Vigne

Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace

Capsules : simplifier les démarches administratives

Publié le 11/09/2018

La suppression du caractère obligatoire de la capsule représentative de droits (CRD) à partir du 1er juin 2019 a été annoncée en juin dernier. Le Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace souhaite que cette simplification administrative se poursuive pour les entreprises avec la suppression des documents de transport sur le territoire national.

Le dossier est important pour les adhérents du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira), car ce dernier a un statut de délégation de service public. Il a en effet un rôle de répartiteur pour les capsules représentatives de droits (CRD). Reconnu comme organisme capable de répartir et de tracer ces capsules, il joue l’intermédiaire entre les fabricants et les impôts. Une activité qu’il exerce depuis sa création. « C’est une prérogative des syndicats professionnels. Nous en faisons plus de 10 millions chaque année. Nos capsules portent toutes le même numéro d’enregistrement (R 02). Venir chez nous évite les démarches administratives à nos adhérents. Par ailleurs, ils peuvent les acheter en lot. Souvent, ce sont des lots de deux ou trois cartons. Pour les vignerons c’est pratique, car ils les cherchent au détail. C’est un service personnalisé. Nos capsules sont standards, noires ou dorées », explique Alain Renou, directeur du Synvira. « Nous traçons déjà les ventes de vin » Le 12 juin dernier, le Synvira a donc pris acte de l’arrêté annonçant la suppression du caractère obligatoire de la capsule représentative de droits à partir du 1er juin 2019. Depuis 1992, un règlement européen stipule que pour commercialiser du vin, en dessous d’un certain volume, il faut posséder un document d’accompagnement pour pouvoir vendre du vin en France. Et le code général des impôts stipule que les produits soumis à accises mis à la consommation peuvent circuler soit sous couvert d’une marque fiscale, comme la capsule représentative de droits, soit sous couvert d’un document simplifié d’accompagnement. « Or, il apparaît que la possibilité d’utiliser un document simplifié d’accompagnement n’est pas une simplification pour les opérateurs. Nous attendons donc une clarification des Douanes précisant ce qui est exactement nécessaire dans ce document d’accompagnement. Cette clarification a été demandée à l’État et aux Douanes lors du conseil national des Vignerons Indépendants de France en juillet dernier. Quoi qu’il en soit, nous demandons la suppression de ce document et de la simplification. Nous traçons déjà les ventes de vin », ajoute Alain Renou. Une réponse de l’État et des Douanes est officiellement attendue dans les semaines à venir.

Fermes en folie

Lait’s gaz !

Publié le 07/09/2018

Niederaltdorf, petite commune rattachée à Uhlwiller, a accueilli le 26 août dernier les Fermes en folie. Plus de 10 500 visiteurs étaient au rendez-vous pour cette grande fête de l’agriculture. Ils sont venus nombreux soutenir les concurrents de la 65e finale de labour et profiter des animations du site. Démonstration de tracteur pulling, baptême d’hélicoptère, concours de la race charolaise, exposition de chevaux de trait, de matériels agricoles, village des Organisations professionnelles agricoles, marché du terroir, village enfants : il y en avait pour toute la famille et pour tous les goûts ! Deux exploitations ouvraient leurs portes lors de cette journée pour accueillir passionnés et curieux : l’EARL Achendracher et le Gaec Gibsbach. Il s’agissait là d’une bonne occasion pour les Jeunes Agriculteurs du canton de Haguenau de faire découvrir au public une agriculture moderne et innovante, avec des fermes équipées de robots de traite et d’un méthaniseur. Ils ont su faire partager aux visiteurs l’amour de leur métier dans la convivialité et la bonne humeur ! Pendant que les 23 meilleurs laboureurs du département s’affrontaient, 2 400 personnes ont dégusté un repas concocté par les Jeunes Agriculteurs du canton de Haguenau, à base de produits locaux. Les discours qui ont précédé la remise des prix ont permis aux JA d’interpeller les élus sur les problématiques qui touchent le monde agricole. La journée s’est clôturée par l’annonce de la victoire de Loïc Fischer et Romain Friess qui se sont qualifiés, ce dimanche 2 septembre lors de la finale régionale, pour le concours de labour national, faisant la fierté des JA du Bas-Rhin. Les couleurs bas-rhinoises seront cette année encore bien défendues ! Les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin tiennent tout particulièrement à remercier les Jeunes Agriculteurs du canton de Haguenau pour le travail fourni ces derniers mois. Ils ont su offrir au public un site exceptionnel qui a attiré les foules. Un grand bravo à eux !

Publié le 06/09/2018

Entre la précocité des vendanges à des dates où moins de personnes sont disponibles, la nécessité de renouveler ses équipes, et parfois le manque de sérieux des candidats, recruter ses vendangeurs ressemble de plus en plus à un casse-tête. Comment les trouver et les garder ? Voilà quelques exemples de stratégies déployées par des vignerons indépendants.

Activer les réseaux de contacts personnels et publics. Le traditionnel bouche-à-oreille semble encore avoir de beaux jours devant lui pour faire passer le message à la famille élargie et aux connaissances diverses et variées. « J’avais cette année cinq personnes à renouveler sur douze. J’ai pu renouer contact avec d’anciens vendangeurs perdus de vue depuis deux ou trois ans. Ils ont accepté. Et l’oncle de mon salarié s’est proposé pour remplacer une défection de dernière minute » indique Matthieu Kuhn, co-gérant du domaine Antoine Stoeffel à Eguisheim. La plupart se rassurent avec ces « circuits courts ». A défaut d’obtenir toute la main-d’œuvre souhaitée, s’adresser à Pôle emploi est une solution qui, de l’avis général, « donne plutôt satisfaction ». « J’ai embauché deux personnes par ce biais il y a deux ans et elles se sont bien intégrées au groupe » juge Peggy Schwartz, du domaine Racème à Blienschwiller. Le succès paraît en revanche plus inégal si l’on utilise le canal des réseaux sociaux. Bien évaluer la motivation des candidats. Peggy est attentive à leur comportement, à leur posture, à leur attitude, à leur regard. Sont-ils plutôt individualistes ? Ou prêts à s’entraider ? Se présentent-ils par envie de travailler ou se sont-ils seulement déplacés pour satisfaire l’injonction de Pôle emploi ? « J’explique les règles. Je préviens que le travail est physique, fatigant. Je scrute les réactions. Cette année, j’ai vu beaucoup de personnes entre 35 et 55 ans motivées par la vigne, le vin et la région » poursuit Caroline Moritz, du domaine Moritz à Andlau. « J’ai besoin de collaborateurs. Les jeunes retraités constituent une bonne cible. J’essaye de retenir des gens qui ne sont pas contraints par la perspective de gagner de l’argent » ajoute Armand Landmann, vigneron indépendant à Nothalten. « Il faut pouvoir compter sur les personnes qu’on retient » résume Simone Geiger, qui recrute depuis quarante ans les vendangeurs de l’Eàrl du Felsberg à Bernardvillé. En 2018, son équipe de quatorze coupeurs et porteurs est complète. À l’invitation du Synvira, elle s’est rendue à la séance de mise en relation viticulteurs/vendangeurs organisée le 22 juillet à Barr. Pour anticiper l’avenir car « certains de mes vendangeurs ont dépassé 70 ans et pensent à se désister. Il faut de nouvelles têtes. Une à deux chaque année est un bon rythme » estime-t-elle. « Je propose ma bonne humeur ! » Mutualiser ses vendangeurs. S’organiser entre viticulteurs est un bon moyen de s’assurer des saisonniers nécessaires sur la période des vendanges. Pierre Bernhard, vigneron indépendant à Châtenois, s’est entendu avec un collègue qui coupe beaucoup de raisins à crémant avant de poursuivre en récolte mécanique. Pierre a repris ces personnes début septembre. « Ce sera une équipe efficace dans les coteaux » évalue-t-il. Armand Landmann a conclu le même accord pour sept des douze vendangeurs qui débutent la saison chez un ami. Caroline Moritz a pour sa part contacté plusieurs de ses collègues dont elle a su qu’ils avaient refusé des candidats. Elle a noté leur téléphone. À moyen terme, elle se verrait bien partager le quotidien des vendanges avec des woofers, logés et nourris sur place. Créer un cadre qui donnera envie de revenir. « J’aménage les horaires. Quand la température atteint les 28°, la journée se termine à 13 h 30 » souligne Pierre Bernhard. Pour trouver ses quinze coupeurs et porteurs, Peggy Schwartz s’est résolue à proposer un hébergement à cinq d’entre eux, soit le maximum qu’elle peut loger. « Ce sont des jeunes de Strasbourg et de plus loin qui n’ont pas le permis et qui ne roulent pas sur l’or. Je veux leur éviter des frais, ne serait-ce que de camping. L’avantage est qu’ils sont sur place » dit-elle. Le domaine Geiger n’héberge plus, mais « la difficulté de recruter fera peut-être qu’on y reviendra » avance Simone. Caroline Moritz n’a aucune possibilité d’hébergement mais encourage toute son équipe à pratiquer le covoiturage. « Pour qu’ils apprennent à se connaître. Pour créer du lien » glisse-t-elle. On l’aura deviné, « l’ambiance » est le point clé à maîtriser. « C’est ce que je propose en même temps que ma bonne humeur » rigole Armand Landmann. « Les petites anecdotes à raconter, c’est primordial » enchérit Matthieu Kuhn. « La présence dans l’équipe d’anciens qui se connaissent est un plus. Sans convivialité, c’est triste » lance Pierre Bernhard. La pause de 9 h ou de 9 h 30 ainsi que le déjeuner ne sont pas à négliger. Pierre organise ce dernier dans sa cave climatisée et commande chez le traiteur. Le domaine Geiger embauche spécialement une cuisinière. Mathieu Kuhn ne défalque rien de la fiche de paie de ses vendangeurs pour le repas de midi. Une majorité de viticulteurs clôture leur séquence vendanges par un dîner où les petits plats sont mis dans les grands. « Un beau repas dont on se souvient avec plaisir, ça compte pour un vendangeur » conclu Pierre.

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