Vigne

Publié le 17/08/2018

La fête du vin d’Epfig, une des plus importantes du secteur, a connu une belle réussite, les 4 et 5 août. On pouvait y déguster 124 vins proposés par 12 vignerons du village.

Entre canicule et chantier de la traverse du village, le succès de la 38e édition de la fête du vin était loin d’être garanti. Mais après la soirée du samedi, Jean-Claude Wolffer, président de l’association Arts et traditions d’Epfig (ArTE), était rassuré puisque la foule s’est déplacée en masse, comme d’habitude. À l’heure de l’inauguration, Philippe Stumpf, président du syndicat viticole d’Epfig, a évoqué les difficultés liées à la météo compliquée de l’année. Le maire, Jean-Claude Mandry, a mis en avant le travail des vignerons, ainsi que la qualité des vins produits dans la commune. La rénovation du sentier viticole s’inscrit dans le développement de « l’œnotourisme qui contribue à ramener 7 millions de visiteurs sur la route des vins d’Alsace », a précisé Didier Pettermann, président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace. Mais les vins d’Alsace souffrent encore d’un déficit de promotion pour être reconnus à leur juste valeur, a regretté le député Antoine Herth. L’œnologue Anne Oberlé a ensuite commenté la cuvée ArTE 2017 (lire en encadré), un gewurztraminer Fronholz, élevé au domaine Bader, par Pierre Scharsch. Après avoir présenté le domaine, ce dernier a rappelé les atouts de son terroir, « son exposition au soleil et au vent, sa géologie intéressante qui permettent d’y produire des vins puissants et élégants qui s’exportent loin et qui sont souvent primés ». Six bouteilles de ce nectar ont alors été cachetées à la cire par des invités, pour être entreposées dans la future œnothèque, un autre projet d’ArTE et du syndicat viticole. La soirée a été animée par le bal de la nuit du Riebsand, avec l’orchestre Rosystars, et par DJ Nytro. Le lendemain, l’accueil des touristes a précédé l’apéritif et le bœuf à la broche, préparé par les membres d’ArTE. L’après-midi a été ponctué par les prestations de la musique et du groupe folklorique Sainte-Marguerite. La nouvelle reine des vins d’Alsace, Margaux Jung, dont c’était une des premières sorties officielles, s’est présentée au public, relevant le dynamisme des nombreuses associations locales. Les Bloos Musik Kompels, puis le sosie de Florent Pagny, ont pris le relais, avant le bal des vigneronnes, au son des Rosystars, et le feu d’artifice final.

Crédit Agricole Alsace-Vosges

Déguster ou vivre le vin

Publié le 17/08/2018

Déguster ou vivre le vin, il faut choisir ! C’est en substance le message de Bruno Quenioux, qui est intervenu dans le cadre de la conférence du Crédit Agricole Alsace-Vosges à la foire aux vins.

« En Alsace, la vigne contribue fortement à l’attractivité de notre territoire », explique dans ses mots de présentation, le président du Crédit Agricole Alsace-Vosges Henri Buecher. « Notre ancrage auprès de la viticulture alsacienne est très important. Nous sommes le partenaire de confiance de la viticulture et de ses acteurs. Nous travaillons avec tout le monde : les vignerons indépendants, les entreprises de négoce, les coopératives. Nous avons été à vos côtés, notamment, lors de cette récolte 2017 qui a été impactée par le gel. La production en a été affectée », complète le directeur général Pierre Fort… Pour cette année 2018, malgré quelques épisodes difficiles, globalement, les conditions sont plus satisfaisantes. La vendange s’annonce généreuse avec plus d’un million d’hectolitres annoncés. Et, au-delà de la quantité, la qualité doit permettre de poursuivre le travail engagé depuis de nombreuses années. « L’Alsace est petite, ses vins sont grands. Nous devons donc poursuivre le développement des ventes des vins d’Alsace en France et à l’étranger qui ne concernent actuellement que 26 % des ventes à l’export. Un chiffre en baisse ces dernières années, qui résulte parfois d’une concurrence entre les acteurs alsaciens eux-mêmes. Une concurrence parfois destructive de valeur alors que nous devrions grossir le gâteau en prenant des parts de marché à la Bourgogne, aux vins allemands ou à ceux du nouveau monde », ajoute Pierre Fort. Pour autant, il observe que le chiffre d’affaires global de la viticulture alsacienne est jusqu’à présent préservé, même s’il faut être prudent concernant les stocks de vin en vrac. Il poursuit en rappelant les mesures d’accompagnement mises en place par le Crédit Agricole Alsace-Vosges pour les professionnels. « Je suis optimiste et enthousiaste quand je vois les initiatives et la convergence des acteurs de la filière. Je pense à ces terroirs extraordinaires qui font la richesse des vins d’Alsace. Je pense à ce vignoble fer de lance en matière de bio. Je pense à ces espaces conviviaux qui permettent les dégustations et ces animations. Je veux saluer la démarche actuelle du conseil interprofessionnel des vins d’Alsace concernant ses actions de communication pour renforcer la notoriété des vins d’Alsace. Je pense à la génération Y qui s’implique pour la promotion des vins d’Alsace », poursuit Pierre Fort qui souligne les partenariats existants avec l’université de Strasbourg et la participation du groupe bancaire au premier hackathon du vignoble. « Le terroir n’a pas de critère » Bruno Quenioux, fils de vignerons de Cheverny dans la Loire, est chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres. Autodidacte en viticulture, il a pourtant intégré les caves Legrand à Paris en 1988 avant d’être recruté par les galeries Lafayette pour assurer la sélection des vins de la gamme « Lafayette Gourmet ». Avec succès puisqu’il découvre ses nouveaux « modèles » tels que les domaines Dugat-Py ou encore Gauby. En 2008, il quitte ce groupe et continue de promouvoir le vin comme un produit « naturel ». Aujourd’hui encore, il est consultant pour le site « Ventealapropriete.com » et la marque d’accessoires « L’Atelier du Vin ». Il intervient également à « l’École du Vin et des Terroirs » dans le cadre d’un cours baptisé « Désapprendre à déguster ». Car, son credo est d’abolir la frontière entre les amateurs de vins et les experts. Bruno Quenioux ne conçoit pas le vin comme une affaire de science, mais de sensibilité, de perception. Contrairement aux œnologues qui s’intéressent aux molécules du vin, il aime percevoir « la poésie active entre ces molécules ». Il invite à réfléchir sur le sens du mot « déguster » qu’il trouve trop violent, car il vise à décomposer les goûts. Il lui préfère le verbe « goûter ». Lors des dégustations de vins, les gens sont selon lui dans une posture et non dans un état. « Or, il est essentiel qu’ils puissent vivre le vin. Les cours de dégustation sont terribles. On cherche à faire en sorte que tout le monde fasse le même vin. Or, il ne faut jamais oublier et supprimer les défauts œnologiques. Un vin ne peut pas plaire à tout le monde. Et il ne doit pas plaire parce que l’expert l’aime ». Bruno Quenioux cite l’exemple d’une époque où il n’a pas aimé le vin considéré l’époque comme le plus grand vin du monde et qui, aujourd’hui, est passé de mode. « Le producteur avait trouvé les critères de l’époque. Mais, le terroir n’a pas de critères. Ce vin n’était qu’un effet de mode. Tant le producteur que le dégustateur, qu’il soit expert ou amateur, doit rester lui-même. C’est là, qu’au bout, chacun, va rencontrer son terroir », estime Bruno Quenioux. « Le vin est un outil d’élévation de l’homme » Pour apprécier un vin, il est nécessaire, selon lui, d’en appeler à nos cinq sens. « Il faut vivre le vin, pas le juger. La qualité d’un cru n’est pas perceptible tout de suite. En élaborant ses cuvées, le vigneron ne doit pas se fixer comme objectif de séduire le consommateur ». Il rappelle toute la mythologie du vin : « La vigne, est une plante solaire au départ. L’homme, en la mystifiant, va en faire une plante terrestre. Or, c’est une plante sacrée. Tout un tas d’énergies se mêlent. Et, quand, plus tard, on ouvre une bouteille, on boit de la géographie, de la géologie, de l’histoire, de la science, mais aussi de la mythologie car des êtres avant nous ont créé nos merveilleux vignobles », insiste Bruno Quenioux. Le public est invité à poser des questions. « Que pensez-vous de cette fameuse phrase : In Vino veritas ? ». La réponse de Bruno Quenioux est immédiate. « Le vin juste révèle la vérité. Et c’est pour cela qu’au bout de la dégustation, on se prépare à une vérité en nous, à une communion. Cette dernière est nécessaire. Aujourd’hui, les gens ne trinquent plus. Il n’y a plus de communion. Le vigneron, lui, créée cette unité alors que le dégustateur divise ». « Faut-il revenir à un langage poétique pour parler du vin, ou faut-il rester à ce langage analytique ou, au contraire, produire un discours synthétique pour parvenir à une meilleure communion entre les gens ? ». Pour le conférencier, « le vin est un outil d’élévation de l’homme. Mais, on a créé des jargons qui rendent totalement dépendants. Cela engendre un blocage du plaisir. Les initiés doivent développer un langage transversal, compréhensible de tous. Nous avons tous un goût. Mais, devant le vin, les gens n’osent plus s’exprimer. Avec ces dégustations, on a complètement nié le goût des gens. Et c’est vrai dans tous les métiers. Nous n’apprenons rien à celui qu’on a tué », réponds Bruno Quenioux. Il invite tout à chacun à déclencher le germe de sa propre connaissance. « Faut-il produire des vins authentiques ou originaux ? » Le conférencier botte en touche et affirme ne pas avoir les outils nécessaires pour répondre. « L’appellation d’origine contrôlée (AOC) devient-elle obsolète parce qu’elle ne tient précisément pas ses promesses dans la justesse et la vibration du vin ? ». Bruno Quenioux estime que les prescripteurs de vins ont « des responsabilités très lourdes car on a édifié l’appellation en termes de label de qualité. C’est une erreur. L’appellation aurait dû être utilisée pour des gens comme nous. Mais, très vite, la facilité commerciale a fait que ce n’était pas le cas. Les AOC ne pourront perdurer que si la profession arrête de se soumettre à la notion du rapport qualité/prix. C’est ce qui a conduit à la désespérance des vignerons de qualité. C’est à nous, à vous, de croire en votre vin et de le vendre au juste prix par rapport à sa qualité, à son expression », conclut Bruno Quenioux.

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace

« On veut être une référence sur le vin »

Publié le 17/08/2018

Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace a tenu un stand central dans le hall 4 de la foire aux vins. L’espace et les activités ont été pensés pour remettre le vin au centre de l’événement.

Deux grandes lettres dorées. « VA », pour « vins d’Alsace ». Le nouveau slogan du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) surplombe le stand du hall 4 de la foire aux vins. Le carré, chapeauté par le Civa, regroupe vignerons indépendants, coopératives et négociants. De nombreuses activités sont prévues à destination du grand public. « On veut être une référence sur le vin », plaide Thierry Fritsch, responsable marketing du Civa. Résultat, de nombreuses animations programmées tout au long du salon. Les speed tasting d’abord. Ces séances de dégustation rapide (30 minutes maximum) ravissent les badauds. Chaque soir, une session est organisée autour d’un thème : les millésimes en « 8 », le pinot noir… Et le rendez-vous se déroule à la bonne franquette. Thierry prodigue ses observations et ses conseils d’un côté du comptoir. Le public participe accoudé au bar ou débout dans l’allée. « Le but est de donner une information claire, simple, rapide », explique le responsable. « On a souvent critiqué le fait que la foire ne serait pas suffisamment tournée vers les vins, note Thierry. On a beaucoup travaillé pour que le vin reste l’élément fédérateur. » Le communicant multiplie donc les apparitions lors d’événements et les coups de pub. Il participe par exemple à des cook show organisés dans la Halle aux vins. Le Civa fournit aussi un coffret de trois bouteilles aux artistes qui se produisent dans le théâtre du Parc des expositions. Une occasion de faire la promo des productions locales à l’international… et de faire de belles rencontres. Ainsi, Thierry se rappelle avec fierté avoir offert une petite dégustation à Sting. Mais ça vaut le coup de faire de la communication sur les vins d’Alsace en Alsace ? « Oui à 400 % », répond Thierry du tac au tac. Selon lui, les Alsaciens doivent se réapproprier les vins locaux. Et les producteurs doivent être fiers de leur travail. « Nous voulons montrer que derrière chaque étiquette il y a une famille qui nous accueille. »

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