Vie professionnelle

Pierre Paul Ritleng tire sa révérence

« La bonne humeur, ta marque de fabrique »

Publié le 12/07/2017

Pierre Paul Ritleng, responsable de l’Adar du Kochersberg, vient de faire valoir ses droits à la retraite. À l’âge de 55 ans, une nouvelle vie commence pour lui : il s’investira dans la Ferme de Louise, au côté de son épouse Audrey.

C’est la maison de services Le Trèfle à Truchtersheim qui a accueilli la cérémonie organisée en l’honneur de Pierre Paul Ritleng, le jeudi 6 juillet. Ce n’est pas un hasard : c’est le siège de l’Adar du Kochersberg, antenne décentralisée de la Chambre d'agriculture d’Alsace dont Pierre Paul était le responsable. « Tu as toujours été un partenaire exemplaire. Ton sourire enrichissait notre relation », a indiqué Justin Vogel, président de la communauté de communes du Kochersberg-Ackerland. Il lui a souhaité « une bonne nouvelle vie ». André Jacob, directeur de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Patrick Bastian, président de l’Adar du Kochersberg, et Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, ont retracé le parcours du jeune retraité. Entré au Comptoir agricole le 3 juillet 1984, il a géré le dépôt de Maennolsheim dès son ouverture. « Les agriculteurs de l’époque gardent de Pierre Paul l’image d’un homme pragmatique, dont les conseils étaient empreints de bon sens et judicieux, même sans N-Tester », a indiqué Patrick Bastian. « Ce fut un moment fort de nos vies » Puis Pierre Paul a intégré le service production d’Alsace Lait, où il s’occupait de l’organisation de la collecte des 600 producteurs de la laiterie alsacienne, ainsi que des suivis technico-économiques. Treize ans plus tard, sa fibre militante l’a poussé à rejoindre la FDSEA du Bas-Rhin. Il était chargé des productions animales, ainsi que de l’animation du syndicat ovin et des interprofessions lait et viande. « Le jour où Jean-Paul Bastian a émis l’idée de l’intégrer à l’équipe de la FDSEA, j’ai répondu par un oui enthousiaste », a expliqué Patrick Bastian. Ce fut le début d’une longue collaboration : « Nous avons travaillé ensemble sur le dossier lait, la Pac, les manifs, le plan bâtiment. Ton sens de l’efficacité et de la provocation, tout le monde s’en souviendra ! Tu es aussi un bon vivant, et les assemblées cantonales se terminaient parfois très tard. » Directeur d’Alsace Élevage - une fonction entièrement bénévole -, Pierre Paul Ritleng a été en première ligne pour le plan bâtiment. Un dossier exemplaire grâce à son savoir-faire et ses talents de négociateur, a expliqué Patrick Bastian. « On en avait bien besoin pour réussir les tractations difficiles avec l’État, la Région et le Département. » Pierre Paul avait coutume de dire : « Trouvez de l’argent, je m’occupe du reste », a poursuivi Jean-Paul Bastian. L’avènement de la Région Grand Est marque la fin de cette épopée : « Alsace Élevage ne te survivra pas. Tu en es le dernier directeur, comme j’en suis le dernier président ». De nombreuses cordes à son arc En 2009, Pierre Paul a intégré la Chambre d'agriculture comme responsable de l’Adar du Kochersberg et de l’équipe économique. Durant cette période, il a géré de nombreux dossiers, comme la Pac, le plan bâtiment, les projets d’investissement, les calamités agricoles et, plus récemment, la cellule Réagir. À ce titre, il était l’interlocuteur privilégié des organisations professionnelles agricoles et de l’administration. « Tu as de nombreuses cordes à ton arc, a souligné Patrick Bastian. Tu connais l’agriculture bas-rhinoise mieux que quiconque. » Lorsque la cellule Réagir a été mise en place, Pierre Paul s’y est investi à fond. « Tu as su fédérer tout le monde, même les banquiers », a relevé Patrick Bastian. Mais peu de temps après, il a annoncé son départ à la retraite. « Après la fusion des Chambres d’agriculture alsaciennes, tu n’as pas trouvé ta place. Le changement hiérarchique nous a tous bouleversés », a avoué Patrick Bastian, avant de le remercier pour son engagement, son humour, son pragmatisme. C’est Philippe Sigrist qui prend le relais à la tête de l’Adar du Kochersberg. « Mais les paysans auront encore besoin de toi, Pierre Paul. » À présent, Pierre Paul a décidé de se consacrer à la Ferme de Louise, un projet d’hébergement touristique monté avec son épouse Audrey il y a cinq ans. « Nous pourrons venir chez toi pour refaire le monde, commenter les petits potins du Kochersberg », a déclaré Jean-Paul Bastian Un brin nostalgique, Patrick Bastian a souligné l’exemplarité du parcours de Pierre Paul. « Cette cérémonie marque la fin d’une longue histoire professionnelle… et un nouveau chapitre d’une amitié qui remonte à l’enfance, d’abord au collège de Wasselonne puis au lycée agricole d’Obernai. » « Il fallait bien deux Bastian pour fêter ton départ », a enchaîné Jean-Paul Bastian. En arrivant au bout de sa carrière, l’essentiel est d’être satisfait de ce que l’on a fait, d’avoir été à la hauteur des talents que l’on a reçus, d’avoir fait le maximum, quel que soit le poste de responsabilité que l’on a occupé, estime-t-il. Ses meilleurs souvenirs ? Les manifs ! Pour une fois, j’ai le dernier mot, a déclaré Pierre Paul Ritleng. Prendre sa retraite à 55 ans, ce n’est pas courant. Mais « il paraît que j’ai assez travaillé… » Il se souvient de ses premiers pas au dépôt de Maennolsheim. « Les premières années, j’ai chargé à la main des sacs d’engrais de 50 kg ! C’est avec fierté que je revendique ce début de carrière. » La deuxième étape était aussi la plus longue. « Le lait, je suis tombé dedans quand j’étais petit ! » Il se souvient : « Le service production d’Alsace Lait cherchait un conseiller. Entre le suivi technico-économique et le ramassage du lait, j’ai conforté mes armes techniques. Puis j’ai eu envie de voir autre chose. Les deux Bastian sont entrés en jeu et c’est ainsi qu’à 39 ans, je suis entré dans l’univers du syndicalisme. Je me suis familiarisé avec la section lait, la section viande, la section ovine et la section porcine. Puis je suis devenu responsable d’Alsace Élevage à la suite de Philippe Wolff. La richesse et la diversité des dossiers m’ont comblé. » Ses meilleurs souvenirs ? « L’organisation des grandes manifestations syndicales. » Ses moments les plus difficiles ? « La rédaction des articles pour l’Est Agricole et Viticole. » Avec sa bonne humeur légendaire, Pierre Paul a émaillé son discours d’anecdotes qui ont rappelé de bons souvenirs à tous les invités. Pour terminer, Pierre Paul a évoqué sa carrière à la Chambre d’agriculture, en tant que responsable de l’Adar du Kochersberg et de l’équipe économique. « J’ai intégré les magnifiques locaux du Trèfle. Je suis le seul à avoir eu trois bureaux à la Chambre… » Il a remercié ses collègues, qui forment une équipe soudée et efficace. « Je fais entière confiance à mon successeur pour qu’elle reste aussi efficace. Ma franchise de parole était parfois dure à accepter, mais c’était pour votre bien. J’ai fait preuve de la même franchise avec l’administration. » Il a rendu hommage à « la grande famille des agriculteurs, où je me sentais comme un poisson dans l’eau. C’est chez eux que je prenais la température avant de prendre les décisions. » Il ne pouvait pas finir son intervention sans évoquer « les deux Bastian ». « Patrick vient de commencer sa carrière, je termine la mienne. Nous avons tous les deux la même passion de l’élevage. » Il lui a exprimé sa reconnaissance pour son soutien indéfectible et son amitié. « L’autre Bastian a joué un rôle prépondérant dans ma carrière. Dès notre première rencontre, en 2001, cela a tout de suite fonctionné. Il m’a appris à prendre de la hauteur et à attacher de l’importance même aux petits dossiers. À force de nous côtoyer j’ai appris à le comprendre sans parler. Je me suis épanoui dans toutes nos missions. » Aujourd’hui, Pierre Paul veut se consacrer à sa famille. « Elle a toujours été ma priorité. » Certains se demandent ce qu’il va faire de son temps libre. « Mes yeux pétillent de projets ! » À l’issue de ce discours émouvant, le jeune retraité a reçu de nombreux cadeaux. « Une page se tourne, mais notre amitié continuera », a souligné Pascale Remen, du Centre de fiscalité et de gestion du Bas-Rhin. C’est tout ce que l’on espère…

Remise de prix aux élèves méritants de l’enseignement agricole du Bas-Rhin

Récompenser une génération d’avenir

Publié le 12/07/2017

La 41e remise de prix aux élèves méritants de l’enseignement agricole s’est tenue mercredi 5 juillet à Schiltigheim. Le service Formation emploi de la Chambre d'agriculture d’Alsace a honoré les efforts et le travail fourni par ces 59 étudiants bas-rhinois. Une récompense qui sonnait aussi comme une invitation à défendre l’agriculture dans les années à venir.

« Qu’est-ce que le mérite ? » Il ne s’agit pas ici de l’énoncé d’une épreuve de philosophie. Mais du discours de bienvenue de Christian Schott aux élèves méritants de l’enseignement agricole du Bas-Rhin, mercredi 5 juillet. Le président du service Formation emploi de la Chambre d'agriculture a défendu les valeurs de travail et d’humilité. Il a aussi rappelé leurs engagements aux 59 futurs professionnels venus avec parents et enseignants dans la salle de réception de la Maison de l’agriculture. Selon Christian Schott, « le mérite est ce qui rend une personne digne d’estime au regard de sa conduite ou des obstacles surmontés. » Car cette cérémonie n’a pas célébré les meilleures notes. Mais les plus grands progrès. « On a déjà primé des élèves qui n’avaient pas obtenu leur diplôme, explique Didier Helmstetter, ancien directeur du CFA d’Obernai. Leurs efforts étaient tout de même remarquables. » Dans la salle, une élève maman, une jeune en apprentissage en Allemagne et des personnes en reconversion. Des profils très différents unis par leur travail. Les progrès plutôt que les notes Et leur opiniâtreté aussi. « Il en faut du mérite pour s’engager dans nos métiers dans les circonstances économiques actuelles », a reconnu l’élu de la Chambre d'agriculture. Une conjoncture économique qui oblige ces futurs agriculteurs à « défendre nos filières par l’excellence de leur travail. » Un constat partagé par Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs (JA), pour qui ces étudiants vont « tirer la profession vers le haut. » Mieux, les récipiendaires ont été investis d’une mission supérieure. Partager leurs connaissances. « Votre mérite vous engage à vivre tout, mais à transmettre le meilleur », a ainsi prôné Christian Schott. Les expériences, bonnes ou mauvaises, des aînés doivent servir aux générations futures. L’élu JA s’est aussi montré heureux « de voir qu’il y a des jeunes motivés. » Mais la jeunesse n’a pas été la seule à l’honneur. Les instances agricoles ont décerné deux prix spéciaux à des vétérans de l’enseignement. Après 12 ans de bons et loyaux services, Joëlle Clouchoux, directrice du CFPPA, part pour la Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt. Denis Leclercq, formateur technique hippique au CFA et CFPPA, tire sa révérence pour jouir de sa retraite. Les lauréats de tous âges sont repartis avec un diplôme honorifique et un livre. Au choix, « Histoire de la langue régionale d’Alsace » ou « Dictionnaire amoureux illustré de l’Alsace ». De quoi potasser ses connaissances du terroir pendant l’été.

Visite de ferme à Kolbsheim et Gimbrett

Le nouveau préfet illico sur le terrain

Publié le 12/07/2017

Dès le lendemain de sa prise de fonction, le nouveau préfet du Bas-Rhin et du Grand Est, Jean-Luc Marx, a pris connaissance des dossiers agricoles en visitant deux fermes sous la conduite des responsables agricoles bas-rhinois.

Jean-Luc Marx, nouveau préfet du Bas-Rhin et du Grand Est, n’aura pas attendu longtemps avant de se plonger dans les dossiers agricoles. Mardi 11 juillet, les responsables agricoles bas-rhinois l’ont invité à visiter deux exploitations caractéristiques de la diversité de l’agriculture départementale. Jean-Paul Bastian, premier vice-président de la Chambre d’agriculture d’Alsace, Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, et Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du département, l’ont d’abord accueilli à la ferme Diemer, à Kolbsheim. Une ferme de polyculture qui a fait le choix de se diversifier dans le maraîchage et qui devrait être impactée par la réalisation du Grand contournement ouest (GCO). L’occasion pour les responsables agricoles de sensibiliser le nouveau préfet aux impacts fonciers et agricoles de cette infrastructure et de présenter les mesures de compensation économique et environnementale prévues dans le projet. Le deuxième rendez-vous de la matinée a eu lieu à la ferme Bohr, à Gimbrett. Freddy Bohr et sa famille ont exposé les spécificités de leur exploitation, spécialisée dans la production de lait et de vin d’Alsace. Lors d’un tour de table, les représentants des différentes filières ont procédé à un tour d’horizon de la conjoncture agricole. Nous reviendrons sur les différents dossiers abordés dans notre prochaine édition.

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