Vigne

Amicale des anciens élèves du lycée agricole de Rouffach

Une cuvée pour le 65e anniversaire

Publié le 18/09/2018

L’amicale des anciens élèves de l’école régionale et du lycée agricole de Rouffach a partagé avec ses membres une journée de vendanges exceptionnelle dans le cadre de son 65e anniversaire.

C’est sur les hauteurs des vignes du Domaine de l’École, au lieu-dit grand cru Vorbourg, que Christine Klein, directrice du domaine, a conduit ces vendanges républicaines. Les vendangeuses et vendangeurs d’un jour ont été accueillis par Sophie Schneider-Gasser, leur nouvelle présidente, qui a récemment succédé à André Laug arrivé au terme d’un mandat de 40 ans assumé avec brio à la tête de l’amicale. Les raisins récoltés dans cette parcelle de muscat permettront d’élaborer une cuvée spéciale « 65e anniversaire », pour marquer cette étape importante de la vie de l’amicale. Après avoir bien travaillé, ces vendangeurs d’un jour se sont retrouvés pour un moment convivial de partage. Aimé Lichtenberger, vice-président de l’amicale, a salué entre autres le sous-préfet de Thann-Guebwiller, Daniel Mérignargues, les conseillers départementaux, Michel Habig et Lucien Muller, le président de la Chambre d’agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, les responsables des Sillons de Haute Alsace et les membres de l’équipe du Domaine de l’École chargée de l’organisation. « Un bel anniversaire, sous un beau soleil, marqué par un passage de témoin au niveau de la présidence. » L’occasion pour Aimé Lichtenberger de remercier André Laug pour l’ensemble du travail accompli et Sophie Schneider-Gasser pour son engagement. Pour Godfrey Browne, directeur du lycée de Rouffach, cette passation de pouvoir permettra à l’amicale de poursuivre son évolution, tout en restant un partenaire précieux des Sillons de Haute Alsace. Laurent Wendlinger, ancien élève du lycée, a rappelé l’action menée par l’amicale en faveur de l’établissement, solide référence dans le domaine de l’agriculture et de la viticulture.

Tour d’horizon des crémants à l’échelle nationale

Un marché en pleine effervescence

Publié le 14/09/2018

Toutes les appellations de crémants s’attendent à une bonne vendange 2018, de quoi satisfaire leurs ambitions commerciales. Tour d’horizon, région par région, à l’occasion d’une présentation par la Fédération nationale des élaborateurs de crémant, qui a attiré beaucoup d’observateurs et de prescripteurs de la place parisienne.

C’est au Chai parisien, nouveau caviste branché du 9e arrondissement, que se tenait le 5 septembre dernier une présentation des crémants des huit appellations détentrices. L’occasion de faire un point d’actualité avec un tour d’horizon région par région. Il en ressort que le secteur des crémants continue de progresser significativement, tant d’ailleurs sur le marché intérieur qu’à l’exportation, à l’exception des crémants d’Alsace impactés par un manque de disponibilités ces dernières années, explique le directeur de la Fédération nationale des élaborateurs de crémant, Olivier Sohler. Mais les chiffres de début 2018 indiquent que les ventes repartent à la hausse, ajoute-t-il. Les crémants d’Alsace devraient donc renouer avec la croissance, à l’instar de toutes les autres régions viticoles productrices qui sont sur des progressions à deux chiffres. En Bourgogne, 2 800 hectares ont été engagés pour ce millésime, contre 2 500 ha en 2017. 37 % des crémants y sont exportés. Ils pèsent un peu plus de 10 % en volumes des bourgognes. Bordeaux passe subitement de 800 ha élaborés en 2017 à 1 200 ha en 2018. Un engouement porté par la volonté des opérateurs de s’offrir un complément de gamme avec de la bulle, mais également par les promesses de valorisation que constitue le crémant et par l’arrivée de nouveaux gros opérateurs sur le marché. Après un printemps pluvieux qui a causé une pression en mildiou jamais connue jusqu’alors de mémoire de vigneron bordelais, les vendanges ont débuté le 20 août par le sémillon. Suivront le merlot pour les rosés qui pèsent tout de même la moitié de l’appellation crémant de Bordeaux, et le carbernet franc pour les blancs de noir. Vraisemblablement, le record de 63 000 hl en 2016 sera largement dépassé. Un volume qui dépassera même peut-être les 111 000 hl du Jura en 2011. Franck Vichet, président de la fédération nationale, s’attend tout de même pour sa région à de beaux volumes, après les seulement 20 000 hl de 2017, de quoi regonfler les trésoreries jurassiennes à sec. Loire : 50 % de crémants exportés Après l’Alsace et ses 300 000 hl espérés, la Loire est l’autre poids lourd des régions de crémant. Avec 16 millions de cols élaborés en 2017, la Loire a fait un bond de 34 % en 5 ans, avec cette singularité : elle exporte plus de 50 % de ses crémants, notamment sur le marché allemand. Dynamique, la Savoie l’est aussi en affirmant ses ambitions. À peine est-elle arrivée dans le giron des appellations à crémant, qu’elle envisage rapidement de doubler sa production confidentielle, il est de vrai, de 2 000 à 4 000 hl. Ceci en raison de « gros faiseurs » qui lorgnent désormais sur ce marché porté par les typicités de la jacquère en bulle, assemblée au minimum à 40 %. Le débat en 2019 sera cependant orienté par une étude de marché interprofessionnelle. L’objectif étant d’éviter des replis et de dédier plus sérieusement des parcelles à cette production. Enfin, le crémant est aussi élaboré à Die et à Limoux où il s’intègre parfaitement aux côtés d’autres vins à bulles, respectivement la clairette et la blanquette, mais dans des volumes plutôt confidentiels. Vers les 100 millions de cols Avec un peu plus de 80 millions de cols, les crémants de France devraient rapidement atteindre la barre fatidique et symbolique des 100 millions, estime Olivier Sohler. Fatidique parce qu’à ces volumes mis en marché, l’approche marketing change d’échelle. Et se pose désormais fortement la question de segmenter et de hiérarchiser l’offre en crémants. Plusieurs tentatives ont déja eu lieu ou sont en cours : la marque Émotion, l’excellence du crémant d’Alsace, les segments Éminent et Grand Éminent en Bourgogne. Pour trouver des sources d’inspirations, une délégation de producteurs-élaborateurs de la fédération s’est rendue cet été en Catalogne pour découvrir l’appellation Cava qui pèse 250 millions de cols, proche des 330 millions de cols champenois, avec cependant un géant local, Freixenet, qui élabore à lui seul plus de 100 millions de cols. Là, les représentants ont visité entre autres les maisons Juve y Camps et Gramona. Le temps : un produit œnologique inimitable En Catalogne, on pratique allègrement le vieillissement sur lattes avec des vins de plus de 10 ans d’âge et même beaucoup plus avec le vieillissement en cuve selon la méthode solera pour le dosage au dégorgement. Et comme le temps a un effet œnologique qu’aucun autre produit n’arrive à reproduire, les cavas atteignent des valeurs de mise en marché insoupçonnées. « Quelle ne fut pas notre surprise de voir des vins souvent vendus à plus de 13 €, excepté peut-être pour Freixenet », témoigne Olivier Sohler, une marque que l’on retrouve tout de même aux alentours de 5-7 €/col sur les linéaires européens. Les producteurs de cava ont déjà segmenté leur offre avec les réserves et grandes réserves. L’engagement sur des élevages longs nécessite cependant des disponibilités et de l’investissement, et également peut-être une fiscalité adaptée sur les stocks…

Association des viticulteurs d'Alsace. Vendanges conviviales

Le point sur les dossiers, sécateur à la main

Publié le 14/09/2018

C’est sur une parcelle du domaine Bauer Jacques & fils, au Dirstelberg à Westhalten, que l’Association des viticulteurs d’Alsace a convié ses interlocuteurs institutionnels samedi 8 septembre. Entre deux coups de sécateurs, il a été notamment question de dispositif « cumul RSA-vendanges » et de l’épandage aérien par drone.

« Cette matinée de vendanges conviviales avec les représentants de différentes administrations et des élus permet de faire un point d’étape, annonce Jérôme Bauer, président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA). Et comme nous savons que le préfet apprécie d’aller sur le terrain, nous joignons l’utile à l’agréable. » En effet, Laurent Touvet est coutumier de ces rencontres : « C’est la troisième fois que je pratique ces vendanges dans le Haut-Rhin, mais je le faisais déjà lors de mon précédent poste en Bourgogne. Il est agréable de prolonger nos contacts tout en apportant notre concours - certes modeste - au travail de la vigne. Nos échanges sont nombreux tout au long de l’année au sujet de la réglementation, du suivi des conditions de production et de travail, des conséquences d’événements climatiques. Au milieu des vignes, on se comprend encore mieux et cela permet aussi à chacun d’expliquer les contraintes de son métier. » Quelques rangs plus loin, un autre sujet est lancé : « Concernant l’amendement drone, même Hulot (NDLR : Nicolas Hulot, ancien ministre de l’Écologie) était d’accord, ce n’est pas à cause de cela qu’il a démissionné ! » Il s’agit de la voix d’Éric Straumann. Il représente aujourd’hui le député Jacques Cattin : « Comme j’aime le dire, Jacques Cattin est député du vignoble et je suis le député de la capitale des vins d’Alsace ». Il se félicite du travail mené avec lui au Parlement pour faire adopter un amendement visant à autoriser le traitement biologique des vignes par drones. À ce jour, la loi n’est pas encore adoptée. Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, participe pour la première fois à ces vendanges conviviales : « Il est important pour moi d’être présente compte tenu de la place de la viticulture dans l’économie haut-rhinoise. Cela permet également de faire le point sur le dispositif RSA-vendanges : 95 % des postes de vendangeurs ont été pourvus, ce qui n’a jamais été le cas auparavant. Les viticulteurs sont contents de cet outil qui leur permet d’avoir une main-d’œuvre volontaire et les bénéficiaires sont ravis de pouvoir cumuler les deux. Contrairement aux idées reçues, bon nombre d’entre eux ont envie de travailler. Certains seront peut-être recrutés à l’issue de cette expérience ! La profession souhaite que nous puissions reconduire ce dispositif et il le sera, mais cela est possible uniquement dans un temps limité et un secteur déterminé. » Ces deux dossiers ont été suivis de près par Laurent Touvet : « Nous sommes souvent sur la même longueur d’onde, car nous avons tous le souci de l’intérêt général ». Les échanges se sont poursuivis lors d’un déjeuner traditionnel au domaine à Herrlisheim.

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