Vie professionnelle

Publié le 21/12/2016

Le Comptoir agricole a tenu son assemblée générale le mercredi 21 décembre à Schiltigheim. Mais avant cela, les assemblées de section ont été l’occasion de présenter les résultats de la coopérative durant l’exercice 2015-2016. Si le faible volume de collecte de maïs a marqué cet exercice, son impact a été limité par une vente massive du stock de report de l’exercice précédent. Au final, les comptes sont équilibrés, avec un léger excédent.

« Tout le monde se souvient de la campagne 2015 », souligne Marc Moser, président du Comptoir agricole, lors de la dernière assemblée de section, le mardi 6 décembre au restaurant Windhof à Burbach. La récolte de céréales à paille est abondante, cette année-là. « Nous n’avons jamais collecté autant de blé », rappelle-t-il. La situation se complique dès le mois de mai avec l’excès de chaleur qui fait fondre les rendements du maïs. Avec un rendement moyen de 80 q/ha en 2015 et des surfaces en progression de 11,5 % (à 30 766 hectares), la collecte de blé est en hausse de 23,5 %, précise Denis Fend, directeur général du Comptoir agricole. « Nous avions quelques inquiétudes au printemps, mais la qualité technologique (poids spécifique et temps de chute Hagberg) des blés était satisfaisante, la teneur en protéines honorable (autour de 11 %). Compte tenu de la dilution qu’aurait pu provoquer l’augmentation des rendements, nous nous en sommes bien tirés. » La qualité sanitaire est elle aussi au rendez-vous, les mycotoxines brillant par leur absence. Pour le maïs grain, le scénario est totalement différent. Il fait chaud dès le semis, ce qui contrarie la floraison et la fécondation. « Au final, le rendement moyen s’établit à 92 q/ha au niveau de la coopérative, contre 111 q/ha en 2014. C’est le pire rendement depuis 2003 », souligne Denis Fend. Cette contre-performance se conjuguant à une baisse des surfaces de 7,5 % (à 69 205 ha), la collecte de maïs est en chute de 23,3 %. De ce fait, la collecte totale de la coopérative passe de 572 000 à 495 000 tonnes, en recul de 13, 5 %. Ventes de céréales en hausse Malgré cela, le chiffre d’affaires du Comptoir agricole ne baisse que de 2,2 %, passant de 183 à 179 millions d’euros (M€). Les céréales constituent le poste le plus important : avec près de 89 M€, il est en légère progression. 40 % du chiffre d’affaires de la coopérative proviennent de l’ancienne collecte, enchaîne le directeur financier, Marc Belleil. « Nous avons vendu légèrement plus de céréales que durant l’exercice précédent. » Ainsi, 495 000 t de céréales sont collectées durant la campagne 2015-2016, contre 574 000 t l’année précédente, mais 518 000 t sont vendues. Le taux d’humidité du maïs, en revanche, est nettement plus faible (27,7 % en moyenne contre 30,9 %). « Nous avons beaucoup moins séché de maïs », explique Denis Fend. Du coup, le poste prestations est en forte baisse : il passe de 16 à 10,70 M€. La production de maïs semences contribue pour 4,10 M€ à ce chiffre d’affaires, en nette progression par rapport à l’année précédente. « Nous avons commercialisé 1 600 t de semences, contre 950 t l’année précédente, explique le directeur financier, Marc Belleil. Mais la météo a impacté les rendements, nettement inférieurs aux prévisions. » Le houblon représente 4,80 M€. Les tonnages vendus sont en léger recul, mais le chiffre d’affaires est en nette progression du fait d’une meilleure rémunération. L’activité pommes de terre génère un chiffre d’affaires de 2 M€. 3 700 t sont commercialisées en 2016, contre 4 300 t en 2015. « Les rendements faibles ont été compensés par une meilleure valorisation. » Le poste alimentation animale s’élève à 22,80 M€, celui des agrofournitures à 45,60 M€. Recul des ventes d’engrais L’exercice 2015-2016 est difficile pour les ventes d’agrofournitures, qui sont en recul de 2,2 %, explique Dany Muller, responsable de ce secteur. Des trésoreries d’exploitation sous pression et une baisse des surfaces de maïs expliquent en grande partie cette évolution. Le chiffre d’affaires « engrais » baisse de 8 %, à 19,40 M€. « Nous en avons vendu 67 000 t, contre 75 000 t en moyenne. » Dany Muller annonce une baisse notable des prix pour la nouvelle campagne. « Des investissements importants ayant été consentis dans les unités de production d’urée et de solutions azotées, les volumes ne devraient plus être déficitaires. » À 19 M€, les ventes de produits phytosanitaires connaissent une relative stabilité. « Les négociations avec nos fournisseurs nous ont permis de juguler les hausses de tarifs. » Là aussi, la forte tension sur les trésoreries entraîne un recul de la protection insecticide, que ce soit contre la chrysomèle ou la pyrale. « De ce fait, on constate une croissance importante de la population de chrysomèles. » Dany Muller conseille de profiter des offres d’hiver particulièrement intéressantes proposées par la coopérative en matière de produits phytosanitaires. Les ventes de semences sont stables, à 11,10 M€. La baisse des semences de maïs est compensée par l’augmentation de celles de blé, de colza, de soja et de tournesol. Par contre, les ventes de Cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan) sont en baisse, du fait de la sécheresse qui a régné après la récolte de céréales à paille. Concernant le maïs, Dany Muller relève une hausse des ventes de variétés de maïs tardives, du fait des ressemis, un maintien des variétés cornées destinées à la semoulerie et une ouverture du marché waxy, en raison des primes intéressantes sur les variétés tardives. « Pour le maïs ensilage, il est possible d’acheter des hybrides à des prix plus intéressants que d’autres variétés classiques. » Investissements en baisse Le rapport financier, présenté par Marc Belleil, montre que les investissements sont en net recul : ils se cantonnent à 1,90 M€, alors qu’ils s’élevaient à 13,50 M€ l’exercice précédent. « Ces trois dernières années, nous avons massivement investi dans le silo de Lauterbourg et l’unité de traitement de semences de Marlenheim. Nous revenons sur des tendances plus classiques. » Les frais de personnel sont en légère augmentation du fait d’un recours plus important aux saisonniers pour le traitement des semences de maïs. L’effectif total s’élève à 176 salariés permanents. Le résultat financier est positif, du fait de reprises de provisions, mais le résultat exceptionnel est négatif du fait de la dotation aux provisions de 1 M€ de la SCI Synergie (abattoir de Holtzheim). Le résultat net chute de 2,20 M€ à 60 000 € pour l’exercice 2015-2016. « C’est le plus faible résultat du Comptoir agricole depuis sa création. C’est le reflet d’une activité morose, d’une collecte très faible et d’un événement exceptionnel, la faillite du groupe Copvial. » Au bilan, le niveau des stocks est relativement élevé, ce qui est une bonne nouvelle pour l’exercice 2016-2017. « Ces stocks élevés vont profiter au chiffre d’affaires du nouvel exercice », explique Marc Belleil. À 107 000 €, les capitaux propres sont en légère diminution du fait de la redistribution d’une partie du bénéfice de l’exercice 2014-2015. « 60 000 € de résultat net pour 183 M€ de chiffre d’affaires, cela peut paraître peu, souligne Marc Moser. Nous avons fait le maximum pour soutenir les trésoreries des exploitations, qui sont sous tension pour la troisième année consécutive. Nous avons versé des compléments de prix sur les livraisons de céréales au mois d’août et consenti des ristournes en « appro ». Malgré tout, l’exercice est à l’équilibre. De plus, les projets que nous avons réalisés les années précédentes pour augmenter nos capacités de séchage et de stockage nous permettent d’affronter l’avenir sans gros investissements. Et heureusement ! »  

Une fusion longuement préparée

Du Poitou à l’Alsace, la diagonale du tabac

Publié le 19/12/2016

La fusion de la coopérative Tabac Feuilles de France (CT2F) et de Poitou Tabac consacre le regroupement des trois coopératives tabacoles du nord de la France. CT2F représente désormais 65 % de la production française de tabac et l’essentiel de la production de virginie.

C’est fait : les trois coopératives tabacoles du nord de la France ne font plus qu’une. Le dernier acte de la fusion a eu lieu jeudi 15 décembre à Paris, au siège de France Tabac. La veille, Poitou Tabac avait entériné la fusion avec la coopérative Tabac Feuilles de France (CT2F), issue du regroupement des coopératives Alsatabac et Nord et Loire Tabac, dix-huit mois plus tôt. Présidée par Rémy Losser, la nouvelle entité, qui garde le nom de CT2F, représente 65 % de la production française de tabac. Elle regroupe 200 planteurs pour une surface proche de 2 400 hectares. Olivier Riedinger en assure la direction, ce qu’il faisait déjà depuis juin 2015 en dirigeant les deux Caisses en vue de la fusion. Les Caisses d’assurance mutuelle agricole du Poitou et de T2F fusionnent également en une entité unique. La Cama-T2F à périmètre élargi est présidée par Daniel Mérigot, du Poitou, élu en remplacement de Bruno Paulus. Celui-ci cède son fauteuil de président mais reste un interlocuteur incontournable dans l’organigramme assurance au niveau local et national. Améliorer le coût et l’efficacité Face à la disparition annoncée des aides européennes, qui représentaient 80 % du chiffre d’affaires des tabaculteurs il y a encore cinq ans, les coopératives tabacoles du nord ont décidé d’optimiser leurs structures. « L’objectif était d’en améliorer le coût et l’efficacité, tout en gardant la proximité avec les planteurs, explique Rémy Losser. Avec cette fusion, nous maintenons le taux de cotisation sur chiffre d’affaires à 5,5 % alors que nous serions à 8,5 - 10 %, voire bien plus, si nous n’avions pas anticipé. » Longuement préparée, elle intervient dans un contexte de baisse de la production nationale de tabac. Les trois coopératives du nord de la France, qui produisent essentiellement du virginie, sont au contraire parvenues à stabiliser leur production malgré la baisse du nombre de planteurs. « La modernisation des ateliers a permis de maintenir le potentiel, indique Rémy Losser. Aujourd’hui, la moyenne d’âge est de 40 ans et les planteurs de 50-55 ans qui se sont engagés dans la mécanisation ont des successeurs ». Une situation bien différente de celle que connaissent les coopératives du sud de la France, spécialisées dans le burley, où la modernisation a du mal à s’enclencher. Le président de CT2F, qui est également à la tête de France Tabac, regrette que celles-ci restent à l’écart de la dynamique. « Cela nous préoccupe car nous sommes liés au niveau national. » En ordre de marche Tout en maîtrisant les charges, CT2F espère pouvoir peser davantage sur les marchés pour améliorer la rémunération des producteurs. « Nous sommes en ordre de marche pour préparer l’avenir », indique Rémy Losser. Une campagne de communication est en cours pour attirer de nouveaux planteurs. « Pour l’instant, nous avons du mal à en recruter, reconnaît Rémy Losser, qui incrimine le contexte agricole actuel, peu favorable à la prise de risques. » La coopérative compte aussi sur la technique pour améliorer les coûts de production. La mécanisation a déjà permis de réduire le coût de la main-d’œuvre. Celui-ci reste pourtant le premier poste de charges dans la culture du tabac. D’autres pistes sont à explorer, comme la limitation du nombre de bourgeons par la génétique, afin de réduire l’usage des produits phytosanitaires, autre poste de charges important.

Taxe foncière sur le non-bâti

Ne payez pas les majorations

Publié le 17/12/2016

La Direction générale des finances publiques (DGFIP) avait donné la possibilité de reporter le paiement de la taxe foncière sur le non bâti (TFNB) jusqu’au 31 décembre 2016, le temps de réceptionner les avis de dégrèvement pour pertes de récolte sur terres et prés. Toutefois, le système informatique de l’administration fiscale ne déroge pas à son calendrier d’émission d’avis d’impayés intégrant une majoration pour le retard. Le montant de ces majorations n’est pas à payer. Les avis de dégrèvement sont désormais tous parvenus aux contribuables. Il faut donc procéder au paiement de la TFNB avant le 31 décembre 2016 si ce n’est pas déjà fait en déduisant les dégrèvements et sans payer les majorations ! Montant à payer = montant initial - montant du dégrèvement Il est préférable de régler par chèque et non par TIP. La FDSEA vous rappelle également que lorsque les parcelles qui ont bénéficié d’un dégrèvement sont louées, le propriétaire doit le redonner à l’exploitant. Il s’agit d’une obligation prévue par l’article L.411-24 du Code rural et de la pêche maritime. Vous trouverez sur le site internet de la FDSEA un modèle de courrier d’accompagnement pour le paiement du fermage pour sensibiliser les propriétaires sur ce point. Vous pouvez consulter en mairie le listing des dégrèvements des parcelles de la commune et ainsi connaître les montants qui vous reviennent. Si vous n’avez pas payé les fermages 2016 vous pouvez directement les déduire, si les fermages 2016 sont déjà payés, il est possible de négocier une déduction pour les fermages 2017. Attention : le propriétaire est tenu de reverser le dégrèvement à l’exploitant agricole.

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