Vie professionnelle

Association régionale des industries alimentaires (Aria) Alsace

Un partenariat en faveur de l’agriculture biologique

Publié le 05/07/2017

Dans le cadre de son assemblée générale, l’Aria Alsace a signé un partenariat stratégique avec l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace. Cette action a pour vertu le développement du nombre de produits et de gammes bios au sein des entreprises régionales alimentaires.

L’assemblée générale de l’Association régionale des industries alimentaires (Aria) Alsace s’est déroulée au Parc des expositions de Mulhouse en marge du salon Industries du futur 2017. L’Aria en a profité pour rappeler qu’elle défend depuis plus de vingt ans les intérêts des entreprises alimentaires et fédère les producteurs et industriels alsaciens. « Nous assurons la promotion du savoir-faire et des produits régionaux en France et à l’international, notamment à travers la marque bannière Savourez l’Alsace qui recense plus de 1 500 références accréditées. Nous défendons ainsi les intérêts économiques, industriels et commerciaux des entreprises alimentaires alsaciennes et leur représentation auprès des pouvoirs publics, administrations et instances régionales », explique la présidente, Manou Heitzmann-Massenez. Cette assemblée générale a également permis à l’Aria Alsace de présenter la création d’un « club des partenaires ». Il vise à mutualiser les compétences et à créer des synergies entre les différents acteurs. « L’association souhaite valoriser la cohésion de ses différents membres et coconstruire l’avenir de la filière. Il y a différentes catégories de membres : les industriels alimentaires, les industriels associés à la filière alimentaire, les partenaires réunissant les institutionnels, les partenaires du Food Studio et les entreprises dont les clients sont des industries alimentaires et avec lesquelles elles peuvent développer de nouveaux projets », précise Anne Vetter, présidente de « club des partenaires » et présidente directrice générale de Velum, société alsacienne d’éclairage industriel. « Ce club est ouvert à toutes les idées et offre l’opportunité de mettre à profit de multiples compétences, pour répondre aux enjeux de la filière, une hétérogénéité qui fait la force de cette union. Le but étant de recruter également de nouveaux partenaires et de fidéliser les existants », ajoute Anne Vetter. Des relations facilitées La dernière partie de la réunion a été consacrée à la signature d’un partenariat entre l’Aria Alsace et l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba). « Il s’agit d’un partenariat majeur stratégique de la filière. Nos missions respectives et l’augmentation de la consommation bio font de ce rapprochement un véritable levier de promotion de ce nouveau mode de production auprès des industriels alimentaires. L’Aria Alsace et l’Opaba, fortes de leurs expertises et rayonnement, se sont réparti leurs champs d’action, mis en perspective avec leurs compétences multiples. La motivation première de cette alliance est le développement de partenariats équitables entre transformateurs et producteurs locaux alsaciens. Et en facilitant les relations entre les divers acteurs, l’Aria Alsace et l’Opaba structurent les filières locales d’approvisionnement bio. Cette action a pour vertu le développement du nombre de produits et de gammes bios au sein des entreprises alsaciennes alimentaires », rappelle Manou Heitzmann-Massenez. Un partenariat dont se félicite la vice-présidente de l’Opaba, Martine Becker. « Nous sommes ouverts au plus grand nombre. Les entreprises ne peuvent pas ignorer une partie de leur clientèle. Il faut simplement se caler ensemble pour voir ce que les uns peuvent apporter aux autres. L’idée est d’innover, de mutualiser nos moyens afin d’élaborer un meilleur positionnement sur les prix, une contractualisation volume-prix facilitée et surtout une totale transparence », conclut Martine Becker.

Didier Braun, président de la section lait de la FDSEA

« Les agriculteurs ne font pas la vie chère »

Publié le 03/07/2017

Face aux rumeurs d’augmentation du prix du croissant suivant le cours du beurre, Didier Braun, président de la section lait de la FDSEA, donne son point de vue.

Les professionnels de la boulangerie ont annoncé une probable hausse de leur produit suite à l’envolée du cours du beurre, qu’en dites-vous ? Didier Braun : Le cours du beurre atteint effectivement des niveaux records, au-delà des 5 400 €/t, ce qui peut causer un surcoût pour les boulangeries. Toutefois j’aurais deux remarques, le prix du croissant n’a pas baissé quand les cours du beurre étaient à 2 800 €/t, il y a moins de 18 mois, et nous aussi, agriculteurs, aimerions bien pouvoir augmenter nos prix en cas de hausse des charges. Comment expliquer cette hausse du prix du beurre ? DB : C’est une addition de facteurs, d’un côté une production en baisse et une consommation en hausse. La mauvaise conjoncture a incité les éleveurs à produire moins de lait et depuis des années certains agriculteurs ont fait le choix de sélectionner des animaux moins performants en TB. Parallèlement, le beurre retrouve ses lettres de noblesse après avoir été décrié pendant des années. Les scientifiques ont montré les bienfaits du beurre d’où une augmentation de la consommation aux États-Unis et en Asie notamment. Et le prix du lait au producteur ? DB : Ce n’est pas le producteur qui fait la vie chère, nous le disons souvent, mais cela se confirme une fois de plus, car pendant que les cours du beurre s’envolent, le prix au producteur stagne. En fonction des laiteries, le prix oscille entre 300 et 315 € les 1 000 litres sur les six premiers mois de l’année. Comment expliquer ce décalage ? DB : Il y a deux raisons principales. Les stocks de poudre écrémée, qui rendent la valorisation beurre-poudre moins profitable que le beurre uniquement. Mais surtout le dysfonctionnement de notre filière entre amont et aval. Face à cette envolée des cours et dans un contexte extrêmement difficile pour les éleveurs, on espérait une reprise rapide du prix du lait, mais il n’en a rien été. Il a fallu une fois de plus que les producteurs montent au créneau pour réclamer des hausses aux transformateurs et à la grande distribution. Comme par miracle suite aux mobilisations, les annonces se sont multipliées. Toutefois, il faudra rester attentif au respect de ces annonces. Il est insupportable que les éleveurs doivent systématiquement manifester pour réclamer leur dû. Nous ne pouvons pas faire les commerciaux de nos produits sans arrêt. Quelles solutions pour la filière ? DB : On peut toujours rêver à une prise de conscience de nos partenaires pour qu’ils stoppent la course aux prix bas, mais je n’y crois pas beaucoup. Il faut travailler à la transparence de la filière et donner plus de poids à l’observatoire des prix et des normes. Par ailleurs, il faut reconnaître nos coûts de production, à l’instar des boulangers, quand le prix de l’aliment augmente, nous devons pouvoir répercuter ces surcoûts, sans quoi nous sommes condamnés à produire en dessous du coût de revient et à perdre encore des producteurs de lait.

Salon interprofessionnel des fruits et légumes d’Alsace à Sélestat

Le commerce dans la convivialité

Publié le 26/06/2017

Le deuxième salon interprofessionnel du commerce des fruits et légumes d’Alsace s’est tenu mardi 13 juin à Sélestat. L’occasion d’échanger et de se rencontrer dans un cadre convivial pour tous les acteurs du commerce de la région.

Producteurs, grandes et moyennes surfaces (GMS), grossistes, restauration hors domicile (RHD), ils étaient tous présents. L’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) a mis à leur disposition un espace privilégié de dialogue, les Tanzmatten à Sélestat. L’idée est simple : faire se rencontrer tous les professionnels l’espace d’une journée, sans ordre du jour précis. « La journée est axée sur le commerce et la convivialité. Les professionnels exposent leur production. Les GMS, grossistes et autres interlocuteurs échangent avec eux. Le format est le même que l’année passée, car cela avait bien marché. Une trentaine de producteurs sont là. Ils viennent de toute la région. Cette année, il y a une belle présence du bio. Les onze enseignes de la distribution sont également présentes. Ce sont même elles qui ont demandé d’institutionnaliser cet événement lors du dernier conseil d’administration de l’interprofession », souligne Yannick Wir, animateur de l’Ifla. C’est donc dans ce contexte que s’est déroulée cette journée où les échanges ont été nombreux dans une situation économique toujours compliquée. Les gelées du mois d’avril laissent encore des traces avec des productions en baisse. L’impact est évident. Échanges et partage Producteur d’ails, d’échalotes ou encore d’oignons, Arnaud Metzger, professionnel à Stattmatten dans le Bas-Rhin, se félicite de l’organisation de cette journée. « Il faut y être présent pour être vu. Je cherche à me développer. Or, tout au long de l’année, ces échanges se font le plus souvent par téléphone. C’est bien plus difficile d’accéder à certains magasins ou lieux de vente et d’achat. Ici, les contacts sont directs. L’année passée, j’étais déjà présent. Il y a eu des retombées les jours qui ont suivi, des marchés qui se sont concrétisés. Aujourd’hui, les premiers contacts sont également positifs », constate avec satisfaction le jeune professionnel. L’état d’esprit est le même pour Gilles Dumont, directeur de Cora Houssen, et son responsable produits frais, Sébastien Vaxelaire. « Cora fait déjà travailler les producteurs locaux. Du moment qu’il y a une production locale ou régionale, nous la vendons. Mais, le consommateur cherche certains fruits et légumes tout au long de l’année. C’est là, que certains produits viennent alors d’ailleurs. Mais, je me répète, tant qu’il y a une production alsacienne, nous la valorisons. Cette manifestation est une très bonne initiative. Nous rencontrons les producteurs qui, le reste de l’année, sont plus ou moins éloignés de nous. Ce salon est un excellent moment d’échanges et de partage », affirme Gilles Dumont. Un peu plus loin, Claude Keller, qui gère l’entreprise légumière ID3A à Balgau, multiplie lui aussi les échanges directs. « C’est d’autant plus important cette année après le gel du mois d’avril. Ces événements climatiques font partie de notre métier. Mais, nous devons communiquer avec nos interlocuteurs pour leur parler production et qualité. Ce salon est un endroit idéal, car toute la chaîne de production est présente. » Un salon unique dans tout le Grand Est comme partout en France, comme le précisent Pierre Lammert et Fabien Digel, respectivement président et directeur de l’Ifla. Pierre Lammert était d’ailleurs ravi de recevoir Pascale Gaillot, conseillère régionale et présidente de la commission agriculture et forêt du Grand Est, ainsi que Patrick Bastian, vice-président de cette même commission. « Je viens pour découvrir cette manifestation, son originalité, ce savoir-faire, et pour rencontrer l’ensemble des professionnels. Ce type d’action est soutenu par la Région », rappelle Pascale Gaillot. Dans l’après-midi, après un déjeuner pris en commun, les échanges commerciaux se sont poursuivis. Un salon de proximité réussi.

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