Vie professionnelle

Conseil départemental du Bas-Rhin - Chambre d'agriculture d’Alsace

Soutenir l’agriculture pour dynamiser les territoires ruraux

Publié le 28/07/2017

Jeudi 20 juillet, les élus du Conseil départemental du Bas-Rhin et de la Chambre d'agriculture d’Alsace se sont retrouvés sur le terrain pour discuter du contrat d’objectif 2017 qui lie les deux institutions. Pour cette rencontre annuelle, ils s’étaient donné rendez-vous sur deux fermes emblématiques du dynamisme de l’agriculture de montagne.

Cette année, pour présenter le contrat d’objectif 2017 qui lie le Conseil départemental du Bas-Rhin (CD 67) et la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), les deux institutions ont choisi de se retrouver en montagne. En l’absence de Frédéric Bierry, président du Conseil départemental, retenu par d’autres obligations, c’est Frédérique Mozziconacci, conseillère départementale du canton de Mutzig, qui a accueilli les participants à cette rencontre sur le terrain. Priorité aux hommes Jean-Paul Bastian, vice-président de la CAA, a souligné la « dynamique favorable » qui a permis à l’agriculture de montagne de considérablement évoluer en 30 ans. Il y a eu l’évolution de la Pac, qui a été plus favorable à l’agriculture de montagne, notamment via la convergence des aides des soutiens différenciés, le soutien aux petites races. Et plus localement, les agriculteurs ont pu bénéficier de soutien à l’investissement dans le cadre du Plan bâtiment, des fruits d’un partenariat « historique » entre la CAA et la Communauté de communes de la Vallée de la Bruche, présidée par Pierre Grandadam. « Tout cela mis bout à bout a permis à un certain nombre de projets d’aboutir. » Sans oublier la volonté des agriculteurs de montagne qui, les circuits de collecte de lait des coopératives laitières n’allant pas jusque chez eux, ont fait le pari de la vente directe. Un allant qu’a relevé également Pierre Grandadam : « Les agriculteurs de montagne ont su créer leurs propres réseaux de commercialisation ». Les résultats, ce sont de belles prairies, bien entretenues, des paysages ouverts, de bons produits, des touristes, des emplois… Selon lui, cette réussite, l’agriculture de montagne la doit à la stratégie qui a été utilisée : « Il faut d’abord s’occuper des hommes qui élèvent des bêtes, qui mangent de l’herbe, pour élaborer de bons produits. Il faut s’en occuper comme ça, et dans cet ordre, sinon, ce n’est pas pérenne. » En écho à cette analyse, Julie Humbert, présidente de l’Association des producteurs fermiers de montagne, a présenté cette structure qui accompagne une trentaine de producteurs fermiers dans leurs démarches de vente directe, que ce soit pour la promotion des produits fermiers, la recherche de nouveaux circuits de commercialisation ou l’appui technique. L’association a aussi élaboré un guide intitulé « L’agriculture de montagne pour les curieux », ainsi que des panneaux qui visent à expliquer les pratiques des agriculteurs à la population, et pourquoi il est important de respecter les prairies et les troupeaux. L’occasion pour Julie Humbert de faire un petit appel du pied pour soutenir le financement de ces panneaux ! L’emploi, priorité des priorités Évoquant « une rencontre organisée depuis plus de 30 ans pour échanger sur la politique agricole menée par le Département », Marcel Bauer, conseiller départemental, a rappelé qu’elle consiste à « retravailler les objectifs du partenariat dans le cadre de compétences modifiées et de finances réduites ». Ce qui n’empêche pas le Département de vouloir rester partenaire du monde agricole. Et de se fixer trois priorités en la matière. La première consiste à « développer l’emploi en agriculture, notamment pour faciliter le retour à l’emploi des bénéficiaires du RSA ». La seconde est d’encourager l’expansion des circuits courts. Et la troisième est de faire du Département du Bas-Rhin un territoire à énergie positive. « Alors que l’agriculture est dans une passe difficile, l’objectif de cette rencontre est de redéfinir notre partenariat pour les trois ans à venir », a déclaré Jean-Paul Bastian. Les rendements 2017 s’annoncent meilleurs. Mais c’est vrai partout dans le monde, ce qui pèse sur les cours des denrées agricoles. Le même jour (NDLR le 20 juillet) se tenait la conférence sur l’alimentation, dont l’un des objectifs est de répondre à cette crise, notamment via une répartition plus équitable de la valeur ajoutée au sein des filières. Et on ne peut que s’en féliciter. Mais Jean-Paul Bastian estime qu’il faut aussi travailler localement. Et notamment poursuivre les travaux de remembrement, d’aménagement du territoire, par exemple dans le cadre de projets d’irrigation. Et il a listé d’autres priorités : encourager la demande pour que tous les projets trouvent des débouchés ; soutenir la diversification, « inscrite de longue date dans l’ADN de l’agriculture départementale » et source d’emplois. Patrick Bastian, conseiller régional, en a cité d’autres : travailler sur l’approvisionnement local de la restauration hors domicile (RHD), et maintenir la qualité sanitaire du cheptel départemental, qui est « bonne » mais reste « fragile ». Il s’agit donc de faire perdurer le partenariat entre la CAA et le CD 67, malgré les changements de compétences et les coupes budgétaires. « Un défi à relever ensemble. » RHD et aménagement du territoire Marcel Bauer a pu les rassurer sur plusieurs points. Non seulement le Département se fixe l’objectif ambitieux d’atteindre 50 % de produits locaux et 25 % de produits bios dans l’approvisionnement des restaurants hors domicile qui relèvent de sa compétence (collèges, Ehpad). « Il faudra que l’offre en produits locaux suive et que les filières s’organisent. » Et le Département compte bien continuer à mettre en œuvre ses compétences en matière d’aménagement du foncier. Chaque année, il consacre 1 million d’euros (M€) à la gestion durable du foncier, notamment via des opérations de remembrement. À plusieurs reprises au cours de cette journée les retards de paiement des MAE ont été évoqués. Si tout le monde s’accorde sur le caractère inadmissible de ces retards, Jean-Paul Bastian et Patrick Bastian mettent en garde : les MAE sont le vecteur de soutiens spécifiques, adaptés aux territoires, et l’agriculture française a besoin de tels soutiens pour rester diversifiée.

Association des communes forestières d’Alsace

Pas de coupes supplémentaires sans équilibre sylvo-cynégétique

Publié le 24/07/2017

L’association des communes forestières d’Alsace maintient provisoirement sa structure, tout en travaillant avec les autres associations du Grand Est pour répondre d’une seule voix au programme national de la forêt et du bois 2016-2020 qui enjoint à la grande région de mobiliser 2,7 millions de m3 de bois supplémentaire.

Avec 3 000 ha et 14 000 m3 de récolte par an, Sainte-Marie-aux-Mines dispose de l’une des plus grandes forêts communales d’Alsace. L’association des communes forestières d’Alsace a donc choisi cette ville pour tenir son assemblée générale. Elle rassemble 303 adhérentes sur les 650 communes concernées, soit 75 % de la forêt communale alsacienne. « Notre ambition est de gérer durablement la forêt. Pour cela, un dialogue est nécessaire entre la population, les habitants de nos communes périurbaines qui ont tellement changé - ils comprennent de moins en moins les choses de la forêt - et les acteurs de la filière. Notre fierté est d’être en charge de ce dialogue. Les Alsaciens aiment la forêt, ils comptent sur nous pour bien la gérer », annonce Pierre Grandadam, président de l’association. Rémunération horaire des bûcherons communaux En 2016, le grand défi pour les communes forestières a été le passage obligatoire de la rémunération au rendement à la rémunération horaire des bûcherons communaux. Émile Fluck, vice-président de l’association pour le Bas-Rhin et maire de Colroy-la-Roche, rappelle qu’une trentaine de réunions ont été nécessaires. « On ne constate pas de baisse de régime, mais un travail plus soigné et plus rationnel. Les bûcherons ne sont pas mécontents, ils attendent la fin de l’année pour savoir comment cette mesure impacte leur rémunération », rapporte-t-il. Si le changement est pour le moment bien accepté par les bûcherons, il l’est moins par les communes. « Avoir des bûcherons formés est une richesse, soutient Pierre Grandadam, cela permet de valoriser les emplois et les ressources locales. En faisant appel à des entreprises privées, l’appel d’offres sera nécessaire et il mettra en concurrence des entreprises européennes. » Un sujet épineux se profile, la réalisation du programme national de la forêt et du bois 2016-2020. Sacha Jung, délégué général de Fibois, la Fédération interprofessionnelle Forêt-Bois Alsace, expose que ce programme « prévoit deux ans pour fixer les priorités de la filière. Or l’État ne prévoit pas d’envelopper pour son financement. Il fixe des objectifs à chaque région. Pour le Grand Est, 2,7 millions de m3 de bois supplémentaire à prélever. Au niveau national, c’est l’exigence la plus forte. La filière dit « non » à une mobilisation supplémentaire de bois tant que l’État ne prend pas d’engagement sur la question de l’équilibre sylvo-cynégétique. » « Le constat est reconnu et partagé : la forêt se dégrade, note Pierre Grandadam. Pourtant, elle devrait respecter le principe de multifonctionnalité : la production, l’accueil du public et la protection du milieu. Dans certains endroits, ce principe ne fonctionne plus. Nous exigeons une réponse de l’État à cette question : est-ce que le mode de gestion actuel permet une gestion durable pour une forêt de qualité, pour le bonheur des gens et des produits pour les entreprises ? » Un courrier signé par 18 organisations a été envoyé au préfet sur cette question de l’équilibre de la faune et de la flore. « Les chasseurs ne peuvent pas porter toute la responsabilité » Gérard Lang, président de la Fédération départementale des chasseurs du Bas-Rhin, indique : « Nous sommes en train d’élaborer un nouveau schéma départemental et nous souhaitons rencontrer la forêt communale à ce sujet. L’équilibre sylvo-cynégétique est par nature instable. Et depuis 1999, on s’est planté, tous ensemble. Les chasseurs ne peuvent pas porter toute la responsabilité. On est en train de réduire la population de cervidés un peu partout avec l’accord des chasseurs. Or, le plan de chasse qualitatif est nécessaire à la pyramide des âges. Le cerf fait partie du patrimoine alsacien. » Pierre Grandadam se félicite de cette volonté de dialogue et assure que « l’on trouvera des solutions intelligentes pour pouvoir transmettre une forêt gérée durablement ». En tant que président de la Fédération nationale du bois, Philippe Siat met cette question en perspective avec le réchauffement climatique. « La forêt a un rôle de stockage du dioxyde de carbone. En prélevant plus, on diminue ce stock. Nous devons planter des essences améliorées et résistantes au réchauffement. Nous ne devons pas rester sur cette querelle de l’équilibre entre la faune et la flore ». Le mot de la fin est laissé à Jean-Pierre Marchand, responsable du pôle nature, chasse, forêt à la Direction départementale des territoires (DDT) du Haut-Rhin : « Notre objectif est de revenir à un équilibre au plus tard d’ici les prochaines adjudications des lots de chasse, dans cinq ans. La réussite de cet équilibre dépendra de tous les acteurs. »

Jeunes Agriculteurs. Canton de Marmoutier

Deux fermes pour un dimanche !

Publié le 24/07/2017

Entre jeunes bovins et concours de labour, la journée portes ouvertes des Jeunes Agriculteurs du canton de Marmoutier promet d’être animée à Zehnacker, sur la ferme de la famille Bastian et celle des familles Paget et Regel. À découvrir le dimanche 30 juillet.

Pour leur traditionnel rendez-vous avec le public, les Jeunes Agriculteurs du canton de Marmoutier proposent de découvrir deux exploitations, celle du Gaec des voyageurs, de la famille Bastian, et l’EARL du Weihermatt, des familles François Paget et Regel à Zehnacker. Du poussin au mastodonte charolais… Depuis 2012, Cyrille Bastian est associé dans le Gaec des voyageurs avec son père, Patrick, et Clément Boehm. Le Gaec occupe deux sites à Zehnacker. Une partie des bâtiments est dédiée au conditionnement (emballage, cartonnage) des pommes issues des 2 hectares de vergers. Depuis 2007, le Gaec a développé une activité de transport de céréales en saison. Sur l’autre site, un bâtiment - doté de panneaux photovoltaïques depuis 2010 - accueille de jeunes bovins à l’engraissement. Et un autre, plus récent, est destiné à l’élevage de poulets. L’abattoir Siebert cherchait de nouveaux producteurs dans le secteur, une opportunité que ce jeune éleveur a saisi lors de son installation. « C’est une diversification de l’activité » qui pour l’instant « est positive ». Le bâtiment de 1 500 m2 accueille 30 000 poulets par bandes, soit 150 000 par an. C’est en 2009 que le Gaec s’est tourné vers l’engraissement de jeunes bovins, délaissant l’activité laitière. 300 bovins sont actuellement à l’engraissement, durant 13 à 14 mois, ce qui à ce stade donne des bêtes plutôt impressionnantes. La majorité est de race charolaise, avec quelques croisés charolais, salers, issus d’élevage français. Les charolais sont placés de préférence sur aire paillée, plutôt que sur caillebotis. « C’est une race plus fragile », souligne l’éleveur. Les cultures fournissent une partie de leur nourriture. Sur les 140 ha, les prairies occupent 65 ha, le blé 25 ha, le maïs 35 ha, l’orge 6 ha et le colza 9 ha. Il est intégralement livré au Comptoir agricole. Dans le bâtiment tout proche de celui du Gaec, l’atelier d’engraissement de François Paget compte 220 places. Il est en EARL depuis 2015 avec son beau-père, Jean-Michel Regel, non exploitant. L’éleveur y engraisse, durant environs dix mois, un mélange de races, des croisés, mais principalement des charolais. Les 65 ha de cultures sont entièrement dédiés à la nourriture des taurillons. Le prix de la viande, « stagnant actuellement », est d’ordinaire assez fluctuant, soulignent les deux éleveurs. Trampoline, démonstrations de cartonnage et concours de labour Ces deux éleveurs vont accueillir le public lors de la journée portes ouvertes des JA du canton de Marmoutier, présidé par Laurent Lux. Ce dernier est éleveur laitier à Lochwiller, où il élève 135 vaches prim’holstein. Dans ce canton, qui compte une trentaine de membres, le concours de labour reste un moment important de la journée. « Avec un vice-champion du monde de labour dans le canton, c’est normal », lancent les jeunes agriculteurs ! Le public pourra circuler entre les deux fermes, découvrir les différentes races à viande, dont les croisés, avec leurs cornes, qui devraient faire de l’effet ! Sur l’autre site du Gaec, les visiteurs pourront assister à des démonstrations de cartonnage, puisque la machine sera spécialement mise en route ce dimanche. Les JA proposent également une animation trampoline, une mini-ferme pour les enfants. Une exposition de matériels agricoles dernier cri devrait intéresser les professionnels. Pour la restauration, prévue sous un hangar, il y a aura du poulet rôti, des frites et des grillades au menu. Après le concours de labour, les incontournables tartes flambées des JA clôtureront cette journée, qui s’annonce riche en découvertes…

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