Vie professionnelle

Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

ASP : premier avertissement !

Publié le 26/11/2016

Les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont profité de leur conseil départemental du mardi 22 novembre pour réaliser une escapade nocturne à l’Agence de services et de paiement de Strasbourg.

Alors que les exploitations agricoles, fragilisées par des prix bas et une météorologie capricieuse font face à de grandes difficultés de trésorerie, les paiements de l’Agence de services et de paiement (ASP) se font attendre. Versement des MAE, ICHN, solde de la Pac ou encore versement de la Dotation jeune agriculteur (DJA), le constat est accablant : plus d’un an de retard pour de nombreuses exploitations ! Face à cette situation inadmissible et étouffante, les Jeunes Agriculteurs ont souhaité émettre un premier avertissement à l’ASP. Symboliquement, un chèque d’un montant de zéro euro émis à l’ordre des « agriculteurs en péril du Bas-Rhin » a été déposé à l’ASP. Un chèque qui illustre l’inaction de l’agence en dépit du respect des engagements des exploitants agricoles. « Ces retards de paiement sont inacceptables de la part d’une administration qui se dit au côté du monde agricole, particulièrement fragilisé. Les agriculteurs respectent leurs engagements, mais les paiements ne suivent pas », commente Thomas Gillig, président des JA du Bas-Rhin. Les JA du Bas-Rhin souhaitent que les DJA et les Avances de trésorerie soient payées d’ici la fin de l’année 2016. Cette action est un premier avertissement. Si l’ASP n’entreprend pas rapidement des actions, ils reviendront !

Publié le 24/11/2016

Dans une société où la précarité peut s'abattre brutalement sur tout un chacun, l'aide alimentaire aux plus démunis constitue bien souvent le premier pas vers une réinsertion sociale réussie. La banque alimentaire compte sur l'esprit de solidarité et de cohésion sociale pour collecter un maximum de denrées alimentaires nécessaires à son action, lors de sa grande collecte annuelle.

En deux jours, ce vendredi 25 et ce samedi 26 novembre, la banque alimentaire du Bas-Rhin espère collecter 350 t de produits alimentaires, soit 16 % des 2 200 t de denrées qui représentent l'équivalent de quelque 6 millions de repas distribués annuellement par 90 partenaires associatifs à 45 000 bénéficiaires. «Il y a huit ans, nous touchions 9 000 personnes par jour, aujourd'hui elles sont 24 000 à bénéficier chaque jour de notre action», indique Freddy Sarg, président de la banque alimentaire du Bas-Rhin. Soit un triplement de la précarité en une dizaine d'années que Freddy Sarg explique par l'accélération des mutations de notre société : «C'est comme si on la compare à une roue qui tourne très vite. Et plus elle tourne vite, plus les personnes qui sont situées en périphérie de la roue en sont  rapidement éjectées.» Ces personnes, c'est un peu tout le monde : «Des étudiants, des familles monoparentales, des travailleurs pauvres, des retraités, des agriculteurs... Ce n'est pas parce qu'ils produisent de la nourriture qu'ils sont à l'abri. J'en ai rencontré un qui doit vivre avec un budget de 400 € par mois. Sans aide, c'est impossible.» Collecte solidaire Concrètement, les vendredi 25 et samedi 26 novembre, 4 000 bénévoles vont s'affairer dans les 150 magasins participant à l'opération. Ils récupéreront les denrées alimentaires achetées par les clients après les caisses. Et, après un premier tri sur place, ces denrées seront expédiées dans les locaux de la Banque alimentaire du Bas-Rhin où elles seront retriées et redispatchées aux partenaires associatifs. Suivez la collecte nationale sur les réseaux sociaux avec le #jefaismaba

L’accompagnement des exploitants agricoles en période de crise

Humanité, humilité, confidentialité, concertation et anticipation

Publié le 23/11/2016

Les organisations agricoles et leurs salariés s’interrogent sur la manière de mieux accompagner les agriculteurs dans cette période de crise structurelle, doublée d’une crise conjoncturelle. Un colloque à Obernai visait à mieux connaître et concerter les actions pour anticiper ou faire face aux difficultés.

La situation conjoncturelle et structurelle de l’agriculture n’est pas bonne. « 2016 est la pire année que nous ayons connue », indique Yves Jauss, directeur adjoint de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), avec plus de la moitié des entreprises affiliées à la Mutualité sociale agricole, qui ont déclaré un revenu net inférieur à 4 200 €. Sur 8 600 affiliés à la MSA, 400 agriculteurs ont demandé des échelonnements de paiement, annonce Sylviane Fargeon, directrice adjointe de la MSA d’Alsace. Si la situation est difficile à vivre pour de nombreux agriculteurs, l’agriculture alsacienne recèle toujours du potentiel : « Il y a une grande variabilité et variation de cas d’exploitation dans une même zone, une même filière de production, pour une même taille d’exploitation. Un conseiller peut rencontrer le même jour des entreprises dynamiques, porteuses de projet, et à l’opposé, un agriculteur au bout du rouleau », constate Yves Jauss. De l’endettement à trop court terme Toute la difficulté initiale réside dans le repérage des cas de détresse. « Nous ressentons la détresse par le biais de la facture des cotisations qui pèse lourd dans les comptabilités », soulève Sylviane Fargeon. Mais l’indicateur du paiement des cotisations MSA n’est pas pertinent pour détecter des signes avant-coureurs de détresse : « Souvent les exploitants sont à jour avec la MSA et la banque, mais pas avec les fournisseurs », observe Pierre-Paul Ritleng, référent de la cellule Réagir pour le Bas-Rhin. « L’endettement à trop court terme est un état de fait, confirme Yves Jauss. On a pourtant une chance : nos entreprises disposent d’un capital important, parce que nécessaire pour produire. C’est un axe de travail dans les tout prochains mois. » Repérer, comprendre et agir « Repérer, comprendre et agir », résume en introduction Thomas Blum, vigneron, élu Vivea et MSA. Il insiste auprès des organisations agricoles sur l’extrême nécessité de « mettre l’homme au centre du débat ». Car face à la détresse de l’agriculteur, un salarié d’organisation agricole pourrait avoir le réflexe de « se protéger derrière sa mission institutionnelle », explique Marie-Irène Glé, responsable de l’accompagnement des adhérents à la MSA d’Alsace. La situation requiert plusieurs exigences de la part des salariés des OPA : « Il faut bien connaître le terrain, bien connaître l’exploitation. Il faut rester humble, faire preuve d’empathie et de modestie. C’est excessivement difficile pour un agriculteur d’exposer sa situation face à quatre ou cinq organisations agricoles », souligne Pierre-Paul Ritleng. « Nous devons prendre conscience que l’agriculteur est une personne qui ose prendre des risques, une posture que nous, les salariés, n’avons pas », ajoute Marie-Irène Glé. « Et attention à notre terminologie qui peut être vécue comme dégradante », prévient la conseillère de la MSA. Confidentialité absolue Alors comment lutter contre cet isolement, ce repli social qui anime l’exploitant confronté à la crise ? En sa qualité d’exploitant, et donc d’entrepreneur, « il est important que l’agriculteur retrouve confiance en lui », et qu’il ne focalise pas le problème sur l’argent, ajoute Marie-Irène Glé. Une des clés de la médiation d’accompagnement réside dans la confidentialité. « Un agriculteur a droit à la confidentialité absolue, et à l’oubli », face aux difficultés qu’il a pu connaître dans son parcours, rappelle Sylviane Fargeon. Pour rompre l’isolement, le préalable consiste d’abord à établir un bilan des droits sociaux auxquels à droit l’agriculteur, car « il est important pour lui de prendre du recul sur son exploitation ». « Nous disons déjà : pensez à vous. N’hésitez pas à exprimer votre mal-être », indique Sylviane Fargeon. Et, il y a sur ce point des dispositifs - service de remplacement, arrêt de travail - que l’agriculteur ne sollicite pas assez… Dans ces circonstances de mobilisations de dispositifs, la MSA insiste « sur le fait que l’exploitant garde la main sur sa vie, sur son entreprise ». Des dispositifs de formation ciblés et financés Ce sont souvent les proches, plutôt que l’agriculteur lui-même, qui prennent l’initiative de se rendre à l’antenne locale MSA. Ce premier contact permet ensuite d’actionner d’autres leviers d’accompagnement, et en particulier celui de la formation. C’est l’un des sujets importants de ce colloque, pour anticiper les crises, ou les résoudre. Catherine Carry, déléguée Est pour Vivea, énumère quelques dispositifs : la gratuité des bilans de compétences, les prestations rattachables qui permettent de mixer la formation individuelle et collective, le congé formation qui s’adresse aux personnes en cessation d’activités, et pour les reconversions, la prise en charge par Vivea, jusqu’à 2 500 €, d’une formation a minima de 35 heures. Mais il existe également des dispositifs plus anticipatifs, co-construits avec les OPA et bien ciblés, comme pour les céréaliers, une formation concernant la gestion de la trésorerie, ou du financement à moyen terme. Les formations initiales (scolaire) et permanentes apparaissent aujourd’hui comme inéluctables pour anticiper ou faire face aux crises. « Nos demandeurs ont de nouvelles exigences, des demandes précises en technicité, en management », explique Jean-François Maréchal, directeur du CFPPA du Haut-Rhin. Mais c’est souvent un public « d’anticipateurs ». « Notre difficulté est de convaincre les personnes que la formation peut contribuer à la solution », admet Joëlle Clouchoux, directrice du CFPPA du Bas-Rhin. L’offre de formation peut répondre à des demandes en vue de diversification ou de reconversion, avec des formations montées ad hoc, précise Jean-François Maréchal. Le management en agriculture, nouveau paradigme Et en particulier dans le domaine du management, où de nouveaux besoins se font sentir : « Les agriculteurs vont plus facilement sur des formations techniques ou économiques. Mais l’accompagnement humain, sensibiliser les agriculteurs à la problématique du fonctionnement relationnel, est un nouveau paradigme de l’agriculture », souligne Marianne Subra, formatrice « Bien réussir ensemble », en médiation sur le fonctionnement relationnel entre associés, souvent à l’origine d’exploitations en difficultés. Il s’agit pour elle de détecter les premiers symptômes de tension, de poser un diagnostic de fonctionnement, de redéfinir des objectifs de chacun des associés, et de revoir l’organisation pour mieux fonctionner ensemble. C’est un accompagnement au long cours, pour régulièrement renouer les liens entre associés, prévenir les rechutes. Sur ces problématiques relationnelles, Yves Jauss insiste sur le rôle des comptables, qui exposent une fois par an les comptes, « en présence normalement de tous les associés. C’est un impératif ! » Plus de solidarité entre les organisations agricoles Outre la formation, les organisations agricoles souhaitent améliorer la concertation entre elles pour anticiper et déceler les situations de crise. Qu’une forme de solidarité s’installe dans l’accompagnement des exploitants, d’où la « nécessité de centraliser, de communiquer, et d’échanger ». « On sera de toute façon de plus en plus amené à avoir des raisonnements transversaux. La cellule Réagir va impulser une dynamique pour une meilleure identification », estime Yves Jauss. Si les comptables ont un rôle important, « comme fil conducteur puisqu’ils se retrouvent chez l’exploitant », d’autres OPA ont également des moyens d’alerter sur des situations fragilisées. L’exemple est soulevé par Joëlle Clouchoux où des visites de stage d’apprentissage permettent de relayer des problématiques. On a aujourd’hui un référent cellule Réagir « qui sera le fil conducteur pour mieux coordonner les diagnostics, l’audit, l’accompagnement et les préconisations » élaborées conjointement avec l’exploitant.

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