Vie professionnelle

Visite de l’usine Raifalsa-Alélor-Domaine des terres rouges

« C’est costaud ! »

Publié le 07/09/2017

La distance séparant le site des Fermes en folie de celui de l’usine Raifalsa-Alélor-Domaine des terres rouges n’a pas découragé les visiteurs qui se sont pressés pour découvrir les entrailles de l’usine et déguster les produits qui y sont élaborés.

Pour un dimanche après-midi, le parking de l’usine Raifalsa-Alélor-Domaine des terres rouges était particulièrement animé, ce 27 août. Les places sont rares, et une nuée de visiteurs s’agglutine autour d’un présentoir, où différents produits estampillés Raifalsa, Alélor ou Domaine des terres rouges sont proposés à la dégustation. Parmi les différentes sortes de moutarde, figure même une racine de raifort, juste épluchée, avec une râpe. Il suffit de goûter une pincée de raifort pour retrouver le goût si particulier de ce condiment phare de la gastronomie alsacienne. « Ça goûte ! », « c’est costaud », commentent les dégustateurs. Ce présentoir est le point de départ des visites guidées de l’usine. Il permet aux visiteurs de patienter. Pas très longtemps car, au vu de l’affluence, les visites s’enchaînent, avec un départ tous les quarts d’heure. Ça va être notre tour. Le gros du groupe est composé de locaux qui, forcément, connaissent les marques et les produits, mais n’ont jamais eu l’occasion de visiter l’usine. Et qui se réjouissent de cette aubaine. Certains s’équipent du quiz qui leur permettra de, peut-être, remporter un panier garni. C’est parti ! Notre guide pose le décor : « Raifalsa-Alélor est l’unique entreprise de transformation de raifort en France. Et la dernière moutarderie d’Alsace. » Devant le stock où les racines de raifort vont patienter un an avant leur transformation, il explique : « Nous travaillons avec des agriculteurs qui produisent du raifort dans un rayon de 50 km autour de l’usine, ce qui permet de limiter la durée du transport. Les racines sont récoltées à partir de septembre jusqu’en mars et elles sont placées le plus rapidement possible en chambres froides, à 0-4 °C. C'est important pour préserver la qualité du produit final. » Prochaine étape, les ateliers de transformation. Dans la première pièce, trop exiguë pour accueillir tout le groupe, il explique que les racines sont coupées en morceaux et grossièrement épluchées dans une parmentière. L’épluchage est ensuite peaufiné à la main par des ouvrières, à la fois immunisées face aux émanations de raifort et qui ont acquis une agilité qui leur permet de traiter de 25 à 30 kg de racine par heure. Vient ensuite l’atelier de transformation. Il y règne une fraîcheur bienvenue et les chromes y brillent de mille feux. C’est ici que le raifort est trempé dans du vinaigre blanc pour l’aseptiser, puis broyé, et placé dans des cuves, où d’autres ingrédients - top secret - seront ajoutés en fonction des recettes. Direction ensuite le conditionnement, où le raifort sera conditionné en pots, seaux, bacs, avant de rejoindre le stock. Un piquant qui se développe Le conditionnement, c’est le cœur de l’usine. Parce que de l’autre côté, là où nous emmène notre guide en passant par le stock d’ingrédients, il y a la moutarderie. Dans une ambiance emplie d’effluves à la fois familières et indéfinissables, le guide présente la matière première : les graines de moutarde. Il y en a des noires, très pimentées, et des blanches, plus douces, donc plus adaptées à l’élaboration de la moutarde douce d’Alsace. Broyées dans une éclateuse, les graines procurent de la farine de moutarde. « Ça n’a pas beaucoup de goût », annonce le guide en en faisant tourner un échantillon. Quand même, le piquant de la moutarde est bien présent ! En fonction du réglage de la meule, il est possible d’obtenir différentes moutures de farine qui donneront des moutardes de consistances différentes. Dans des cuves, la farine est additionnée aux ingrédients propres à chaque recette : le vinaigre et le sel sont des incontournables. En effet, c’est au contact du vinaigre que le piquant de la moutarde se développe. Un ancien employé de l’usine, qui participe à la visite, se souvient bien à quel point les émanations de moutarde piquent les yeux ! Une fois chaque recette élaborée, la moutarde est laissée quelques heures en cuve, pour refroidir et gagner en goût. À un visiteur qui s’étonne de l’apparente simplicité des équipements, le guide confirme que la technologie a peu évolué depuis 1873, date de création de la marque. Et rappelle la dimension modeste de l’entreprise, qui élabore 1 100 t de moutarde chaque année, et emploie une vingtaine de salariés, dont 10 en production. Après avoir fait le plein de connaissances, la dernière étape de la visite - le magasin d’usine - est l’occasion pour les visiteurs de faire le plein de spécialités de Mietesheim. Sur le parking, une navette attend les visiteurs pour les emmener sur le site de Fermes en folie. Une navette à l’image de l’événement : une charrette à bancs décorée de fanions multicolores et tractée par un vieux tracteur rouge dont le conducteur, protégé des rayons du soleil par un parasol Meteor, n’hésite pas à faire usage de son klaxon !

Finale départementale de labour

La belle victoire de Romain Friess et Valentin Meyer

Publié le 07/09/2017

Valentin Meyer est un habitué des podiums. Romain Friess, par contre, accède pour la première fois à la plus haute marche.

Dans la catégorie labour en planches, les trois finalistes sont Valentin Meyer de Hohengœft, Georges Staath de Wickersheim et Loïc Fischer de Wangen. Valentin Meyer avait déjà remporté le titre l’an dernier. Dans la catégorie labour à plat, c’est un tout nouveau trio qui s’est retrouvé sur le podium : Romain Friess, de Rohr, se classe premier devant Xavier Blatz de Heidolsheim et Romain Bideaux de Witternheim. « Cela fait trois ans que je concours dans cette catégorie, explique le laboureur. Il y a deux ans, j’étais arrivé deuxième et j’avais participé à la finale régionale avec Cédric Stoehr, tenant du titre. L’an dernier, je me suis classé à la troisième place. » Sa persévérance s’est donc avérée payante ! Dans la catégorie charrue de ferme, les deux finalistes sont Christophe Jacob, de Berstett, et Arnaud Herrmann. Christophe Jacob avait déjà remporté la coupe l’an dernier.

Publié le 25/08/2017

Pour sa deuxième sortie agricole en tant que sous-préfet de l'arrondissement de Saverne, Christophe Lotigié a rencontré trois jeunes agriculteurs ou en passe de le devenir. Trois témoignages qui reflètent les difficultés, mais aussi les aspirations de jeunes qui ont choisi de s'engager en agriculture.

Parmi les communes de son arrondissement, Baerendorf apparaît comme l’endroit idéal pour parler d’installation. Car, en plus d’arborer la Croix de guerre pour avoir été détruite à 65 % en 1944, la commune abrite encore six fermes en activités. Certes, on en comptait 47 il y a un quart de siècle, époque à laquelle les tas de fumier et les bouses de vaches fleurissaient dans les rues du village. Mais, dans chacune des fermes subsistantes, la relève est assurée, souligne Jean-Marc Masseran, éleveur laitier à Baerendorf. « C’est le fruit du travail de plusieurs générations, de remembrements qui ont permis de construire les structures actuelles. » Baerendorf n’a donc pas perdu sa vocation agricole. Sur les six fermes, quatre sont spécialisées dans la production laitière, deux dans la viande. Elles cumulent au total 1 000 ha de terres agricoles, dont 50 % en herbe, 30 % en céréales, 15 % de maïs et 5 % de colza, 1 350 bovins et 2,5 Ml de lait. « En 30 ans, le nombre d’animaux n’a pas diminué dans le village, mais il est plus propre », constate malicieusement Jean-Marc Masseran. L’éleveur y voit la preuve qu’il suffit d’une bonne gestion pour concilier agriculture dynamique et cadre de vie agréable. Mieux valoriser le système pâturant Outre le sous-préfet, cette sortie rassemblait, entre autres, le nouveau président des Jeunes Agriculteurs du canton d’Alsace Bossue, Éric Geyer, Guy Dierbach, vice-président cantonal de la FDSEA, Cécile Alpy, de la DDT, les jeunes et leurs familles, ainsi que Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace, qui orchestrait le tout. « L’objectif de cette sortie est de prendre connaissance des inquiétudes, des projets de futurs jeunes installés et d’un jeune déjà installé depuis quelques années », a-t-elle introduit. Ce thème de l’installation, le sous-préfet y tenait. « La moyenne d’âge des agriculteurs du département est de 56 ans, un peu moins à Barendorf, mais dans 10 ans, la moitié d’entre eux auront atteint l’âge de la retraite. » L’installation est donc un « thème important » car il s’agit d’anticiper le renouvellement des générations, que ce soit dans ou hors cadre familial. Le sous-préfet a d’ailleurs noté le retard du Bas-Rhin en la matière. « Seule une installation se fait hors cadre familial dans le département, contre trois au niveau national. Il y a donc du travail à faire si on ne veut pas perdre les investissements qui ont été réalisés. » Conscient des difficultés auxquels se heurtent les agriculteurs (prix bas, intermédiaires, retards de paiement de subvention, faibles revenus…),  il a souligné la force qu’ils tirent de leur rôle « d’entretien du cadre de vie en milieu rural » et de pourvoyeurs d’une alimentation de qualité. Mieux rémunérer le travail « L’image des paysans reste positive auprès d’une grande partie de la population », a affirmé Christophe Lotigié. Il n’a d’ailleurs guère de doute sur la fin de règne annoncée du dogme du prix bas. « De plus en plus de consommateurs sont prêts à dépenser plus pour leur alimentation. » En ce sens, le sous-préfet a évoqué plusieurs pistes à travailler : le tourisme, pour booster la vente directe dans une région qui a du potentiel ; et la communication sur le système pâturant, insuffisamment valorisé. « Lactalis y réfléchit », glisse Véronique Klein, qui, elle, appelle de ses vœux un meilleur accompagnement des consommateurs vers les produits de producteurs. Avec, pourquoi pas, un rayon dédié dans les grandes surfaces ? « La grande distribution s’adaptera à la demande, car elle en est tributaire », estime Christophe Lotigié. Les témoignages des jeunes agriculteurs diffèrent par bien des aspects (lire en encadré), mais se sont tous rejoints sur un point : leur travail n’est pas assez bien rémunéré. « Le problème, c’est que le prix de vente est égal au coût de production », résume Céline Untereiner. Autre source d’inquiétude commune : la main-d’œuvre, qui se fait de plus en plus rare et/ou constitue une charge importante dans les comptes des exploitations. « Notre salarié gagne plus que nous. Et il a droit à des jours de récupération que nous ne nous accordons pas », témoigne une agricultrice. « Vous, vous avez le patrimoine, le capital », répond le sous-préfet. « Oui, mais si on ne le vend pas, ou pas à sa juste valeur, ça ne vaut pas grand-chose. Ce système ne peut pas continuer… » Une nécessaire simplification administrative Tous les jeunes sont aussi agacés par un environnement administratif et juridique très fluctuant. Le sous-préfet a reconnu la « complexité infinie » du système français, tout en rappelant que c’était la contrepartie d’un État de droit. Pour lui, « il y a toujours une solution », il s’agit d’une « question d’interprétation des règles en fonction des contextes. » En réponse aux témoignages attestant de la lourdeur des procédures administratives, Christophe Lotigié s’est déclaré « 1 000 fois d’accord sur la nécessité de simplification administrative. C’est la complexité qui induit des erreurs, du temps perdu et du stress », a-t-il déclaré, tout en invoquant le droit à l’erreur. Et Jean-Marc Masseran a tenu à souligner le travail des agents de la DDT. « Quand on oublie de faire une demande de subvention, on nous appelle. » En réaction aux témoignages des jeunes agriculteurs, Éric Geyler a souligné l'« engagement contraignant » que représente ce choix professionnel et le défi de moderniser les structures que doivent relever les jeunes face à une raréfaction de la main-d’œuvre. « Un besoin de modernisation que doit comprendre le grand public. » Un nouveau système de soutien à l’installation La réunion s’est achevée par la présentation du nouveau système de soutien à l’installation. Les prêts bonifiés n’existent plus et sont remplacés par une DJA de base de 16 000 €, auxquels s’ajoutent des bonus en cas de respect de certains critères (conversion bio, culture de légumineuses, adhésion à un GIEE, à une Cuma, création d’emploi, projet d’investissement et montant investi…). La nouvelle DJA prend ainsi mieux en compte le montant des investissements réalisés et « il est possible d’atteindre assez rapidement 40 000 € de DJA», avance Daniel Brua, technicien à la chambre d’agriculture. Les dossiers déposés à partir de juillet seront soumis à ce nouveau dispositif. Par contre, le temps que le dispositif soit rodé, il faut s’attendre à des délais de paiement.

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