Vie professionnelle

Twitter, Facebook, Instagram

Choisir son réseau

Publié le 04/10/2019

Les agriculteurs, viticulteurs et autres professionnels du monde rural s’engagent sur les réseaux sociaux. Ils défendent leur métier, le valoriser et constituent un réseau d’entraide. Selon l’objectif recherché, il faut savoir choisir son réseau. Portraits…

Aurélie Quirin : « On a tous à y gagner en étant présents » La présidente de l’organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace et secrétaire de Bio en Grand-Est Aurélie Quirin, de Weyer, n’a rejoint les réseaux sociaux qu’au début de cette année 2019. Elle reconnaît s’y être intéressée au moment de sa prise de fonction à la présidence de l’Opaba. « Je me suis orientée naturellement, et en premier lieu, vers Twitter. J’ai identifié ce réseau social comme un bon moyen de communiquer et de partager intra et hors réseau. Twitter trouve toute son utilité pour interpeller les médias, les élus à tous les échelons, ou encore les leaders d’opinion. Je m’en suis pas mal servi au moment du débat sur les serres chauffées en bio. Précisément pour interpeller le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, ou de grands chefs cuistots, pour les inciter à se mobiliser sur le sujet. Twitter me permet également de faire de la veille sur les sujets qui m’intéressent : agriculture bio, alimentation, environnement, vélo… », souligne-t-elle. Elle a également rejoint Facebook il y a trois mois. « Je trouve que ce réseau présente l’avantage de faire rapidement réagir les gens sur des sujets qui les touchent, mais dont ils ne se saisissent pas spontanément, comme le lien entre le citoyen, son alimentation, et l’impact direct de celle-ci sur l’environnement, la santé et l’économie locale. Il est urgent que les citoyens se réapproprient leur alimentation. Facebook permet aussi de mettre en avant la dimension humaine du métier de paysan, de partager des moments du quotidien de la vie de la ferme afin de sensibiliser les gens à certaines questions, certains sujets dont ils ne connaissent pas le fonctionnement, voire, l’existence. Sur Facebook, contrairement à Twitter, je publie régulièrement des posts privés, pour partager un poème par exemple, ou bien en rapport avec la famille, les enfants, le quotidien, le vélo. » Dans les deux cas, elle évite de multiplier les posts. Elle préfère des interventions rares et espacées, mais claires. Enfin, elle estime que les professionnels doivent être présents sur les réseaux sociaux. « On a tous à y gagner en étant présents et à s’investir davantage dans la communication. Mais ce sont des outils que beaucoup d’entre nous, moi la première, ont encore besoin d’apprendre à apprivoiser, afin d’en tirer le meilleur, et d’apporter des réponses diplomatiques et correctes à certains commentaires. » Les naissances à la ferme se passent quasi toujours au pré, et les vaches savent très bien faire seules... jolie surprise hier ! À droite la maman, le nouveau-né, une tatie et un autre #veau né plus tôt... des idées prénoms en P pour les deux chéries ? ??❣️ pic.twitter.com/G7KfJ1raLD — aurélie quirin (@AurelieQuirin) September 6, 2019

Publié le 04/10/2019

Une centaine de bovins sont commercialisés chaque semaine sous la marque Caractère d’Alsace. Depuis un mois, une nouvelle déclinaison de ce logo apparaît, Caractère d’Alsace +, qui distingue des animaux, principalement des génisses, élevés et engraissés à proximité des grandes surfaces.

Depuis bientôt dix ans, la marque Caractère d’Alsace fait les beaux jours des rayons viande des grandes surfaces alsaciennes. Dès son lancement, le groupe Bigard, dont fait partie la société Charal, est parvenu à convaincre ses clients du bien-fondé de cette démarche basée sur un partenariat gagnant-gagnant, principalement pour la valorisation des jeunes bovins engraissés en Alsace. De fait, deux « Caractère d’Alsace » différents se côtoient : le premier, reconnaissable à la couleur rouge de son logo, distingue la viande provenant d’élevages laitiers ; le second, de couleur noire, est réservé aux élevages plus spécialisés qui engraissent et élèvent des animaux de races à viande. Pour aller plus loin dans la satisfaction des consommateurs et redonner de la valeur aux produits élevés et engraissés en Alsace, l’idée a germé de lancer une marque Caractère d’Alsace encore plus proche des étals. Pour ce faire, Charal s’est rapproché de Socobeval, acteur bien implanté sur le marché alsacien, pour rechercher des élevages voisins des lieux de consommation. « Aux quatre coins de l’Alsace, nous avons listé les élevages implantés à proximité des magasins avec lesquels nous travaillons, explique Daniel Dreyfuss, président du syndicat des marchands de bestiaux d’Alsace et collaborateur de Socobeval. Outre la réduction du temps de transport, cela permet aux consommateurs de visiter les fermes impliquées dans cette démarche. On trouve le Caractère d’Alsace + partout en Alsace. Cette démarche est assortie d’une plus-value sympathique pour l’éleveur, afin qu’il soit mieux rémunéré et arrive à vivre décemment de son travail. Un travail qui devient de plus en plus contraignant, car chaque jour s’ajoutent des charges supplémentaires. » « Les génisses, que du bonheur ! » Patrick Bastian, du Gaec des Voyageurs à Zehnacker, a tout de suite saisi l’intérêt de cette démarche. « De plus en plus, les consommateurs veulent connaître l’origine des aliments, ils recherchent la proximité. Quand on connaît le producteur, c’est mieux. » Lorsqu’il a arrêté la production laitière, Patrick Bastian s’est lancé dans l’engraissement de taurillons, mais ce mode de production ne lui convenait pas. « Mon bâtiment laitier n’est pas adapté à ce type d’élevage et les bagarres étaient fréquentes. J’ai donc cherché une production moins contraignante que nous pouvions mener tout seuls, moi ou mon fils, qui s’est installé récemment. » Il ne regrette pas son choix. « Depuis que je me suis reconverti dans l’élevage de génisses, ma vie a changé. Je peux tout faire tout seul, je suis beaucoup plus tranquille et, économiquement parlant, je ne me plains pas. Ma ferme, qui compte 60 % d’herbe, est particulièrement adaptée à ce type d’élevage. Les génisses valorisent bien l’herbe. Et nous avons commencé à implanter de la luzerne, pour arrêter progressivement tout achat extérieur. Avec les génisses, c’est possible. Je réponds à la demande des consommateurs, à leur exigence de qualité, et j’apprécie ce style de vie. Nous avons installé un pont-bascule et un quai de chargement pour faciliter l’enlèvement, et du même coup notre travail. » Patrick Bastian précise : « Lorsque l’on élève des génisses, il faut travailler avec un professionnel qui a les marchés pour écouler les animaux quand ils sont prêts. Daniel Dreyfuss passe régulièrement chez moi pour faire le tri des génisses selon les différents marchés. »

Publié le 19/09/2019

Très attendus, les projets d’arrêtés et de décrets sur les zones de non-traitement (ZNT) et les chartes de bon voisinage ont été mis en consultation publique le 9 septembre. Analyse et mode d’emploi.

Le gouvernement était attendu au tournant. Les projets d’arrêtés et décrets sur les zones de non-traitement (ZNT) ont été dévoilés le 9 septembre. Initialement prévue pour octobre, la consultation a été avancée d’un mois, signe que le sujet a pris une importance considérable, avec la multiplication des arrêtés municipaux anti-phytos ces dernières semaines, qui ont fait monter la pression sur l’exécutif. Au grand désarroi des organisations agricoles, le texte fixe unilatéralement des distances de non-traitement. Pour les substances les plus dangereuses, classées cancérogènes, mutagènes ou toxiques, ainsi que pour les substances considérées comme des « perturbateurs endocriniens », le projet impose une ZNT de 10 m non négociables autour des habitations. Pour les autres produits phytosanitaires, la distance de non-traitement est fixée à 10 m pour le traitement des parties aériennes pour l’arboriculture et la viticulture, les petits fruits, les cultures ornementales de plus de 50 cm, les bananiers et le houblon. Pour les autres cultures, les grandes cultures notamment, le texte impose 5 m de zone de sécurité. [#CP] Le projet d’arrêté encadrant les ZNT (zones de non-traitement) est désormais officiel, avec des obligations qui n’ont été ni concertées ni même évoquées. Le projet d’arrêté est inacceptable ! ➡️ https://t.co/uEpkbEOryp pic.twitter.com/3JcY9JDeX6 — La FNSEA (@FNSEA) September 10, 2019 Marge de manœuvre locale Si on excepte les substances considérées comme dangereuses, les agriculteurs gardent une certaine marge de manœuvre pour définir les distances de non-traitement au niveau local. Celles-ci pourront être en effet « adaptées », grâce aux chartes de bon voisinage, négociées au niveau départemental par les organisations agricoles, les organisations de riverains et les élus. Deux cas de figure sont prévus. Premièrement, lorsque les agriculteurs s’engagent, au sein de la charte, à mettre en place des équipements « anti-dérives » (buses, panneaux récupérateurs, etc.), listés dans une annexe au décret. La charte pourra, dans ce cas, aménager la distance, sans toutefois descendre en deçà de 3 m pour les cultures basses et 5 m pour les cultures hautes. Deuxièmement, si des dispositifs de protection alternatifs « permettant de maîtriser le risque d’exposition » et « d’adapter les conditions d’utilisation » (murs, haies, etc.) sont mis en place, un dossier doit être déposé au ministère de l’Agriculture, qui décidera d’homologuer, ou pas, ce dispositif, après un avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Dans ce cas de figure, aucune distance minimale n’est indiquée, ce qui semble ouvrir la voie à la possibilité de déroger totalement aux ZNT. Charte élaborée par les agriculteurs C’est en tout cas ce qu’affirme le cabinet de Didier Guillaume : « Ce qui est décidé dans la charte prévaudra quoi qu’il arrive, à condition que des mesures alternatives de protection soient mises en place », indique-t-on au ministère. Des propos accueillis avec scepticisme par la profession. « Cette interprétation de l’arrêté n’est pas claire », affirme Christian Durlin, chargé de ces questions à la FNSEA. Contacté pour donner son interprétation de l’arrêté, le ministère de la Transition écologique et solidaire n’a, pour le moment, pas donné suite aux sollicitations de la presse. Le monde agricole garde toutefois globalement la main sur l’élaboration des chartes. Le texte prévoit en effet que les chartes soient « élaborées » par les « organisations syndicales représentatives » ou la « Chambre d’agriculture compétente ». Le projet de charte est ensuite soumis à une « concertation publique », permettant de « recueillir les observations » des riverains, associations et élus locaux. La « synthèse » de ces observations, ainsi que le projet de charte, sont ensuite envoyés au préfet, qui devra se prononcer « dans les trois mois » sur le « caractère adapté des mesures » et leur « conformité aux règles » visant à « garantir les objectifs » de santé publique et de protection de l’environnement. Le préfet peut demander de « remédier aux manquements » dans un délai de maximum de trois mois. Les chartes devront enfin prévoir des « délais d’information préalable » des riverains, avec notamment des « délais de prévenance ». Une relative victoire pour le syndicalisme agricole majoritaire, dans la mesure où le premier projet d’arrêté définissait unilatéralement un délai préalable minimal d’information des riverains de 12 heures avant chaque utilisation de produits phytosanitaires.   Donner son avis : comment ça marche ? Rendez-vous sur le site du ministère de la transition écologique et solidaire En bas de la page, cliquez sur « Déposez votre commentaire ». Vous avez jusqu’au 1er octobre pour vous exprimer.   Vu sur le net La commune de #chevrycossigny veux m’interdire de cultiver mes terres en bon père de famille. N’est ce pas la ville qui se rapproche et grignote les terres. #ZNT #fdsea77 #ja pic.twitter.com/2KL7UcANum — VDD (@VDD77) September 18, 2019

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