. C’est un événement majeur de l’été dans cette région, un événement populaire », explique Gérard Larcher. Il cite tour à tour Benjamin Franklin pour faire un lien entre la bière et le vin, puis Paul Claudel pour rappeler l’histoire millénaire de la viticulture occidentale, sans oublier le verset 2, chapitre XV de l’Évangile selon Saint-Jean pour associer les vignerons et le législateur. « Les premiers taillent dans la vigne et le second créé des lois sur mesure ». Enfin, Montaigne n’est pas oublié : « Servez-leur de bons vins, ils vous feront de bonnes lois ». Une leçon de connaissances où s’entrecroisent humour, culture et histoire ! « Vos vins ont une histoire » Gérard Larcher détaille l’importance de la filière viticole en France, qui représente un excédent commercial de 11,5 milliards d’euros, le second derrière l’aéronautique. Intronisé en 2013 par la confrérie de Scherwiller, le président du Sénat connaît bien la profession viticole de la région, et insiste sur l’importance de cette filière pour l’Alsace : « Vos vins ont une histoire. Ce sont eux qui ont fait l’Alsace, avec l’excellence des cépages, l’expertise des hommes et des vignerons. Vos vins sont un élément important de l’identité alsacienne. Je tiens à rendre hommage aux professionnels qui portent les vins d’Alsace. Car le vin, c’est la rencontre entre un cépage, un terroir, le talent d’un producteur et le goût d’un amateur ». Des propos appréciés et salués par des applaudissements chaleureux. Valoriser, conquérir, réunir Le directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), Gilles Neusch, a présenté la politique dynamique qui a été engagée par la profession ces derniers mois, avec la diffusion d’un film promotionnel, un nouveau logo symbolisé par les initiales des vins d’Alsace en majuscules, « VA ». Un logo et une politique qui illustrent le renouveau de la filière, fière de ses vins et de sa région, et son désir de conquérir de nouveaux marchés. « Les vins d’Alsace s’apprécient déjà dans 134 pays dans le monde. Mais, face à une concurrence toujours plus acharnée, nous nous devons de mieux communiquer, de mieux valoriser nos produits, de promouvoir nos trésors. Nous devons expliquer les vins d’Alsace aux consommateurs. Nous sommes donc passés à l’offensive. N’oublions pas que l’Alsace réunit tous les terroirs du monde. Nous sommes la référence en vins blancs secs. Nos vins d’Alsace sont adaptés à toutes les cuisines. Et nos vins sont portés par des visages humains derrière chaque étiquette. Nous sommes champions de France de la vente au caveau. Nous sommes également les fers de lance de la viticulture biologique avec un vignoble qui est le plus écologique de l’hexagone. Sans oublier notre remarquable route des vins d’Alsace », plaide Gilles Neusch. Une impressionnante progression qualitative des vins d’Alsace qui peut se vérifier jusqu’au 5 août à la foire aux vins d’Alsace. « La foire s’est adaptée à son temps » Les autres interventions de cette matinée inaugurale ont permis à la présidente de Colmar Expo - et surtout présidente de la délégation de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Colmar et du Centre Alsace - de s’inquiéter de la suppression annoncée des ressources fiscales de cette chambre consulaire. Soit 400 millions d’euros (M€) de moins sur quatre années pour tout le réseau des CCI, dont 10 M€ rien que pour l’Alsace. Le maire de Colmar, Gilbert Meyer, a également évoqué la réforme territoriale, s’exprimant « pour une fusion des deux départements pure et simple, et sans condition ». Quant à Christophe Crupi, directeur des foires et salons de Colmar Expo, il a déclaré : « Après la 70e édition où nous avons dépassé le cap des 300 000 visiteurs, nous sommes de retour avec un grand objectif : faire encore mieux. La foire s’est adaptée à son temps en proposant régulièrement des nouveautés. Cette année, nous cherchons à valoriser encore davantage les vins d’Alsace en lien avec toutes les familles professionnelles du vignoble. Il y a des nouveautés, comme le petit marché agricole, et toujours des animations qui font la force de la manifestation. Sans oublier le festival avec ces 12 concerts ». Le mot de la fin est revenu au trio royal sortant, composé de la Reine des vins d’Alsace 2017-2018, Justine Schmitt, et de ses deux dauphines, Marie Grund et Clémence Bleger. Tout était en place pour couper le ruban de cette 71e édition. Désormais grande ouverte !

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